Archive for the 'Culture maritime / Patrimoine' Category

Terre et Mer à Morlaix : un spectacle total !

Morlaix met le paquet ! Les prochaines Fêtes Entre Terre et Mer (qui commencent demain) vont montrer le dynamisme de la cité historique, en proposant un spectacle tous azimuths mêlant vie maritime et vie paysanne.
Pour ce qui est du versant maritime, plus de 200 embarcations et navires pariciperont quotidiennement à la fête. Et pas n’importe lesquels, rien que du beau monde : Reder Mor, Eulalie, Corentin, Notre-Dame-de-Rumengol, la Recouvrance, Etoile de France, la Nébuleuse, l’Hydrograaf, la flotille des voiles-avirons, les cinq Pen Duick d’Eric Tabarly et bien d’autres.
Il est impossible de détailler ici les multiples animations tant elles sont riches et variées. Sachez cependant que le spectacle durera du 2 au 5 juillet dans un cadre d’une baie grandiose qu’il n’est plus nécessaire de décrire.
Ultime recommandation : puisque c’est maintenant que la fête commence… Allez-y !
• Image – Le vapeur néerlandais Hydrograaf.

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Le bateau « qui pêche tout seul » à son âge d’or

UnknownL’ami Marc Minni nous adresse cette remarquable photo de La Cigale, le bateau qui pêche tout seul. Comme vous êtes nombreux à vous intéresser à cette formule astucieuse, nous vous livrons cette image qui représente La Cigale dans les années 30 probablement. On distingue assez bien le système de pêche du vire-vire et l’on retrouve les formes générales de l’embarcation décrite dans nos précédents billets : construction en béton, pas d’étrave mais une levée, panier métallique, cabane pour le « pêcheur » etc.
Avec nos remerciements chaleureux à Marc pour ce document d’exception.

Un joyau du patrimoine s’en est allé…

DSCF0460Les Trois Freres 02.09.13  (41)Les trois freres 08.06.15  (1)C’était un superbe cotre classique construit en 1960 par le chantier naval Rolland Primel de Morlaix et armé à la pêche à l’oursin. Des lignes superbes, souples et robustes : un vrai bateau de travail (longueur 7,50 m, largeur 2,80 m). L’âge venant, il fut restauré par le Chantier Kervag en Lanmeur en 2008 et devint une célébrité des régates de Paimpol au Golfe du Morbihan où son élégance (et ses performances ) surprenait un public de connaisseurs.
Eh bien, cette petite merveille, vous ne la verrez plus.
A la fin d’une régate en août 2013, il se jeta malencontreusement sur les cailloux de Ploumanach d’où il demeura prisonnier. Le propriétaire refusant l’aide de la SNSM tenta de le déséchoué, en vain ; le petit cotre dut attendre une semaine avant d’être « récupéré ». Mais dans quel état…
Depuis, il gît devant un hangar, plus ou moins abandonné, sans qu’on sache ce qu’on peut en faire ; vraissemblablement il y est encore… Mais les dégâts sont si importants qu’on ne peut s’empécher de penser à une solution radicale mais violente…
On ne peut aussi que partager l’amertume de Pierre-Yvon Boisnard qui, à 18 ans, a navigué sur Trois frères avec son ancien propriétaire Florian Vinas (un réfugié espagnol parfaitement intégré soit dit au passage).
Donc, jetez un coup d’œil sur ces ultimes images qui sont probablement les dernières de ce bateau de caractère, mais hélas condamné. Et surtout, pensez à notre patrimoine maritime qui DOIT être sauvegardé si on ne veut pas en perdre la mémoire.
Athos
• Images – A gauche : Trois frères, pimpant du temps de sa gloire, dans l’anse du Diben, entre les thoniers Kalinka et Etreom. Au centre : le petit cotre coincé dans la roche après son accident. A droite : la carène fracassée, comme une blessure béante… (Photos Pierre-Yvon Boisnard)

La première Transat en double à l’aviron

Samuelson et Harbo arrivés au HavreLes records genres le premier, le plus grand, le plus rapide… j’ai appris à m’en méfier, mais puisque les encyclopédies en ligne confirment cet exploit maritime relaté dans la presse locale havraise, il y a maintenant plus d’un siècle, ne boudons pas notre plaisir. Donc le 7 août 1896, pour les Havrais, à nouveau l’intérêt vient de la mer : l’arrivée de la première traversée de l’Atlantique à l’aviron d’ouest en est. Vers 6 heures du matin, la baleinière américaine Fox, du nom de son sponsor, directeur d’un journal sportif new-yorkais, effectue son entrée au Havre au terme d’une traversée de 62 jours. Les héros de ce record d’endurance physique et de survie en mer, Samuelson et Harbo, émigrants d’origine norvégienne, sont deux pêcheurs de New York âgés respectivement de 26 et 31 ans. Ils vivaient chichement de leur pêche. Samuelson, las de tirer le diable par la queue, décide de tenter un grand coup médiatique pour sortir de l’anonymat : réaliser un exploit réputé impossible à l’époque, à savoir : traverser l’océan Atlantique à l’aviron jusqu’au Havre. Il fait part de son idée à Harbo, lequel ayant des connaissances en navigation astronomique, accepte aussitôt. Le journaliste new-yorkais Richard Fox a vent du projet. Il leur propose de mettre à leur disposition une baleinière de sauvetage de 5 mètres avec caissons à air à l’avant et à l’arrière, équipée de cloisons étanches pour faciliter son redressement en cas de chavirage, mais sans voiles et sans gouvernail. Il leur promet une forte prime s’ils arrivent au Havre en utilisant les seuls avirons comme moyen de propulsion. L’embarcation est pourvue de 50 kg de biscuits de mer, de conserves, café, sucre et 200 litres d’eau douce potable contenus dans des caissons étanches. Trois chemises chacun, tricots, suroît en toile cirée, bottes en caoutchouc, composent le vestiaire. Sextant, chronomètre, compas, loch, poêle à pétrole et fanal de route complètent l’armement. Lire la suite ‘La première Transat en double à l’aviron’

La « Cigale » est prête à chanter tout l’été…

DSC_3512DSC00193DSC_4851C’est une de ces histoires comme nous les aimons à Escales. Un groupe de copains découvre un jour l’épave d’un bateau à demi coulée au bord de la Digue du Malafray à côté de Chateauneuf-du-Rhône ; elle intrigue. C’est alors qu’ils s’aperçoivent que l’embarcation est un ancien vire-vire, un bateau qui pêche tout seul dont nous avons déjà parlé (1). Nos découvreurs – tous amis du patrimoine – en sont tout heureux car il n’existe plus de représentant de bateaux de ce type. C’est donc une rareté.
Mais ils s’aperçoivent aussi que, traditionnellement en bois,  celui-ci est… en béton armé !
• Durant l’hiver et le printemps derniers, d’importants travaux de désensablage sont réalisés par MM. Pradier, Thielon et Bonfils, représentant l’enlèvement de 10 tonnes de sable environ ; ce qui a permis de mettre au jour la plate-forme en béton de la barque qui présente de lourdes dégradations. Un vire-vire en béton ! Ce n’est plus une rareté c’est une pièce unique. Du coup, ils retroussent leurs manches et décident de sauver l’épave, quitte à la reconstruire en partie. Et c’est ce qu’ils font. Ils récupèrent les débris, les assemblent, comblent les vides et reconstruisent une coque en béton digne de la célèbre barque de Lambot, inventeur du béton armé et premier constructeur de bateau avec ce matériau.
Aujourd’hui, M. Pradier et ses complices peuvent présenter La Cigale, embarcation doublement exceptionnelle, en état de marche, qui constitue une pièce majeure de l’héritage culturel de Châteauneuf-du-Rhône.
• A notre avis, il ne serait pas déraisonnable que le ministère des Affaires culturelles s’intéresse à cette initiative, menée par des bénévoles énergiques très attachés au patrimoine local.
Aramis
(1) Voir notre billet du 6 novembre 2014 « Le bateau qui pêche tout seul ».
(2) Rien à voir avec le ferrociment.
• Images : à gauche : la coque reconstituée à partir des éléments récupérés ; au centre : les travaux d’assemblage et de renforcement ; à droite, la « Cigale » dans son état actuel (on reconnaît les deux paniers métalliques actionnés par le courant). Et, bien sûr, la cabane pour abriter les heureux pêcheurs.

Un jour, un mec, envoûté par les grands phares…

ar vro dedi 2Amis bretons, si vous projetez une virée à la Pointe du Raz, arrêtez-vous un instant à Audierne. Ce samedi 13 juin vous y recontrerez l’ami Yves Dussin qui dédicassera « Le phare des équinoxes » et « Le phare des solstices ». L’un sur le phare de Bressay à l’entrée de Lerwick, l’autre sur celui de l’île de Wrac’h. Et aussi « l’estran-je », sur les traces de l’univers surréaliste d’Yves Tanguy. Un émouvant travail d’artiste, sincère et vigoureux, à l’image de leur créateur.
• Samedi 13 juin, librairie « Ar Vro » de 10 h à 13 h.

Guerre et Paix ne sont pas dans le même bateau…

1970121-1Décidément les services de promotion de l’Hermione ne lésinent pas sur la communication. Les images et les ambiances du bord abondent ; tous les jours et même plusieurs fois par jour. On va bientôt suivre heure par heure les péripéties de l’aventure. Mais attention de ne pas trop en faire : trop d’infos tuent l’info c’est connu. Et la lassitude n’est pas loin…
Restent les images qui, elles, entretiennent les symboles. Témoin celle-ci montrant l’accueil de la Frégate très magnifique, par l’USS Mitscher au large de Norfolk. On voit tout de suite que la Guerre et la Paix ne voyagent pas sur le même navire…
• Crédit photo : US Navy.

Les nodules polymétalliques de l’île de la Passion

Ile de La Passion - Extrait de l'Hydrographie Française de Bellin - 1755 - GallicaPour rebondir sur le commentaire du Commandant de Cayeux à propos du navire de recherche scientifique chinois Kexue paru dans Escales Maritimes le 3 mai dernier, il me semble bon de rappeler que la France possède des champs importants de nodules polymétalliques à Clipperton (1) en bordure de sa Zone Economique Exclusive de plus de 400 000 km² et par 4 000 mètres de fonds. C’est loin de chez nous, mais pas tant que ça du Japon et de la Chine, sans parler des Etats-Unis. Ile de la Passion à l’origine, découverte le vendredi 3 avril 1711 (2) par le navigateur havrais Michel Dubocage (3), rebaptisée Clipperton par les Anglais (4) mais attribuée, officiellement, à la France en 1931 par arbitrage international, grâce au journal de navigation du capitaine Dubocage conservé aux Archives Nationales sous la cote 4jj47, seule preuve écrite de l’antériorité de la découverte fournie à la Cour de La Haye. Ses eaux poissonneuses, riches en thonidés, sont déjà pillées par des pêcheurs étrangers, les nodules polymétalliques, riches en manganèse et en nickel, vont subir le même sort si la France ne se décide pas à y installer une base permanente scientifique et de pêche en ouvrant le lagon comme il l’a été dans le passé, dans le respect d’un développement durable bien entendu.
Claude Briot
(Ancien matelot du Commerce. Officier du Mérite maritime).
1 – Petit ilot corallien situé dans l’océan Pacifique Nord au large du Mexique.
2 – Un Vendredi Saint d’où le nom d’origine.
3 – Voir l’histoire de cette découverte sur le site : www.le-havre-grands-navigateurs-claudebriot.fr (Puis cliquer sur  » Michel Dubocage « )
(Cher Karen an tan. L’histoire ne s’invente pas. Elle est écrite dans les archives. Il suffit de les faire parler. J’utilise des sources non exploitées par Louis Lacroix, Armand Hayet, Henri Picard et Jean Randier pour lesquels je ne me prends pas mais que j’essaie de mettre à jour avec l’aide de ma complice et épouse Jacqueline.
4 – Selon une légende qui n’a pas été démontrée, Clipperton était un corsaire anglais qui y aurait caché son trésor.
• Illustration : extrait de l’
Hydrographie Française de Bellin de 1755, mentionnant l’île de la Passion. Gallica

Rendre l’eau de mer potable sur les long-courriers

Appareil distillatoire à eau de mer - croquis de l'appareilConserver de l’eau potable à bord des grands voiliers long-courriers a été longtemps un problème ayant parfois des incidences néfastes sur la santé des équipages quand elle était corrompue dans les futailles. Bien que dans l’Antiquité les marins grecs savaient dessaler l’eau de mer pour leurs besoins au large, il faut attendre le milieu du XIXᵉ, après bien des tâtonnements, pour mettre au point les premiers appareils distillatoires adaptés aux navires long-courriers (1). L’un des plus performants était le procédé imaginé en 1837 par Peyre et Rocher, les précédentes inventions n’étant pas satisfaisantes. L’idée était de coupler le fourneau du cuisinier à un appareil distillatoire. Après 15 ans de recherche, Peyre, chimiste à Saint-Etienne, invente un tel appareil qu’il soumet pour application pratique à Rocher, constructeur de machines marines à vapeur à Nantes. C’est un fourneau en cuivre étamé pour navire avec bouilleur juxtaposé, l’ensemble logeable dans la mayance (2) d’un grand voilier. Le four permet de cuire le pain et de rôtir les viandes, les marmites autoclaves de faire la soupe, cuire les légumes à la vapeur et tout ce que l’on veut faire bouillir avec l’eau douce obtenue. Pendant la cuisson des aliments et avec le même combustible, l’eau de mer amenée dans l’appareil par une pompe est distillée et transformée en eau douce potable tirable au robinet placé sur le bouilleur comme le montre le croquis joint. L’appareil était capable de fournir 720 litres d’eau douce pure par jour de 12 heures de distillation continue. Son coût de 2 000 francs pour un navire de 600 tonneaux armé par 25 hommes, était amorti par le gain de volume en cale pour les marchandises obtenu en supprimant les barriques d’eau douce embarquées au départ du voyage et remplies aux escales. Le procédé Peyre et Rocher était très avantageux pour les navires transportant des émigrants et les transports de troupes.
Le 11 mars 1836, le capitaine Sire du navire Edith rédige un rapport à ses armateurs Chauvet et Couat de Nantes vantant les avantages de la cuisine-distillatoire Peyre et Rocher. Pendant tout le voyage de 10 mois à l’île Bourbon (3) l’eau douce obtenue a suffi amplement aux besoins de l’équipage qui s’en est même servi pour blanchir son linge. Pour sa part, le capitaine Simon du 3-mâts Suffren de Nantes écrit à se armateur P. Dupuy, le 18 octobre 1837 depuis Saint-Denis de Bourbon, qu’avec 6 barriques de charbon de terre qui tiennent moins de place à bord que trois cordes de bois, il a obtenu l’équivalent de 25 barriques d’eau douce même dans les plus mauvais temps. Ce capitaine rapporte, le 5 février 1840, que depuis trois ans qu’il utilise la cuisine à distiller l’eau de mer, le procédé n’offre aucun inconvénient et que son utilité deviendra incontestable sur les navires armés au long-cours.
Question entretien de l’appareil, le capitaine Blay du 3-mâts Jules-César de Bordeaux écrit de Valparaiso le 30 août 1842, qu’il suffit d’un nettoyage tous les 40 à 45 jours pour enlever le tartre. Lire la suite ‘Rendre l’eau de mer potable sur les long-courriers’

Le Roi Gradlon, en guise de cadeau souvenir…

DSC_0170On le sait, après 66 ans de bons et loyaux services le Roi Gradlon, baliseur côtier a pris sa retraite au Port-Musée de Douarnenez.
• Construit en 1948 au Havre, le Roi Gradlon, était l’un des 2 baliseurs côtiers utilisés par l’Administration des Phares et Balises. Il avait en charge 60 tourelles, 220 bouées et 250 balises de la Baie du Morbihan. Long de 35 m et 7 m de large, avec un tirant d’eau de 3,20 mètres, le navire était équipé d’un matériel complexe dont une grue hydraulique de 36 tonnes et un treuil hydraulique.
Tous ceux qui ont écrasé des crabes dans cette région se souviennent de son élégante silhouette dont l’approche méritait parfois un détour.
En souvenir de ces temps révolus, Christian Biard nous offre cette belle image du bateau, quittant Port haliguen (Quiberon) dont Escales le remercie bien vivement.


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