Archive for the 'Marine de pêche' Category

Le bateau « qui pêche tout seul » à son âge d’or

UnknownL’ami Marc Minni nous adresse cette remarquable photo de La Cigale, le bateau qui pêche tout seul. Comme vous êtes nombreux à vous intéresser à cette formule astucieuse, nous vous livrons cette image qui représente La Cigale dans les années 30 probablement. On distingue assez bien le système de pêche du vire-vire et l’on retrouve les formes générales de l’embarcation décrite dans nos précédents billets : construction en béton, pas d’étrave mais une levée, panier métallique, cabane pour le « pêcheur » etc.
Avec nos remerciements chaleureux à Marc pour ce document d’exception.

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A dix-huit ans, la pêche, ça ne s’oublie pas…

Un fidèle lecteur d’Escales, visiblement très attaché au Trois Frères, nous prie d’apporter ces précisions. On ne peut, aussi que partager l’amertume de Pierre-Yvon Boisnard qui, à 18 ans, a navigué avec son ancien propriétaire Florian Vinas (un réfugié espagnol parfaitement intégré soit dit au passage) sur Le Kerloc’h un caseyeur de 17.50 mètres. Voilà qui est fait, en précisant que nous ignorions ce détail. Nobody’s perfect…

La « Cigale » est prête à chanter tout l’été…

DSC_3512DSC00193DSC_4851C’est une de ces histoires comme nous les aimons à Escales. Un groupe de copains découvre un jour l’épave d’un bateau à demi coulée au bord de la Digue du Malafray à côté de Chateauneuf-du-Rhône ; elle intrigue. C’est alors qu’ils s’aperçoivent que l’embarcation est un ancien vire-vire, un bateau qui pêche tout seul dont nous avons déjà parlé (1). Nos découvreurs – tous amis du patrimoine – en sont tout heureux car il n’existe plus de représentant de bateaux de ce type. C’est donc une rareté.
Mais ils s’aperçoivent aussi que, traditionnellement en bois,  celui-ci est… en béton armé !
• Durant l’hiver et le printemps derniers, d’importants travaux de désensablage sont réalisés par MM. Pradier, Thielon et Bonfils, représentant l’enlèvement de 10 tonnes de sable environ ; ce qui a permis de mettre au jour la plate-forme en béton de la barque qui présente de lourdes dégradations. Un vire-vire en béton ! Ce n’est plus une rareté c’est une pièce unique. Du coup, ils retroussent leurs manches et décident de sauver l’épave, quitte à la reconstruire en partie. Et c’est ce qu’ils font. Ils récupèrent les débris, les assemblent, comblent les vides et reconstruisent une coque en béton digne de la célèbre barque de Lambot, inventeur du béton armé et premier constructeur de bateau avec ce matériau.
Aujourd’hui, M. Pradier et ses complices peuvent présenter La Cigale, embarcation doublement exceptionnelle, en état de marche, qui constitue une pièce majeure de l’héritage culturel de Châteauneuf-du-Rhône.
• A notre avis, il ne serait pas déraisonnable que le ministère des Affaires culturelles s’intéresse à cette initiative, menée par des bénévoles énergiques très attachés au patrimoine local.
Aramis
(1) Voir notre billet du 6 novembre 2014 « Le bateau qui pêche tout seul ».
(2) Rien à voir avec le ferrociment.
• Images : à gauche : la coque reconstituée à partir des éléments récupérés ; au centre : les travaux d’assemblage et de renforcement ; à droite, la « Cigale » dans son état actuel (on reconnaît les deux paniers métalliques actionnés par le courant). Et, bien sûr, la cabane pour abriter les heureux pêcheurs.

L’affaire du Bugaled Breizh n’existe plus…

Après 11 ans de combat, de rebondissements, d’espoirs, et d’espérance, les familles et la population tout entière devait apprendre aujourd’hui que la Cour d’appel de Rennes confirmait le non-lieu de mai 2014, ainsi que le demandait l’avocat général. L’affaire du « Bugaled Breizh » n’existe plus… Chagrin, rage, consternation. Dans un climat chauffé à blanc la Cour faisait savoir qu’il fallait avoir le courage de dire « on ne saura jamais » quand toutes les pièces accessibles d’un dossier ont été examinées avec soin. C’est à peu près ce qui a été dit, aujourd’hui à Rennes, à la consternation de ceux qui croyaient (qui croient encore) à la thèse du sous-marin pris dans les filets et entraînant le chalutier dans la catastrophe. Il y avait des manœuvres navales internationales ce jour-là.
Tout laisse croire que cette décision, que nous ne commenterons pas, laissera un arrière goût amer, voire insupportable, parmi la communauté maritime, et même dans la conscience de chacun de nos concitoyens.
La vie de cinq marins et 11 ans de combat pour en arriver là…
Aramis

Le second naufrage du Bugaled Breizh

Après l’audience d’hier, le dernier épisode du drame de Bugaled Breizh s’est avéré décevant pour les familles des victimes. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes, a rejeté l’appel des familles contre l’ordonnance de non-lieu rendue en mai dernier.
• Le drame du Bugaled Breizh (cinq victimes en janvier 2004) se fond dans les abysses des catastrophes inexpliquées… mais pas forcément inexplicables.
Les porteurs du dossier n’ont jamais caché que l’audience était celle de la dernière chance ; ça passe ou ça casse. Malheureusement, à moins d’un coup de théâtre bien improbable, ça ne passe pas. Les familles, bouleversées, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer…
• Pourtant, la thèse dite du sous-marin reste quasi unanimement partagée par les populations du Guil et des alentours. Les porteurs du dossier le savent ; ils ont combattu pied à pied en martelant qu’un rejet serait catastrophique… Hélas !
Porthos

Une carte pour les pêcheurs plaisanciers ?

chalutier Guil DSCN1630Il ne s’agit pas de jeter de l’huile sur le feu, mais d’ajouter une pièce au dossier, déjà bien chaud, du droit de pêche des pêcheurs plaisanciers.
Dans une livraison récente le journal Le Télégramme, donne carte blanche sur le sujet à Yannick Hémeurry, vice-président du Comité des pêches de Bretagne.
On y lit notamment :
La gestion de la ressource pour une pêche durable est devenue réalité. Aux plaisanciers d’en faire de même, plutôt que de se réjouir des sanctions qui frappent les professionnels (…). Il existe une carte de pêche en rivière, il existe un permis de chasser et personne ne les conteste car ils s’inscrivent dans un mode de gestion des espèces. Il va falloir y arriver pour la pêche plaisance. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour le thon en Méditerranée, et chacun y trouve son compte. Dans ce cadre, et avec la création de comités de liaisons entre pros et plaisanciers comme celui du quartier maritime de Lannion-Paimpol, on pourra mettre fin aux incompréhensions entre les uns et les autres et apprendre à se connaître mieux.
Et le vice-président conclut par ces mots : Car c’est bien un point d’accord entre les deux catégories : si on écoute ces gens-là, on ne pourra bientôt plus pêcher. Ni les professionnels, ni les plaisanciers.
Le message est clair, mais laisse entrevoir un débat serré, qui aura bien du mal à rester serein. A suivre.
• Photo Escales Maritimes.

Petites précisions sur les Sinagots

DSCF5198Un vieil ami d’Escales attire notre attention sur un point que nous aurions dû préciser si nous n’avions pas la manie d’écrire court… Voici.
Amis d’Escales, les images que vous montrez représentent deux types différents de Sinagos. Les deux premières montrent le « type ancien », très bas sur l’eau, hissant des voiles « en bannière », qui ne sortait pas du Golfe. Une chaloupe archaïque de conception. Le début du XXᵉ siècle voit l’apparition du « type récent », grosse coque plus défendue, aux voiles plus apiquées, à l’étambot plus incliné.
• Et, en prime, cette photo montrant l’élégance de ces carènes parfaitement adaptées à leur usage. Au premier plan un Sinagot « récent » Les trois frères, puis Joli vent (de l’association les Amis du Sinagot) et enfin Souvenir, réplique de type « ancien » construit à Douarnenez. (Photo collection Jiheldet).
P. S.-  Au fait, Sinagot (ot), ou Sinago (sans t) ?

Les sinagots du Golfe dans leur jus…

sinagot 4sinagot 3sinagot 2Sa majesté le SinagotEscales en a déjà parlé et nous ne sommes pas les seuls. La Revue Chasse-marée en donne les mensurations suivantes relevée sur Vainqueur des jaloux : longueur 10,36 m, largeur 3,20 m, tirant d’eau 1,07 m. C’est une chaloupe traditionnelle, typique des embarcations du Golfe du Morbihan. Creux, rustique et puissant, il peut s’échouer sur toutes les grèves du Golfe. Il grée deux voiles au tiers (misaine et taillevent) qui sont portées hautes, peu ou pas apiquées (vergues quasi horizontales) leur surface atteint 80 m². La coque est noire, (passée au black) et les voiles teintes au tanin. D’où sa silhouette farouche et élégante.
Le Sinagot doit son nom au village de Séné (sinagot = originaire de Séné) où on le construisait.
Armé en pêche (ligne, drague ou chalut) le Sinagot se cantonne en principe aux eaux du Golfe et du courau de Belle-Ile.
• Si nous y revenons une fois de plus c’est que le hasard nous a fait découvrir, par l’intermédiaire d’un ami, ces rudes images (parfois un peu floues) où les Sinagots sont encore dans leur jus. Rare. Profitez-en !
• Images -A gauche, Sinagots au mouillage ; on remarque les deux vergues placées en travers de la coque. Au centre, la belle allure du bateau, sous voile, par petit temps. A droite, Sinagot échoué montrant la robustesse de la coque et l’implantation très avancée de la misaine (Collection Jiheldet)

Trafics et gaspillages de l’irrésistible surpêche

Remarquable reportage sur la pêche (et la surpêche) sur Arte ce mardi 27 janvier. Un sujet critique mais pas seulement. On voit et on comprend les excès de la pêche industrielle qui assèche les réserves et prive les pêcheurs côtiers de ressources indispensables. Comment d’énormes quantités de poissons indésirables sont rejetés morts à la mer et comment est travaillé le poisson pêché sans le moindre scrupule pour la sensibilité animale.
On voit aussi les dégats causés par les énormes chalutiers hauturiers qui ravagent les grands fonds et les rendent stériles et comment le gaspillage organisé concourt à la fois à la destruction de la ressource et l’appauvrissement des hommes. Sans parler de la fausse piste des ferme aquacoles.
Bref, c’est un document réaliste, bourré de chiffres et d’exemples que vous pouvez revoir en re-play sur Arte : « Heureux comme un poisson dans l’eau ». Si vous le pouvez, jetez-y un coup d’œil, vous saurez tout…

Bugaled Breizh : épilogue le 3 mars

Tout le monde se souvient du drame : le 15 janvier 2004 le Bugaled Breizh, chalutier du Guilvinec sombrait après un accident mystérieux entraînant la mort de cinq marins pêcheurs. Les familles des disparus n’ont jamais relâché la pression pour obtenir des éclaircissements crédibles, impliquant notamment un sous-marin. Suite au non-lieu prononcé en 2014, les parties civiles ont obtenu qu’il soit jugé en appel. Il le sera le 3 mars prochain à Rennes. Ce recours sera le dernier possible ; selon le jugement l’affaire connaîtra d’autres suites ou sera classée définitivement… et onze ans de combat seront perdus.


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