Archive for the 'Témoignage' Category

Quelques mots sur la disparition du brick Colibri

naufrage 10Voici un extrait du rapport de Auguste Anquez, volontaire, au commandant de la station navale de Bourbon (La Réunion actuelle) daté du 23 avril 1843. Cela se passe de nuit, au large de l’île, le 25 février 1843, à bord du brick Colibri .
• Le temps était très noir, et, comme il tombait parfois quelques gouttes d’eau et que cela pouvait avertir de l’arrivée d’un grain,  je disposai quatre hommes à la cargue-point de la grand’voile sous le vent, et un homme à l’écoute (…).
Les précautions relativement à la grand’voile étaient prises depuis quelques temps, lorsque je sentis quelques gouttes d’eau tomber et la brise fraîchir. J’ordonnai de carguer le point sous le vent : cette besogne se faisait lentement et je poussais les hommes. Pendant que nous étions occupés, le grain tomba à bord si rapidement et avec une telle force que, quoique je fisse, mettre la barre au vent et amener le grand hunier, l’inclinaison devint dangereuse, et l’eau passant par-dessus les bastingages, entra par les sabords. Ne voyant pas le navire arriver, je demandai au timonier si la barre était au vent ; il me dit que oui et que le navire n’obéissait pas. J’appelai tout le monde pour me débarrasser du grand hunier et de la grand’voile.(…)
• Malheureusement, il est déjà trop tard et l’auteur ordonne de larguer les écoutes des huniers. Comble de malchance l’ordre n’est pas exécuté et l’eau commence à gagner les panneaux, les cales sont envahies. Le navire chavire… Les hommes sont précipités à la mer, chacun tente ce qu’il peut… M. Anquez, qui sait nager, s’accroche à un tronçon de mât.
(…) A peine l’avai-je saisi que je restai à sec sur les coraux qui me déchiraient la poitrine et les bras. Haletant et presque sans force, j’essayai plusieurs fois de me lever ; la douleur occasionnée par le corail m’empêchait de me tenir debout et me forçait d’attendre une autre lame qui me traînait sur le fond et me faisait éprouver des douleurs atroces. Enfin, après deux heures de souffrances inexprimables, je parvins à gagner la côte. Tout saignant et à demi-mort, je fis deux ou trois pas et je tombai, ne pouvant aller plus loin (…). Je tentai un dernier effort, et, en rampant sur les mains et sur les genoux, je parvins assez haut pour que la mer ne put m’atteindre.
• Extrait de Les naufrages célèbres  – Hachette 1882.
PS – L’orthographe est scrupuleusement respectée.

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Le cauchemar d’un catamaran en plein Atlantique

Nous ne sommes pas des lecteurs assidus de Paris-Match tant s’en faut… C’est pourquoi un ami d’Escales, André Cordier, attire notre attention (et la vôtre) sur un article publié récemment par l’hebdomadaire bien connu.
Il s’agit de la relation du naufrage en plein Atlantique d’un catamaran durant lequel quatre personnes (un couple et deux enfants) ont vécu des heures très difficiles (à la vérité terrifiantes).
• Comme le papier est assez long, il ne nous est pas possible d’en reproduire des extraits ; en revanche, vous le trouverez dans son entier sur
http://www.parismatch.com/Actu/International/L-odyssee-tragique-d-une-famille-rochelaise-764324

Les Cap-horniers Robinsons du 4-mâts Président-Félix-Faure

4-mâts Président Félix Faure à l'entrée au Havre - CP postée le 10 oct. 1905 - 2,24 MoLe 4-mâts Président-Félix-Faure de la Compagnie Havraise de Navigation à Voiles, fondée en 1877 par Edouard Corblet, part de Pouembout en Nouvelle-Calédonie le 6 février 1908 avec un chargement de minerai de nickel pour Le Havre. Assailli par une mer en furie dès son départ, il peine à contourner la Nouvelle-Zélande dans l’Est, dérive et va s’échouer, le vendredi 13 mars 1908, à Anchorage Bay dans la partie Nord-est de l’archipel des Antipodes (1) où il déchire la coque. Le grand voilier coule à pic en moins de 25 minutes. Par miracle, les 22 hommes d’équipage (2) peuvent embarquer dans la grande chaloupe et après deux heures de nage (3) harassante à travers un épais goémon, luttant à coups d’avirons contre les albatros prêts à les dévorer, trouvent un point d’accostage sur la seule partie abordable de l’île principale, un roc volcanique couvert de hautes herbes. Meurtris et transis de froid, les naufragés découvrent en haut de la falaise une hutte prévue pour six personnes, pourvue de 54 caisses de biscuits de mer (4). Ils vont s’y entasser sur de la paille humide dans une promiscuité difficilement imaginable. La température extérieure est moins 2 degrés. Les caractères s’aigrissant rapidement, s’engage alors une lutte à mort pour la survie. « Les naufragés ne reconnaissent plus ni Dieu ni maître » rapporte le capitaine Auguste Noêl. Rien ou presque n’ayant pu être récupéré de l’épave, il faut faire 5 kilomètres pieds nus pour trouver du bois et capturer des albatros, seule nourriture possible avec une galette et demie de biscuit par jour mais de l’eau de source en quantité suffisante. Deux autres huttes sont construites, l’une pour six matelots, l’autre pour la cuisine. À Pâques, une vache errante est capturée et débitée à la hache trouvée dans le refuge. Inutile de décrire l’exaltation des Robinsons affamés dévorant chacun plusieurs kilos de beefsteak en une seule journée. Le 13 mai, soit deux mois après le naufrage, un vapeur apparaît à l’horizon. Il s’agit du croiseur anglais Pegasus qui aperçoit les signaux des naufragés. Ils seront rapatriés à Marseille d’où ils prendront la direction de leurs ports respectifs.
Au Havre, le journaliste Alphonse Petit a interviewé des rescapés de cette aventure pour un feuilleton intitulé « Les Robinsons du Président-Félix-Faure ». Lire la suite ‘Les Cap-horniers Robinsons du 4-mâts Président-Félix-Faure’

Au Salon, on vend du rêve à 15 € la portion…

• Micro sondage parmi les visiteurs – Pas facile de dénicher une poignée de visiteurs pour les faire parler ; tous croient qu’on a quelque chose à leur vendre… Après nombre de refus on en a quand même trouvé quelques-uns qui ont accepté. Merci à eux. Voici leurs réactions à la double question : Pourquoi venez-vous au Salon ? Comptez-vous acheter ou commander un bateau ?
Livré tout cru et sans commentaire.
J-M. G. (Vannes) – Je navigue. Au Salon je retrouve des copains. Acheter ? J’ai déjà un bateau, je le garde. Mais l’entretien, l’assurance et la place de port, aïe, aïe, aïe…
P. B. (Vincennes) – J’ai un bateau à vendre, je regarde le prix du neuf, c’est toujours une indication. Si je compte acheter ? Non, j’ai déjà trop de mal à me débarrasser de mon vieux Kelt 620 (1983) pourtant en très bon état. Si j’y arrive on verra. Chaque chose en son temps.
L. J. (Arcachon) – Je suis exposant, je regarde ce que fait la concurrence. Alors, vous pensez … Mais c’est vrai j’aime bien voir ce qui se passe au Salon. L’ambiance, quoi.
M.G. (Melun) – Je viens régulièrement, je suis curieux des nouveautés histoire d’être au courant. Surtout l’accastillage. L’électronique est beaucoup trop chère… Tout ce qui à l’étiquette « plaisance » est hors de prix. Pas normal…
R.E. (Ivry) – En décembre, ça caille… faut bien faire quelque chose… on vient avec des potes… Les écrans géants ? ouais… j’aime mieux voir les skippers du Rhum parler en direct.
G. M. (Paris) – Je viens rêver, voir des bateaux que je ne pourrai jamais me payer… Vous savez, moi, c’est un peu comme Gilbert Bécaud qui regarde les avions décoller à Orly. Acheter ? J’avais un bateau, je n’en ai plus. Trop cher à entretenir. Mais ici il y a l’ambiance.
J-B. D. (Paris) – Ça me fait une sortie ; dimanche je suis venu avec les enfants (Pierrot voulait absolument voir les Zodiac), mais en famille, l’entrée est chère, la restauration est chère, le café est cher.
L. de B. (Orléans) – J’aime bien le côté festif du Salon, on y croise les stars des grandes courses, des vidéos géantes, et puis on trouve toujours un détail intéressant. Ça me plaît tout ça…
A. F. (Le Raincy) – Acheter ? Non, commander ou plutôt négocier, vous voyez ce que je veux dire. Quel bateau ? Je ne sais pas encore,  je termine ma sélection. Pas trop de choix, dans mes prix …Quels prix ? Chut !
P. M. (Saint-Maur) – Comme beaucoup, je viens rêver, mais je trouve que du rêve à 15 € l’entrée c’est excessif. Ça devrait être gratuit. D’ailleurs, au début du Salon c’était gratuit… Vous vous souvenez ?
R. B. (Asnières) – Ben, je viens voir. Ce qui me plairait c’est un bateau de 7 à 10 m, plutôt rustique mais sans être spartiate. Avec des formes inspirées des bateaux traditionnels, sans être lourdingue… Autant dire, un bateau qui n’existe plus. J’en ai vu trois ou quatre, pas plus. Un peu déçu…
L. F . (Rueil) – J’étais au Salon de l’Auto, ce n’était pas plus clinquant. Le Salon est devenu un fourre-tout bruyant, bourré d’animations et de promotions touristiques. Ridicule !
J-F. W.  (Lille) – A la vérité, je ne sais pas très bien pourquoi je viens ici.. Ça ne sert pas à grand chose, on trouve tout dans les revues nautiques et sur l’Internet. Et ça coûte moins cher. Alors ? Au final, ça me fait quand même une balade à Paris…
G. B. (Niort) – Attendez, je ne comprends pas, les ports de plaisance font de la pub et ils ont des listes d’attente grande comme ça… Ils dépensent leur fric pour quoi ? Mon problème c’est la place de port, sans ça, je bouge pas. Le Salon ? Plus ça va plus ce sera le Salon du moteur. Pas de pot, moi, je fais de la voile.
(Propose recueillis par Porthos)
PS.- Comme on le voit, le nombre des entrées n’a rien à voir avec celui des acheteurs. Sauf pour les organisateurs qui empochent 15 € à chaque visite.

Les surprises des « mangeuses d’hommes »

C’est une petite info qui mériterait sûrement d’être développée. Je trouve dans l’intéressant bouquin « Gens de mer, gens de rivière en Gironde au XXᵉ siècle » (1) ce témoignage sur les dragues à godets dans la Gironde, au lendemain de la dernière guerre.
Ce sont des machines très dangereuses que les anciens appelaient les mangeuses d’hommes (!) montrant par là que les accidents n’étaient pas rares. Les godets montaient à quinze mètres de haut, dans un bruit de ferraille déchaînée, puis la vase tombait dans une goulette qui la rejetait dans une gabarre amarrée à couple.
C’était également des machines pleines de surprises qui remontaient tout sur leur passage : il nous est arrivé de remonter des cadavres… Une fois, on en a remonté un assis sur le godet. Une autre fois, on a levé une voiture avec des noyés à l’intérieur. Du côté de Queyries, rive droite, après les grands moulins de Bordeaux, on a levé d’autres voitures, des coffre-forts ouverts, des obus et une torpille à Bassens. On a même levé dans les années 80 des parcmètres arrachés (…). Quand on levait des bombes, on arrêtait tout et on appelait le déminage.
Mousqueton
P S – Escales Maritimes aimerait consacrer un sujet aux dragues en mer. S’il y a des amateurs…
(1) Patrice Clarac, OAREIL, Editions l’Harmattan 2003.

L’âme noire des trafiquants de bois d’ébène

02_souffrancepdf_l_Etude_des_traites_ne_grie_res_travail_de_groupe_Jamais, dans l’histoire de la navigation occidentale, il n’y eut pratique plus atroce que celle des négriers.
Même aujourd’hui, nous avons du mal à imaginer ce que fut le quotidien des traversées de la honte. En voici une vision d’époque qui est tellement cynique qu’on pourrait croire à une dénonciation de l’esclavage. C’est malheureusement peu probable, puisque l’ouvrage dont elle est extraite (1) sous-entend que c’est une pièce versée au dossier, sans plus… Comprenne qui pourra.
• Les produits d’Européens en baisse donnent parfois des pertes ; mais les Noirs,  jamais ; et sauf épidémie à bord, il y a toujours quelques piastres à gagner dans le commerce. Quoique la mortalité soit grande parmi les hommes parqués comme des moutons, nous eûmes, grâce à l’air et au mouvement, ces deux principes de vie, peu de Noirs à jeter à la mer. A certaines heures du jour, nos mains philanthropiques allégeaient les entraves, et la consigne était alors de respirer et folâtrer à l’aise sur le pont. Avec ces précautions d’hygiène, notre chargement essuya peu d’avaries et sur 300 Noirs nous eûmes le bonheur d’en débarquer 271 sur la côte du Vent, sans autre mal que quelques chevilles enflées et quelques cous meurtris par les barres de justice et les carcans. Nous comptâmes onze suicides, chiffre satisfaisant qui grossirait jusqu’à des proportions ruineuses sans les boissons fortes qui hébètent les sens, et la bruyante musique qui émousse le souvenir et assoupit le désespoir.
• C’est trop… Pour ceux qui ne le croirait pas, ce texte est extrait du tome 2 de La France maritimeDutertre, Libraire-Editeur, Paris, page 119.
(1) Publié sous le patronage du ministère de la Marine.
• Images – A gauche, visite de contrôle inopinée dans l’entrepont où s’entassent les déportés. A droite, traitement infligé par le capitaine anglais Kimber à une jeune fille pour… sa trop grande pudeur ! (Londres 1792 – British cartoon collection).

« Gogotier », le nouveau parfum de Lancôme ?

Petites surprises à propos du pseudo-Quiz n° 139 sur le gogotier. Petites surprises agréables… Alors que le sujet nous semblait plutôt banal, voilà qu’il suscite plusieurs réactions vraiment intéressantes.
• D’abord celle de Jacques Larrouy qui dit : A ma connaissance, j’étais le seul petit garçon dont le gogotier faisait la joie avant les repas : j’adorais l’huile de foie de morue !!!!!  C’est sans doute pour ça qu’il fut un enfant bien sage et par la suite un bon marin.
• Marc Minni, aborde le sujet sous un angle plus scientifique : Il convient d’ajouter que le Gogotier était suivi à la trace, ou plutôt à l’odeur, par ses collègues de bord ! Les chalutiers classiques pouvaient préparer jusqu’à 100 000 litres du « délice de notre enfance ». Certes aujourd’hui, l’on est abreuvé d’oméga 3 et d’oméga 6 par les compléments alimentaires (et la Pub); cependant, il semble que les savants n’ont jamais réussi à concentrer les vitamines A (dont le déficit a des conséquences néfastes pour la vision et la peau), B (le groupe des 8 vitamines B participe de la prévention des maladies cardiovasculaires, de l’ostéoporose et de la dépression), D (recommandée en cas d’ostéoporose ou de fracture), E (propriétés anti-oxydantes) et K (favorise la fixation du calcium), telles qu’on les trouve dans l’huile de foie de morue !
Merci les Terre-Neuvas.
Lire la suite ‘« Gogotier », le nouveau parfum de Lancôme ?’

Quand Edimbourg vidait ses chiottes dans la mer

Gardyloo_Leith-1984_Y-PerchocIl y a un peu plus d’un an, le 29 janvier 2013, nous avons publié un billet titré « Dubaï ne sait que faire de sa merde ». Il en a fait sourire plus d’un… Mais voici que ces jours-ci Yvon Perchoc  nous rappelait  que l’Emirat n’était pas le seul à pratiquer la vidange en mer des défécations d’une grande ville (1). Nous avions déjà la mer poubelle, voici la mer chiotard
En lisant l’article, je me suis rappelé un tanker rencontré plusieurs fois à Leith dans les années 80, le Gardyloo.
Ce petit navire citerne était ma foi assez pimpant, et rien ne laissait apparaître, ni visuellement ni olfactivement, qu’en fait, il était chargé d’évacuer la merde d’Edimbourg. Jusqu’aux années 90, il en chargeait régulièrement 2 500 t qu’il allait rejeter au large du Firth of Forth, près du phare de Bell Rock.
Une opération routinière, sûrement un peu ‘chiante’ à la longue, mais qui ne rebutait pas des passagers occasionnels qui disposaient d’un salon (avec toilettes ?) pour une sortie à la journée.
• Il se dit aussi que « Gardyloo ! » était le cri d’avertissement des habitants d’Edimbourg aux passants, lorsque, dans les temps anciens, ils jetaient le contenu de leur tinette à la rue. Il paraît même que le terme viendrait du français « gare à l’eau ! » (sans garantie…)
• Image – Le vidangeur marin, propre sur lui et indétectable à vue de nez…
(1) Finalement moins redoutables que les plastiques, pétrole, huiles, déchets nucléaires et autres saloperies balancées sans vergogne à la mer.

Retour à bord de l’Antinoe

Un ami d’Escales, Yvon Perchoc,  (merci à lui) nous a transmis le texte du jugement intervenu à la suite du naufrage de l’Antinoe (1) (voir notre billet du 29 novembre).
Les juges ont eu à répondre à 12 questions portant sur l’état du bâtiment, les dégâts subis à bord, les responsabilités du commandant et de son équipage, etc. Il en ressort, très clairement, que le navire était en bon état général, que la tempête est seule responsable des avaries (gouvernail et panneaux de cales, gîte de 50°) et que les mesures prises par le commandant durant ces heures terribles étaient appropriées. La décision d’abandon n’a pas été jugée prématurée (2). En d’autres termes, aucune faute ou erreur humaine n’a été relevée.
Jugement rendu par le juge Alick J. Tassell et trois assesseurs, le 31 mars 1926.
Mais cela ne nous dit pas si le navire a sombré ou non…
(1) Navire de 126 m de long sur 15,20 de large, tirant d’eau de 8,60 m.
(2) Abandon ordonné le 28 janvier 1926 par 47.50° nord et 36° ouest.

La douloureuse histoire de l’Antinoe

Antinoe_JPEG_1_1DMC’est une tragique histoire de mer que je vais vous raconter.
Nous sommes en 1930. Un petit vapeur anglais de la Ben Line Steamers Ltd de 2080 tonnes, lourdement chargé, l’Antinoe(1) lutte contre une violente tempête en Atlantique nord. Il souffre beaucoup. Un coup de mer plus violent que les autres bloque son gouvernail. Le navire se met en travers de la lame, prend une forte gîte, l’eau entre pas les panneaux de cale (arrachés), gagne la salle des machines, éteint la chaudière… Le petit vapeur est à la merci des flots.
• Ne maîtrisant plus son navire, le capitaine lance un SOS par TSF, qui est capté par le Roosevelt, qui se trouve à 100 milles de distance. Le Roosevelt est un paquebot de 14 000 t et 170 m de long. Il se déroute et s’approche de l’Antinoe qui a désormais 40° de gîte. Au petit matin et a de nombreuses reprises par la suite, le commandant du Roosevelt  tente de passer une remorque à l’Antinoe ; c’est chaque fois un échec. La mer est trop dure.
• Jours et nuits il renouvelle ses tentatives sous des rafales de vent et de neige. Pire deux marins du navire sauveteur perdent la vie en portant eux-mêmes une remorque à l’Antinoe. A l’issue d’une 15ᵉ tentative (!) les marins du Roosevelt réussissent tout de même à accoster l’épave et recueillent les 28 hommes d’équipage exténués par quatre nuits et trois jours de combat contre les éléments.
• L’image que nous vous présentons ci-contre est un document. Le cliché a été pris (par qui ?) à bord du Roosevelt pendant ses tentatives de sauvetage. L’Antinoe montre une forte gîte sur tribord risquant de le faire chavirer. Nous devons cette image à Gallica, le site de la BNF (Gallica.bnf.fr) qui nous a autorisés à la reproduire ; qu’il en soit remercié.
Ce qui reste mystérieux dans cette tragédie, est que personne à notre connaissance, ne connaît le destin ultérieur du petit vapeur. Les documents disent  perdu ou vendu en 1930, sort final inconnu
Mousqueton
(1) – D’autres bâtiments ont porté le même nom par la suite.


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