Archive for the 'Marine de plaisance' Category

Stratégie maritime, on veut des réponses. Vite !

Il y a peu, Escales publiait l’injonction des Services du Premier ministre demandant au Conseil Supérieur de la Marine Marchande (CSMM) de lui faire connaître la stratégie de la France pour la période 2016 à 2019. Le CSMM devait la faire connaître avant l’été 2015.
Or, nous sommes en été et, à notre connaissance, aucun document n’a encore été fourni à la presse. Pour aider les communicants du CSMM, nous leur rappelons l’adresse d’Escales : https://escales.wordpress.com/
• Il faut savoir qu’un tel document exige beaucoup de travail. Rien que pour la Plaisance, comment concilier les intérêts économiques en jeu, et une législation qui leur est parfois contradictoire. Je pense évidemment à la première des règles de sécurité impliquant une veille permanente à bord. A l’heure où de grandes compétitions se préparent, il serait pourtant intéressant de le savoir. Faire appliquer la loi contre vents et marées ? La modifier pour sauvegarder des intérêts particuliers (courses en solitaire) ?  Fermer les yeux sur les dérogations habituelles ? Regarder ailleurs parce qu’il y a des sujets jugés plus brûlants ? Toutes choses qu’il faudra bien mettre sur la table un jour ou l’autre… même si elles tardent à venir.
Rassurez-nous !

Un joyau du patrimoine s’en est allé…

DSCF0460Les Trois Freres 02.09.13  (41)Les trois freres 08.06.15  (1)C’était un superbe cotre classique construit en 1960 par le chantier naval Rolland Primel de Morlaix et armé à la pêche à l’oursin. Des lignes superbes, souples et robustes : un vrai bateau de travail (longueur 7,50 m, largeur 2,80 m). L’âge venant, il fut restauré par le Chantier Kervag en Lanmeur en 2008 et devint une célébrité des régates de Paimpol au Golfe du Morbihan où son élégance (et ses performances ) surprenait un public de connaisseurs.
Eh bien, cette petite merveille, vous ne la verrez plus.
A la fin d’une régate en août 2013, il se jeta malencontreusement sur les cailloux de Ploumanach d’où il demeura prisonnier. Le propriétaire refusant l’aide de la SNSM tenta de le déséchoué, en vain ; le petit cotre dut attendre une semaine avant d’être « récupéré ». Mais dans quel état…
Depuis, il gît devant un hangar, plus ou moins abandonné, sans qu’on sache ce qu’on peut en faire ; vraissemblablement il y est encore… Mais les dégâts sont si importants qu’on ne peut s’empécher de penser à une solution radicale mais violente…
On ne peut aussi que partager l’amertume de Pierre-Yvon Boisnard qui, à 18 ans, a navigué sur Trois frères avec son ancien propriétaire Florian Vinas (un réfugié espagnol parfaitement intégré soit dit au passage).
Donc, jetez un coup d’œil sur ces ultimes images qui sont probablement les dernières de ce bateau de caractère, mais hélas condamné. Et surtout, pensez à notre patrimoine maritime qui DOIT être sauvegardé si on ne veut pas en perdre la mémoire.
Athos
• Images – A gauche : Trois frères, pimpant du temps de sa gloire, dans l’anse du Diben, entre les thoniers Kalinka et Etreom. Au centre : le petit cotre coincé dans la roche après son accident. A droite : la carène fracassée, comme une blessure béante… (Photos Pierre-Yvon Boisnard)

Plaisance : des tarifs vraiment incomparables

port Ré DSCN1234Les beaux jours sont enfin revenus et, il est plus que temps de se préoccuper de nos prochaines navigations. Pour vous donner un avant goût de la sauce à laquelle nous serons mangés Escales a tenté de débroussailler les voies impénétrables qui nous conduisent au tarif des ports de plaisance (payants) de notre beau pays.
Nous avons essayé de connaître les tarifs pour un voilier imaginaire de 10 à 11 m (croiseur moyen) à la journée, la semaine et le mois. Nous avons enquêté sur le Net, en nous donnant quatre minutes pour accéder aux prix. Ceci pour une vingtaine de ports, pris au hasard, mais répartis sur tout le littoral.
Il en ressort deux constats particulièrement remarquables :
• D’abord une certaine propension à diffuser discrètement (très discrètement) des tarifs, comme s’il était honteux d’annoncer clairement la couleur. Parfois, le tarif est annoncé dans le titre mais on ne le retrouve pas (ou difficilement) dans le corps du texte. En d’autres cas, il ne figure même pas. Un prix est un prix, pourquoi le cacher ?
• Ensuite, la référence à la durée ; chaque port a sa terminologie propre ; les vocables « haute ou basse saison » ou « selon les saisons » sont souvent employés, mais ils ne recouvrent pas forcément la même période. Où commencent-ils, où finissent-ils ? Plus vague encore les mots passe-partout de « forfait annuel ». C’est quoi ? Nous voilà bien informés… Il arrive aussi que les prix ne soient pas identifiés avec ou sans TVA. A peine la moitié des ports affiche sans ambiguïté les prix à la journée, la semaine ou le mois.
• Bien que non exhaustifs ou partiels (il s’agit d’un simple mini-coup de sonde), les résultats donnent une idée de ce qui attend le candidat au cabotage. Il n’est pas sûr qu’il en soit satisfait.
C’est la raison pour laquelle Escales suggère aux autorités de tutelle de rendre obligatoire la publication des tarifs de port, sous une forme standard, la même pour tous, employant la même terminologie, le même étalon de durée, et lisible d’un seul coup d’œil. Sans formule alambiquée ou références obscures. Pratique, claire, elle apparaîtrait sur Google permettant une comparaison immédiate.
• Evidemment, on peut regretter l’heureux temps des mouillages forains, seuls sous la lune, sans pontons ni « services » mais bercés par la houle du large. Tout heureux de se trouver à sa place dans l’univers sans devoir la moindre redevance à qui que ce soit. Mais ces temps utopiques sont révolus, on parle d’autre chose…
PS – Pour étoffer notre dossier, vos témoignages sont bienvenus.
• Image – Ile de Ré, le port de plaisance, ses commodités, ses services… (photo Escales Maritimes).

Le cauchemar d’un catamaran en plein Atlantique

Nous ne sommes pas des lecteurs assidus de Paris-Match tant s’en faut… C’est pourquoi un ami d’Escales, André Cordier, attire notre attention (et la vôtre) sur un article publié récemment par l’hebdomadaire bien connu.
Il s’agit de la relation du naufrage en plein Atlantique d’un catamaran durant lequel quatre personnes (un couple et deux enfants) ont vécu des heures très difficiles (à la vérité terrifiantes).
• Comme le papier est assez long, il ne nous est pas possible d’en reproduire des extraits ; en revanche, vous le trouverez dans son entier sur
http://www.parismatch.com/Actu/International/L-odyssee-tragique-d-une-famille-rochelaise-764324

Une carte pour les pêcheurs plaisanciers ?

chalutier Guil DSCN1630Il ne s’agit pas de jeter de l’huile sur le feu, mais d’ajouter une pièce au dossier, déjà bien chaud, du droit de pêche des pêcheurs plaisanciers.
Dans une livraison récente le journal Le Télégramme, donne carte blanche sur le sujet à Yannick Hémeurry, vice-président du Comité des pêches de Bretagne.
On y lit notamment :
La gestion de la ressource pour une pêche durable est devenue réalité. Aux plaisanciers d’en faire de même, plutôt que de se réjouir des sanctions qui frappent les professionnels (…). Il existe une carte de pêche en rivière, il existe un permis de chasser et personne ne les conteste car ils s’inscrivent dans un mode de gestion des espèces. Il va falloir y arriver pour la pêche plaisance. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour le thon en Méditerranée, et chacun y trouve son compte. Dans ce cadre, et avec la création de comités de liaisons entre pros et plaisanciers comme celui du quartier maritime de Lannion-Paimpol, on pourra mettre fin aux incompréhensions entre les uns et les autres et apprendre à se connaître mieux.
Et le vice-président conclut par ces mots : Car c’est bien un point d’accord entre les deux catégories : si on écoute ces gens-là, on ne pourra bientôt plus pêcher. Ni les professionnels, ni les plaisanciers.
Le message est clair, mais laisse entrevoir un débat serré, qui aura bien du mal à rester serein. A suivre.
• Photo Escales Maritimes.

Taxe-mouillages : l’incendie n’est pas éteint !

DSCN3813On s’est peut-être réjoui un peu trop tôt… La taxe sur le mouillage des bateaux de plaisance renaît de ses cendres…
Dans un communiqué, la FIN (1) et plusieurs associations de plaisanciers (2) annoncent que le gouvernement a déposé, le 17 février, un nouvel amendement qui est en tout point identique au précédent, bien qu’il dissimule le montant de la taxe en renvoyant son établissement au décret d’application.
Ce nouvel amendement emploie le terme de redevance, mais il s’agit bel et bien un impôt puisqu’aucune contrepartie en termes de services aux plaisanciers n’est envisagée (comme une zone de mouillage organisé ou la collecte des déchets…).
Par cet impôt, dit la FIN, le gouvernement veut faire supporter aux plaisanciers le coût d’une mission d’intérêt général (la protection du littoral), alors même que ces derniers financent déjà, chaque année le Conservatoire du littoral à hauteur de 37 millions d’Euros.
• Il semble, qu’une fois de plus, on revient à la case départ… Il est bien compréhensible que les Aires marines protégées restent… protégées et que le Conservatoire du littoral dispose de moyens à la hauteur de sa tâche. Personne ne le discutera. Par contre, le financement ne peut provenir de dispositions arbitraires, incompatibles avec la réalité (organisationnelle et pratique) du terrain (3).
C’est une tâche délicate pour les Pouvoirs publics qui risquent de s’y empêtrer, mais au final cela fait partie de leur boulot…
Aramis
(1) Fédération des Industries Nautiques.
(2) Fédération Française des Ports de Plaisance, Union Nationale des Associations de Navigateurs, Fédération Nationale des Pêcheurs Plaisanciers et Sportifs…
(3) N’oublions pas que l’amendement 1208 a été rejeté à cause notamment de son extrême complexité d’application.

Taxation des mouillages plaisanciers (suite et fin)

Voici un billet qui met un point final à nos papiers sur la tentative de taxation de certains mouillages de plaisance. Sauf nouveaux rebondissements, nous ne reviendrons plus sur cet épisode peu glorieux de notre appareil législatif. Ça suffit comme ça…
• En dehors même de l’absurdité du montant de la taxe envisagée, absurdité qui doit légitimement nous inquiéter sur la qualité du travail législatif, se pose la question de l’impact de la plaisance sur les écosystèmes côtiers. En dehors d’une densité excessive de mouillages sur ancre dans des zones d’herbiers où se reproduisent les poissons je n’en vois aucun (L’IFREMER n’ont plus d’ailleurs). Cette question est facilement résolue par les mouillages sur bouées. Un plaisancier normalement constitué recherche des fonds de sable pour mouiller juste parce qu’ils sont de meilleure tenue que les herbiers. Ça tombe bien. Il ne me gênerait pas que les zones sensibles soient interdites au mouillage ou équipées de mouillages organisés sur bouées payants dès lors que le prix en serait raisonnable. Mais, bien évidemment, nous parlons de ces zones sensibles et de celles-là seulement. Pour le reste les tentatives de surexploitation fiscale ou commerciale de l’espace public doivent être combattues. C’est comme la surpêche, dont la surexploitation finit par détruire la ressource. Je veux bien aller l’expliquer à Madame Lebranchu, ça prendra 5 minutes.
Francis Bergerac

Naufrage exemplaire sur les côtes du Sénat (!)

vignette 1Tout s’est passé très vite. Devant le tollé général soulevé par les dispositions adoptées par le Sénat, les députés ont annulé l’éphémère amendement 1208. Ouf ! Pour cette fois nos élus ont su raison garder.
Les motifs invoqués sont d’ordre économique mais nous y voyons aussi le sursaut des plaisanciers qui, pour d’autres raisons, a sûrement pesé dans la balance.
Dans son principe la formule était impraticable.
• La taxe devait être appliquée quotidiennement, mais qu’est-ce qu’un « jour » ? Il commence à 0 h 00, à midi, au lever du soleil ? Est-ce qu’une halte de trois heures (pique-nique par exemple) aurait été assimilée à un « jour » ? Si le jour commence à 0 h 00, un mouillage pris à 22 h pour un départ le lendemain à 8 h devait-il être compté pour deux « jours » ?
Hormis une présence permanente et en tous lieux de la gendarmerie maritime qui aurait vérifié l’éventuelle infraction ? Quel personnel (assermenté ?) devait percevoir la taxe ? Quels effectifs, quel matériel, etc.
Ingérable. Quelle méconnaissance des réalités !
• Reste que les collectivités territoriales devront chercher ailleurs (et peut-être sous une autre forme dans la plaisance) les quelques ressources espérées. Une histoire se termine une autre (la même, mais retoquée) peut très bien apparaître. Restons vigilants.
Mais enfin, voici une péripétie qui pourrait s’appeler « beaucoup de bruit pour rien » si toutefois ce bon Shakespeare nous en donnait la permission.
Porthos

Taxe sur la plaisance, coup de théâtre incroyable !

• Dernière minute – C’est en effet un coup de théâtre imprévisible. Aujourd’hui, les députés viennent de supprimer la taxe sur le mouillage des bateaux de plaisance dans les eaux des aires marines protégées. Celle-ci avait été adoptée par les sénateurs ainsi que nous l’avions expliqué. Les raisons en ont été données par la voix de Didier Quentin député de Charente-Maritime : L’instauration d’une telle redevance risque d’avoir de graves conséquences sur l’attractivité et l’économie de nos façades littorales. La filière nautique française représente près de 5 000 entreprises, essentiellement des PME, 415 ports de plaisance et plus de 40 000 emplois ».
Bien entendu, Escales Maritimes reviendra bientôt sur cet étonnant revirement.

Misère… Ils sont en train de flinguer la plaisance !

Petit voilierAlors là, on a du souci à se faire. Crochez la ligne de vie, empoignez la main courante et lisez ceci.
C’est tombé comme un couperet de guillotine. A tel point que trois institutions plaisancières (et non des moindres) ont réagi en commun.(1)
• Voici l’info –
Le 20 janvier 2015, dans le cadre de l’examen, en première lecture du projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République par le Sénat, le gouvernement a présenté l’amendement n°1208 permettant aux collectivités territoriales et aux établissements publics littoraux d’instaurer une redevance sur les mouillages effectués par les navires dans le périmètre des aires marines protégées dont ils ont la gestion. L’amendement a été adopté.
Le montant maximal de cette redevance, qui concerne tout navire mouillant sur ancre ou corps mort pendant une quelconque période du 1ᵉʳ juin au 30 septembre en métropole et toute l’année dans les eaux ultra-marines, est établi à 20 € par mètre de longueur de coque et par jour.
• Les conséquences selon le collectif –
L’amendement N°1208 remet en cause le principe de gratuité d’accès aux domaines publics naturels. Il prévoit l’instauration d’une taxe sans aucune contrepartie en termes de services.
Ce projet de redevance vise la majeure partie du littoral présentant un intérêt pour la navigation de plaisance. Plus de 88 000 km² de zones côtières sont déjà classés en aire marine protégée selon l’article L.334-1 du code de l’Environnement, soit 23,6 % des eaux métropolitaines et 50 % des eaux corses. Comme dix parcs naturels marins doivent être créés à l’horizon 2020, l’amendement N°1208 revient à rendre la pratique du mouillage payante pratiquement partout.
• Notre commentaire –
Nous, plaisanciers écolos, le clamons haut et fort : ce n’est pas comme ça qu’on protègera nos aires marines. La petite et moyenne plaisance vont mal. Les coûts de la pratique plaisancière (achat du bateau, entretien, assurances, accastillage, places de port, etc.) sont déjà excessifs. Si on rajoute une louche à la réputation absurde « les plaisanciers sont tous riches, ils peuvent payer » on met en péril la noble pratique de la voile, le maintien d’une industrie de qualité, et les 40 000 emplois de la filière nautique. Ce texte est contre productif, ne faites pas ça !
Escales
(1) La Fédération des Industries Nautiques, la Fédération Française des Ports de Plaisance ; l’Union Nationale des Associations de Navigateurs.


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