Archive for the 'Littérature / Bibliographie' Category

Notre chouchou au 6ᵉ Salon du livre de Mer

viviC’est vrai qu’il ne reste pas beaucoup de temps, samedi c’est demain… Mais suffisamment pour vous précipiter ce week-end vers Noirmoutier (Vendée). A l’occasion du 6ᵉ Salon du livre de mer. Vous pourrez vous glisser dans les pas des artistes-marins qui ont tant de choses à dire. Avec leur sensibilité et leur nature. Vous découvrirez notamment les bouquins de Vivi Navarro, au style toujours délicat et fort. Une expérience bien particulière : trois femmes, trois destins maritimes, trois personnalités qui témoignent. Le ton est juste, élégant, vigoureux. Comme la mer…
Et puis comme Vivi est une créatrice de surprises, vous pourrez apprécier son dernier bouquin Géants des mers (1) qui jette un regard incisif sur le monde un peu secret du peuple des marins. A voir, à lire absolument, avec tendresse si possible.
Rencontre avec l’auteure, samedi à 15 h 30 à l’occasion d’un café littéraire.
Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire…
Noirmoutier en l’Ile, place d’armes, les 13 et 14 juin
(1) Magellan Editeur.
NDLR – Il ne s’agit pas ici de juger du gigantisme mais de création
artistique. Nuance…

Un jour, un mec, envoûté par les grands phares…

ar vro dedi 2Amis bretons, si vous projetez une virée à la Pointe du Raz, arrêtez-vous un instant à Audierne. Ce samedi 13 juin vous y recontrerez l’ami Yves Dussin qui dédicassera « Le phare des équinoxes » et « Le phare des solstices ». L’un sur le phare de Bressay à l’entrée de Lerwick, l’autre sur celui de l’île de Wrac’h. Et aussi « l’estran-je », sur les traces de l’univers surréaliste d’Yves Tanguy. Un émouvant travail d’artiste, sincère et vigoureux, à l’image de leur créateur.
• Samedi 13 juin, librairie « Ar Vro » de 10 h à 13 h.

Original : la BD à l’abordage…

UnknownIl n’est pas trop tard, mais pressez-vous quand même… Du 12 au 17 mai, la municipalité de La Richardais (35) propose une rencontre avec Pascal Bresson lors de la sortie du tome 2 de sa BD « Terre et Mer » (1). Si j’ai bien compris, il s’agit d’une expo-vernissage où vous aurez l’occasion de rencontrer l’auteur (histoire de parler bateaux) et qui sait ? lever un verre en sa compagnie. Nous pensons que l’initiative pourrait intéresser plus d’un lecteur d’Escales
• Mairie de La Richardais, 1 Place de la République 35780 – Aux heures d’ouverture de la mairie. Rens. au  : 02 99 88 50 90.
(1) D’après l’œuvre de Hervé Baslé.

Les bouquins maritimes à découvrir

Comme chaque année, Escales Maritimes vous propose un choix d’ouvrages qui nous ont bien plu. Soit par leur nouveauté, soit leur intérêt culturel, soit encore leur originalité.
Il ne s’agit nullement d’une sélection qualitative ou commerciale (Escales ne vend pas ces ouvrages) mais de bouquins récents ayant retenu notre attention.
Aucun des auteurs ne se prend pour Conrad, Hayet, Lacroix ou Anita Conti, mais ce sont de « vrais » auteurs qui revendiquent haut et fort leur émotion maritime.
• « Sur les bancs » (Jean-Noël Duchemin) – Littérature et peintures oniriques. (Un texte rare sur les bancs de Terre-Neuve, illustré d‘œuvres originales) – Editions du Bout du monde.
• « Le périple du Sirius » (Henri Bourdereau) – Récit réaliste, précis, documentaire, pudiquement classé roman : tout est visiblement vécu – Editions L’Harmattan.
• « Les contes de Kerdubon », non encore publiés mais qui mériteraient de l’être (variations autour du thème maritime, traités par la verve d’un conteur flamboyant.
• Deux CD « Terre-neuvas et cap-horniers » – Archives orales des derniers navigateurs à la voile racontées par les marins eux-mêmes. Document unique – Frémeaux & Associés, Collection « notre mémoire collective ».
• « Pittoresque », (Christophe Verdier) – Album d’aquarelles célébrant les joyaux secrets cachés entre Lannion à Morlaix. Ouvrage à paraître au second semestre 2O15 – Imprimerie de Bretagne Editeur.

Bibliographie : Le périple du « Sirius »

« Roman » lit-on sur la couverture du bouquin. C’est trompeur… C’est davantage une tranche de vie maritime que nous propose ici Henri Bourdereau qui puise dans ses souvenirs personnels pour constituer le récit. Car c’est plus un récit qu’une œuvre de fiction, tout semble avoir été véritablement vécu. Un peu comme le faisait Albert Londres en son temps.
• Cela dit, l’argument montre combien les aléas étaient nombreux et leurs conséquences redoutables à la fin du dernier siècle. D’un mot : un minéralier, le Sirius, rentrant du Pérou et en route vers l’Europe ne peut passer le Canal de Panama. Tirant d’eau excessif de quelques pieds ! Soit 2 500 tonnes de minerai en trop. Il devra « faire le tour » par le Cap Horn. De là, découle toute l’histoire, et pas n’importe quelle histoire, humaine, matérielle, maritime. Qu’on ne dévoilera pas ici…
• Profondément humain, compréhensible par tous, précis comme un reportage, ce bouquin se lit d’un seul souffle ; il ne vous lâchera qu’à la dernière page, soit en vous laissant rêveur, soit en vous rappelant quelques souvenirs.
Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire… Vous ne le regretterez pas !
Le périple du Sirius – Henri Bourdereau – Editions L’Harmattan 2015 – 14,5 €.
PS – Escales rappelle au passage qu’il ne critique que les bouquins qui lui sont adressés ; toute autre approche serait de complaisance.

Tempête de glaces dans le Grand nord

Sea ice breaking up in Nares Strait, Nunavut, CanadaC’est l’hiver, ça caille… Pour rester dans la note, voici un extrait du bouquin du grand explorateur Nansen « Vers le Pôle » (1) qui donne froid dans le dos, c’est le cas de le dire… Il raconte en quelques lignes ce qu’on pourrait appeler une tempête de glaces dans le Grand nord.
– C’est d’abord comme un roulement de tremblement de terre très lointain, puis le bruit se rapproche et éclate en même temps sur différents points.
Les échos du grand désert neigeux, jusque-là silencieux, répète ce mugissement en fracas de tonnerre… Les géants de la nature se préparent au combat. Partout, la glace craque, se brise, et s’empile en toross (2), et soudain vous vous trouvez au milieu de cette lutte effroyable. Tout grince et mugit, la glace frémit sous vos pas… De tous côtés d’effroyables convulsions. A travers une demi obscurité, vous voyez les blocs monter en hautes crêtes et approcher en vagues menaçantes. Dans les collisions, des quartiers épais de 4 ou 5 mètres sont projetés en l’air, montent les uns au-dessus des autres ou tombent pulvérisés… Maintenant, de tous côtés vous êtes enveloppé par des masses de glace mouvante prêtes à débouler sur vous. Pour échapper à leur étreinte mortelle vous vous disposez à fuir, mais juste devant vous la glace cède ; un trou noir s’ouvre béant et l’eau affluant par l’ouverture s’épanche à flots. Voulez-vous vous sauver dans une autre direction : à travers l’obscurité, vous distinguez une nouvelle crête de blocs en marche sur vous. Vous cherchez un autre passage, toute issue est fermée.
(…) Ce mugissement formidable approche de plus en plus ; le floe (3) sur lequel vous vous êtes réfugié, serré et heurté comme à coups de bélier, s’effrite, l’eau afflue de tous côtés. Pour vous sauver vous n’avez d’autre ressource que d’escalader une de ces arêtes de glace mouvante afin d’atteindre une autre région de la banquise… Maintenant, peu à peu, le calme se fait, le bruit diminue et lentement s’éteint dans un grand silence de mort.
(1) E. Flammarion Editeur 1897.
(2) Toross : crêtes de compression de glaces.
(3) Floe : Plaque de glace née de la dislocation de la banquise.
• Image – La banquise, avant (ou après) le tremblement de glaces. Aucun repère ne permet de mesurer l’échelle ; dommage…

Le beau langage de la Marine

Décidément, le bouquin de l’excellent Pierre Sizaire (Le parler matelot) est inépuisable… Nous lui empruntons – avec respect – ces jolis mots qui ont fait notre régal ; espérons qu’ils feront le vôtre.
Les marins de Berck sur leurs célèbres flobarts ne dédaignaient pas les « spiritueux » ainsi qu’on désigne les boissons alcoolisées dans la Marine. Ils buvaient volontiers l’âpre roustintin, le superbe tousensemble et la célèbre bistouille. Il y avait de cette dernière plusieurs versions dont la bistouille tricolore à composition délicate, sans doute trois alcools mélangés. On ne la trouvait qu’au barteu ce débit de boisson-épicerie-tabac uniquement fréquenté par les pêcheurs.
Ces derniers en sortaient parfois très tard, bien chargés dans les hauts, tirant des bords de facteur pour rentrer chez eux.
Rien que des mots savoureux valant qu’on trinque à leur mémoire…

Le galion basque va retrouver la mer

Le 25 juin dernier, l’Association du patrimoine maritime basque d’Albaola a procédé à la pose de quille de la réplique du galion San Juan qui devrait prendre la mer en 2016. Moment émouvant pour les basques des deux rives de l’Atlantique leur faisant revivre une aventure qui leur est commune.
San Juan (l’original) est ce galion baleinier basque accidenté et coulé en 1565 dans le havre de Butus, aujourd’hui Red Bay au Labrador. Dans les années 1980, c’est une historienne, Selma Barkham, et des archéologues de Parcs Canada et de Memorial University of Newfoundland, Robert Grenier et James Tuck, qui ont exondé des archives basques et des eaux du Saint-Laurent cet essentiel morceau de mémoire des premiers moments historiques du fleuve magnifique. Les Basques retrouvaient là un grand pan méconnu de leur propre histoire maritime. À l’époque de San Juan, le havre de Pasaia (1) était le plus important port baleinier du monde et le mouillage de Butus l’un des postes de chasse les plus prisés. Le Saint-Laurent est honoré de ce riche passé, du courageux travail d’Albaola au présent et de l’avenir de cette fidèle réplique.
• Remarquons que le tout récent roman maritime La mer de Cocagne (2) de l’ami Alain Boucher, Québécois pur jus, raconte en détail ces vies et aventures des pêcheurs de morue et chasseurs de baleines au Nouveau Monde, à bord de Magdalena, caravelle  basque inspirée des savoirs livrés par San Juan.
(1) L’association Albaola est l’âme d’Ondartxo  (Le centre de la culture maritime du Pays basque) situé à Pasaia – San Pedro, en Guipuzcoa, province basque espagnole.
(2) Désormais disponible en France à la Librairie du Québec 30, rue Gay-Lussac, 75005 Paris,
> Tel. 01.43.54.49.02 / Fax. 01.43.54.39.15 www.librairieduquebec.fr

La guerre sur mer : pas toujours fraîche et joyeuse

*abordage 3*abordage 2*abordage 1• 6 juin 44 –  25 000 marins de l’Opération Neptune  jettent sur les côtes de Normandie 132 000 soldats alliés venus nous arracher au nazisme. 6 939 navires participent aux combats. 10 000 victimes dans chaque camp. Respect, souvenir, silence… Et reconnaissance. Les cérémonies-spectacles d’aujourd’hui paraissent dérisoires.
• Jadis, l’affrontement naval, s’il n’avait jamais une telle ampleur, était pourtant tout aussi meurtrier.  Il faut lire ce qu’écrit  Edouard Corbière (légèrement va-t-en-guerre) à propos de l’abordage. (Extrait de « La France Maritime » tome 1 Dutertre Editeur 1852).
• « Le cri solennel du commandant se fait entendre enfin dans cet instant terrible « A l’abordage ! à l’abordage ! »
(…) C’est alors que, des hunes et des passavans, pleuvent les grenades enflammées, les coups d’espingoles, et cette fusillade meurtrière qui précède toujours le dernier choc. Les vergues qui n’étaient encore que croisées s‘abaissent chargées de combattants à leur extrémité : elles deviennent sous les pieds des plus intrépides, un pont pour courir sur le théâtre du carnage. (…) Le sang ruisselle sous les coups plus sûrs que les équipages se portent à l’arme blanche. Ce n’est plus un combat, c’est un duel général : on se choisit dans la mêlée, on se défie corps à corps (…) Finalement, les vaincus, se retirent en abandonnant leur pont ensanglanté à la rage des plus forts et le pavillon est amené au milieu des cris de délire et de joie de l’équipage qui vient de triompher ».
Ben mon colon ! On aimerait pas y être. C’est tout de même de la gloire au prix fort, Monsieur Corbière.
• Images – Les joies de l’abordage en trois séquences. A gauche, le branle-bas de combat ; au centre, l’assaut ; à droite, la tuerie. Regardez-les en détail, ça vaut son pesant de poudre noire…

Tendre et fort, le bouquin de l’été : Sur les bancs

couvertureQuand les artistes s’en mêlent, toute aventure devient onirique. Et justement, il ne s’agit pas de n’importe quelle histoire  ni de n’importe quel artiste.
Le sujet tourne autour du  Marité (1), des bancs de Terre-Neuve et bien sûr, du plasticien pêcheur de tons Jean-Noël Duchemin qui a mis en formes  (et en couleurs) ces composants chargés d’Histoire. C’est plus que suffisant pour produire Sur les bancs, un ouvrage de haute tenue, émouvant où affleurent, à chaque page,  les objets-témoins d’une épopée flamboyante. Objets ordinaires, cirages, sabots-bottes, couteaux, coffres de matelots, etc. qui rappellent le quotidien de ces hommes de fer sur des bateaux en bois… En regard, le texte intégral de  Pêcheurs de Terre-Neuve, un ouvrage dont l’auteur est anonyme publié par l’Union pour l’Action Morale en 1869. Ajoutez à ce mélange subtil, la palette bien personnelle de Jean-Noël, et vous aurez un petit musée de papier, tendre et vibrant : de quoi rêver un peu cet été ou de faire rêver vos proches.
Evidemment, ça nous a bien plu à Escales Maritimes et c’est pour ça que nous le signalons.
• L’ouvrage est proposé en souscription au prix de 15 € jusqu’au 28 juin. (20€  après) Hâtez-vous…
Sur les bancs, 96 pages, format à l’italienne, Editions du Bout du Monde, BP 13, 14860 Amfreville. Formulaire de souscription : boutdu.monde@orange.fr ou 02 31 78 86 67.
(1) Marité, dernier voilier terre-neuvier, construit à Fécamp en 1921.


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