Archive for the 'Météo / Phénomènes naturels' Category

Les fonds du Pas de Calais sous haute surveillance

Le détroit du pas de Calais est la voie maritime la plus fréquentée au monde (plus de 400 navires commerciaux y transitent chaque jour, soit 1/4 du trafic mondial). Auquel s’ajoutent le trafic trans-Manche de ferries, ainsi que l’activité de pêche et la plaisance.
La navigation dans cet espace resserré et mouvant est constamment observée par les experts du SHOM (1) et ceux des autres pays riverains (France, Royaume-Uni, Belgique et Pays-Bas). Ils effectuent notamment la mise à jour continue des cartes marines et des ouvrages nautiques pour tenir compte de l’évolution des profondeurs des fonds de sable, variables au gré des tempêtes et des courants.
Parmi les informations nautiques des cartes marines figurent les profondeurs. La compréhension de la dynamique des fonds du pas de Calais, en Manche et en mer du Nord, au travers des programmes de recherche progresse, permettant une surveillance toujours plus précise. Les fonds les plus évolutifs font l’objet de mesures de profondeur régulières. Des sondages par bateaux sont ainsi réalisés de façon ciblée au moins tous les 2 ans. Toute mesure indiquant des profondeurs significativement moindres que celles portées sur les cartes marines donne lieu, aussitôt, à un avis urgent aux navigateurs (AVURNAV) par radio et à la correction des cartes marines et des ouvrages nautiques par Internet.
(1) Service Hydrographique et Océanographique de la Marine.

Quelques mots sur la disparition du brick Colibri

naufrage 10Voici un extrait du rapport de Auguste Anquez, volontaire, au commandant de la station navale de Bourbon (La Réunion actuelle) daté du 23 avril 1843. Cela se passe de nuit, au large de l’île, le 25 février 1843, à bord du brick Colibri .
• Le temps était très noir, et, comme il tombait parfois quelques gouttes d’eau et que cela pouvait avertir de l’arrivée d’un grain,  je disposai quatre hommes à la cargue-point de la grand’voile sous le vent, et un homme à l’écoute (…).
Les précautions relativement à la grand’voile étaient prises depuis quelques temps, lorsque je sentis quelques gouttes d’eau tomber et la brise fraîchir. J’ordonnai de carguer le point sous le vent : cette besogne se faisait lentement et je poussais les hommes. Pendant que nous étions occupés, le grain tomba à bord si rapidement et avec une telle force que, quoique je fisse, mettre la barre au vent et amener le grand hunier, l’inclinaison devint dangereuse, et l’eau passant par-dessus les bastingages, entra par les sabords. Ne voyant pas le navire arriver, je demandai au timonier si la barre était au vent ; il me dit que oui et que le navire n’obéissait pas. J’appelai tout le monde pour me débarrasser du grand hunier et de la grand’voile.(…)
• Malheureusement, il est déjà trop tard et l’auteur ordonne de larguer les écoutes des huniers. Comble de malchance l’ordre n’est pas exécuté et l’eau commence à gagner les panneaux, les cales sont envahies. Le navire chavire… Les hommes sont précipités à la mer, chacun tente ce qu’il peut… M. Anquez, qui sait nager, s’accroche à un tronçon de mât.
(…) A peine l’avai-je saisi que je restai à sec sur les coraux qui me déchiraient la poitrine et les bras. Haletant et presque sans force, j’essayai plusieurs fois de me lever ; la douleur occasionnée par le corail m’empêchait de me tenir debout et me forçait d’attendre une autre lame qui me traînait sur le fond et me faisait éprouver des douleurs atroces. Enfin, après deux heures de souffrances inexprimables, je parvins à gagner la côte. Tout saignant et à demi-mort, je fis deux ou trois pas et je tombai, ne pouvant aller plus loin (…). Je tentai un dernier effort, et, en rampant sur les mains et sur les genoux, je parvins assez haut pour que la mer ne put m’atteindre.
• Extrait de Les naufrages célèbres  – Hachette 1882.
PS – L’orthographe est scrupuleusement respectée.

La France se penche sur sa « Croissance Bleue »

Les parlementaires s’intéressent à la Mer. Tout le monde s’en félicitera. C’est du moins ce que proposent les prochaines rencontres qui se dérouleront à Paris, le 15 avril prochain, à la Maison de la Chimie. Parlementaires, conseillers ministériels et professionnels du secteur maritime échangeront sur les différents sujets, liés à la mer, autour du thème « Croissance Bleue ».
Du fait de son immense territoire marin (le deuxième du monde), la France y joue un rôle majeur et dispose de ressources considérables notamment dans le domaine des énergies marines et de l’exploitation des grands fonds. Cette rencontre s’avère judicieuse, au moment où ces grands sujets préoccupent tous les Etats de la planète.

Grandes marées, entre niaiseries et découvertes

DSCF5349Revenons un instant sur la « marée du siècle ». Finalement, elle s’est révélée plutôt modeste. Bon. Mais des milliers de personnes ont fait un long voyage pour assister à un spectacle… qui n’a pas eu lieu. Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands médias leur avaient vendu depuis longtemps un moment d’exception inoubliable. Tu parles ! Il l’eut été si une brise bien fraîche s’était mêlée de la partie. Las ! Rien, ou presque.
Pourtant l’affaire a bien fonctionné, tous les hôtels de Saint-Malo (et d’ailleurs sans doute) étaient pleins à ras le bord, des familles sont venues de fort loin uniquement pour cela, parfois de l’étranger… Tous, parce que les faiseurs d’opinion ont créé un courant d’intérêt bidon pour faire tourner le tourisme local. Qu’ils prennent garde, à force de vendre des phénomènes non maîtrisables, il se peut qu’un jour le touriste désabusé ne regarde ailleurs…
• Quelques belles surprises cependant. Voici une superbe épave réapparue à l’entrée d’Audierne (29) ; nous devons le cliché à notre vieil ami Jiheldet qui a su saisir au bon instant cette sculpture pathétique. Elle gît entre la jetée du Raoulic et la plage de Trescadec et réapparaît tel un fantôme les jours de grande marées. Mais qui s’y est intéressée ? « Nous c’est les vagues qu’on vient voir… »
Chacun ses goûts, mais dans ces conditions, il n’y plus qu’à tirer l’échelle… De coupée bien entendu !
Aramis

La marée du siècle fait un flop total…

•Petite virée de contrôle en Bretagne sur la grande marée tant attendue. Eh bien,  je peux vous dire qu’il ne s’est rien passé, mer calme, vent modéré, hauteur d’eau conforme aux prévisions, une goutte d’eau dans un vase qui ne déborde pas. En revanche, la ruée des touristes était bien là, voiture à touche-touche, parkings bien remplis, floraison d’appareils photos, guettant je ne sais quoi. Pour un flop total… Tous ces braves gens se sont trompés de phénomène, ils attendaient les vagues impressionnantes des tempêtes d’hiver, ils n’ont vu qu’une mer d’huile se gonfler paisiblement et reprendre benoîtement sa place. Frustrant, non ?
• Il y eu malheureusement deux pêcheurs à pied qui se sont laissé surprendre et ont payé de leur vie soit la malchance soit leur imprudence.
Jussac

Grandes marées : ne jouez pas au plus bête !

Ste Anne Palud DSCN3459Ce samedi 21 mars (grande marée : 119), il n’y aura pas que des habitués du littoral sur les plages. Il est probable que nombre de touristes, non avertis des dangers, se risqueront à la moisson de coquillages. Or, les risques existent et le préfet maritime de la Manche et Mer du Nord rappelle quelques mesures de bon sens, applicables partout, que chacun doit savoir :
Il est fortement recommandé de :
• Consulter la météo, les coefficients, les horaires de marée avant toute sortie sur le littoral ;
• Ne pas sortir seul et informer ses proches sur ses intentions (heure de départ et si possible de retour) ;
• Ne pas laisser les enfants sans surveillance ;
• Ne pas partir sans un moyen de communication pour alerter les secours (18 : sapeurs pompiers, 112 : numéro d’urgence européen et 196 : CROSS) ;
• Rester à proximité d’un point de repli et conserver un point de repère visuel sur le littoral (la marée peut considérablement modifier la perception de la côte).
Vous pouvez aussi faire le malin et négliger ces précautions ; mais sachez-le : vous jouez avec votre vie. Bonne balade…

2015 : quarante marées pointées en rouge !

DSCN3741Au-delà de la « Marée du siècle » qui nous guette, l’année 2015 ne s’annonce pas comme des plus paisibles.
Selon l’Ifremer notre pays comptera 40 jours où la marée sera supérieure au coefficient 100 dont 20 jours supérieurs à 110. Ce n’est certes pas redoutable en soi mais augmente les risques de submersion. En effet, si, durant ces 40 jours la marée haute se combine avec une période de vents forts les conditions seront réunies pour créer un système violent comparable (toutes proportions gradées) à celui de Xynthia, en février 2010. Le nombre des coups de torchon à venir sera plus nombreux, il vaut mieux le savoir… Autant dire que les services de prédiction comme les municipalités côtières devront rester d’une extrême vigilance pour en prévoir et contenir les éventuelles conséquences.
• Image – Sur cette plage, les assauts de la mer ont emporté le chemin côtier ; on le voit s’interrompre sur la gauche où ses traces débouchent sur des éboulis. (Photo Escales)

Pour une « marée du siècle » bien tranquille

DSCN3967Comme vous le savez déjà, la « Marée du siècle » devrait arriver sur nos côtes ouest à la fin de ce mois, plus précisément le samedi 21 mars. Le SHOM (1) l’annonce avec des coefficients de 118 et 119. (2)
• L’attraction touristique va attirer de nombreux visiteurs qui feront le bonheur des restaurants, hôtels et autres officines faisant métier de vendre l’air du large. Tout ce beau monde rêve de fortes lames éclaboussant les audacieux rassemblés dans la joie et la bonne humeur, comme on l’a déjà vu pour les dernières tempêtes d’hiver.
Ils risquent d’être déçus. Les grandes marées et les tempêtes sont des phénomènes fort différents, les uns cosmiques, les autres météorologiques. Ils ne deviennent spectaculaires que lorsqu’ils se superposent (grand vent + fort coefficient).
Donc, on guette, on espère, une brise fraîche pour stimuler les sensations.
• Eh bien nous, nous ne souhaitons qu’une mer calme, inondant paisiblement quelques quais ou vasières oubliées, rien de plus. D’abord parce que ce n’est jamais bon pour les infrastructures, ensuite parce que les pratiques des petits côtiers et plaisanciers risquent d’en être perturbées et enfin pour que les pêcheurs à pieds puissent faire une belle cueillette.
Et tant pis pour ceux qui n’aiment la mer que de loin, bien au sec, pour le spectacle…
Aramis
(1) SHOM : Servcice Hydrographique et Océanographique de le Marine.
(2) Coefficient le plus élevé connu sur nos côtes : 120.
• Photo : Escales Maritimes

Les vagues scélérates, encore méconnues

File_Drauper_freak_waveLes vagues scélérates. On en a déjà parlé et on en reparlera sûrement…
Pour l’instant, la presse néglige le sujet, elle en parle moins. Pas d’actualité. Mais les vagues gigantesques existent toujours et leurs caractéristiques dépassent ce que prédisent les théories classiques sur la formation des vagues ordinaires.
Tentative d’explication. Les vagues classiques sont formées par friction du vent sur la surface de la mer ; elles résulte des trois facteurs connus : la force du vent, sa durée et le fetch ; elles ne dépassent pas une quinzaine de mètres. Les vagues scélérates ne se classent pas dans cette catégorie. Elles mesurent à peu près le double, surviennent au sein d’un état de mer modérément actif et concentrent en elles une proportion inattendue de l’énergie qui aurait dû se trouver dispersée, comme pour les vagues classiques.
Les vagues scélérates se produisent plus fréquemment dans des états de mer, où les vagues sont déjà inhabituellement cambrées. Il s’agirait, par conséquent, de vagues jeunes, rapides, générées une mer en croissance ou proche de son paroxysme. Les vagues jeunes, plus rapides, rattraperaient les vagues anciennes auxquelles elles transféreraient leur énergie. Par effet d’empilement elles produiraient une vague géante dite scélérate.
Témoignages. Le premier à évoquer ces vagues exceptionnelles est Dumont d’Urville. On ne l’a pas cru. Puis, au fil du temps, d’autres témoignages sont apparus : en 1945 le porte-avions US Valley Forge voit son pont d’envol plié en deux, le pétrolier Aldébaran en 1974 est entièrement capelé par la mer, la plate-forme Ocean Ranger en 1982, la plate-forme Daupner en 1995, et d’autres encore. Cela fait penser aux vagues pyramidales dont parle Moitessier ou à la vague qui fit sancir Tzu Hang le ketch de 14 m des Smeeton.
Approche scientifique. Michel Olagnon (1) spécialiste des vagues à Ifremer écrit : Le Jour de l’an 1995, la vague Draupner s’éleva jusqu’à 18, 5 mètres et frappa la plate-forme, alors que la hauteur significative des vagues n’était que d’une dizaine de mètres. En se reportant au graphique, en haut de page, on voit très bien au centre de l’enregistrement des vagues sur cette plate- forme, un pic qui domine soudainement les vagues classiques. C’est la vague scélérate…
• Conclusion. N’oublions pas qu’il s’agit d’une possible explication, sérieuse et argumentée ; est-ce la bonne ? On ne peut encore l’affirmer tant l’analyse des observations se heurte à leur rareté, et au manque de fiabilité des instruments de mesure en conditions extrêmes. Certes de nombreux organismes internationaux dont l’Ifremer collaborent à l’établissement d’une théorie reconnue par la communauté scientifique, mais force est de constater que les experts se montrent encore très prudents.
Jussac
(1) Auteur avec Janette Keer de « Anatomie curieuse des vagues scélérates » – Quae editeur – 2015

Quelques instants avant un séisme sous-marin…

Bonne nouvelle, la science progresse. Plusieurs instituts internationaux dont l’Ifremer, le Cnrs et l’Ifsttar (1), proposent, pour la première fois, un modèle physique permettant d’expliquer la phase préparatoire d’un séisme en milieu océanique. Ces travaux reposent sur des mesures quantitatives permettant d’établir un lien entre les précurseurs observés et le choc majeur d’un séisme.
• Comment ça se passe ? Très sommairement : sous l’effet de forces tectoniques, deux phénomènes antagonistes sont usuellement en jeu au voisinage des failles coulissantes. Le premier est l’augmentation des forces de cisaillement tendant à fracturer les roches et à affaiblir la résistance de la zone de coulissage. Le second est la baisse de pression du fluide contenu dans le massif rocheux, résultant de l’accroissement du volume de vide entre les roches. Ces fluides peuvent dépasser le point de rupture et atteindre un seuil dit super critique capable de déclencher un séisme. Mais, au préalable, durant une courte période, ils génèrent des alertes prémonitoires (mouvement des sols, signaux sismiques, électriques thermiques, comportement des gaz, voire comportement animal…). Autant de signaux précurseurs qui pourraient à terme, contribuer à la prévision sismique. N’oublions pas que nombre de tsunamis sont déclenchés par des tremblements de terre ; gagner du temps avant qu’ils n’atteignent la côte permettrait d’en limiter les effets.
(1) Ifremer : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer – Cnrs : Centre National de la Recherche Scientifique – Ifsttar : Institut français des Sciences et Technologies des Transports et Aménagement des Réseaux


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