Du temps où Jolly Jumper se faisait marin…

N6923596_JPEG_1_1DMImage 2Très tôt dans l’Histoire, les navires de conquête ou de découverte embarquaient des animaux vivants ; pour la plupart nourriture « sur pieds » pour les équipages. Le cas des chevaux est différent. Ils fournissaient surtout une force de trait ou de déplacement pour les interventions à terre. Il fallait donc les transporter, les nourrir, les abreuver, les soigner, ce qui n’allait pas sans poser certains problèmes.
• On sait, dès 1066, que Guillaume le Conquérant franchissait la Manche avec ses montures ; la tapisserie de la reine Mathilde en témoigne. Plus tard, les conquistadors traversaient l’Atlantique avec leur cavalerie, choisie et dressée en Europe. Bonaparte, lors de son expédition en Egypte demandait 300 à 400 chevaux, plus si possible. En 1830, lors de la conquête de l’Algérie, l’escadre de Dupérré transportait 4 000 chevaux…  Il y aurait d’autres exemples.
• Plusieurs méthodes ont été essayées pour embarquer ces animaux réputés pour leur phobie de l’eau. Des plans inclinés, palans divers, sous-ventrières ou sangles suspendant l’animal et même l’embarquement à bras d’hommes (!). Au grand dam de l’animal qui n’appréciait guère… Mêmes méthodes pour le débarquer, auxquelles il faut ajouter la mise à l’eau pure et simple en poussant le canasson à nager jusqu’au rivage.
• Durant la traversée les chevaux étaient logés à fond de cale, sanglés, dans l’humidité, sans air et sans lumière ; comme ils supportaient mal le gros temps, ils se blessaient ou étaient pris de panique, ce qui occasionnait un stress permanent. Beaucoup en mouraient. Autres problèmes, l’obligation d’évacuer le purin, le crottin, changer les litières, stocker le foin. Au final, rien d’un cinq étoiles pour ongulés…
• En 1854, on pense enfin à construire des bâtiments spéciaux pour ces grands amis de l’homme : des transports-écuries où les conditions d’hygiène sont améliorées. La plupart des exigences sanitaires se trouve respectée et les animaux, placés en stalles, mieux traités.
On les retrouvera pendant la Guerre de 14 pour les interventions lointaines (Dardanelles par exemple) ou seule la Marine britannique transporta des chevaux en sous-marin !…
Jussac
• Images – A gauche, descente vers l’enfer ; l’animal paraît légèrement crispé. A droite, embarquement plus paisible ; on remarquera que le cheval est entièrement harnaché. Clichés Gallica Bnf.
• Source : La Marine française, Alain Boulaire, 2011 Palantines Editeur.

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