Archive for the 'Carte postale du Québec' Category

Plus large, mais moins creux , c’est tout bénef…

• Carte postale du Québec – Depuis mai 2013 (désolé d’avoir tant tardé…), les porte-conteneurs de catégorie Postpanamax et les pétroliers Aframax jusqu’alors stoppés à Québec sont autorisés à monter jusqu’au port de Montréal. Leur course, bien sûr, se termine là, à l’entrée de la Voie maritime et ses écluses qui mènent aux Grands Lacs. La contrainte majeure était (est encore) principalement la profondeur du chenal navigable entre Québec et Montréal et aux quais, soit 11,3 mètres. Mais concrètement, voici qu’Archimède entre en jeu : en ouvrant la navigation aux navires de 44 m de largeur plutôt que de 32,5, on peut augmenter le tonnage de port en lourd (tpl) sans caler davantage. Ceci permet l’accès aux porte-conteneurs jusqu’à 6 000 EVP, pétroliers de 80 000 tpl (500 000 barils) et vraquiers de 65 000 tpl de monter à Montréal, profondément au cœur du continent, avec une cargaison complète malgré certaines contraintes de navigation (vitesse, croisement, etc.). Le chenal navigable est là d’une largeur moyenne d’environ 230 m. Bien qu’on ne sache prédire l’avenir des choses et des technologies, le gigantisme devrait s’arrêter là en ce qui concerne le Saint-Laurent, sécurité, budgets de dragage, géographie et hydrographie obligent.
• Précisons que le port de Montréal (port-montreal.com) est le deuxième port canadien de conteneurs (après Vancouver sur le trafic asiatique), avec 1,36 M EVP manutentionnés en 2014, et un des meneurs nord-américains en trafic de conteneurs avec l’Europe.. Les autres principaux ports océaniques de notre Mer à nous (Sept-Iles, Port-Cartier et Québec) sont surtout vraquiers, liquide et solide.
Alain Boucher, le rédacteur

Publicités

Un dériveur à la rescousse

mirror-ffa1• Carte postale du Québec – Un dériveur léger vient à la recousse. Notre Mer à nous, le géant Saint-Laurent, possède des antichambres, des annexes et des compléments, bref d’agréables voisins marins et maritimes. L’un d’iceux est la baie des Chaleurs, qui baigne la côte sud de la péninsule gaspésienne. Si ce délicieux plan d’eau n’a certes pas la taille du fleuve, ses gens de mer et choses maritimes de toutes natures n’ont rien à lui envier. Y compris les misères habituelles : méconnaissance, indifférence, difficulté d’accès, etc.
Or, la revue québécoise L’Escale nautique* nous informe ce mois-ci d’une merveille. Au vent frais d’un jeune professeur d’école secondaire, un nombre considérable d’étudiants de la municipalité gaspésienne de New Carlisle – 85 % de la population scolaire de ce village de 1 370 habitants – participe à un projet éducatif rassembleur et… maritime. À son entrée en poste il y a deux ans, le jeune homme a été ébahi par les immenses qualités marines de la baie des Chaleurs et ahuri de l’ignorance profonde de son histoire, de ses navigations et autres trésors maritimes qu’affichaient ses étudiants. Première étape : l’enseignant les a amenés en mer avec la collaboration d’ÉcoVoile Baie-des-Chaleurs. Le succès d’estime et de découverte fut tel que les étapes suivantes se sont bousculées au portillon : son projet éducatif, nommé The Build**, a pris la forme d’une construction d’un petit voilier. Sont au rendez-vous l’enseignement des matières scientifiques et de l’histoire locale ; le rassemblement et l’occupation de jeunes la plupart du temps désœuvrés ; la création de fierté et d’identité ; la documentation photographique et la réalisation d’un film. Tout ça autour d’un formidable plan d’eau et d’un minuscule bateau !
Le sujet retenu pour ce projet est un Dinghy Mirror. Suivez mon regard jusqu’au billet d’Escales du 11 février 2010, Portrait de bateau, le « Mirror », pour en apprendre l’essentiel.
Le projet The Build est à la fois simple et complexe. D’une part, l’embarcation est facile à construire par les étudiants, d’autre part, la communauté en entier y est impliquée pour le support, le financement, les activités complémentaires et la visibilité nationale. Parce que, en effet, si le projet de construction d’un bateau par une communauté n’a rien d’original en soi, son immense succès gaspésien constitue une grande rareté au Québec d’aujourd’hui, généralement peu porté vers les choses de la mer. Les yeux de plusieurs organisations – Fédération de voile du Québec, Fédération canadienne de la faune et ÉcoVoile entre autres – sont rivés sur New Carlisle, ses étudiants apprentis-marins et son professeur visionnaire. Ce premier Mirror d’une flottille espérée sera envoyé à son élément en juin et bien sûr, mis à la disposition de ses constructeurs pour en goûter les plaisirs.
Alain Boucher, le rédacteur
* Honneur et gloire ! à L’Escale nautique qui depuis vingt ans, seule à son poste ou presque, alimente l’esprit et le cœur de celles et ceux qui, au Québec, ont au moins un pied dans l’eau. 
www.escalenautique.qc.ca

** La Construction. New Carlisle est une communauté à majorité anglophone, héritage de l’immigration de Loyalistes des nouveaux États-Unis, à la fin du XVIIIᵉ siècle.

Parler québécois, en tout épivardage

Suite à sa dernière « Carte Postale, » Escales avait demandé à l’ami Boucher de préciser quelques mots franchement québécois que nous avions du mal à traduire. La réponse ne s’est pas fait attendre (merci Alain), la voici.
• Mais avec grand plaisir !
Épivardage : n. m., dérivé du verbe s’épivarder, d’usage québécois. S’émanciper ou faire la fête, sans retenue ni contrainte, avec insouciance et exubérance.
Se lâcher : fam. lâcher son fou.
S’épivarder dans la grande ville. Étymologie : 1867 (in Favre) ; 1585, espivarder le temps (in Nicolas de Montreux) « flâner, musarder » ; régionalisme du sud-ouest d’oïl d’origine inconnue.
Godendard ou godendart : n. m., d’usage québécois. Grande scie à bois, sans cadre, à lame généralement plus large au milieu, munie à chaque extrémité d’un manche en bois et manipulée par deux personnes. Étymologie : 1306, godendac « sorte de hallebarde très grande » (in TLFi) ; 1702, godendar (in TLFQ) ; 1683, godendart (in TLFQ) ; du moyen néerlandais goedendach « sorte de hallebarde ». (Source : USITO(.com), le dictionnaire électronique du français standard en usage au Québec).
Quant à l’accore : permettez que je vous informe et invite à découvrir le CNRTL(.fr), où les curieux trouveront mille et cent réponses. Au pays, ce mot est habituellement prononcé « ékar » et désigne n’importe quelle dénivellation subite. (En français : pièce de bois servant à étayer un bateau sur son chantier)
J’aime le français ! (et la mer aussi)
Alain Boucher, le rédacteur
…Et Escales t’aime bien, Alain. Merci pour tout.

On le sait : tous les bateaux naissent en forêt…

ForetMarine• Carte postale du Québec – « Tous les bateaux naissent en forêt » ce délicieux sous-titre de l’ouvrage de Jean-Marie Ballu, Bois de marine (Gerfault, 2000) a trouvé toute ses dimensions au Nouveau Monde, sur les pentes boisées d’un modeste accore aux Éboulements, en rive gauche de notre Mer à nous. Depuis le début du XVIIIᵉ siècle, le village des Éboulements (voir la carte postale du 10 mars 2014) a construit sa forte identité par la mise au monde de marins, fils de marins et petits-fils de marins, et la construction des bateaux pour les faire naviguer sur le Saint-Laurent. Simple prédestinée ? Il y a toujours eu là de l’eau en profondeur, du bois en quantité, une agréable pente à lancer des embarcations, un savoir-faire riche et aisément transmissible et aussi… d’aimables nuits sous les étoiles, loin des villes et leurs épivardages et distractions.
• Or, les temps ont changé et si les marins sont restés nombreux, avec leur savoir-faire, leur rivage pentu et leur Saint-Laurent, le bois est venu à manquer, pour des raisons qu’on devine mais qu’il n’est pas utile de relater ici. Le Musée maritime de Charlevoix, né en 1981 à l’endroit même où se bâtissaient autrefois ces bateaux (voir la carte postale du 4 avril 2014), a entrepris depuis 2008 de remédier à cette privation de matière première en créant la Forêt marine. Bien sûr, personne n’ira bûcher là encore cette année. Toutefois, sans préciser d’échéance, les créateurs visionnaires de ce précieux lieu désigné désirent léguer à la postérité 5 000 arbres matures des essences de chêne blanc (Quercus alba), pin blanc (Pinus strobus), bouleau jaune (Betula alleghaniensis), érables à sucre et rouge (Acer saccharum et rubrum), et épinette (Picea sp.). Il y aura là de quoi construire deux goélettes, pratiquant les techniques traditionnelles de charpenterie en usage dans cette région entre le début du XIXᵉ siècle et le milieu du XXᵉ.
• D’ici là, l’aménagement et la gestion de la forêt marine auront été confiés à la Faculté de foresterie et de géomatique de l’université Laval de Québec. Les étudiants des trois cycles de cette école de grandes expérience et renommée utiliseront la forêt comme laboratoire, notamment en réhabilitation de forêts feuillues dégradées. Les professeurs pourront y œuvrer en sylviculture et aménagement intégré de forêts habitées, en aménagement écosystémiques et biologie de conservation. La forêt marine occupe 42 hectares sur un flanc abrupt de colline, bien irrigué et exposé aux quarts sud. Les arbres qui croissent dans ces pentes raides développent les courbures désirables pour la charpente marine.
Le partage des savoirs marins et sylvicoles étant assuré et l’horizon de maturité des bois presque en vue, la forêt marine s’offre entre temps à la découverte par le public curieux et les randonneurs. Un sentier est accessible en toutes saisons, pour une balade d’une heure dans cette forêt où naissent lentement les bateaux. Ayant fait là l’expérience du sujet, on pourra s’y prendre à rêver du bruit des haches et godendards ; à imaginer s’abattre les pins pour s’élever les membrures ; à humer les odeurs des copeaux de chêne et pourquoi pas, le salin d’une excursion sur notre Mer à nous dans une goélette toute neuve.
• Fureter sur la Toile vous mènera au Musée maritime de Charlevoix, sa forêt marine et tout son trésor laurentien : http://www.museemaritime.com/fr/
Alain Boucher, le rédacteur
PS – Merci à l’ami Alain de préciser prochainement les termes un peu trop « québécois » peu accessibles pour nous, issus de la vieille France.
• Photo : En 1917 aux Éboulements-en-Bas, il n’était pas question de réhabilitation de forêt marine : elle s’y trouvait déjà, en arrière-plan de cette photo. (Le quai des Éboulements, source inconnue)

Eléments de stratégie franco-québécoise

• Carte postale  du Québec – Peu après son élection en avril 2014, le gouvernement du Québec avait annoncé son intérêt à mettre sur pied une stratégie et politique nationale de développement du secteur maritime. Le (grand) ministre des Transports a donc dès lors délégué un (plus petit) ministre aux Transports et à l’Implantation de la stratégie maritime. Celui-ci devra organiser et mettre en place un vaste programme multisectoriel. Entre autre il implantera la première Stratégie maritime de l’histoire du Québec qui mettra en valeur le potentiel du fleuve et de l’estuaire du Saint-Laurent en donnant « un nouvel élan au transport maritime ; améliorera les infrastructures portuaires ; stimulant un nouvel élan au transport et chantier maritime ; assurant la pérennité et le développement de l’industrie des pêches et de l’aquaculture durable ; formant la main d’œuvre et en inscrivant le Québec dans l’économie bleue en investissant dans la recherche et le développement des biotechnologies marines « . (réf. : site Internet du ministère)
Fort louable programme des plus complets, à la Jean-Baptiste Colbert, qui devrait à terme inscrire le Québec au rang plus que mérité des grandes nations maritimes. Bien sûr, le milieu trépigne en tous secteurs, presque tous sont à l’ancre, vent debout et les voiles fasèyent en claquant fort. Pour l’instant, on « construit les arsenaux à partir des ruines » ; les porteurs congressent, parlementent, sous-comitent, séminairent et colloquent ; on avitaille. Or, surprise, les résultats commencent à poindre sur l’horizon du golfe : les acteurs majeurs de l’industrie sont mis aux anspects, les cabestans grincent, certains grands vaisseaux se déhalent déjà.
Les premiers ministres de nos deux nations viennent de signer vendredi (6 mars) une entente de collaboration pour la création d’un institut maritime franco-québécois. Cette institution permettrait de regrouper l’expertise de centaines de chercheurs de nos deux rives francophones de l’Atlantique, autour de visions et de problèmes communs. Sans plus de détails publics pour le moment. Le navire amiral québécois de cette portion de la Stratégie est l’Université du Québec à Rimouski, celle ville aux portes du grand golfe où se concentrent enseignement et recherche des sciences de la Mer et de la navigation.
Suivent encore ici les mots creux d’usage dans les communications officielles : positionnement concurrentiel, financements structurants, initiative, etc. Mais la machine de la Stratégie semble lancée et on ne peut ici que se réjouir et pavoiser de voir une politique, quelle qu’elle soit, porter fruit, et de si tôt. Probablement ce fruit était déjà mûr, va savoir.
Alain Boucher, le rédacteur

La mer vraiment dans tous ses états…

Quand on vit près de la mer, difficile de formuler une seule pensée – qui ne soit pas teintée de la présence de l’océan – Hermann Broch, écrivain autrichien (1886-1951).
• Carte postale apéritive du Québec – Curiosité publiée par le périodique Cellier, de la Société des alcools du Québec (SAQ), livraison de février 2015 : Le vignoble et la mer (1). Quelques invitants et marins extraits, desquels palabrer à l’heure de l’apéro :
Le cépage qui s’épanouit en bord de mer en garde des traces jusque dans le verre. Le climat maritime influence grandement la culture du vin, et cela de bien des manières. On dit que pour bien mûrir, le mourvèdre doit avoir les pieds dans l’eau, la tête au soleil et voir la mer. (…) Ce qui ressemble pas mal à la définition même d’un lieu de vacances idéal…
Plusieurs zones viticoles de la planète sont définies par la présence d’une vaste étendue d’eau. Elles bénéficient de ce qu’on appelle un climat maritime, où la mer agit comme un modérateur. Le plus célèbre de tous les climats maritimes se trouve à Bordeaux. La région démontre de façon exemplaire comment la présence de l’océan Atlantique peut affecter les cépages qu’on y plante. (…) On trouve un exemple encore plus marqué de cet effet rafraîchissant dans l’une des régions viticoles les plus au sud de l’hémisphère Nord : les Canaries. Pour donner une idée de leur position géographique, il faut garder en tête que l’île située à l’extrémité Est de l’archipel, Lanzarote, est à moins de 100 kilomètres du désert du Sahara. (…)
Le climat méditerranéen n’est pas exclusivement limité aux régions qui entourent immédiatement la Méditerranée. Il s’étend au sein d’une même bande de latitudes, un peu partout autour de la planète. On peut penser par exemple à l’Émilie-Romagne, située sur la côte Est de l’Italie, au bord de la mer Adriatique. (…)
Escales Maritimes est vraiment le site de la mer dans tous ses états… même éthyliques !
Alain Boucher, le rédacteur
• NDLR – Amicalement (et verre en main) on peut rappeler que la Bourgogne et la Champagne, pourtant éloignées de la mer, produisent un nectar plutôt gouleyant…
(1) La SAQ est le monopole d’État québécois du commerce de vins et spiritueux. La revue Cellier est disponible en ligne, cherchez magazine Cellier sur SAQ.com

Le Saint-Laurent dans les bras d’acier de l’hiver

JosephSavardEboulementsChestnutIleAuxCoudresDans notre doux pays de France on a l’habitude de pleurnicher dès que 3 cm de neige ont l’audace de bloquer les routes, couper l’électricité, ou nous geler un peu les fesses. Pour nous ramener au sens des réalités l’ami Alain Boucher, québécois pur jus, (il fait son cidre lui-même) montre par l’image et par le texte (succulent !) qu’il existe d’autres régions du globe où les choses se vivent à une tout autre échelle. La petite vidéo, courte mais claire dit tout en quelques secondes (agrandissez l’image). Tous nos compliments Alain ! Aramis

• Carte postale (rafraîchissante) du Québec – Dans un commentaire sur une récente carte postale du Québec, Cokelunde demande quelles sont vos conditions météo actuelles ? À Granville en Normandie, il fait plutôt doux. En guise de réponse, rien ne vaut bien sûr quelques images toutes fraîches de notre Mer à nous. Le temps est au janvier : la nuit, il fait « frette à couper les chiens en deux » et les jours sont tout en blanc et bleu, autour de -12° C avec de rares très faibles neiges, dans ces conditions de grand froid. En tout cas, rien du tout pour arrêter la vie sur le Saint-Laurent : à peine ralentir peut-être de deux ou trois nœuds le traversier Joseph-Savard, quand le pack est trop épais et le courant de flot trop puissant entre l’île aux Coudres et Les Éboulements (voir la carte postale de notre Mer à nous du 10 mars 2014 pour vous situer). Mais aussi probablement, faire espérer mieux et de meilleurs jours aux malheureux marins chypriotes du NM Chestnut… ! Ainsi va janvier dans ce pays.
Alain Boucher, le rédacteur
• Images – Le traversier NM Joseph-Savard à l’approche du quai des Éboulements, 23 janvier 2015. La mer est fort basse, marées de vives-eaux de nouvelle lune, marnage de 6,5 m à cet endroit. Le vraquier NM Chestnut croisé descendant dans le passage de l’île aux Coudres. Appareillé au matin de Québec, en route vers Alger. Film : Trente secondes de traversée de glace vers le continent en fin d’après-midi. (Images Alain Boucher).

Une image pour le plaisir de notre Mer à nous

IMG_1553Carte postale du Québec – Déboucher d’une rue du vieux Montréal au hasard d’une promenade et tomber « nez-à-poupe » avec une telle bête assoupie est un réel petit plaisir maritime. En complément du billet sur la fermeture de la Voie maritime du Saint-Laurent (Escales, 23 décembre), et en résultat de cette fermeture, voici Spruceglen amarré, hiverné et englacé au quai Alexandra du Vieux-Port de Montréal, en plein centre-ville. Spruceglen est un de ces vraquiers sur mesure à transiter dans les écluses entre Montréal et les Grands Lacs. Ce navire de 223 m x 23 et 22 388 TJB a été construit en 1983 pour l’armement Groupe CSL. En saison, il cabote sur notre Mer à nous chargé de céréales en descendant (de l’Ouest canadien vers le port de Sept-Iles) et de minerais en montant (de la Côte-Nord du Québec vers l’industrie sidérurgique étasunienne à la tête des Grands Lacs).
Détail anecdotique : selon toute vraisemblance, Spruceglen hiverné là participera à la 21e édition des insolites Symphonies portuaires, organisée par le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, les dimanches 22 février et 8 mars prochains. Les précisions sur : http://www.vieuxportdemontreal.com/symphonies-portuaires.html
Alain Boucher, le rédacteur

Les passeurs de mémoire de notre Mer à nous

NaviguerTempsPassePA-044048• Carte postale du Québec – Les Publications du Québec, la maison d’édition du gouvernement, a publié depuis 1995 plus de vingt recueils de près de 200 photographies d’archives, dans la collection Aux limites de la mémoire. Ces images de fort grandes qualités, tirées de fonds privés ou publics nationaux et régionaux, sont bien sûr groupées par thèmes. Chacune est accompagnée d’un court commentaire de mise en contexte et en valeur, écrit par une savante personne toujours fière, parfois poète, linguiste, ethnographe, humoriste. Le résultat est beaucoup plus qu’agréable et instructif : il nous amène en effet aux limites de notre mémoire collective québécoise. Parmi cette vingtaine de titres et thèmes – Amérindiens, femmes, enfance, forêt, aviation, train, catastrophes, ruralité, etc. – deux retiennent bien sûr ici l’attention : Naviguer sur le fleuve au temps passé, 1860-1960, d’Alain Franck, paru en 2000 et La mer nourricière, 1890-1972, de Sylvain Rivière, en 2006. Le premier montre un siècle de cette intense activité maritime sur et autour de notre Mer à nous, en tous lieux : construction navale, cabotages, traverses, quais, croisières et transports de passagers, phares, accidents. Le second fait le portrait de nos grandes pêche aux temps où elles étaient encore à échelle humaine, concentrées sur le golfe et le bas-estuaire du Saint-Laurent : pêches miraculeuses de morue en Gaspésie et aux îles de la Madeleine, chasses aux baleines et aux phoques en Côte-Nord, habillages et traitements des produits, installations, voilures et gréements. Mais aussi et beaucoup dans ces deux ouvrages sont les marins et pêcheurs, les femmes et enfants d’iceux au renfort et au travail ; des mains, des visages et des regards d’autrefois, bâtisseurs de pays et d’identités maritimes. Ces rares anthologies évocatrices de la mémoire de notre Mer à nous sont disponibles en France par la Librairie du Québec, à Paris. Alain Boucher, le rédacteur • Illustrations : Couverture de Naviguer sur le fleuve au temps passé, 1860-1960. Retour de pêche à la morue à Percé, en Gaspésie, non daté, vers 1925. 
Canada Dept. of Interior / Library and Archives Canada / PA-044048.

À quai, un autre tragique naufrage… du bon sens

CloutierIRC_NaufrageTroisRivieres• Carte postale du Québec – La navigation sur notre Mer à nous, comme sur toutes les mers et océans (ou presque), est une activité hautement sécurisée, encadrée, légiférée, règlementée, balisée, pilotée ; elle est soutenue et opérée par des professionnels hyper sensibilisés, formés, instruits, consciencieux et dynamiques. Il y transite ainsi chaque année, sans incidents,  des milliers de navires transportant des millions de tonnes de marchandises. Dans ce très rassurant contexte, il n’y a bien que deux situations hors de contrôle : le bête accident fruit du hasard et du pas-de-chance, et la bêtise humaine.
Un petit remorqueur hiverné dans le port de Trois-Rivières a sombré à quai vendredi dernier, déversant du carburant diesel dans le Saint-Laurent. Malgré les avertissements répétés et démarches des autorités du port auprès des instances, il semblerait que le propriétaire du bateau ait négligé de chauffer la salle des machines, afin de prévenir le bris de canalisations.
Fait divers mais misère. Triste petite misère de la bêtise.
Alain Boucher, le rédacteur
• Photographie courtoisie de Pierre-André Cloutier, Ici Radio-Canada Mauricie – Centre-du-Québec.


Contact
« Escales Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr

Archives

Faites connaître
Escales Maritimes !

Ajoutez ce lien dans votre site :
https://escales.wordpress.com/

Affichez cette bannière dans votre site en copiant le code suivant dans votre page html :
<a href="https://escales.wordpress.com/"><img src="https://escales.files.wordpress.com/2010/01/escales3.gif" alt="" width="180" height="60" /></a>

Les opinions émises ne sont pas nécessairement celles d'Escales Maritimes ; elles sont de la responsabilité de leurs signataires.