Archive for the 'Environnement / Pollution' Category

Lucky Luke débarque à Saint-Malo-Corral

Il y a quelques jours (le 29 avril), nous évoquions l’affaire des jet-skis à Saint-Malo. Le dossier est en cours d’instruction. Nous sommes heureux d’apprendre (Ouest France du 4 mai) que les Affaires maritimes allaient prendre une décision courageuse sachant que le site rassemble déjà plusieurs critères qualifiants, comme la hauteur d’eau suffisante, sans perturber l’activité de pêche (suivez mon regard). Pas un mot sur la pollution, les nuisances sonores, le respect de sites… Quant à la décision hardie qui nous attend, elle consistera à rester neutre dixit Guillaume Hervé délégué intérimaire à la mer…
Plus vite que son ombre, quelle audace !

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La fièvre monte à Saint-Malo-Corral…

C’est une énormité à laquelle les malouins n’ont d’abord pas cru. Pourtant, Ouest France confirme qu’il existe un projet de base de jet-skis au pied de la Tour Solidor. Le directeur de Nautic Motor’s Evasion déclare son intention d’ouvrir une station au début de juin avec pontons spécialisés, équipe de formation accompagnant les néophytes, et autres équipements nécessaires aux défonceurs d’océan. La com’ est bien réglée : Nous ne sommes pas une société de location, mais une école (école de quoi ?). Toutes nos sorties sont encadrées par des moniteurs diplômés d’Etat et nos engins répondent aux normes antibruit précise le promoteur, la main sur le cœur.
Quand on connaît le niveau de nuisances de ces formules sur la tranquillité des promeneurs, baigneurs, plaisanciers,  pêcheurs, faune et flore maritimes, on est en droit d’émettre quelques doutes. C’est ce qu’ont fait des riverains qui ont immédiatement lancé une pétition défavorable au projet, à notre avis plus que contestable.
Que dit-elle ?
En accord avec le courrier de l’Association Droit de Cité, je demande la suppression de l’autorisation que vous avez accordée, sans enquête préalable, à la société Nautic Motor’s Evasion, pour l’implantation d’un ponton de location de scooters des mers dans le secteur de Bizeux.
Cette implantation est nuisible en de nombreux points.
– Nuisance pour les résidents des maisons de retraite de la Briantais et des Corbières qui ont besoin de calme.
– Nuisance écologique pour la zone de nidification des sternes, macareux et autres cormorans huppés observés sur l’île de Bizeux.
– Insécurité pour les petites embarcations (avirons de mer, dorimousses, marins se rendant en annexe à leur bateau ou à leurs viviers).
– Nuisance aux riverains.
– Nuisance touristique enfin pour tous les usagers, résidents ou non, de ce petit havre qui viennent y chercher soleil et tranquillité.
Je vous demande instamment de revenir sur votre décision qui représente pour tous, au profit d’une seule société commerciale, une nuisance sonore évidente et insupportable, et de préserver cette villégiature au charme si recherché.
• La pétition est destinée à la directrice de la DDTM et au maire. On la trouve sur le site www.petitionpublique.fr (Solidor sans jet-skis).

Transport à la voile, oui, mais…

L’entreprise est des plus séduisantes : développer une liaison permanente entre la France et la Grande-Bretagne, pour le transport à la voile de denrées alimentaires… notamment liquides (1). Les arguments écologiques ne manquent pas, l’enthousiasme non plus et plusieurs organismes officiels soutiennent le projet.
• Menée en collaboration avec Transoceanic Wind Transport (TOWT) l’opération semble disposer de tous les atouts pour réussir.
Tous ? C’est pas sûr…
• Notre monde est ce qu’il est et il faudra attendre pour savoir si la sacro sainte rentabilité est au rendez-vous. D’abord les caprices du vent, ne peuvent assurer une livraison à date fixe ; ensuite la clientèle est-elle mûre pour accepter les aléas de ce moyen de transport ? Enfin, les bateaux sont-ils adaptés à ce type de marchandises ? Je lis que Biche fait partie de la flotte, mais Biche est à l’origine un thonier et non un voilier travaillant au bornage (2). Toutes choses impliquant des modifications lourdes et coûteuses, qu’il faudra bien intégrer à l’exploitation  (aménagements des cales, de la sécurité, propulseurs, etc.).
Alors, en souhaitant très sincèrement la réussite du projet, ayons le courage d’exprimer quelques réserves sur son destin qui n’est pas encore assuré.
Mousqueton
(1) Déjà évoqué par Escales les 11 mai et 16 juin 2013.
(2) Petit cabotage dans un rayon de 25 milles du port d’armement.

Création du 7ᵉ Parc naturel marin français

Le ministère de l’Ecologie annonce la création du septième Parc naturel marin français. Il couvrira plus de 6 000 kilomètres carrés et 700 kilomètres de côtes, du sud de la Vendée jusqu’en amont de l’estuaire de la Gironde. Il porte le nom de  » Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis charentais « . Le parc se propose d’ assurer la protection des écosystèmes tout en maintenant le développement durable des activités économiques.
• Programme ambitieux si l’on connaît la (très) délicate cohabitation entre l’écologie et l’économique…
(Source AFP)

La France se penche sur sa « Croissance Bleue »

Les parlementaires s’intéressent à la Mer. Tout le monde s’en félicitera. C’est du moins ce que proposent les prochaines rencontres qui se dérouleront à Paris, le 15 avril prochain, à la Maison de la Chimie. Parlementaires, conseillers ministériels et professionnels du secteur maritime échangeront sur les différents sujets, liés à la mer, autour du thème « Croissance Bleue ».
Du fait de son immense territoire marin (le deuxième du monde), la France y joue un rôle majeur et dispose de ressources considérables notamment dans le domaine des énergies marines et de l’exploitation des grands fonds. Cette rencontre s’avère judicieuse, au moment où ces grands sujets préoccupent tous les Etats de la planète.

Vieille idée : le gouvernement va créer une filière de démantèlement pour les pros et la plaisance

• Important – Le Sénat vient d’adopter un amendement transposant en droit français un règlement européen sur le recyclage des navires, à l’occasion de l’examen de la loi sur la transition énergétique.
• L’objectif annoncé est de créer, en France, une filière de démantèlement ainsi que le demande depuis longtemps les écolos ainsi que l’association Mor Glaz. Sans entrer dans les détails, sachez que les propriétaires de navires (pas tous) seront tenus de notifier à l’administration leur intention de recycler leur navire. De sévères peines d’amende et d’emprisonnement sont prévues en cas de défaillance. De même pour les propriétaires de navires qui ne disposeraient pas à bord de l’inventaire des matières dangereuses. Ces dispositions ne sont pas applicables aux navires affectés exclusivement à un service public non commercial, aux navires d’une jauge brute inférieure à 500, ou aux navires exploités pendant toute leur vie dans des eaux relevant de la souveraineté ou de la juridiction française.
Dans la foulée, le Sénat a également décidé, qu’à compter du 1ᵉʳ janvier 2017, les personnes qui mettent sur le marché à titre professionnel des navires de plaisance ou de sport seront tenues de contribuer à leur recyclage (il n’est pas précisé qui, à quelle hauteur et comment). Cette disposition se ferait dans la perspective de gérer les navires de plaisance hors d’usage. Déjà plusieurs voix s’élèvent, voyant dans cette opération une variante de la taxation des mouillages de bateaux de plaisance (amendement 1208 abandonné le 4 février 2015).
• Le projet de loi fera l’objet d’un vote solennel le 3 mars prochain. En l’état actuel des choses (et devant leur imprécision), il semble prématuré de porter un jugement sur l’ensemble de ces dispositions qui, relèvent d’une seule et même approche : trouver un peu d’argent pour démarrer une filière de déconstruction.
Athos
(Source : Les nouvelles du Sénat)

Le sable aussi, fait partie du patrimoine

Logo Peuple des DunesPas contente l’association Peuple des Dunes en Trégor, et avec de bonnes raisons. Tout porte à croire qu’un exploitant (qui ?) va être autorisé à extraire quelque 400 000 m³ de sable de la Baie de Lannion. Cette opération (ce pillage) ne peut pas rester sans effet sur l’équilibre écologique maritime (faune, flore, minéraux, et autres composants du patrimoine sous-marin.) C’est la raison pour laquelle l’Association organise demain à 10 h, place de la Poste à Lannion (22) un rassemblement pour protester contre le projet qui, soit dit au passage, n’a reçu que des avis défavorables de la part des élus et des citoyens.

L’hydrolienne du Fromveur porte bien des espoirs

La première hydrolienne, destinée à être installée dans le Fromveur, est en cours de montage à Brest. C’est le début d’une grande aventure car il ne s’agit pas d’un démonstrateur mais d’une machine de production. Installée dans les forts courants circulant devant Ouessant, elle devrait permettre une réduction sensible de la facture énergétique de l’île, estimée à 20 % de ses besoins.
• Actuellement, l’électricité nécessaire est produite par des groupes électrogènes consommant quelque 2,3 millions de litres de fuel à un prix annoncé de quatre fois supérieur à celui du continent.
• La machine, d’un diamètre de dix mètres, a une puissance de 1 MW ; sa production sera directement raccordée au câble de la station électrique de Lampaul.
Comme quoi du courant et son contre-courant peuvent produire… du courant !

Venise, les rapaces ne lâchent pas leur proie

venise-bateauDV1107387_0On se souvient des articles publiés par Escales annonçant la limitation d’accès à Venise pour les grands porte-cabines de croisière (1). On en était tout heureux. Eh bien nous avions tort. Le site Mer et Marine nous apprend, aujourd’hui, que les belles résolutions du gouvernement italien viennent d’être annulées par le tribunal administratif de Venise ! Avec plein de bonnes intentions, comme par exemple, le fait que la décision avait été prise sans que soit menée une analyse des risques environnementaux, pas plus qu’une évaluation des impacts économiques qu’elles entraîneraient. On croit vraiment rêver… Le tribunal estime, de plus, que la limitation ne peut entrer en vigueur avant qu’une solution alternative soit opérationnelle. Et voilà ! Le tour de passe passe est bien huilé. On retourne la galette et on fait cuire… Les défenseurs de l’environnement (les vrais) peuvent aller se rhabiller. Elle est pas belle la vie ?
• On sait aussi qu’un autre projet de contournement de la Sérénissime est toujours à l’étude, mais son entrée en vigueur, prévue pour cette année, a été reportée. Les croisiéristes n’auraient pas envisagé d’escales à Venise en 2015. Ils pleurnichent qu’ils perdent 300 000 clients ce qui est bien peu comparé aux menaces qui pèsent sur une merveille de l’histoire humaine.
– Attention, le premier qui prononce le mot combinazione, ira au piquet !
Aramis
(1) Voir nos billets du 31 janvier 2012, 11 novembre 2013, 10 avril 20149 août 2014, 12 octobre 2014.
• Image – Cherchez l’erreur… (RFI AFP, photo Andrea Pattard)

Recyclage des résidus polluants : c’est en route

La société Ecoslops vient de mettre en production son usine de traitement de résidus pétroliers marins appelés slops. L’usine, située à Sinès au Portugal d’une capacité de production de 19 200 tonnes de carburant recyclé à partir de slops maritimes ; elle pourrait être portée à 26 400 tonnes.
Les slops proviennent des salles de machines des navires, des lavages des cuves des pétroliers et des eaux polluées de fonds de cale.
La technologie mise en œuvre permet de produire un carburant de qualité suffisante pour être réutilisé par les navires. Petit cocorico au passage Ecoslops est française et son initiative est une première mondiale.


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