Les escales du banc des menteux

image001• Où Kerbubon, nostalgique, clame son amour de la vie – Sur cette goélette de Tahiti, le pacha était cuité et dormait toujours entre deux verres, du matin au soir, et du soir au matin. C’était un parent de l’armateur chinois de Papeete qui avait un brevet de capitaine récupéré on ne sait où ni comment. Etant le second, je menais la boutique comme bon me semblait et le brave monsieur Chang était satisfait de mes services.
Une haute cascade servant d’amer remarquable, alimentait des vasques de basalte avant de précipiter son eau dans la mer à travers une cocoteraie, et une étroite plage. C’était une de nos aiguades dans cet archipel d’îles volcaniques très élevées. Un Tiki moussu en pierre noire veillait sur le site. C’était un samedi, nous avions mouillé pour la nuit qui s’annonçait bien calme. Les noires frégates menaient leur sarabande amoureuse dans le ciel bleu turquoise, indigo et or du côté du couchant. Certains de ces oiseaux, mâles en rut, ou bien des femelles en chaleur… arboraient un énorme jabot rouge en forme de cœur. A notre grande surprise, des pirogues avaient été montées aux abords de la cocoteraie verte aux frondaisons blondies par les derniers rayons de l’astre du jour, se balançant doucement au gré de l’alizé mollissant avec le soir. Des indigènes emplumés tapaient sur des tam-tams, et des femmes aux seins nus dansaient un tamouré à faire bander le plus sénile de la terre… or nous avions dans les vingt ans… pensez si notre ardeur était loin de la sénilité !
– On s’en doute Kerdubon… fais nous rêver de notre jeunesse loin derrière nous qui s’estompe avec l’oubli !… Dit Nicolas un nostalgique habitué du banc des menteux.
– Au fur et à mesure que nous approchions de la plage noire du sable de volcan, les odeurs de tiaré et autres fleurs, commençaient à nous enivrer. Nous avons abordé. Le bois de la quille de l’embarcation aux avirons rentrés, crissait sur les graviers et le sable. Les indigènes musclés, beaux comme des dieux antiques, souriaient en montrant une dentition à l’ivoire brillant comme de la nacre. Ils se sont précipités pour tirer notre chaloupe complètement au sec. Les femmes aussi souriantes passèrent alors des colliers de fleurs et coquillages autour de notre cou… ma parole, on se serait cru au temps de Bougainville ! L’une d’elles aux larges aréoles et au téton érigé, fit de ses bras un collier supplémentaire à mon propre cou et frotta son nez sur le mien !… Quelle escale allions nous vivre bon dieu de bois !… Téhari demanda : « D’où venez-vous ? Que fêtez-vous ?
– « Nous venons de la baie Akaopu de l’autre côté de l’île, nous fêtons te oraraa ! (la vie) »… Que la vie était belle !
– Tel est beaux Messieurs mon rapport des paroles vivantes de Kerdubon.
Signé : Planchet

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