Archive for the 'Curiosité' Category

Le bateau « qui pêche tout seul » à son âge d’or

UnknownL’ami Marc Minni nous adresse cette remarquable photo de La Cigale, le bateau qui pêche tout seul. Comme vous êtes nombreux à vous intéresser à cette formule astucieuse, nous vous livrons cette image qui représente La Cigale dans les années 30 probablement. On distingue assez bien le système de pêche du vire-vire et l’on retrouve les formes générales de l’embarcation décrite dans nos précédents billets : construction en béton, pas d’étrave mais une levée, panier métallique, cabane pour le « pêcheur » etc.
Avec nos remerciements chaleureux à Marc pour ce document d’exception.

La « Cigale » est prête à chanter tout l’été…

DSC_3512DSC00193DSC_4851C’est une de ces histoires comme nous les aimons à Escales. Un groupe de copains découvre un jour l’épave d’un bateau à demi coulée au bord de la Digue du Malafray à côté de Chateauneuf-du-Rhône ; elle intrigue. C’est alors qu’ils s’aperçoivent que l’embarcation est un ancien vire-vire, un bateau qui pêche tout seul dont nous avons déjà parlé (1). Nos découvreurs – tous amis du patrimoine – en sont tout heureux car il n’existe plus de représentant de bateaux de ce type. C’est donc une rareté.
Mais ils s’aperçoivent aussi que, traditionnellement en bois,  celui-ci est… en béton armé !
• Durant l’hiver et le printemps derniers, d’importants travaux de désensablage sont réalisés par MM. Pradier, Thielon et Bonfils, représentant l’enlèvement de 10 tonnes de sable environ ; ce qui a permis de mettre au jour la plate-forme en béton de la barque qui présente de lourdes dégradations. Un vire-vire en béton ! Ce n’est plus une rareté c’est une pièce unique. Du coup, ils retroussent leurs manches et décident de sauver l’épave, quitte à la reconstruire en partie. Et c’est ce qu’ils font. Ils récupèrent les débris, les assemblent, comblent les vides et reconstruisent une coque en béton digne de la célèbre barque de Lambot, inventeur du béton armé et premier constructeur de bateau avec ce matériau.
Aujourd’hui, M. Pradier et ses complices peuvent présenter La Cigale, embarcation doublement exceptionnelle, en état de marche, qui constitue une pièce majeure de l’héritage culturel de Châteauneuf-du-Rhône.
• A notre avis, il ne serait pas déraisonnable que le ministère des Affaires culturelles s’intéresse à cette initiative, menée par des bénévoles énergiques très attachés au patrimoine local.
Aramis
(1) Voir notre billet du 6 novembre 2014 « Le bateau qui pêche tout seul ».
(2) Rien à voir avec le ferrociment.
• Images : à gauche : la coque reconstituée à partir des éléments récupérés ; au centre : les travaux d’assemblage et de renforcement ; à droite, la « Cigale » dans son état actuel (on reconnaît les deux paniers métalliques actionnés par le courant). Et, bien sûr, la cabane pour abriter les heureux pêcheurs.

Soixante six jours sur une épave

Chaque semaine (voire chaque jour), les accidents de mer nous apportent leur contingent de mauvaises nouvelles. Le plus récent étant le naufrage du chalutier russe Dalni Vostok qui a fait 56 morts. Il est donc heureux d’insister sur les exceptions où l’affaire se termine bien.
C’est ce que relate Le Figaro. Suite à de graves avaries un homme (américain) s’est retrouvé à bord d’une épave impossible à manœuvrer et non localisable ; il aurait dérivé pendant 66 jours au large de la Caroline du Nord. Porté disparu, depuis le 29 janvier, il survivait en capturant des poissons à mains nues et en buvant de l’eau de pluie. Il aurait été recueilli par un pétrolier et évacué par un hélico des Gardes Côtes U S. Franck Jordan (c’est son nom) a déclaré à son père qu’il se faisait du souci, chaque jour, pour ses parents pensant qu’ils pleuraient sa mort, alors que…
Voilà un homme qui revient de loin après avoir écrit une bien belle histoire… une trop belle histoire ?
Athos

La fille ? Je te la joue à croix pile…

On le sait, les sociétés de forbans constituées aux XVIᵉ/ XVIIᵉ siècles aux Caraïbes obéissaient à leurs propres lois que tout le monde respectait. (Répartition du butin, obéissance aux chefs, punitions, comportement vis-à-vis des camarades, etc.). Tout manquement était lourdement puni. Pourtant les sujets de tension ne manquaient pas. Et parmi eux le « partage » des femmes. On lit dans Oexmelin (1) : « Quand deux d’entre eux rencontrent une belle femme, pour éviter la contestation qu’elle ferait naître, ils jettent à croix pile à qui l’épousera. Celui que le sort favorise l’épouse… mais son camarade moins chanceux, sera « reçu à la maison ! ». (Délicat euphémisme que chacun interprétera comme il veut).
• Qu’est-ce donc que jouer à croix-pile, à croix ou pile ou encore croix et pile ? C’est un jeu consistant à jeter une pièce de monnaie en l’air et d’énoncer pendant sa course « pile » ou « croix ». Le gagnant est celui dont le nom choisi correspond à l’aspect visible de la pièce (2). On pense immédiatement à notre « pile ou face » qui semble en être une simple variante ; mais le dictionnaire académique de la langue française dit aussi que le vocable « jouer à croix pile » s’emploie pour parler de deux choses à peu près égales dont le choix est indifférent. Allez comprendre.
(1) Qui a partagé l’existence des forbans mais dont les écrits sont parfois contestés.
(2) Dans de nombreuses monnaies l’une des deux faces portait le dessin d’une croix.

Quelques contradictions de l’information maritime

panneau-plage-dscn0753img_0250-1DSCN4035Même si l’actualité n’est pas très gaie, il faut bien sourire de temps en temps. J’ai retrouvé dans les archives d’Escales quelques photos qui vont nous y aider.
• D’abord ce panneau entrevu sur une plage du Pays basque qui montre que le bord de mer peut être interdit à ceux pour lequel il a été aménagé. Si les engins à moteurs en sont exclus, il est difficile de leur réserver en même temps ce plan de mise à l’eau. Ou bien l’avertissement est mal formulé ou bien il y a de la contradiction dans l’air…
• Ensuite, ce « totem explicatif» mis en place par la communauté de communes de Caen-la-Mer dont le schéma jongle sans vergogne avec les positions de la lune et du soleil. Des experts l’ont corrigé (on le voit sur l’image) pour rétablir la vérité. Seuls remerciements : l’accusation de dégrader les bornes d’information municipales ! Faut pas manquer d’air…
• Enfin, cette signalisation énigmatique aperçue à Saint-Guénolé où les usagers du port doivent bien se demander ce qu’ils ont à faire, ou ne pas faire… Mais peut-être n’est-ce là que la conséquence d’une tempête récente. Bénéfice du doute.
Si vous en débusquez d’autres…
Mousqueton

La première femme à avoir fait le tour du monde

image001image0031768 – 250 ans après l’expédition de Magellan on LA découvre par hasard à Tahiti sur l’Etoile, navire qui accompagnait La Boudeuse du grand explorateur français Bougainville. Elle était LE domestique de Philibert de Commerçon, naturaliste de renom et premier scientifique de l’expédition.
Bien sûr, à bord, on s’étonnait de ses manières peu habituelles chez les matelots : « son physique, le son de sa voix, son menton sans barbe… accréditaient le soupçon : le merveilleux attachement de Jean Baré pour son maître éveillait l’attention des matelots ! On remarqua que M. de Commerçon s’enfermait bien souvent dans sa cabine avec son domestique » mais la façon qu’avait ce dernier de porter dans les expéditions à terre les armes, les provisions et les cahiers de plantes de son maître en impressionnait plus d’un. On lui avait donné le surnom de « bête de somme ».
Le soupçon sur le véritable sexe de Jean se transforme en certitude à Tahiti. Les Tahitiens, malicieusement informés du doute par Aoutourou, l’interprète de Bougainville, veulent lui rendre tous les honneurs. A Tahiti à cette époque « l’amour sans pudeur n’est pas sans innocence » et l’on ne peut accueillir une femme sans lui faire subir la politesse de Tahiti. Philibert de Commerçon voit cela d’un très mauvais œil et tente sans succès de consigner à bord sa servante démasquée. C’est le chevalier de Bournand de garde à terre, ce jour-là, qui vole au secours de Jeanne qui avait été enlevée par le plus agile et le plus robuste de ses adorateurs. Elle n’ose plus mettre pied à terre et, à bord, en rajoute encore dans les travaux les plus masculins donc les plus pénibles. A bout de nerfs, ne supportant plus les ricanements et les sarcasmes de l’équipage, elle s’effondre en pleurs devant Bougainville et lui avoue son véritable sexe. L’aveu est accompagné d’une touchante confession. Sa vie antérieure, misérable, lui avait fait préférer de se présenter comme un homme, pour trouver un travail tout simplement. Elle assume seule le poids du mensonge et épargne Philibert largement son complice. Bougainville, qui n’est pas dupe, accepte sa version et la décrit ni laide ni jolie, âgée d’environ 26/27 ans et, avec un détachement tout aristocratique, remarque qu’après un naufrage sur une île déserte elle eut pu contribuer à assurer une descendance. Lire la suite ‘La première femme à avoir fait le tour du monde’

Brise-glace. Attention, froid devant !

Soyons clairs. C’est le remarquable blog de notre amie Anh Gloux (1) qui nous a mis sur la piste. Il a publié ce document montrant l’enthousiasme de la foule devant ce puissant brise-glace finlandais (filmé vers 1920) qui déchire la banquise. On voit (de près), comment l’étrave disloque la glace et taille sa route sans problème. C’est impressionnant. Mais on voit surtout l’inconscience de ces gens qui prennent des risques insensés devant le monstre en action. Jeunes, vieux, motards, cyclistes, etc. risquent leur vie sans aucune frayeur, au contraires, fiers et heureux qu’ils sont d’assister à l’exploit de l’icebreaker Tarmo en pleine action. C’est court, mais en plein écran, ça fait froid dans le dos…
Cette séquence est un extrait du film documentaire « Helsinki, ikuisesti » (Helsinki, pour toujours) réalisé en 2008 par le finlandais Peter von Bagh.
(1) Aux quat’ sardines http://4sardines.canalblog.com/

Du temps où Jolly Jumper se faisait marin…

N6923596_JPEG_1_1DMImage 2Très tôt dans l’Histoire, les navires de conquête ou de découverte embarquaient des animaux vivants ; pour la plupart nourriture « sur pieds » pour les équipages. Le cas des chevaux est différent. Ils fournissaient surtout une force de trait ou de déplacement pour les interventions à terre. Il fallait donc les transporter, les nourrir, les abreuver, les soigner, ce qui n’allait pas sans poser certains problèmes.
• On sait, dès 1066, que Guillaume le Conquérant franchissait la Manche avec ses montures ; la tapisserie de la reine Mathilde en témoigne. Plus tard, les conquistadors traversaient l’Atlantique avec leur cavalerie, choisie et dressée en Europe. Bonaparte, lors de son expédition en Egypte demandait 300 à 400 chevaux, plus si possible. En 1830, lors de la conquête de l’Algérie, l’escadre de Dupérré transportait 4 000 chevaux…  Il y aurait d’autres exemples.
• Plusieurs méthodes ont été essayées pour embarquer ces animaux réputés pour leur phobie de l’eau. Des plans inclinés, palans divers, sous-ventrières ou sangles suspendant l’animal et même l’embarquement à bras d’hommes (!). Au grand dam de l’animal qui n’appréciait guère… Mêmes méthodes pour le débarquer, auxquelles il faut ajouter la mise à l’eau pure et simple en poussant le canasson à nager jusqu’au rivage.
• Durant la traversée les chevaux étaient logés à fond de cale, sanglés, dans l’humidité, sans air et sans lumière ; comme ils supportaient mal le gros temps, ils se blessaient ou étaient pris de panique, ce qui occasionnait un stress permanent. Beaucoup en mouraient. Autres problèmes, l’obligation d’évacuer le purin, le crottin, changer les litières, stocker le foin. Au final, rien d’un cinq étoiles pour ongulés…
• En 1854, on pense enfin à construire des bâtiments spéciaux pour ces grands amis de l’homme : des transports-écuries où les conditions d’hygiène sont améliorées. La plupart des exigences sanitaires se trouve respectée et les animaux, placés en stalles, mieux traités.
On les retrouvera pendant la Guerre de 14 pour les interventions lointaines (Dardanelles par exemple) ou seule la Marine britannique transporta des chevaux en sous-marin !…
Jussac
• Images – A gauche, descente vers l’enfer ; l’animal paraît légèrement crispé. A droite, embarquement plus paisible ; on remarquera que le cheval est entièrement harnaché. Clichés Gallica Bnf.
• Source : La Marine française, Alain Boulaire, 2011 Palantines Editeur.

Il peut soulever une plate-forme gazière !

_79179067_ps-1Curieux bâtiment que ce catamaran géant et asymétrique. La bête mesure 382 m pour une largeur de 124 et peut recevoir quelque 571 personnes, ouvriers, techniciens et marins. C’est une sorte de navire d’assistance pour les grands travaux offshore. Il est présenté par la BBC (à qui nous chapardons cette image) comme un  navire grue spécialisé dans les lourdes charges (très lourdes). D’où son incroyable capacité de levage de 48 000 tonnes ! Il peut soulever une plate-forme gazière…
La chose, qui porte le nom de Peter Schelt est construite en Corée du Sud pour le compte de la société suisse Allseas. Son prix ? La modique somme de 1,9 milliard de livres. Mais Daewoo Heavy (le constucteur) projette un autre géant de 400 m sur 160, capable de soulever 77 000 tonnes (!) Vous avez bien lu : 77 000…
Où va-t-on ?

Sur la mer, un pont de 40 kilomètres…

pont-qingdao-haiwan_thumbLes Chinois détiennent le record du pont le plus long du monde au-dessus de l’eau.
C’est un immense ouvrage d’art avec plusieurs raccordements de voies rapides, construit sur la mer, qui relie les villes de Qingdao et d’Huangdao dans le nord-est de la Chine. Avec ses 41,85 km de long, le pont Qingdao Haiwan détient le record mondial des ouvrages de génie civil édifiés en mer. Il pourrait recouvrir Paris… C’est en fait, un complexe routier (un « nœud » comme on dit ) capable de desservir plusieurs destinations, comme le montre l’image. 10 000 ouvriers se sont relayés pour le construire en 4 ans. Ils ont commencé par les accès opposés de façon à se raccorder en son milieu.
Inauguré en 2011, il peut accueillir environ 30 000 véhicules par jour qui gagnent quelque 30 km par rapport au parcours terrestre.
Coût de la babiole : entre 4 et 5 milliards d’Euros, financés par  le Groupe de gestion des autoroutes de la province du Shandong.


Contact
« Escales Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr

Archives

Faites connaître
Escales Maritimes !

Ajoutez ce lien dans votre site :
https://escales.wordpress.com/

Affichez cette bannière dans votre site en copiant le code suivant dans votre page html :
<a href="https://escales.wordpress.com/"><img src="https://escales.files.wordpress.com/2010/01/escales3.gif" alt="" width="180" height="60" /></a>

Les opinions émises ne sont pas nécessairement celles d'Escales Maritimes ; elles sont de la responsabilité de leurs signataires.