Archive for the 'Faune et flore' Category

C’était hier ou avant-hier…

1507121_890067511004058_6802761734527206226_nDepuis des temps très anciens, les populations du littoral ont pratiqué la pêche à pied de la crevette en Manche et Atlantique. Il n’y a pas si longtemps (XXᵉ siècle) cette petite industrie apportait un complément de ressources aux riverains soit pour leur nourriture soit par leur revente. Elle était pratiquée par les femmes (les hommes étaient marins), les retraités, les enfants et même les invalides capables de se déplacer.
• Le matériel utilisé à l’époque est de deux types : une épuisette (crevettes roses entre les rochers) ou un haveneau (crevettes grises sur les plages) de sable.
Les professionnels employaient jadis le haveneau qui est l’outil de base pour la pêche. Cet instrument connu aussi sous le nom de filadière ou de reits à sauterelles est constitué d’un filet en forme de poche d’une maille de 5 à 8 mm monté sur un cadre de bois, plutôt rustique. Son ouverture (la gueule de ce micro-chalut) atteint parfois 3 m de large ! Un long manche attaché au filet permet de le pousser parallèlement à la côte. Au fond de la poche, est un tamis à crevettes que l’on nomme aussi trieur.
Le pêcheur le remonte 3 à 5 fois par heure selon l’état de la mer.
Cette pratique n’est pas de tout repos.
• Images – Pêcheurs de crevettes au début du XXᵉ siècle.

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Quelques réflexions – pertinentes – sur les requins

image001Il ne s’agit pas ici de condamner les actes inqualifiables commis par quelques individus-requins nageant en eaux troubles, mais plutôt de comprendre une population nombreuse et pacifique qui ne nous veut pas de mal et sur laquelle on jette l’opprobre au point de vouloir l’exterminer.
Le requin est beaucoup moins pervers que l’homme. Certains de nos congénères n’hésitent pas à lui couper les ailerons -il paraît que cela se mange- et à le laisser repartir à la dérive pour agonir en silence dans le monde du même nom. Pas un requin n’a jamais imaginé ne nous croquer que les pieds nous laissant ensuite rejoindre la rive avec ce qu’il nous reste de moignons. C’est pourtant ainsi que nous agissons envers eux. Cette cruauté cynique on ne la trouve pas chez les requins.
Le requin attaque l’homme par erreur, par une sorte de confusion qui lui fait prendre une forme humaine pour autre chose que ce qu’elle est. Le requin n’aime pas notre chair (c’est une bonne nouvelle que je souhaite souligner). D’ailleurs, il ne finit pas souvent les repas humains qu’il a commencés. Il aime surtout le poisson et, de temps en temps, quelques mammifères marins avec lesquels il peut nous confondre. Le dessous d’une planche de surf, par exemple, propulsée par quelques battements de pieds et de mains lui rappelle inévitablement le phoque dont il se régale occasionnellement. Il suffirait pourtant d’écrire sous la planche « ceci n’est pas un phoque » ou mieux encore de la déguiser en leurre d’un poisson qu’il déteste pour qu’il s’en éloigne.
Il y a c’est vrai quelques requins prédateurs : le grand requin blanc en Australie, le requin tigre, le requin bouledogue en sont les principales espèces. Mais, ils chassent à la nuit tombante et au lever du jour, plutôt dans les eaux troubles qui charrient de la nourriture car ils sont un peu charognards. Les provoquer n’est pas très difficile. De la même façon que l’on entre à l’église en se couvrant, on évite, dans leurs sanctuaires marins, de porter des maillots aux couleurs chatoyantes des poissons tropicaux dont ils font leurs délices. Quelques gouttes de sang diluées à faible dose dans la mer suffisent à les exciter.
Dans certaines régions du monde rencontrer le requin est loin d’être une surprise, certains d’entre nous recherchent même le contact. Timides et craintifs, il vaut mieux les regarder de face car s’ils décident d’attaquer ce sera par derrière ou par dessous.
Nageons au bon endroit, au bon moment. N’ayons pas peur des requins car ils ne nous en veulent pas, soyons prudents, respectons-les, ne les dérangeons pas.
Par contre méfions nous des humains. En tout cas de ceux qui, pour le confort de leur baignade, envisagent froidement de les exterminer. A requin, requin et demi.
Francis Bergerac

Le Phare des Équinoxes, là-bas, très loin…

phareL’Aber Wrac’h…
L’Aber Wrac’h, c’est le fil rouge. C’est aussi son phare, un lieu inspiré, ouvert à tous les coups de chien. C’est là que quatre artistes (écrivain, artiste-peintre, illustrateur, photographe) (1) ont vécu une expérience rare. Ils ont associé leur travail pour créer, une œuvre collective, suivant pas à pas, le fil rouge ; il a nom : Le phare des Équinoxes.
De quoi s’agit-il ?
• Quatre petits bouquins, insérés dans une pochette suivant obstinément le fil rouge. Une quête parfaitement inclassable, bourré de trouvailles où le renvoi des textes, des lumières, des graphismes et des couleurs se répondent en un jeu de miroirs se répétant à l’infini.
Et tout ça vous barbouille d’embruns et de saveur d’algues marines. C’est à travers ce chemin (compliqué) que nous entraîne irrésistiblement les quatre artistes. Ils nous offrent, à pleines bouffées l’air du large, jusqu’à nous enivrer. Livrant au passage une démarche tantôt secrète, tantôt délirante. Phare des équinoxes, phare des équivoques…
Je le répète : inclassable.
Mais à boire sans modération !
• Contact : yves.dussin@free.fr – Prix 20 euros.
(1) Françoise Sylvestre, l’ami Yves Dussin, Patrick Sers, Xavier Desmier.

Aramis

Création du 7ᵉ Parc naturel marin français

Le ministère de l’Ecologie annonce la création du septième Parc naturel marin français. Il couvrira plus de 6 000 kilomètres carrés et 700 kilomètres de côtes, du sud de la Vendée jusqu’en amont de l’estuaire de la Gironde. Il porte le nom de  » Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis charentais « . Le parc se propose d’ assurer la protection des écosystèmes tout en maintenant le développement durable des activités économiques.
• Programme ambitieux si l’on connaît la (très) délicate cohabitation entre l’écologie et l’économique…
(Source AFP)

Une carte pour les pêcheurs plaisanciers ?

chalutier Guil DSCN1630Il ne s’agit pas de jeter de l’huile sur le feu, mais d’ajouter une pièce au dossier, déjà bien chaud, du droit de pêche des pêcheurs plaisanciers.
Dans une livraison récente le journal Le Télégramme, donne carte blanche sur le sujet à Yannick Hémeurry, vice-président du Comité des pêches de Bretagne.
On y lit notamment :
La gestion de la ressource pour une pêche durable est devenue réalité. Aux plaisanciers d’en faire de même, plutôt que de se réjouir des sanctions qui frappent les professionnels (…). Il existe une carte de pêche en rivière, il existe un permis de chasser et personne ne les conteste car ils s’inscrivent dans un mode de gestion des espèces. Il va falloir y arriver pour la pêche plaisance. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour le thon en Méditerranée, et chacun y trouve son compte. Dans ce cadre, et avec la création de comités de liaisons entre pros et plaisanciers comme celui du quartier maritime de Lannion-Paimpol, on pourra mettre fin aux incompréhensions entre les uns et les autres et apprendre à se connaître mieux.
Et le vice-président conclut par ces mots : Car c’est bien un point d’accord entre les deux catégories : si on écoute ces gens-là, on ne pourra bientôt plus pêcher. Ni les professionnels, ni les plaisanciers.
Le message est clair, mais laisse entrevoir un débat serré, qui aura bien du mal à rester serein. A suivre.
• Photo Escales Maritimes.

Mer d’Aral, une agonie qui n’en finit pas

aigua_aral_mar_perdut_1Comment la folie humaine peut-elle effacer une mer de la surface du globe ? Cela paraît impossible, et pourtant… C’est ce qui arrive à la mer d’Aral. Depuis des années elle s’assèche et se déforme, modifie le climat, chasse les populations ou transforme leur mode de vie. C’est un désastre écologique, donc humain.
L’histoire est connue. Du temps de l’ère soviétique la règle était de transformer les déserts en cultures. Pour irriguer d’immenses surfaces productrices de coton les eaux de l’Amou-Daria ont été détournées de leur cours normal qui alimentait la mer d’Aral (4ᵉ mer fermée du monde). Le coton a prospéré, la mer s’est tarie…
• Au fil des années, la surface et la profondeur de la mer d’Aral n’ont cessé de décroître. Petit elle s’est assèchée, laissant une épaisse couche de sel sur des sables devenus stériles ; les pêcheurs ont changé de métier, ils se sont faits éleveurs de vaches ou de chameaux. Complication, faute d’humidité pour former des nuages, les pluies ont cessé. Différents programmes de l’ère post-soviétique ont été mis en œuvre avec des résultats divers. Tandis que la partie centrale du bassin régressait, la partie nord fut mise en eau, son volume a presque doublé et sa surface aussi. Par quel moyen ? En détournant une autre rivière… Cherchez l’erreur.
En 2015, un plan mondial devrait être appliqué mais ses résultats sont déjà jugés aléatoires ; selon le magazine Science et Avenir la disparition de la mer d’Aral semble inéluctable…

Organiser l’archéologie sous-marine européenne

Un groupe d’experts composés de chercheurs de 11 pays (dont la France, représentée par l‘Ifremer) s’est intéressé à l’étude de notre patrimoine culturel submergé sous nos eaux côtières. Certains sites, aujourd’hui noyés, ont des dizaines de milliers d’années. De leur découverte jusqu’à leur analyse, de nouvelles collaborations scientifiques telles que l’archéologie, l’océanographie et les géosciences, sont nécessaires.
• Pendant les périodes glaciaires successives du dernier million d’années, le niveau de la mer a chuté à plusieurs reprises, parfois jusqu’à 120 m ce qui a profondément modifié la vie végétale et animale, voire humaine…
Ce domaine est au cœur du nouveau document d’orientation de l’European Marine Board, intitulé « De la terre sous les vagues ».
• Du fait de son évolution rapide, il est donc crucial d’étudier l’histoire préhistorique de l’Europe à l’échelle des bassins maritimes.
Cela peut se faire en encourageant le signalement des découvertes, mais aussi par la cartographie, la protection et, le cas échéant, l’extraction de pièces archéologiques.
Jan Mees, président de l’European Marine Board, souligne l’importance du choix : Notre patrimoine culturel submergé n’est pas une ressource renouvelable ; c’est un atout culturel unique et irremplaçable qui peut fournir des réponses à de nombreuses questions scientifiques, au sujet de nos ancêtres préhistoriques, des paysages et du climat.

Quand les requins s’en prennent au Requin…

Google est en alerte rouge. Le géant de la communication est menacé par des requins qui s’en prennent aux 160 000 km de ses câbles sous-marins. Les prédateurs attirés par les ondes émises par les câbles les testent comme une proie éventuelle. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls.
D’où l’émoi du colossal moteur de recherche qui va contre-attaquer en enrobant ses câbles d’un nouveau revêtement protecteur.
Requin contre requins, en quelque sorte…
Voyez plutôt cette vidéo mise en ligne par France Info.
Etonnant, non ? aurait dit ce bon Desproges…
(Virez la pub débile..)

L’albatros, seigneur des grands Caps (suite)

Décidément, le billet de Claude Briot sur la capture des albatros, suscite des réactions qui se complètent les unes les autres. En voici deux qui nous paraissent fort intéressantes.
• D’abord celle de l’ami Guy Quiesse.
Dans son ouvrage « Ceux des tempêtes », Alain du Manoir décrit la « pêche aux mouettes » sur un terre-neuvier. Balloté par la houle sur un plancher glissant, rejeté à chaque instant contre la rampe métallique de la poupe, il tient à deux mains un fin cordeau d’une vingtaine de brasses, armé d’un hameçon triple. Près de l’hameçon, un fin fuseau de liège est habillé d’une « molette » (œsophage) de morue ou d’ânon, leurre que les oiseaux prendront pour un déchet tombé du pont d’autant mieux qu’un petit mousse (13 ans) jette de temps à autre des morceaux de foie dont les mouettes sont particulièrement friandes.
• Ensuite celle de Marc Minni.
La pêche aux oiseaux de mer est une tradition ancrée chez les Gens de Mer. Sur les bancs, les Terre-Neuvas, se livraient à la pêche aux « Dadins », sorte d’oiseau de mer ressembant à une mouette et qui se dépouillait comme un « longues oreilles » (1) . A l’arrière du navire, l’on filait un petit grappin en bois, gros et long comme un stylo sur lequel étaient fixés 4 hameçons à 90° au bout d’une ligne longue et fine. Pris par le bec, l’oiseau vole presque à la verticale tel un cerf-volant. En donnant du mou à la ligne, l’oiseau retombe à l’eau et vous l’amenez tranquillement à bord. Les bestioles étaient suspendues à un hauban pour assurer le repas de minuit. Cette pêche était pratiquée autant sur les goélettes que sur les chalutiers, mais cessa avec l’arrivée à bord des bateaux d’une nourriture saine et variée.
• Et puis, nous y ajouterons notre propre grain de sel ; savez-vous que le nom du volatile viendrait du portugais alcatraz (pélican) que les Anglais auraient transformé en albatross (deux S). C’est sous ce nom qu’il apparaît dans le tome 1 de l’Encyclopédie qui le définit comme oiseau aquatique du Cap de Bonne Espérance. Il y eut controverse entre spécialistes, certains le confondant avec un autre oiseau, plus petit, de couleur noire, alors que l’albatros est blanc.
Au passage, n’oublions pas Baudelaire (1821-1867) qui lui a consacré un célèbre poème se terminant par ces mots :

(… ) Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Cyrano

(1) Un « longues oreilles » : animal dont le vrai nom n’est jamais prononcé par les Gens de Mer ; synonymes tolérés : la bête à poil, le cousin du lièvre, tu-sais-qui, etc. Grand amateur de carottes, il est aussi très prolifique. Je l’aime bien, surtout en gibelotte… 

Alerte à la marée noire ? Pas du tout…


Petite séquence rafraîchissante pour le week-end. Ces grandes nappes sombres qui ressemblent à une marée noire sont bien inoffensives ; il s’agit simplement d’un vaste rassemblement d’anchois fôlatrant au bord d’une plage américaine. Il y a pourtant de quoi se tromper. Rassemblées par millions les aimables (et estimables) bestioles semblent prendre un malin plaisir à abuser notre regard. Leur nombre est impressionnant. En tout cas, ces images montrent que la nature n’a pas encore complètement perdu le contrôle de son domaine. Ça rassure un peu…


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