Contrôle technique : les réserves du CSNPSN

Frères en plaisance, vous le savez, l’irréaliste contrôle technique des navires de plaisance est toujours dans l’air du temps ; notre ami Francis Bergerac nous avait déjà alertés le 27 août dernier. Aujourd’hui, Escales verse au dossier l’extrait d’avis émis par le CSNPSN (1), adressé au sous-préfet d’Arcachon qui envisageait en 2009 d’instaurer un tel contrôle dans le Bassin. Le ton est plutôt retenu mais le contenu nous semble sans équivoque. Voici.
Instauration d’un contrôle technique des navires à l’échelon national – La mise en place d’un contrôle technique par homotypie avec ce qui existe pour les véhicules terrestres à moteur, peut a priori apparaître comme une solution au problème posé. Il serait impératif, si le principe devait être retenu, qu’une réglementation de ce type soit mise en place à l’échelon européen, sous peine d’assister à nouveau à une hémorragie importante de plaisanciers vers les pavillons voisins (Belgique…). L’argument principal qui militerait pour l’instauration d’une telle mesure, réside dans une amélioration attendue de la sécurité des plaisanciers et, accessoirement, dans une diminution des impacts environnementaux sur les milieux marins.
• Pour ce qui concerne l’amélioration attendue de la sécurité des plaisanciers, les analyses effectuées sur les rapports d’interventions des CROSS (2) durant ces dernières années, ont révélé que l’origine des pannes ou avaries des bateaux de plaisance ayant eu recours aux CROSS, consistait majoritairement en un défaut de comportement de l’équipage secouru. Le fait qu’il y ait autant de bateaux de plaisance récents que de navires anciens dans les statistiques des opérations CROSS, confirme ce problème comportemental. Ces analyses ont été renforcées par l’enquête menée après l’été 2008, conjointement par la Direction des Affaires Maritimes et le Conseil Supérieur, qui démontrent que 60 % environ des interventions de secours sont dues à des problèmes de moteur. La moitié de cette proportion réside dans deux causes d’origine énergétique qui sont soit des problèmes d’alimentation en carburant, soit la décharge des batteries. L’autre moitié révèle que l’origine de la panne moteur est liée à une cause étrangère (sac plastique bouchant l’entrée d’eau du système de refroidissement, surchauffe du moteur, incendie…) et que, circonstance aggravante, certains bateaux sortaient d’une révision générale effectuée par un professionnel de l’entretien (chantier). Dès lors, la mise en place d’un contrôle technique n’aurait eu directement aucun effet sur ces occurrences.
• Sur le plan de l’impact sur l’environnement, la représentante de la Fédération des Industries Nautiques dans le groupe de travail constitué pour élaborer cet avis, signale travailler sur ce sujet à la fédération au sein de laquelle certains seraient favorables à la mise en place d’un contrôle technique. Les autres membres du groupe de travail estiment que l’évolution des technique et les nouvelles normes européennes drastiques de constructions mises en application depuis l’adoption du décret 2005-185 du 25 février 2005 (moteurs 4 temps ou électrique…) contribueront naturellement, compte-tenu de la durée de vie limitée des moteurs (10 à 15 ans), à améliorer les émissions sonores ou gazeuses des moteurs des bateaux de plaisance. La mise en place d’un contrôle technique des moteurs pourrait paraître un moyen d’accélérer le renouvellement du parc, mais il convient de se poser la question de l’opportunité économique d’une telle mesure et de mesurer auparavant l’impact de celles déjà prises. Par ailleurs, les plaisanciers ne comprendraient pas la légitimité d’un contrôle technique dont seraient exemptés les autres navires : le caractère manifestement discriminatoire d’une mesure ne s’appliquant qu’aux bateaux de plaisance serait également juridiquement fragile.
Pour Gérard d’Aboville : Antoine Pichon, Secrétaire général
(1) CSNPSN : Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et Sports Nautiques.
(2) CROSS : Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et Sauvetage.

4 Responses to “Contrôle technique : les réserves du CSNPSN”


  1. 1 Llata Nadine et Guy 5 septembre 2014 à 09:45

    Navigateur depuis 40 années sur des voiliers de chantier Français avec plus de 11 transats avec mon épouse au compteur je ne peux que me féliciter de notre choix Je ne peux en dire autant de soit disant professionnel ne cherchant que le profit et mettant ainsi le plaisancier dans l’embara Je doute également du plaisancier non propriétaire de son navire qui malgré une causion importante utilise quelques jours un navire sans aucunes formations.Mais cela vous le savez déjà .A votre disposition
    Guy Llata depuis presque 40 années a la SNGRPC ou nous faisons de la formation et de l’encadrement a nos membres.

  2. 2 CRISPY PIERRE 5 septembre 2014 à 09:59

    Nos chers dirigeants élus feraient mieux de s’inquiéter de trouver des solutions pour sauver notre beau pays d’une faillite probable et prochaine de notre économie.
    Encore une nouvelle pompe a fric. Techniquement la sécurité ne sera pas améliorée et les assistances et accidents seront aussi nombreux. Avec ce Contrôle idiot, le marché français de la plaisance va encore prendre un coup dans l’aile.
    Qui sait, les politiques qui sont à l’origine de cette fumisterie sont déjà en train de calculer et de prévoir d’investir dans des centres de contrôles !
    L’intérêt personnel sur le dos de la communauté navigatrice, c’est de l’a bu de bien social, mais nous savons que c’est le sport préféré de nombreux élus…

  3. 3 COKELUNDE 5 septembre 2014 à 15:23

    Est-ce le bateau ou le patron qui doit subir un contrôle technique ?
    Cela s’appellerai alors un permis de conduire.
    Et on ressort une autre arlésienne.

    On s’était orienté vers une responsabilisation des personnes avec la réforme des armements de sécurité. On recule à grands pas, mais c’est tellement plus facile et lucratif de « jouer au gendarme ».

    Honte aux incitateurs à de telles inepties !

    JP L

  4. 4 Jean-Luc P. 8 septembre 2014 à 09:19

    Force est de constater qu’une fois de plus , ceux qui pondent des lois n’y entendent absolument rien en matière de plaisance.
    Il y a beaucoup de bateaux ‘ventouse’ qui ne quittent quasiment jamais leur ponton, et quand à ceux qui naviguent, dont je fais parti, nous sommes en général soigneux de nos bateaux, et conscient de leur entretien (si je prenais autant soin de ma voiture que de mon voilier, je n’aurai jamais de problème sur la route !)
    On l’a dit, et redit, les problèmes en mer, interventions des secours, c’est d’avantage du à une méconnaissance du plaisancier occasionnel, ou des coups de vents inattendus,
    MARRE d’ETRE ENCORE PRIS POUR DES VACHES A LAIT


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