Archive for the 'Divertissement' Category

Gloire au marin Shadok

image001 – Chef ! Y’a plus d’eau !
Quand il n’y avait plus suffisamment d’eau pour les Shadoks d’en haut, les Shadoks d’en bas la récupérait afin qu’ils rament. Et quand il en manquait à l’avant du navire, le marin Shadok n’hésitait pas à en prendre sur l’arrière où l’on en trouvait toujours en grande abondance pour l’envoyer à l’avant afin de poursuivre sa route. Temps béni ou « Dans la marine on ne faisait pas grand-chose mais on le faisait de bonne heure ». Ainsi s’exprimait sentencieusement le marin Shadok dont l’esprit s’obscurcissait déjà sur le point de midi.
Pour honorer la mémoire de ce grand marin rappelons ici l’essentiel de son œuvre.
Le premier problème à résoudre pour le marin Shadok était d’éliminer le trop plein d’eau sur notre planète afin qu’elle mérite vraiment son nom de terre. C’est l’ingénieux système de pompage et de tuyaux que l’on connaît bien et qui visait à mettre la planète à sec ce à quoi les Shadoks parvinrent à force d’obstination. On dit que les poissons volants s’en réjouirent.
Le second, non moins ardu, fut quand ils se rendirent compte qu’une fois l’eau enlevée, il n’y avait pratiquement plus de terre, ce qui les conduisit à pomper dans l’autre sens pour retrouver un semblant de planète.
Un Shadok n’a qu’une conviction qui lui tient de religion : pomper ne peut pas nuire. Ce peuple particulièrement imaginatif avait même inventé une pompe spéciale avec laquelle il pouvait encore pomper alors qu’il n’y avait plus rien à pomper du tout.
Pour le marin Shadok, cette propension à pomper « Basi, mimi pampu mimi » (Je pompe donc je suis en swahili) était fort heureusement accompagnée d’une autre, celle de ramer. Cet illustre marin restera pour la postérité celui dont le grand talent fut de faire ramer les autres. A ce titre, on peut le reconnaître comme le père du management moderne.
Francis Bergerac
Les Shadocks furent une célèbre série télévisée née de l’imagination de Jean Rouxel à la fin des années soixante.

La fille ? Je te la joue à croix pile…

On le sait, les sociétés de forbans constituées aux XVIᵉ/ XVIIᵉ siècles aux Caraïbes obéissaient à leurs propres lois que tout le monde respectait. (Répartition du butin, obéissance aux chefs, punitions, comportement vis-à-vis des camarades, etc.). Tout manquement était lourdement puni. Pourtant les sujets de tension ne manquaient pas. Et parmi eux le « partage » des femmes. On lit dans Oexmelin (1) : « Quand deux d’entre eux rencontrent une belle femme, pour éviter la contestation qu’elle ferait naître, ils jettent à croix pile à qui l’épousera. Celui que le sort favorise l’épouse… mais son camarade moins chanceux, sera « reçu à la maison ! ». (Délicat euphémisme que chacun interprétera comme il veut).
• Qu’est-ce donc que jouer à croix-pile, à croix ou pile ou encore croix et pile ? C’est un jeu consistant à jeter une pièce de monnaie en l’air et d’énoncer pendant sa course « pile » ou « croix ». Le gagnant est celui dont le nom choisi correspond à l’aspect visible de la pièce (2). On pense immédiatement à notre « pile ou face » qui semble en être une simple variante ; mais le dictionnaire académique de la langue française dit aussi que le vocable « jouer à croix pile » s’emploie pour parler de deux choses à peu près égales dont le choix est indifférent. Allez comprendre.
(1) Qui a partagé l’existence des forbans mais dont les écrits sont parfois contestés.
(2) Dans de nombreuses monnaies l’une des deux faces portait le dessin d’une croix.

Le roi qui n’a jamais vu son royaume… maritime

image001Louis de la Cerda double descendant des couronnes de France et de Castille, comte de Talmont et arrière petit-fils de Saint-Louis se cherche un royaume faute d’en avoir hérité par succession dynastique.
Les terres qu’il convoite, un peu lointaines et perdues sur la mer, sont païennes, situation provisoire d’un point de vue purement papal. Il convient donc les christianiser. Pas besoin de combattre et d’envahir pour cela, un simple voyage en Avignon, une rencontre avec le pape Clément VI et Louis est nommé Prince de Fortunie, roi des Îles Fortunées par la grâce de Dieu ! Les peuplades du lieu ne connaissent pas encore leur chance, elles vont pouvoir accéder au ciel des catholiques par le seul fait de leur roi. Couronne sur la tête et sceptre à la main Louis Iᵉʳ, roi des Îles Fortunées quitte la cité papale alors qu’une violente averse s’abat sur la jeune cour (1). Mauvais présage.
Onze îles sur lesquelles étendre sa Majesté, le droit de battre monnaie et de transmettre la couronne à la descendance mâle ou femelle. Merci Clément. Mais il y a deux conditions tout de même : Louis doit admettre que le pontife est devenu son suzerain et qu’il doit lui verser chaque année 400 florins d’or. Sinon, il risque tout simplement l’excommunication, sanction un peu rude mais c’est l’époque. La bulle du 15 novembre 1344 scelle l’accord.
Il n’en faut pas plus pour semer la zizanie à la cour pontificale. Le pape donne une description si indécise de la position des îles que l’ambassadeur d’Angleterre pense qu’il s’agit des îles Britanniques (!) et écrit à son souverain que le pape vient de disposer de ses états. Le malentendu est levé mais c’est le premier coup de canif à l’allégeance anglaise à l’autorité du pape, allégeance qui tournera court deux siècles plus tard. Tout le monde semble à peu près content de la création de ce nouveau royaume sauf évidemment les rois du Portugal et de Castille qui comptaient annexer ces terres à leur couronne respective. C’est d’ailleurs pour éviter ce genre d’épuisantes bisbilles que le pape, un siècle et demi plus tard, leur partagera les nouvelles découvertes en découpant le globe en deux parties (2). Mais, le pape, fort heureusement couvert par Dieu, a de plus en plus de mal à tenir son petit monde.
Pour motiver et renforcer les troupes qui accompagnent Louis, Clément VI accorde quelques indulgences et adresse ses recommandations aux rois chrétiens pour aider leur nouveau collègue.
Tout est prêt maintenant pour que le Prince de Fortunie se constitue une flotte en la finançant par le trésor qu’il a accumulé durant la guerre de Cent Ans et vogue ainsi vers ses nouveaux sujets. Mais les délais de construction sont trop longs. Louis s’impatiente. Sans jamais prendre la mer, il s’empare du royaume en dépêchant à Lanzarote l’un de ses lieutenants Alvaro Guerra. Guerra fit tout sauf la guerre et se fit renvoyer par les pas-si-bons-sauvages-que-ça !
Ainsi s’évapora le rêve de royaume de Louis de la Cerda, Prince de Fortunie.
Francis Bergerac
(1) D’après Pétrarque, journaliste à l’époque.
(2) Traité de Tordesillas 1494.

Et pour le cocktail, champagne ou gastro ?

Le Figaro d’aujourd’hui publie un court article sur un sujet nauséabond. Le quotidien titre « Une croisière foudroyée par la gastro entérite » Hum… Le papier révèle que 158 passagers et 14 membres d’équipage du Crown Princess ont été victimes d’une épidémie de norovirus agent très contaminant appelée communément gastro-entérite. Ses conséquences sont aussi faciles à imaginer que la détresse des passagers affectés par des diarrhées et vomissements, incoercibles. Ils revenaient d’une croisière « de rêve » (bien entendu) à Hawaï et Tahiti. Le très sérieux journal précise que la Compagnie Princess Cruise procède au nettoyage (suivez mon regard) et à la désinfection du paquebot.
C’est la seconde fois que le navire connaît ce type de mésaventure. La poisse, quoi. Ben, merde alors !
Porthos

Quand les Tontons flinguaient pour le plaisir

jouet-203Escales a déjà publié cette image. Si nous y revenons, c’est d’abord parce qu’elle est succulente et ensuite parce  que certains détails nous avaient échappé à l’époque. Que voyons-nous ? Un navigateur fortuné, très digne, jouant à la guerre navale sur un bâtiment spécialement conçu pour cet usage. Tous les constituants sont dans l’esprit du temps : étrave à éperon, manches à air, gréement inutile, mature encombrée de casemates, fier pavillon tricolore… Le moteur est électrique alimenté par six batteries bien visibles. (Gare toutefois à la moindre entrée d’eau qui pourrait avoir des effets catastrophiques).
• Mais l’affaire est sérieuse, ce n’est pas une régate du dimanche, c’est un véritable combat naval où il faut affronter l’escadre adverse. Témoin le pistolet (à blanc !) caché dans le grand mât que le Tonton-amiral peut actionner à sa guise. On savait s’amuser en ce temps-là. (1)
Si l’image vous fait sourire, jetez donc un coup d’œil sur notre billet du 30 janvier 2011, vous aurez d’autres détails. Finalement c’est assez cul-cul mais pas plus débile que nos games électroniques.
En attendant : feu !
(1) Fin XIXᵉ, début XXᵉ.

La hune, telle qu’en elle-même…

huneVoici une scène de la vie maritime sur un navire de guerre du temps de la marine en bois. Il s’agit de la frégate « L’Incomprise » inventée par Palma Gourdon (alias Sahib) et illustrée par Louis Ernest Lesage (1876).
Le bouquin qui s’y rapporte raconte l’histoire d’un périple cahotant où des personnages extravagants font un tour du monde délirant, onirique, farfelu. Les images font parfois penser à Dubout ou Gaston la Gaffe…
Paradoxalement, certaines illustrations sont d’un parfait réalisme, traitées avec un souci de précision montrant une grande connaissance du matériel et de la vie maritime. On voit ici un groupe de matelots au repos, juchés sur la hune et écoutant un conteur de circonstance. Les attitudes sont justes, bien posées, y compris celle du grimpeur qui ne passe pas par le trou du chat. Mais surtout, les détails du capelage sont parfaitement représentés, à leur place exacte, depuis la chouque, tout en haut, les enfléchures, caps de moutons, etc. jusqu’à la voile soigneusement ferlée sur la vergue. Le tout sans erreur de perspective.
Au final, plus qu’une saynète plaisante l’image est à considérer comme un véritable document maritime ; c’est  d’ailleurs pour cela que nous vous la proposons…
(voir Dico Mer si nécessaire)

Le premier qui trouve les toilettes a gagné !

Petite diversion pour les passagers de l’Explorer of the Seas. Figurez-vous que le paquebot a été victime d’une épidémie de grippe intestinale au beau milieu des Iles Vierges ; 565 passagers et 50 membres du personnel ont été affectés par cette maladie fort désagréable (surtout dans l’univers clos d’un paquebot…). Un expert aurait été envoyé à bord pour évaluer les risques sanitaires. Le navire a écourté sa croisière (de rêve) et rentrera 2 jours plus tot que prévu.

Le chant de l’équipage (Mac Orlan aurait aimé)

Pour le plaisir, voici un extrait d’un petit chef d’œuvre britannique, et intitulé « Fire Down Below » (Ça brûle par en bas…) ; il donne, en métaphores transparentes, une idée des chants – franchement polissons – entonnés par l’équipage après des mois de mer.

Et elle m’a dit « vous les marins vous faites des amoureux gentils et commodes »
Mais elle m’a dit « vous les marins vous faites un sacré tas de menteurs
Et bien sûr, vous allez tous par en bas, alimenter les diables de feux »
(…) Au feu, au feu ! Ça brûle par en bas,
(…) Et cherchez un sceau d’eau, les filles,
Ça brûle par en bas.
 Oh ça brûle dans la cabine et dans la cokerie aussi,
Ça brûle sur le gaillard d’avant mais le charbon c’est l’équipage.
Oui, ça brûle par en haut, mes gars, ça brûle par en bas,
Ça brûle dans la pipe du bosco, il est temps pour nous de débarquer…

Allez, souriez, c’est aimablement coquin, mais bien envoyé, tout de même…
Porthos

En Chine, un nouveau « Titanic »… version minable

Titanic ChinoisFallait oser, les Chinois vont le faire !
C’est à peine croyable. Les Chinois vont ouvrir un gigantesque parc à thèmes dans la province du Sichuan à  environ 1 500 km de la mer ; son attraction principale sera le Titanic méticuleusement reconstruit à l’identique. Le public pourra circuler à l’intérieur, comme les vrais passagers de la tragédie de 1912. C’est déjà délicat, mais il y a mieux. Le vrai-faux Titanic sera un musée interactif aussi réaliste que possible, faisant revivre (?) au plus près, le drame du naufrage. Monsieur Su Shaojun, directeur du projet, explique que dans la reconstitution des événements, tous les effets spéciaux seront mis en œuvre. Quand le navire heurtera l’iceberg, il va trembler, il va s’effondrer. Nous allons permettre aux gens d’éprouver la sensation de l’eau qui entre à l’intérieur, à l’aide de sons et de lumières. Reconstituer la panique en quelque sorte. Quelle belle idée ! (Il n’est pas précisé si  des mannequins en plastique flotteront alentour pour accroître le réalisme)…
• Et justement à propos de réalisme, le projet n’est pas une idée en l’air, le parc ouvrira en 2016 et coûtera la bagatelle de 1 milliard de yuans soit 127 millions d’Euros.
• Il y avait déjà le projet australien de  construction d’une réplique du malheureux paquebot (voir Escales), voici qui le dépasse largement. Par son ampleur et  sa connerie.
La honte ne tue plus ; le vrai Titanic a fait plus de 1500 morts…
Aramis

Nos élus sont de grands humoristes

panneau plage DSCN0753Quand j’ai découvert ce panneau, je me suis frotté les yeux à plusieurs reprises. Je craignais n’avoir pas bien compris. Je n’avais pas le temps, j’ai appuyé sur le bouton en me disant que je verrais ça plus tard. A la maison, j’ai montré l’image à ma femme, mes enfants, aux copains, tous ont eu un hochement de tête ou un haussement d’épaules… J’ai même entendu ah ! les cons… L’oxymore (1) burlesque est parfait, complet, définitif… et bien sûr involontaire.
J’ai pensé ça pourrait faire sourire les visiteurs d’Escales. Donc, voilà…
Mousqueton
(1) Expression incompréhensible disant à la fois une chose et son contraire ; par exemple : halte à l’immobilisme !
• Image : Escales Maritimes.


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