Archive for the 'Environnement / Pollution' Category



Le climat, sauvé de justesse, à Lima

Comme toujours, c’est à la dernière minute que les 195 délégations membres de la Convention des Nations Unies sur le climat, réunies à Lima, sont parvenues à un accord minimal. Il y a lieu de s’en féliciter même s’il est – ô combien ! – imparfait.
Il s’agit à présent de préparer la rencontre de Paris où les engagements de chaque Nation devraient être précisés. Sans entrer dans les détails, notons que le 1ᵉʳ novembre 2015 une synthèse tracera les grandes lignes d’un plan technique et économique limitant le réchauffement de la planète à 2°. Vaste programme aurait dit quelqu’un… et long programme puisque les éventuelles mesures ne seraient applicables qu’en…2020 ! D’ici là bien des choses peuvent encore se produire.
Donc, réjouissons-nous (pas trop) mais ne soyons pas dupes…

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Microplastiques ; l’océan mondial déjà pollué

Une étude coordonnée par l’Institut 5 Gyres (1) à laquelle l’Ifremer est associée, révèle que l’ensemble de la pollution de la surface des océans est évaluée à 5,25 mille milliards de particules, soit 269 000 tonnes de plastique. Cette étude, la plus complète à ce jour, compile les résultats de 6 ans de travaux et prélèvements effectués sur 50 000 milles nautiques. Grâce à cette première estimation globale de la pollution par les plastiques flottants, l’équipe internationale impliquée dans le projet a pu conclure que les plastiques et microplastiques sont présents sur l’ensemble de l’océan mondial.
… Ce qui n’empêche pas nombre d’industries de produire et utiliser ces matériaux redoutables.
(1) Institut scientifique associant 6 pays dont la France, basé en Californie.

La glace est rompue, le Code polaire émerge

Dans la BaieTout arrive. L’OMI (1) a adopté un Code polaire, recueil de règles obligatoires pour les navires exploités dans les eaux polaires, (Arctiques et Antarctiques). Il constitue une « étape historique » pour la sécurité de la navigation et la protection de l’environnement, affirment les autorités.
Le Code couvre tous les domaines de l’exploitation des navires, qu’il s’agisse de structure, de propulsion, de stabilité, d’engins de sauvetage, de radiocommunication mais aussi, de procédures de navigation, d’exploitation, de qualifications des équipages ainsi que de différentes formes d’atteintes à l’environnement (pollution par les hydrocarbures, les produits chimiques transportés en vrac, les eaux usées et les ordures). Il s’étend donc à la plupart des sujets impliquant une activité humaine.
Pour l’instant, il ne s’appliquera qu’aux navires certifiés au titre des conventions SOLAS (2) et MARPOL (3). Son application aux autres navires, et notamment les navires de pêche et ceux effectuant une navigation domestique, constitue une seconde phase de travaux qui devrait commencer en 2016.
(1) OMI : Organisation Maritime Internationale.
(2) SOLAS : Convention Internationale pour la Sauvegarde de la vie humaine en mer.
(3) MARPOL : Convention Maritime Internationale pour prévenir la pollution marine.

Mer d’Aral, une agonie qui n’en finit pas

aigua_aral_mar_perdut_1Comment la folie humaine peut-elle effacer une mer de la surface du globe ? Cela paraît impossible, et pourtant… C’est ce qui arrive à la mer d’Aral. Depuis des années elle s’assèche et se déforme, modifie le climat, chasse les populations ou transforme leur mode de vie. C’est un désastre écologique, donc humain.
L’histoire est connue. Du temps de l’ère soviétique la règle était de transformer les déserts en cultures. Pour irriguer d’immenses surfaces productrices de coton les eaux de l’Amou-Daria ont été détournées de leur cours normal qui alimentait la mer d’Aral (4ᵉ mer fermée du monde). Le coton a prospéré, la mer s’est tarie…
• Au fil des années, la surface et la profondeur de la mer d’Aral n’ont cessé de décroître. Petit elle s’est assèchée, laissant une épaisse couche de sel sur des sables devenus stériles ; les pêcheurs ont changé de métier, ils se sont faits éleveurs de vaches ou de chameaux. Complication, faute d’humidité pour former des nuages, les pluies ont cessé. Différents programmes de l’ère post-soviétique ont été mis en œuvre avec des résultats divers. Tandis que la partie centrale du bassin régressait, la partie nord fut mise en eau, son volume a presque doublé et sa surface aussi. Par quel moyen ? En détournant une autre rivière… Cherchez l’erreur.
En 2015, un plan mondial devrait être appliqué mais ses résultats sont déjà jugés aléatoires ; selon le magazine Science et Avenir la disparition de la mer d’Aral semble inéluctable…

Xynthia : de méprisables petites combines…

1673290_a1-8017470-1200_1200x800Le procureur de la République vient d’annoncer ses réquisitions dans le jugement concernant les responsabilités du maire de l’époque de La Faute-sur-Mer et de sa première adjointe, dans l’affaire de la tempête Xynthia.  Ils sont accusés d’avoir provoqué le décès de leurs concitoyens et mis en danger la vie d’autrui, non seulement en cette nuit tragique du 28 février 2010, mais auparavant en n’appliquant pas les textes législatifs liés à la prévention des risques et en dépit des consignes données par le préfet de Vendée.
• Ces réquisitions portent sur 3 ans de prison ferme et 30 000 € d’amende pour le maire et 1 an de prison ferme et 50 000 € d’amende pour son adjointe. On apprend au passage que cette dernière cumulait les fonctions d’adjointe, propriétaire foncier, agent immobilier et chargée de l’urbanisme de la commune. Rien que ça
• Le plus étonnant vient de l’avocat du maire qui ne s’explique pas cette extraordinaire sévérité comme s’il était banal de bafouer la loi et de se trouver impliqué, directement ou indirectement, dans la disparition de 29 personnes. C’est pour le moins étonnant.
• Ces réquisitions – qui auraient pu être plus sévères – montrent une nouvelle fois que la Loi  littoral loin d’être assouplie doit être durcie, appliquée et contrôlée avec beaucoup de rigueur.
Jugement dans deux mois.
• Image – Ce n’est pas un fleuve qui déborde, toute cette eau c’est la mer…

Quand cessera le viol de la Sérénissime ?

297594_10150426730499829_598359828_10982204_1587589_nL’équation est simple : à ma droite les partisans du maintien d’escales à Venise pour les porte-cabines géants, à ma gauche les défenseurs de l’environnement qui ne veulent plus voir ces silhouettes insolentes dans le paysage. Les uns pensent aux retombées commerciales des escales, les autres craignent un effondrement pur et simple de la Sérénissime.
Au milieu, il y a les élus qui pensent aux élections et veulent contenter tout le monde. Mission impossible…
Sauf en Italie.
• En effet, des gens bien intentionnés proposent une solution qui donnerait satisfaction à la fois aux commerçants et aux écolos. Fortiche, non ? Cerise sur le bateau, ça apporterait aux affairistes du coin une belle occasion de faire du fric. Encore plus fortiche ! Plus de 120 millions d’euros sont en jeu…
Comment ?
Le quotidien La Stampa nous le révèle : en créant un terminal-croisière à l’entrée de la lagune, composé d’une île artificielle et de pontons flottants pour en élargir l’assise. Du coup, pas de porte-cabines devant Saint-Marc, mais clientèle touristique toujours à portée de main. Elle est pas belle la vie ? (rien n’est dit sur les inévitables dégâts écologiques).
Cette idée de génie baptisée Venise Cruise 2.0ne demanderait que deux petites années pour être réalisée.
Ceux qui pensent que l’opération pourrait être l’occasion d’une petite combinazione des entrepreneurs locaux sont des malveillants ; comme si c’était possible… Qu’ils relisent notre article du 15 juillet dernier, ils seront édifiés.
Porthos
• Image – Un porte-cabines géant, comme chez lui ; avouez qu’il y a de l’insolence dans l’air… (Photo – No grandi navi)

Le Parida n’a pas le nez bien propre

Avec une relative discrétion, les médias ont fait état de l’incendie qui a dévasté le Parida, un roulier danois de 100 m de long transportant des déchets nucléaires destinés à l’usine de retraitement de Dounreay en Ecosse. A la suite de cet accident, le navire se trouvait en dérive à proximité de la plate-forme pétrolière Beatrice, et assez proche de celle-ci pour justifier l’évacuation préventive du personnel. Ce qui a été fait ; 52 personnes ont ainsi été prises en charge par les garde-côtes. Remorqué jusqu’à Cromarty le Parida fut examiné par les experts qui ont rassuré tout le monde en constatant que la cargaison n’avait pas été affectée  par le sinistre… Ouf !
• Fort bien, mais cette affaire aurait très bien pu virer au sénario catastrophe et c’est là que les choses se gâtent. Si l’on en croit le site de Robin des Bois (fort bien informé de la chose maritime), on s’aperçoit que le Parida n’a pas le nez bien propre. Il en serait à sa 35ᵉ déficience depuis début 2013 ! Contrôlé à Bremerhaven, Allemagne, en janvier 2013, il fut détenu à quai pendant 9 jours (24 déficiences), puis à Anvers, toujours en 2013, (5 déficiences) et enfin, à Amsterdam en mars 2014, (6 déficiences). Chacun en pensera ce qu’il veut, mais ça fait tout de même beaucoup pour un navire transportatnt des matières extrêmement dangereuses et explique peut-être l’origine de ses dernières mésaventures. Plus grave encore, cela montre que les autorités de sûreté nucléaire européennes ne sont guère en mesure de faire respecter leurs recommandations. Quant à l’armateur… restons corrects, certains vilains mots pourraient venir sous ma plume.
Cyrano

Elle arrive, la machine à croquer des bateaux

bato abandonné DSCN0561De nouveau on parle de la déconstruction des navires de plaisance. Le sujet nous tient à cœur. Récemment, le quotidien Ouest-France présentait à ses lecteurs les efforts menés par les Recycleurs bretons, une société sérieuse et sympathique, basée à Brest. L’article détaillait un système original consistant en une formule de déconstruction à la demande. Au lieu de transporter son vieux bateau à l’usine, c’est une broyeuse géante qui ira sur place sur l’une des 40 plates-formes mises en place, pour le hacher en menus déchets. Ceci après enlèvement des constituants récupérables et produits polluants. La machine à même un nom « Terminator » qui est tout un programme…
Elle réduira le bateau hors d’usage en fragments dix fois plus petits qu’à leur origine.
C’est un gros progrès qui incitera les candidats à la déconstruction à faire disparaître proprement leur bateau devenu trop coûteux ou inutilisé.
• Pourtant tous les matériaux ne se limitent pas à une simple déconstruction physique. Chacun sait que la plupart des bateaux de plaisance, construits depuis les années 70, ont des coques et superstructures en polyester armé de fibres de verre, matériau non éliminable proprement. Escales a déjà mené l’enquête sur ce sujet, ses résultats sont sans appel. Relisez les articles, vous serez édifiés (1). Plus gênante, l’affirmation du PDG qui déclare « Nous travaillons avec des industries très énergivores comme les fours des cimenteries. Les copeaux de résine mélangés au fioul lourd, donnent un combustible très énergétique. Et ce process permet d’économiser de l’énergie fossile. » Au cours de notre enquête, nous avons tenté de contacter les cimenteries justement, il est apparu que l’utilisation du broyat de polyester dans les cimenteries n’est pas à l’ordre du jour, il faudrait pour cela installer un dispositif de chauffage de précombustion, très coûteux, qui alourdirait fortement les coûts d’exploitation (2). A notre connaissance (nous ne savons pas tout) aucune cimenterie n’est intéressée.
D’une manière générale, les institutions que nous avons contactées durant notre enquête, éludent ce problème. Car il n’existe pas de moyen d’élimination propre ; même réduit en farine et incorporé à d’autres combustibles le plastique sera toujours là, il sera masqué, mais présent. Seule l’Association Econav à reconnu – c’est à son honneur – qu’en l’état actuel des choses, on ne savait pas se débarrasser de l’encombrante résine.
Alors, autant la formule de déconstruction « à domicile » est un progrès dont on doit féliciter les Recycleurs bretons, autant le recours aux cimenteries reste, en l’état des exigences techniques et économiques du marché, impraticable. En dépit du silence assourdissant des institutions privées ou semi officielles sur le sujet, il vaut mieux le savoir…
Aramis
(1) Articles des : 18 mars 2011 ; 23 avril 2013 ; 26 juin 2013 ; 29 juin 2013 ; 6 juillet 2013 ; 29 avril 2014.
(2) Sans compter qu’il faudrait filtrer les produits de combustion au risque de polluer l’atmosphère.
• Image – Abandonné et dépouillé de tout, reste le plastique…

Circulez, y a rien à voir…

Le navire américain Cape Ray, chargé du transport de sous-produits chimiques de l’arsenal syrien, se trouve ces jours-ci en Atlantique, en route ver les ports allemands et finlandais où ces déchets seront « traités ». L’info provient de l’association Robin des Bois, qui précise que le bâtiment transporte 6 000 t de produits solides et liquides (bien plus que prévu) provenant de la neutralisation effectuée en Méditerranée.
D’après l’association, l’opération s’est déroulée dans le plus grand secret. Aucune information détaillée sur les conditions météorologiques, les localisations du navire, les aléas techniques éventuels, les rejets atmosphériques, n’ayant été publiée.
Circulez, y a rien à voir…

Que les gros-culs aillent se faire voir ailleurs !

arton1644-b1dc3Le gouvernement italien vient de relancer l’interdiction faite aux paquebots de plus de 90 000 t. de mouiller dans la lagune San Marco et le Grand canal de Giudecca (1). La raison est évidente : protéger les berges et les merveilles de la Sérénissime déjà bien atteintes. La décision aurait été prise après negociation avec les croisièristes (toujours très écolos !) qui se goinfrent avec cette escale juteuse.
Pourtant, ne nous réjouissons pas trop vite. D’une part, cette disposition avait déjà été prise (voir Escales du 11 novembre 2013 et 10 avril 2014), mais jamais appliquée et d’autre part, le chef de cabinet du président du Conseil a eu cette phrase lourde de sens : notre but est de protéger l’environnement sans compromettre l’économie. Traduction : protéger les palais, on veut bien, mais sans perdre un kopeck.
Mieux encore, les ministres ont demandé l’étude d’une voie de navigation dérivée, pour que les gogos puissent quand même atteindre Venise. On respire…
• Pour finir, deux petites choses  à méditer :
– Cité par Le Figaro, l’architecte Cristiano Gasparetto nous apprend qu’un paquebot géant, restant une journée à quai, équivaut à la pollution de 15 500 automobiles. Une paille.
Le même quotidien reproduit une déclaration de Massimo Bernardo, président du Comité Venise Croisières, qui soutient les croisières dans la Sérénissime : À Venise, il est impossible qu’il y ait un autre Concordia.
Impossible ? Il est bien audacieux ce M. Bernardo… et peut-être imprudent.
Athos
(1) Applicable en 2014 et 2015.
• Image – Affiche du comité d’opposants à la venue de grands paquebots.


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