Les escales du banc des menteux

image001Où Kerdubon raconte une histoire qui donne froid dans le dos – Mon ami R…P… était lieutenant de quart de minuit à quatre sur ce paquebot bien de chez nous, malgré un équipage déjà recruté aux Philippines à cette époque, dans les années 70. Il avait affiché complet pour cette croisière en Antarctique. Y compris le passage du Cap Horn, tout s’était bien passé au grand plaisir des passagers, aussi bien enchantés par les paysages de glace, que par la nourriture gastronomique concoctée par un grand chef Gaulois et absorbée en musique, dans les salles à manger bien chauffées. Le spectacle du soir était achevé, tout le monde pouvait dormir tranquille, à vingt nœuds, le navire avait cap au nord et filait dans la nuit glaciale et encombrée de grains neigeux. Il passerait vers les Malouines, pour quelques jours après, entrer en triomphe dans la capitale Phocéenne, sous la protection de Notre-Dame-de-la-Garde et débarquer ses touristes râââvis.
Les croisières sur paquebots français étaient très prisées !… Hélas, on a préféré filer le « France » aux Norvégiens pour qu’ils l’exploitent lucrativement de cette façon, en même temps qu’on bradait le reste de notre flotte !… On ne va pas Kerdubon faire le procès d’un gâchis de nos tunes au profit immédiat d’actionnaires voulant de la fraîche pour investir ailleurs !… protesta Henri, un habitué du banc des menteux.
– Soudain, mon ami aperçut sur son écran radar, évidemment droit devant, les masses distinctes d’un champ d’icebergs en cours de désagrègement. Son étalement était tellement large qu’il n’était pas possible de le contourner. Il téléphona à la machine pour dire qu’ils allaient réduire la vitesse. « Impossible !… lui répondit l’officier de quart, nous ne pouvons empêguer les injecteurs par du fuel lourd, nous devons au préalable repasser au fuel léger. Je dois contacter le Chef Mécanicien ». Celui-ci n’était pas dans sa cabine, d’ailleurs passer du fuel lourd au diesel léger, demandait une demi-heure avant que les circuits ne soient rincés. Il téléphona au commandant… qui était aux abonnés absents. Il s’est cru à la passerelle du Titanic, une sueur glacée comme la mer gelée lui coula dans la chemise. Pendant un bon quart d’heure, il fit faire du slalom au paquebot, parmi des glaçons gros comme des gratte-ciel, embrumés à leur sommet, scintillants dans les lumières festives du superbe navire… quoique un peu vieillot, avec les formes classique si jolies de jadis… par rapport aux HLM flottants de nos jours. Tout le monde continua à dormir du sommeil du juste dans les cabines. A la passerelle, les yeux fatigués devant son écran radar, il sortait de la panade lorsque le chef mécano appela « Vous voulez qu’on passe au léger ?… Vous savez ce que cela va coûter comme dépense ? – Inutile, c’est maintenant clair devant ! – Vous m’avez dérangé pour rien ? – Excusez-moi !… Pour les économies, on va en faire, l’Atlantique Sud est en pleine tempête, et le chef cuisinier pourra sortir le grand repas de la soirée de gala avec homard… il aura peu de clients insensibles au mal de mer, pour se présenter en tenue de soirée ! »
– Tel est beaux Messieurs mon rapport des dires de Kerdubon parlant d’un ami absent du banc des menteux, à peine retraité… un gamin aussi quoaaahhh !
Planchet

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2 Responses to “Les escales du banc des menteux”


  1. 1 lecoq 13 février 2015 à 16:01

    Bon dieu,quelle beaute,la cascade pile au 069 dans l’alignement des basaltes priapiques de la baie des verges!..Mouillage a une petite encablure de la grève de sable et de galets rudement roules par un reste de houle.Commencer par sauter en marche de la baleiniere, sur une plateforme rocheuse servant d’ecumoir aux rouleaux et de casse pattes aux matelots en goguette.Pas grand monde sur place a part les enfants rigolards qui nous proposent des chevaux efflanqués et nerveux , contre un peu de menue monaie CFP .Et nous voilà partis a la recherche de l’autochtone et de la promesse de fruits exotiques gouteux comme les énormes pamplemousses chabardes, que nous degustons déjà pour ne plus penser a l’attaque en règle des « nonos », diables cuisants et invisibles dont même nos haridelles essaient de se defaire en même temps qu’elle nous balancent dans le premier ruisseau rencontre.Du sommet du col, on devine déjà a peine les pirogues venues commercer avec notre fier vaisseau_pas bien grand lui non plus tout en bas sous les falaises commençant de rougir au couchant.La nuit vient trop vite ici,il faut déjà amorcer le retour et oublier pour aujourd’hui nos appétits de découvreurs..jusqu’au prochain campement qui nous vaudra cette fois les hires d’un clergé offusqué par la conduite de ses ouailles…La vie ne vaut rien..rien ne vaut la vie!..a vingt ans.

  2. 2 escales maritimes 13 février 2015 à 16:59

    joliment troussé ce petit texte ; il nous a bien plu.Vous en avez d’autres ?
    Amicalement .
    Escales


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