Archive for the 'Les bateaux de la mémoire' Category



Les bateaux de la mémoire (70)

Sans être une rareté, cette photo est peu courante. On voit le décollage d’un avion sur le seul porte-avions français de l’avant-guerre. Il n’a pas dû en décoller beaucoup. En effet, le Béarn était un faux porte-avions, en fait un cuirassé (mis sur cale en 1914) qui ne fut lancé qu’en 1920. Déjà un peu vieillot, l’ex-cuirassé fut transformé en porte-aéronefs de 1923 à 1926, pour être finalement déclaré inapte à la déclaration de guerre en 1939… Avant d’en arriver là, il avait  fallu remplacer à la va-vite, les avions français (déjà dépassés) par des avions américains (Vought V 156 F).
• Déplaçant 25 000 tonnes, long de 183 m, large de 31 m, (puis élargi à 35 m), tirant d’eau de 9 m, vitesse 21 nœuds, il embarquait tout de même 40 avions, ce qui n’était pas si mal pour l’époque.
Son principal fait d’arme fut le transport en 1940 de 130 tonnes d’or de la Banque de France depuis Toulon jusqu’à Halifax. Absent des grands théâtres d’opérations le Béarn devint une base fixe à Toulon en 1950 et démoli en 1967 en Italie. Avouons-le, une bien triste carrière pour un bâtiment sensé défendre le pays…
• Image – Collection Escales Maritimes

Les bateaux de la mémoire (69)

Ce paquebot, qui ressemble à beaucoup d’autres, n’a pas eu une existence exceptionnelle. Pourtant, il est à l’origine d’un débat historique.
Lancé en mars 1898, le navire (142 mètres sur 15,5 de large, 6 822 tx, vitesse 19 nœuds) s’appelle d’abord Tonkin, jusqu’à ce qu’un incendie le ravage dans le port Kobé (J) en 1903. Profondément modifié en 1912, il prend le nom de Lotus et navigue aux Messageries Maritimes. Il traverse la guerre (14/18) tant bien que mal ramenant notamment les survivants de trois bateaux torpillés, le Karnak, le Magellan et le Sinai.
• S’il devint célèbre c’est parce que le 2 août 1926, au large de Mitylène (Lesbos), il aborde et coule un cargo turc, le Bozkourd. Gros émoi. Il y a des responsables qu’il faudra juger. S’en suit un imbroglio juridique sur le point de savoir qui est compétent pour juger un crime commis en haute mer. Il y a controverse.
La France défend la thèse dite « loi du pavillon » selon laquelle le jugement d’une personne commettant un crime en haute mer est de la compétence de l’Etat du bâtiment. La Turquie, elle, défend la thèse selon laquelle elle possède une compétence universelle à partir du moment où la victime est turque.
Finalement, la CPJI (Cour permanente de justice internationale) donne tort à l’interprétation française et retient la  thèse turque. Trois Français et un Turc sont condamnés.
• Le Lotus continue son service jusqu’au 29 février 1932 date à laquelle il est démoli en Italie.
Image – Le Lotus, photographié dans un port inconnu… (Collection Escales Maritimes

Les bateaux de la mémoire (68)

Ce fringant croiseur de bataille, le Dunkerque,  n’a pas eu un destin très heureux, comme la plupart des navires de la flotte française, durant la dernière guerre. Cette belle unité, associée au Strasbourg, (son sister ship) devait répondre aux cuirassés  allemands Scharnhorst et Gneisenau, grâce notamment à ses doubles tourelles de quatre canons.
Mis en service en 1937 , le bâtiment de 26 500 t. mesurait  215 m de long sur 31 de large et filait 31 nœuds, avec un équipage de 1 431 hommes. Gravement endommagé lors de la triste affaire de Mers el-Kébir en juillet 1940 (attaque par la flotte anglaise qui redoutait de le voir passer sous contrôle allemand), il regagna péniblement Toulon où il fut retapé tant bien que mal. En 1942, les nazis (sans respect de la parole donnée) tentèrent à leur tour de s’en saisir quand ils envahirent la Zone dite « Libre ». Pétain ne broncha pas.  Mais des officiers plus courageux le sabordèrent au nez et à la barbe de l’ennemi. Les Italiens le renflouèrent, mais il fut coulé une seconde fois par un bombardement américain en août 1944. Tout était dit…
• Ce texte n’est qu’un court résumé, destiné à rafraîchir la mémoire ; en réalité son histoire fut plus compliquée. Plus tragique aussi…

Les bateaux de la mémoire (67)

Image peu courante : un rassemblement de bisquines à Saint-Malo, lors des régates d’avant-guerre. On y voit une bonne demi douzaine de ces superbes voiliers, toutes voiles dehors, prêts à en découdre dans une compétition qui se jouera dans le très petit temps. On ne distingue pas tous les détails de ces bateaux surtoilés (deux ou trois mâts et trois étages de voilure !) ; on les trouvera dans d’autres billets d’Escales Maritimes.
Au second plan, on voit la vieille ville, ses remparts et la Cathédrale Saint-Vincent. A gauche, le rocher du Grand Bé où repose Chateaubriand.  Ce décor est différent aujourd’hui, la construction du port de plaisance, et des postes d’amarrages des ferries ont modifié le coup d’œil,  mais l’esprit de la Cité Corsaire est toujours là.
Tout comme il transparaît à travers cette aimable carte postale.

Retour sur le bateau de la mémoire n° 66

• SVP, pour comprendre ce qui suit, reportez-vous aux commentaires des « Bateaux de la mémoire » n° 66.
• Bon, bon, ce n’est pas, très probablement, une vaquelotte, nom qu’on avait d’ailleurs employé au conditionnel.
Le bateau est immatriculé à Caen, on peut donc chercher parmi les bateaux du coin. On ne trouve pas… A moins que, comme le suppose Jean-Louis (salut Jean-Louis !), il soit « d’importation » plus nordique.
Ce que confirme Serge, fermement et avec de bonnes raisons…
Alors, OK, ce n’est pas une vaquelotte, mais c’est quoi ?
Merci pour vos commentaires, les gars.
Aramis
PS – Qui pourrait répondre à la question de Jean-Louis sur la fixation de la queue de malet ?

Les bateaux de la mémoire (66)

« Promenade en mer » dit la légende de la carte ; c’est beaucoup dire… La balade sera de courte durée ; la brise est absente, les avirons bordés, et le personnage de gauche pousse l’embarcation du mieux qu’il peut ; et  juste pour la photo.
Ils sont tout de même huit sur ce qui pourrait être une vaquelotte du Cotentin, (immatriculée à Caen), bordée à clins et gréée à bourcet malet (voir Dico si nécessaire). Mais enfin, si le bateau devait chavirer ce ne serait pas à cause du vent ! Pas de mal de mer en vue…
Remarquez les dames en tenue de ville et coiffées de chapeaux cloche, très en vogue dans les années trente.
Et puis l’étrange insigne de voile (?) impossible à déchiffrer (si quelqu’un a une idée…). Bref, une ambiance des plus paisibles, un peu trop même, tout cela m’a l’air un peu posé…
• Image (collection Escales Maritimes).

Les bateaux de la mémoire (65)

Cette image est un peu énigmatique. Selon la légende, ce sous-marin britannique surveillerait des bâtiments allemands pendant la Guerre de 14.
Hum… on n’y croit guère, amis et ennemis sont vraiment trop proches pour se faire des politesses. On pense plutôt que l’éditeur a voulu faire une légende de circonstance expliquant la présence des cargos en arrière-plan. Pratique quand on vend du papier…
Mais, s’il s’agit bien du sous-marin E 8 la carte est plus intéressante. Car le submersible (mis en service en 1914) a torpillé le prestigieux cuirassé Prinz Adalbert le 23 octobre 1915 dans les eaux de la Baltique, à 20 milles de Libau (Liepaja, Lettonie). Le puissant navire s’en est allé par le fond. L’affaire eut un grand retentissement. Pourtant, ce coup de maître sur le plan militaire, le fut moins sur le plan humain : 672 morts, 3 survivants…
(Image collection Escales Maritimes).

Les bateaux de la mémoire (64)

Cette chose horrible est l’étrave du HMS Achilles, frégate de sa Gracieuse Majesté après son abordage  avec l’Olympic Alliance dans le Pas de Calais en novembre 1975. Dans une brume très dense, le bâtiment a percuté le pétrolier par le travers provoquant une importante marée noire entre Douvres et Folkstone. La coque du pétrolier fut percée en deux endroits dont un à un mètre sous la flottaison, trouant la citerne n° 5. Le navire avait perdu 2 000 t de pétrole sur place mais, poursuivant sa route vers sa destination (Wilhemshaven), devait encore en perdre quelque 10 000 t durant le trajet…
On voit ici l’Achilles peu après l’accident dans la base navale de Portsmouth ; l’avant dévasté, il est en bien piteux état. La photo permet aussi d’estimer la violence du choc, bien que, vraisemblablement, les deux navires avaient réduit leur vitesse à cause de la brume.
• Petite précision : l’Achilles en question n’a rien à voir avec l’Achilles ayant participé à la bataille du Rio de la Plata (1939) où disparut le Graf von Spee.

Les bateaux de la mémoire (63)

Belle image de l’entrée d’un cotre franc dans les jetées de Boulogne.  C’est évidemment un bateau pilote, tout dessus, reconnaissable à l’ancre portée sur la grand voile. L’angle de prise de vue permet d’observer les lignes souples de la coque, le gréement à corne traditionnel (avec son flèche) et la grand voile à bordure libre. Une grande quiétude se dégage de l’ensemble dont le cadre (au moins les jetées) n’a guère changé. En regardant bien on voit l’ouverture du port de pêche au milieu de la carte et, dominant la ville la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception. Manquent le quai des ferries « transmanches », au fond du bassin, les citernes au-delà de la jetée ouest (à droite) et le Centre de la Mer Nausicaa sur la gauche. Ils viendront plus tard, après le Seconde guerre mondiale.
Le temps est paisible, la mer plate, ce qui n’est pas toujours le cas dans ces parages vigoureux…
Image : collection Escales Maritimes.

Les bateaux de la mémoire (62)

Cette image représente des Bisquines(*), mouillées dans le bassin de Granville. Elles sont toutes identiques, dépouillées de leur voilure si avantageuse, ce qui permet de les observer en détail.  Ces voiliers,  issus du lougre au XVIIIᵉ siècle, portent un gréement au tiers ; il ne comporte ni étai, ni hauban, mais des bastaques que l’on raidit au vent ; les voiles s’amurent au pied des mâts ; la grand voile est toujours établie à babord pour la simple raison qu’en  l’absence de hauban il n’est plus nécessaire de gambeyer lors des virements de bord. On remarquera que les mâts ne sont pas parallèles, le grand mât ayant davantage de quête sur l’arrière. Quant à leur voilure, elle est proprement vertigineuse, probablement la plus importante des voiliers traditionnels. Ce furent, en effet, des bateaux très rapides… mais délicats à maîtriser. (On trouvera d’autres détails sur le « portrait de bateau » publié par Escales le 8 septembre 2009).
• L’image montre une belle unité de formes, créant une certaine harmonie jusque dans la manière de sécher les filets. (Voir le Dico si nécessaire)
Jussac
(*) Il y eut des Bisquines à deux ou trois mâts, c’est-à-dire avec ou sans tapecul.


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