Attention, les navires-robots arrivent…

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Les bateaux-robots. Ils dépassent aujourd’hui le stade de la recherche et certains sont déjà sur l’eau. Chacun en pense ce qu’il veut, notre but étant ici purement informatif.
• Ne jouons pas les effarouchés. Devant le développement des techniques robotiques, il était plus que probable qu’elles gagnent le monde maritime. Désormais, alors que les modules se connectent sans problème à la station spatiale, à 400 km au-dessus de nos têtes, que les drones de combat atteignent une précision métrique, il était inévitable que la robotisation tente une percée dans les marines, sportive, marchande ou militaire.
Pour le meilleur et pour le pire…
• Dans le domaine sportif, un projet déjà très avancé prévoit une course autour du monde, à la voile, et… sans équipage ! Chaque skipper télécommandera son bateau depuis la terre, assisté d’une bardée de capteurs collectant tous les paramètres de navigation qui seront transmis via une centrale d’informations (choix de la route, réglage des voiles, positions des autres navires…). Son promoteur est Christophe Guigueno qui a créé pour l’occasion le mot de « Dronautic » ; la première compétition devrait avoir lieu en 2018.
• Dans celui du transport commercial la Société Rolls-Royce est en train de mettre au point un petit cargo armé au cabotage, sur de courtes distances. Lui aussi aura recours à l’intelligence artificielle et sera opéré à distance. Peu d’informations circulent sur ce projet que Rolls-Royce semble bien décidé à mener à bien malgré des contraintes très délicates, comme le mouillage par exemple. On peut supposer (je dis bien supposer) que le bâtiment stopperait au large de sa destination et serait pris en charge par un équipage « temporaire » qui le conduirait à son poste d’amarrage. Même très sophistiqués les automatismes ne peuvent pas tout…
Autre projet, le ReVolt, plus écolo, mesure 60 mètres de long pour 14,50 de large et 5 mètres de tirant d’eau. Il peut transporter 100 conteneurs EVP. Il est propulsé par deux moteurs électriques à la poupe et d’un propulseur d’étrave qui sont alimentés par des batteries (3 000 kWh) pour 100 milles d’autonomie. Il n’a pas de safran puisque c’est le propulseur d’étrave qui permet les modifications de route. Sa vitesse de croisière annoncée est de 6 nœuds.
Reste que dans ces deux cas (sport ou commerce) les fameux règlements maritimes (ColReg 72) ne pourraient être respectés.
• Dans le militaire enfin, où ces scrupules ne se posent guère… Les Américains comptent faire naviguer, en 2015, de petits patrouilleurs automatisés, armés, chargés de la protection des grands bâtiments dans les zones sensibles (piraterie). En août dernier, 13 patrouilleurs ont fait une démonstration sur Saint- James River. Ils ont navigué à grande vitesse avec un ensemble parfait. Ce sont des pneumatiques semi-rigides de 11 mètres environ qui, normalement, sont armés par trois ou quatre hommes ; pour les robotiser il suffit d’installer à bord une série de capteurs et un kit informatique de la taille d’une grosse valise. Le contre-amiral Klunder a expliqué que ces patrouilleurs pourraient être équipés d’armes non létales, mais aussi de mitrailleuses si l’ordre en était donné par un marin. « Il y a toujours implication d’un homme dans la désignation d’une cible et sa destruction ».
A ce sujet, je me souviens que la DARPA américaine (Defense Advanced Research Projects Agency), agence pour les projets de recherche avancée de défense, avait envisagé dans les années 80 de robotiser des chars de combat. Elle avait suspendu ses recherches au motif que l’intelligence artificielle ne pouvait distinguer un combattant hostile d’un homme qui se rend…
• Reste quelques grandes questions : la robotisation est-elle vraiment réaliste à la mer ? Quel destin pour les marins de l’avenir ? La sécurité en mer va-t-elle y gagner quelque chose ? Les gains sécuritaires (et commerciaux) espérés ne feront-ils pas apparaître de nouveaux risques ? Et bien d’autres sans doute…
M. D.
• Images – A gauche et au centre, deux images de synthèse des projets Rolls Royce et ReVolt – A droite, un patrouilleur américain sans équipage.

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1 Response to “Attention, les navires-robots arrivent…”


  1. 1 Claude Briot 23 novembre 2014 à 08:39

    Autre grande question. Qui va cotiser à l’ENIM pour les Inscrits maritimes encore en activité à la mise en service de ces robots dans la Marine Marchande ? L’idée de faire cotiser les machines n’est pas si idiote.


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