Unique : une mine de fer sous la mer !

2Voici une curiosité maritime unique sur notre littoral et probablement ailleurs !
• Au large de l’aimable petit port de Dielette (50) fut découvert très tôt un gisement de minerai de fer d’une qualité exceptionnelle. Cette caractéristique suscita un ramassage à la main, sur les plages, dès le XVIIIᵉ siècle ; elle fut interdite en 1859.
• Entre-temps, des entrepreneurs avaient décidé d’exploiter le gisement malgré sa situation très particulière : il se trouve sous les fonds marins. Un premier puits fut ouvert en 1855, mais les infiltrations d’eau étaient telles (14 m³ d’eau entre deux marées !) que les mineurs ne disposaient que de peu de temps pour travailler. La rentabilité ne fut pas au rendez-vous… On interrompit l’exploitation en octobre 1862 après qu’elle eut produit quelque 150 tonnes de chocolat (1).
• D’autres tentatives suivirent mais sans plus de succès, jusqu’à l’arrivée de l’ingénieur Thyssen en 1907. Celui-ci imagina une installation différente ; un puits de mine fut creusé à terre, dans la falaise, jusqu’à une profondeur de 150 m ; deux galeries horizontales, l’une à 90 m, l’autre à 150 m, partaient de ce puits et couraient sous la mer pour constituer un réseau de 15 km environ. Les mineurs procédaient exactement comme les gueules noires du bassin Nord-Pas-de-Calais ; le précieux minéral était prélevé sur le front d’abattage, chargé dans des wagonnets, puis remonté en surface et stocké dans de vastes silos… où son voyage n’était pas terminé.
Un système de transbordeur aérien reposant sur quatre pylônes et circulant au-dessus de la mer convoyait le minerai jusqu’à un énorme caisson installé en mer où un cargo l’attendait… (image)
• À la déclaration de la Première Guerre mondiale, 400 ouvriers y sont employés mais les biens de Thyssen sont mis sous séquestre (il est Allemand) et les puits noyés.
• En août 1951, la Nouvelle société des mines de Diélette, entreprend un difficile dénoyage des puits et des galeries et exploite la mine (150 ouvriers) qui arrivent à produire 500 t par jour avec un maximum de 670 t soit un total évalué à 127 000 t jusqu’à sa fermeture définitive en juillet 1962.
• En 1978, fin tragique, des explosifs détruisent la falaise et les installations pour faire place à la centrale nucléaire de Flamanville.
• Excepté quelques vestiges de la plate-forme en mer, à plusieurs centaines de mètres de la côte, il ne reste aucune trace visible de l’ancienne exploitation minière. Le gisement de fer sous-marin est malgré tout loin d’être épuisé. Les bateaux naviguant aux abords de la mine ne doivent pas trop se fier au cap de leur compas à cause de la perturbation magnétique générée par le métal. Seul un compas gyroscopique ou un GPS seront fiables en l’occurrence.
• Le 29 novembre 1987, vingt cinq ans après la fermeture de la mine de Diélette, quelques bénévoles, organisèrent une manifestation et une exposition retraçant l’histoire de la mine. Un succès.
• Telle est l’histoire qu’on raconte aujourd’hui et que de fervents défenseurs du patrimoine tentent d’arracher à l’oubli. Un petit musée plein de charme maintient encore le souvenir de cette aventure qui aurait mérité un autre destin.
Mais, qui sait ? Peut-être qu’un jour…
Athos
(1) Surnom donné parfois au minerai de fer.
• Image – Chargement d’un cargo de la
Société navale Caennaise près du wharf installé en mer.

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3 Responses to “Unique : une mine de fer sous la mer !”


  1. 1 Nicoledl 17 octobre 2014 à 19:37

    merci pour ce récit !

  2. 2 cornou Georges 18 octobre 2014 à 15:21

    je connais quelque chose d’intéréssant et concernant ce type de mines et forages :je connais depuis son enfance un homme encore jeune qui après des études techniques en BTS et un peu plus , fut employé par divers compagnies pétrolières de renom internationale autour du monde .. puis il eu l’idée avec des collègues de ré-exploiter les fonds de puits pétroliers en Roumanie, Bakou etc , délaissés par les « major compagnies « car pas assez « juteuxs ou rentables « : résultat un gros pactole pour ces gens ! des puits rachetès au plus bas prix , le produit revendu localement à bas prix aussi et cela au grand dam des « majors » mais avec l’accord des gouvernements locaux et je crois qu’il en sera de même lorsque la pénurie sera installée , on ira gratter le fond du pot surtout quand la confiture était de haute qualité !
    Attendons donc que « bouffer « à grosses cuillères ne sera plus possible la petite cuillère ramènera encore de quoi survivre !

  3. 3 Mer360 21 octobre 2014 à 18:45

    Très intéressant, merci pour cette histoire. Je me suis permis de la partager à la suite d’un article de mon blog traitant des mines sous-marines, que vous pouvez trouver au lien suivant :

    http://www.mer360.fr/2014/08/exploitation-miniere-marine-ruee-vers-lor-haute-tension/


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