Attention ! le permis voile rôde encore…

JoshuaL’avis du CSNPSN (1) publié par Escales le 4 septembre donne à réfléchir. Il est clair, en effet que le Conseil n’est guère enthousiaste sur le contrôle technique des bateaux de plaisance. Raisons principales : 1/ les risques viennent surtout du comportement de certains plaisanciers. Un contrôle technique ne servirait pas à grand chose. 2/ S’il devait y avoir une réglementation, elle devrait être européenne et pas seulement hexagonale. Bon, le Conseil est dans son rôle.
• Le contrôle technique soulève pourtant un autre problème, et pas des moindres. Que vont en conclure les crânes d’œuf de l’Administration ? Simple : ce ne sont pas les moteurs qu’il faut contrôler mais les plaisanciers eux-mêmes. Et de ressortir le fameux serpent de mer du permis voile qui somnole dans un classeur. C’est redoutable. Surtout si ça fait tomber quelques sous dans l’escarcelle de l’Etat. Nous répétons donc – avec d’autres – que le voilier n’est pas une bagnole et qu’un permis voile serait irréaliste, inapplicable, trompeur et coûteux.
Irréaliste – Comment estimer en situation la compétence d’un candidat skipper, par toutes les conditons de mer ? C’est proprement impossible.
Inapplicable – Qui prodiguerait la formation, recruterait les moniteurs, les inspecteurs, qui formerait les formateurs, en combien de temps et avec quelle qualification d’origine ?
Trompeur – Comment empêcher un nouveau détenteur de permis de se croire, de bonne foi, assez  armé  pour affronter le temps, le vent, les vagues et surtout l’imprévu ? Alors que tout est affaire d’expérience.
Coûteux – Qui rétribuerait la cascade des intervenants, depuis les services officiels jusqu’aux officines de formation. Et qui paierait en fin de compte l’obtention du fameux papier ? Pas la peine de répondre, vous le savez déjà… C’est assez pour dégoûter les plaisanciers actuels (qui devraient passer le permis après des décennies de pratique ?) comme ceux qui songent à tirer leurs premiers bords. La plaisance n’a vraiment pas besoin de ça. Le permis voile est l’usine à gaz qu’il ne faut pas construire. Restons vigilants.
Cyrano
• Image – En son temps, Moitessier aurait dû arborer un « A » de jeune diplômé sur la coque de « Joshua ». Glurps !
(1) CSNPSN : Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et Sports Nautiques.

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9 Responses to “Attention ! le permis voile rôde encore…”


  1. 1 SPITERI Joseph 6 septembre 2014 à 17:36

    Le CPPGJ suit de très près vos articles de plus en plus intéressants et les porte à la connaissance des ses lecteurs sur son site http://www.cppgj.fr

    Effectivement, dans le même ordre d’idée, nous pourrions (et nous nous en excusons auprès des pratiquants) faire un parallèle avec les skieurs des neige et les alpinistes et les nageurs et les randonneurs, etc.

    Bref, encadrer tout ce que de près ou loin est susceptible d’engager des moyens – parfois considérables – de secours en montagne ou en mer ou dans les air si sur cette discipline précise il reste une activité déjà non encadrée.

    Allez, Messieurs les technocrates, encore un petit effort et le budget de l’État sera peut-être excédentaire !

    Tenez, on va vous aider, comme la conduite accompagnée, verrons-nous prochainement fleurir sur des voilier en mer, des panneaux  » plaisance accompagnée « .

  2. 2 Serge 6 septembre 2014 à 22:10

    Le remaniement du conseil supérieur avec application en septembre, maintenant sous l’autorité total de la DAM explique peut-être cela …

    Depuis les AFFMAR … la belle DAM à perdu de sa superbe et parfois ses troubles peuvent conduire à des incohérences du genre … en fonction des amis des amis conseilleurs … de rentabilité financière avec à la clé de nouvelles ressources …

    Cependant, il convient aussi de dire que certains (peu mais trop) utilisateurs de voiliers n’ont aucune notion de navigation. Des sorties SNSM encore trop fréquente pour un voilier en panne … de moteur … ou dans l’incapacité de réduire la toile … parti en mer sans consulter la météo … etc. etc.

    Permis, certainement pas mais petite formation dans une école de voile, avec notions élémentaires des règles de navigation de base par exemple, pourquoi pas …

    Mais de toute façon, aucun permis ne pourra empêcher « un coup de bôme sur la tronche » … quelque soit la qualification du navigateur …

    A réfléchir ?

    D’ailleurs, je suggère à la DAM d’interdire les bômes à bord …

  3. 3 CRISPY PIERRE 7 septembre 2014 à 09:04

    Personnellement, avec tous mes permis fluvial, hauturier, radio, je conclu que la mer, c’est avant tout l’expérience qui s’acquière sur le tas. Le bon entretien régulier du bateau fait par nos soins. La prudence, la consultation de la météo, etc.
    Avec ou sans permis, un inconscient restera toujours un marin dangereux pour lui, son équipage, et pour les secouristes (que je salue au passage pour leur constance et leur générosité).
    Avec ou sans permis, un conscient saura gérer les situations, connaîtra ses limites, et sera un bon marin.
    Le reste, c’est encore une histoire politique/pompe à fric ! Nous en sommes tous conscients.

  4. 4 escales maritimes 7 septembre 2014 à 10:19

    L’idée est à retenir, Serge. Mais pourquoi seulement la bôme? Sans bôme à quoi sert le mât ? Supprimons aussi le mât, la grand voile et les focs, on n’aura plus que des bateaux à moteur. Avec permis, bien entendu…CQFD
    Cyrano

  5. 5 Quiesse Guy 7 septembre 2014 à 14:33

    Ex TESSNM, j’ai participé à une commission d’examen du PPV. J’ai honte d’avoir été obligé de coller un candidat qui avait loupé son PB de cartes !
    Ce type connaissait peut-être la voile bien plus que les ronds de cuir du ministère qui ne se mouillaient même pas à organiser… une épreuve pratique ! Une fois m’a suffi, on a trouvé d’autres examinateurs !… On avait bien une cinquantaine de volontaires pour remplacer « Monsieur de Paris » après son décès ! Le PPV existe-t-il toujours… tout le monde sait que la guillotine n’a pas été remisée… au musée des horreurs !
    NDLR : PPV : brevet Patron Plaisance Voile

  6. 6 Francis Bergerac 7 septembre 2014 à 15:07

    Il y a bien évidemment derrière cette tentation de règlementer et de sur encadrer l’accès à la mer des réflexes bureaucratiques, le désir de gonfler encore un peu plus l’état avec davantage de pouvoir et davantage de taxes, l’incapacité à résister à la pression d’intérêts privés pour faire valoir le bien public. Rapportée aux risques qu’elle fait courir aux autres, à son impact sur l’environnement, la pratique de la voile est innocente. On devrait la citer en exemple, on la désigne à la vindicte. Les pouvoirs publics montent en épingle le comportement d’une petite minorité de gens peu aguerris pour stigmatiser le comportement dit « inconscient » de la majorité des pratiquants. Les médias enchaînent les reportages télé où l’on ne voit que la faute, l’erreur, la mise en danger d’autrui. Il leur faut « percuter » l’imaginaire collectif car le temps est compté. Il y a derrière cela me semble-t-il un vieil héritage, une sorte de cliché que la paresse intellectuelle et le penchant démagogique des politiques et des médias ne fait qu’entretenir. Celui d’une plaisance faite pour les oisifs et les gens fortunés. Ce stéréotype à la vie dure, il avait un peu disparu dans les trente glorieuses et le développement d’une plaisance populaire. Je crois qu’aujourd’hui avec « la crise » on veut en quelque sorte nous punir. Nous qui résistons encore sur le dernier espace de notre liberté.

  7. 7 Hughes 8 septembre 2014 à 00:01

    Pendant longtemps je n’ai pas eu d’avis sur la question, aujourd’hui, après avoir côtoyer des pays qui obligent d’avoir un permis (Brésil, Argentine), je suis contre.
    Dans ces deux pays j’ai remarqué les mêmes problèmes : les programmes sont toujours en retard par rapport à la réalité. (il faut voir le programme sur le radar des brésiliens pour l’examen de pilote haute mer, c’est quasi s’il faut pas en construire un…). LE PRIX est prohibitif et empêche un bon nombre de gens à acquérir une culture nautique sur le tas, ce qui produit un élitisme de plus.
    En France aussi on sait que les permis sont plus souvent des péages que des formations.

  8. 8 COKELUNDE 8 septembre 2014 à 07:12

    On revient toujours à la RESPONSABILITÉ DU CHEF DE BORD précédemment évoquée ; suis-je capable honnêtement de faire des ronds devant la plage, d’aller jusqu’à l’île voisine ou de traverser l’atlantique avec le bateau que je pilote et son matériel de sécurité ?
    Si c’est NON je m’abstiens.
    S(il y a accident : tribunal maritime pour juger de la responsabilité.

    Bien cordialement
    JP L

  9. 9 Mer360 8 septembre 2014 à 20:51

    Sujet au combien intéressant. Y a t il eu à votre connaissance des études comparatives avec nos voisins espagnols ou italiens par exemple pour évaluer le gain de sécurité annoncé?! Il est en tout cas intéressant de voir que la voile y est certainement plus élitiste….


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