Les escales du banc des menteux

image001• Où Kerdubon, étonné, découvre des Liberty fantômes – C’était un Américain qui occupait sa retraite en sillonnant la Méditerranée dans tous ses recoins magnifiques à bord d’un « Grand-Banks » un puissant yacht à moteur renommé et bien connu. Un jour, dans l’une des somptueuses cuites qu’il prenait en bonne compagnie, il m’avoua avoir été Amiral, je le regardais d’un autre œil, mais continuais à le traiter comme un bon copain que je retrouvais lors de certaines escales en Turquie. Une nation qui possédait trois ou quatre porte-avions après Pearl Harbour, capable en trois ou quatre ans d’en aligner au moins une vingtaine, ainsi qu’autant de destroyers et même des croiseurs lourds du type Missouri, sans parler du reste dont plus de 2 700 Liberty-ships, impose le respect surtout quand on sait que notre propre nation au cours de ses trente glorieuses ne sortit de ses arsenaux que le Clémenceau et le Foch !… Il est vrai que nos fromages et notre vignoble n’ont pas encore été égalés. Le conflit mondial terminé, les navires américains non utilisés pour être sabordés étant remplis de munitions dont on voulait se débarrasser, y compris des armes chimiques et obus ou bombes portant des gaz asphyxiants, furent encoconnés, groupés par paquets de 24, amarrés cul contre cul, bord contre bord et mouillés de leurs deux ancres, dans les grandes baies lagunaires des côtes de différents états, j’ai pu le constater en Chesapeake. – Pour que notre Patrie soit à nouveau reliée à ses colonies, 76 Liberty furent… remis à la France ! Après avoir écrasé sous les bombes nos industries, nos villes, et leurs habitants soi-disant Alliés, la généreuse Amérique nous devait bien çà, pour refaire fonctionner la pompe aspirant les matières premières et richesses coloniales, refoulant les produits finis, sans parler du ciment, fers à béton et autres douceurs dont la bibine… ajouta Henri un habitué du banc des menteux qui comme beaucoup avaient fait leurs premières armes sur ces bâtiments. – Mon copain amiral dans les états-majors de la marine US, avait été affecté à l’organisation et à la gestion de ces parkings pour navires encoconnés. Il me confia avoir été récompensé pour avoir étouffé pratiquement dans l’œuf un scandale typique d’outre-atlantique. Les USA avant la fin de la guerre, avaient lancé la série des Victory, nettement plus modernes que les désuets Liberty-ships. Au bout d’une quinzaine d’années, cette flotte fut donc envoyée à la casse. Un responsable direct des parkings vint le trouver affolé en lui prouvant qu’une dizaine de navires sur ses inventaires… avait purement et simplement disparu ! Nous étions une bande de gentleyachtmen en bordée chez Memmet une taverne turque que nous aimions. Mon amiral était là. Bien qu’en retraite, ses batteries étaient en bon état de tir, et il visait d’un œil énamouré, une baba cool qui visitait le coin, sac à dos. Hélas, il ne savait parler français, même pour séduire la donzelle. Il me supplia de le faire. L’histoire était drôle ! Ce fut d’autant plus facile que Madame Kerdubon me donna un coup de main, et que l’amiral était le seul navigateur… solitaire, sur le port. Emballée facilement, la drôlesse, ne déchanta guère lorsque je lui ai avoué avoir agi pour… un amiral ! L’amiral paya la tournée générale, et Memmet parmi son groupe local de musicos, entama une sorte de danse du ventre, en agitant de frémissements incroyable, sa bidoche ou la graisse le disputait aux muscles. « Entre nous demandais-je à l’amiral… le Grand-Banks n’est-il pas un des Liberty fantômes ?… No no !… affirma-t-il… seulement… un fils naturel, off course ! » – Tel est beaux Messieurs mon rapport d’un dragueur pour amiraux. Signé : Planchet

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5 Responses to “Les escales du banc des menteux”


  1. 1 Nojetsac 28 février 2015 à 17:31

    Bonjour, un peu gros pour un grand bank le victory ? non ?. suivre le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Victory_ship#mediaviewer/File:RedOakVictory-2013-07-20.jpg

  2. 2 escales maritimes 28 février 2015 à 18:12

    Bien sûr…Mais n’oubliez pas que le Banc des menteux n’a d’autres buts que faire sourire. C’est plus une « histoire de comptoir » qu’un document sérieux.
    Merci pour l’image qui est très belle.
    Cordialement
    Cyrano

  3. 3 André 1 mars 2015 à 11:21

    On peut quand même suggérer beaucoup de choses sérieuses tout en faisant sourire. Cet excellent récit en est la preuve.
    Amitiés marine
    André

  4. 4 Lecoq 1 mars 2015 à 11:34

    Puisque nous en sommes à « la piste aux étoiles » il me revient une anecdote de vie coloniale mozambiquaine…Notre bon vieil EDIC avait pas mal morflé entre Muru et Fanga au service du CEA,et terminait sa vie de bateau atelier zébulonné aux services de la population locale et de nos amis légionnaires au vert sous les Ylangs de l’Ile aux parfums..(pas tous si enivrants..) Avec les touffeurs et les grosses pluies de l’été austral les journées se faisaient longues -boulot de sept heures à treize heures puis espoir d’un peu de fraîcheur en soirée pour conserver un instant les glaçons sur la terrasse de Papa Kamoula..Un début d’après-midi torride et poisseuse, le boy débarqué ,vers son village de Pamanzi, je devine entrant en rade au moteur,un yacht de belle allure.Je ne suis pas surpris de le voir se diriger vers nous car les yachties se passaient le mot sachant pouvoir compter sur un peu d’eau, nos machines outil,une bonne douche ou même ,fantasme suprême d’une équipière, une boîte de notre camembert « en conserve » de renommée planétaire..Donc paré de ses défenses toutes neuves, le superbe ketch Amel Centaurin, avec les majuscules svp pour mon rêve intouchable,se propose de nous accoster, ce qui n’était guère possible que par ces jours de calme plat et mer d’huile. Des huiles, oui justement, l’équipage d’un certain âge en short et chemisette blanche,nus-pieds sur le magnifique pont de teck, le gabier d’avant me balance sa pointe que je tourne, et devant mon air interrogateur se présente: Amiral d’escadre Blaise Etienne de Montjoie, présentement circum navigateur!..Oupps!..Félicitations, belle monture Amiral..,si j’étais assez nanti j’oserai… » Nanti- nantis?.., oui et n’antipodes aussi »me rétorqua
    l’amiral possiblement en mal de camembert…mais plein d’humour cet homme pour l’heure, libéré de ses obligations!..

  5. 5 Lecoq 1 mars 2015 à 11:48

    « Damned »je dois assumer mon forfait:signé « Racan » (ci devant « Charlie » du Loran..,c’était il y a pas mal de temps du côté de l’ile aux ours..)


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