Archive for the 'Hier ou avant-hier' Category

C’était Saint-Nazaire hier ou avant-hier

Saint-NazaireEn tout cas c’était avant la dernière guerre… La vie et la pêche s’y déroulaient paisiblement jusqu’à ce qu’arrive la carastrophe. Pendant le dernier conflit, la ville et le port subirent 50 bombardements, 3 990 maisons furent détruites soit (85 % du total) et toute les infrastructures portuaires anéanties. Un cataclysme ! Les aviateurs alliés cherchaient à bloquer (faute de la détruire) la base bétonnée où s’abritaient les sous-marins ennemis.
L’image, du Vieux port prise sans doute vers les années 30, montre un tout autre visage. On voit, au premier plan, les sardiniers (déjà motorisés ?) et derrière eux un transbordeur reliant les deux rives. A gauche, deux remorqueurs à vapeur et, au loin, deux voiliers de pêche rentrant dans le petit temps. L’ambiance est sereine, les bateaux, sagement rangés à couple évoquent un mode de vie où les choses se font à leur rythme, sans trop se presser…
Depuis, Saint-Nazaire s’est taillé une place majeure dans l’industrie navale et l’aviation. Il n’était pas encore question des encombrants BPC dont on ne sait trop que faire…

C’était hier ou avant-hier…

1507121_890067511004058_6802761734527206226_nDepuis des temps très anciens, les populations du littoral ont pratiqué la pêche à pied de la crevette en Manche et Atlantique. Il n’y a pas si longtemps (XXᵉ siècle) cette petite industrie apportait un complément de ressources aux riverains soit pour leur nourriture soit par leur revente. Elle était pratiquée par les femmes (les hommes étaient marins), les retraités, les enfants et même les invalides capables de se déplacer.
• Le matériel utilisé à l’époque est de deux types : une épuisette (crevettes roses entre les rochers) ou un haveneau (crevettes grises sur les plages) de sable.
Les professionnels employaient jadis le haveneau qui est l’outil de base pour la pêche. Cet instrument connu aussi sous le nom de filadière ou de reits à sauterelles est constitué d’un filet en forme de poche d’une maille de 5 à 8 mm monté sur un cadre de bois, plutôt rustique. Son ouverture (la gueule de ce micro-chalut) atteint parfois 3 m de large ! Un long manche attaché au filet permet de le pousser parallèlement à la côte. Au fond de la poche, est un tamis à crevettes que l’on nomme aussi trieur.
Le pêcheur le remonte 3 à 5 fois par heure selon l’état de la mer.
Cette pratique n’est pas de tout repos.
• Images – Pêcheurs de crevettes au début du XXᵉ siècle.

Marseille, sous l’œil des écrivains

A. RouxNotre dernier billet (C’était Marseille hier ou avant-hier) a incité un ami d’Escales (1) à relever deux citations qui traduisent le charme particulier du grand port. Voici.
• Texte de Jean Meissonnier – A cette époque, le quai du port avait une physionomie bien différente de celle qu’il a aujourd’hui. Ce quai exposé au midi, bien abrité, constituait en quelque sorte une façade de Marseille sur la mer. S’y donnaient rendez-vous des promeneurs et des hommes d’ affaires. Il était bordé de nombreuses boutiques de marchands les plus divers, tels que marchands d’estampes et de livres, d’instruments de musique, d’articles religieux et surtout d’oiseaux et d’animaux exotiques, ce qui lui conférait beaucoup d’animation et de pittoresque. Alors pavé de briques roses et, bien qu’élargi, le quai n’en demeurait pas moins très étroit, et les beauprés des navires constituaient ainsi une sorte de voûte sous laquelle allait et venait une foule colorée et très disparate de portefaix, en majeure partie levantins, de curieux, de flâneurs et surtout de marins de toutes origines.
• Parlant de ce coin de Marseille, Stendhal pouvait encore écrire en 1837, dans la relation de son « Voyage en Provence »: Ce quai est peuplé de matelots et de perroquets, et les beauprés des navires arrivant d’Amérique, viennent casser les vitres du premier étage des maisons.
• Référence :  » Voiliers de l’époque romantique » ou les carnets d’études d’Antoine Roux-père par Jean Meissonnier chez Edita Lausanne.
(1) Citations relevées par Christian Biard, que nous remercions au passage.

C’était Marseille hier ou avant-hier…

port MarseilleÉvidemment, cette image fait penser à beaucoup d’autres ports. Nous sommes ici à Marseille au début du XXᵉ siècle, bien avant que le maréchal (celui de Montoire) n’eut fait sauter en 1943 la basse ville appelée casbah.
Il y a dans cette vieille photo quelque chose de désuet, où le monde allait moins vite, tranquille et paisible. Cela tient-il aux deux promeneurs nonchalants, aux trois-mâts assoupis au mouillage, au pont transbordeur (détruit par les Allemands en 1944) ? Difficile à dire… En tout cas, règne une certaine ambiance où les choses ont l’air de se faire dans une sérénité toute méridionale. C’est peut-être ça que j’aime… Ou alors le fait que le Vieux port fut naguère un lieu de travail maritime et non comme aujourd’hui un centre de la frime plaisancière. On y travaillait entre deux pétanques, plus soucieux de savoir mitonner la bouillabaisse, ou deviner si Panisse coupe à cœur. La vie, quoi… mais une vie d’un autre temps, d’un autre espace.
C’était Marseille hier ou avant-hier.
• Image – Collection Escales Maritimes

C’était Concarneau, hier ou avant-hier

thon 04QR2-2BPetite rectification de la légende de cette carte postale. S’il s’agit bien de Concarneau, les remparts de la Ville Close n’apparaissent qu’au second plan, ils ne sont pas le sujet principal. Ce qu’on voit ici ce sont de fières concarnoises en tenue de travail, large tablier enveloppant, châle noir serré à la taille, chignon sur la nuque avec ou sans coiffe. Mêmes silhouettes, même sourires. Question : sont-elles au travail ou rapportent-elles la godaille réservée à la famille ?
• On remarquera la flottille de dundées, armés au thon, massée au centre du bassin, exactement où se trouve aujourd’hui le port de plaisance. L’image est d’un autre temps certes, mais reste un témoignage d’une vie rustique où chacun était à sa place entre les ressources et la nécessité. Moi, j’aime bien…
C’était Concarneau, hier ou avant-hier.

C’était Cancale, hier ou avant-hier…

CancaleOui, c’était comme ça à Cancale… Le port, devenu « capitale de l’huître » s’était fait une spécialité de la drague du précieux coquillage en Baie du Mont-Saint-Michel. Dans les années 20, en avril, la caravane (une centaine de voiliers) s’élançait à la traque des huîtres sauvages, sous l’œil attentif de contrôleurs maritimes.
L’outil était adapté à sa tâche. Il fallait des voiliers puissants, fortement voilés, capables de traîner leurs dragues métalliques sur les sables de la Baie. Ce fut le rôle dévolu aux bisquines qui comptent parmi les plus beaux voiliers de pêche traditionnelle. On en voit deux sur l’image, béquillées bien droites sur la plage.
• Au retour, les huîtres étaient entassées sur l’estran, livrées à l’expertise des femmes (et des enfants) qui devaient les juger une à une dans des délais aussi courts que possible.
C’est ce que l’on voit sur cette image où les préposées n’ont pas l’air affectées par l’énormité du travail qui les attend. Dur métier cependant, exigeant de l’expérience et du coup d’œil pour trier et calibrer les délicieux mollusques qui seront classés par catégories et livrés en bourriches .
Evidemment, ces pratiques ont bien changé depuis. L’élevage a pris la relève. On ne drague plus les huîtres à la voile, les pêcheurs se sont faits ostréiculteurs, et les huîtres naturelles sont devenues des exceptions. Le tri n’est plus ce qu’il était.
Cette carte postale a le mérite de nous rappeler ce que fut la vie des petits métiers maritimes, à Cancale, hier ou avant-hier…

C’était Honfleur, hier ou avant-hier…

1387636984-Carte-postale-ancienne-de-HonfleurCette construction est l’un des hauts lieux du port de Honfleur. La cité, à vocation fortement maritime, fut longuement fortifiée et dirigée par le lieutenant du roi, gouverneur du port et de la ville. Cette maison, était sa demeure, d’où son nom de lieutenance. Elle se dresse au bout du vieux bassin (aujourd’hui port de plaisance) entièrement en pierre, à la différence des nombreuses maisons à colombages des alentours.
Le cliché date probablement du début du XXᵉ siècle ainsi qu’en témoigne cette automobile en bas à gauche ; les quatre autres voitures sont hippomobiles, elles attendent d’hypothétiques voyageurs qui pourront toujours visiter les marchands ambulants visibles de part et d’autre de la grand porte, à droite.
L’image donne à penser que la bâtisse fut construite en plusieurs étapes, par ajouts successifs, qui lui donnent ce charme particulier que Boudin, Corot, Dufy et d’autres ont su saisir.
On imagine très bien l’activité maritime se déroulant sous les fenêtres de la lieutenance d’où il était aisé de surveiller les mouvements des plates et barques chalutières de la Baie de Seine. Et comme la construction était aussi une porte de la ville, de contrôler les allées et venues des fiacres, charettes et jardinières. Un subtil mélange de la vie rurale, fluviale et maritime.
Point de nostalgie dans cette image, simplement un témoignage du passé tel qu’il fut à Honfleur, hier ou avant-hier…

C’était Concarneau, hier ou avant-hier…

01QR2-1B02QR2-1D03QR2-1GVoici trois images de Concarneau transmises par notre amie Anh Gloux (1) et qui proviennent des archives de la ville.Tous ceux qui connaissent le visage actuel du célèbre port de pêche verront combien les choses ont changé depuis cette époque.
• Ce que vous voyez-là est le bassin Pénéroff construit pour offrir un abri sûr aux bateaux de pêche et pour assurer la sécurité des marins. Cela se passait en 1883. De fait, il a rendu de grands services à la pêche, jusqu’au lendemain de la Première guerre. Mais l’activité diminuant, il fut envisagé de le combler dans les années 30. Ce qui fut fait en 1937. Aujourd’hui, c’est une vaste esplanade occupée pour l’essentiel par un grand parking, ce que regrettent certains défenseurs du patrimoine.
La plupart des touristes qui circulent devant la Ville Close, tout comme les stagiaires du Centre Nautique des Glénans, ignorent qu’ils marchent sur un ancien port étouffé sous 1 600 m³ de remblai. Ce n’est pas une exception on voit ça dans de nombreux ports.
• Alors, nostalgie, nostalgie ? Pas sûr, car le bassin Pénéroff eut vite un revers à sa médaille ; après quelques décennies, il s’envasa et devint quasi inutilisable par les pêcheurs ; pire, les habitants y jetaient leurs déjections, et les égouts aussi.  N’étant plus repris par la mer, les immondices s’y accumulaient. Non content de puer abominablement, le bassin devint une source d’insalubrités intolérable. La rumeur monta et les édiles prirent alors une décision sans appel : combler Pénéroff. C’est ce qu’ils firent…
Aramis
(1) Animatrice des Quat’ Sardines.
• 4sardines.canalblog.com/
• Images – Trois vues de feu le bassin Pénéroff ; sans commentaire.

Le Palais peut en cacher un autre…

L’ambiguïté ne date pas d’hier… L’un de nos lescteurs nous fait observer que la principale ville de Belle-Ile est « Le Palais » et non « Palais » tout court comme nous l’avons écrit.
Vérification faite nous constatons que le site de la Mairie écrit Palais (Le) ce qui n’est pas précis ; Wikipedia dit Le Palais lorsqu’on tape Belle-Ile-en-Mer et plusieurs autres sites disent Palais… Qui croire ?
En affinant la recherche, on constate finalement que Le Palais (en breton Porzh-Lae) est bien l’appellation que lui donne les palantins et palantines…
Toutefois, dans le langage courant doit-on dire je vais à « Le Palais » ou je vais à « Palais ? » Rien n’est simple.

C’était Palais, hier ou avant-hier…

BELLE ILEVoici Palais le port principal de Belle-Ile-en-Mer, du temps que les chaloupes et dundées pêchaient le thon au large de l’île. L’image date de l’immédiat avant guerre ou, plus probablement  du début des années 50, c’est-à-dire de la fin des voiliers de travail. Elle mérite qu’on s’y arrête. Les voiliers de droite sont dits à cul de poule, tandis que celui de gauche est à cul carré, pour autant qu’on peut en juger. Devant lui , un thonier immatriculé à Groix semble-t-il (GX 5843 ?) : ce n’est guère lisible. Au deuxième plan, un voilier semble cabanné et sur la droite, on voit la longue coque sombre d’un voilier non identifiable. En arrière plan, sur la gauche, on reconnaît un petit vapeur à quai, qui pourrait être le Guédel, bateau à passagers assurant les liaisons entre Quiberon et Palais. (1)
L’ambiance est sereine, estivale, rassurante.
• A terre, c’est autre chose ; la citadelle dresse ses hautes fortifications plutôt dominatrices. Sa double enceinte, ses puissants bastions d’angle, ses murailles portent la marque évidente de Vauban. Forteresse pendant des siècles, la citadelle est devenue prison, puis a servi de maison de redressement pour de jeunes délinquants. Aujourd’hui, assiégée par le tourisme, elle abrite un musée, un hôtel et un restaurant… L’été, il y a foule.
Devenue très à la mode, ce n’est pas exactement ce que représente cette belle image qui date d’hier ou avant-hier…
(1) Mis en service en 1930.


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