Les escales du banc des menteux

• Où Kerdubon crée la débandade au Poste de bande – Pour éviter que des amiraux se mangent la gâpette en voulant pistonner un petit protégé, l’Etat-major plus futé qu’on ne le pense, désigna pour le Broutard le PC affecté à Saint-Tropez pour assister l’usine de torpilles de Cogolin, le plus bête des brevetés provisoires de seconde classe, sorti avant-dernier de l’Ecole des timoniers, privé du cours d’EOMR, dont on avait cassé le sursis soi-disant par erreur, et envoyé manu militari sous les drapeaux, forcément pistonné par aucun gradé de la Marine Nationale… votre serviteur Kerdubon !
– Tu nous l’as déjà dit mon ami !… viens au fait !… interrompit René, adepte du banc des menteux, un ancien des cols bleus qui était chatouilleux lorsqu’on grattait les démangeaisons de son ancien métier, cela se comprend !
Les torpilles fabriquées par l’usine, devaient être mécaniquement essayées. Le Broutard  à une certaine distance dans la baie de Saint-Trop’ se plaçait perpendiculairement à l’axe du tube fixe de l’usine, ce qui prenait un certain temps. Un hélicoptère « Bell » faisait évacuer le plan d’eau, ce qui prenait encore du temps en raison des plaisanciers et pêcheurs nombreux en période estivale. (On n’allait pas procéder aux essais par mauvais temps ou fort mistral). Puis enfin, l’équipage du patrouilleur côtier se plaçait sur le pont au poste de bande généralement à tribord. Lorsque tout était clair, le tir signalé par un pavillon hissé avait lieu. A 50 nœuds, le cigare de métal passait à deux mètres sous la coque du navire, puis faisait surface plus loin, pour que nous allions le récupérer. Le matelot qui voyait l’engin passer sous lui levait le bras. A l’usine, on vérifiait si le cap de la bête était correct. Jusque-là rien d’extraordinaire. Depuis des années on procédait de cette façon. J’étais avec mon pacha dans la passerelle supérieure, la baignoire. C’était un brave officier sorti des équipages à quatre galons mérités et non systématiques, bloqué à ce grade comme ses collègues, pour ne pas concurrencer les élites sortis de l’Ecole Navale terminant comme amiraux.
« Excusez-moi Commandant, ces torpilles sont bien réglées, mais si l’une déraillait et était moins profonde, croyez-vous que sans exploser puisque inerte, elle pourrait percer notre faible coque fatiguée par son âge ?
– Certainement timonier ! Et juste à l’endroit où la dernière a passé, qu’y-a-t-il ? – Tu le sais bien, le stock d’obus de 75 qui d’ailleurs ne va pas avec le calibre de notre canon américain !… Nom de dieu !… Au poste d’appareillage, on part à Toulon décharger ces pruneaux ! ».
– Tel est beaux Messieurs mon rapport des paroles explosives de Kerdubon !
Signé : Planchet

1 Response to “Les escales du banc des menteux”


  1. 1 André 10 avril 2015 à 10:35

    Si je me souviens bien de mon service militaire, les officiers des équipages pouvaient avoir 5 galons panachés. Il y en avait un à Lann Bihouée en 1962. L’appellation était je crois:  »Monsieur l’Officier », mais Kerdubon avait raison de lui dire  »Commandant », car dans la Royale, la fonction prime le grade.
    Cela dit, ce nouvel épisode du banc des menteux est toujours aussi intéressant que les précédents. Merci à Planchet.
    Amitiés Marine
    André


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




Contact
« Escales Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr

Archives

Faites connaître
Escales Maritimes !

Ajoutez ce lien dans votre site :
https://escales.wordpress.com/

Affichez cette bannière dans votre site en copiant le code suivant dans votre page html :
<a href="https://escales.wordpress.com/"><img src="https://escales.files.wordpress.com/2010/01/escales3.gif" alt="" width="180" height="60" /></a>

Les opinions émises ne sont pas nécessairement celles d'Escales Maritimes ; elles sont de la responsabilité de leurs signataires.


%d blogueurs aiment cette page :