Les escales du banc des menteux

image001• Où Kerdubon salue les Chevaliers de la Pigouille – Sur rade foraine, en rivière ou en lagune, les trains de billes de bois qui seraient chargés à bord, étaient remorqués par une chaloupe qui les amènerait le long du bord. Les billes de bois étaient maintenues généralement par trois câbles d’acier passant dans l’anneau d’une pigouille d’acier plantée dans le bois. Une fois amarrées par leur extrémité le long du bord, avant d’être dépigouillées d’un coup de masse par les krooman mouillés, les pilotins et élèves couraient sur le train pour noter sur leur cahier de pointage le numéro de référence des billes qui figureraient sur les manifestes de chargement. A Douala, le Mézidon évita dans le Wouri puis accosta derrière deux ou trois autres navires. La coupée amenée, un tapis rouge fut déployé, tandis que la fanfare de l’harmonie municipale s’avançait en jouant la Marseillaise. Un petit homme replet, en complet blanc avança et demanda à ce que les élèves et pilotins se présentent. Le Commandant reconnaissant l’Agent général de la Compagnie à ses côtés, ne savait quoi dire, il était stupéfait. Les jeunes qui ne semblaient pas étonnés, descendirent au devant du… Ministre. La fanfare ouvrit le ban, et l’homme en blanc prit la parole d’un air solennel : « Au nom de la République et des pouvoirs qui me sont conférés, je fais CHEVALIERS de la PIGOUILLE, les sieurs untel, untel et untel ! – Fermez le ban ! »… et la fanfare reprit l’air célèbre que je chantais dans le dos de tous ceux qui s’étaient groupés à la coupée : « Ce n’est pas par les culs que se font les cocus, mais c’est bien par le con que les cocus se font ! » Une minuscule pigouille d’or fut épinglée sur les chemises tachées de sueur, des élèves et pilotins qui n’avaient même pas eu le temps de se changer après la manœuvre. Ils étaient rouges de plaisir et se dressaient comme des petits coqs… Jusqu’à ce que le Ministre dise : « Bon ! Nom de Dieu… où est-ce qu’on boit un coup à présent ? »… et que la vérité surgisse toute nue de son puits… d’où elle aurait dû rester cachée…
– On a monté le même coup Kerdubon, dans toutes les compagnies dont les navires faisaient la bille de bois !… Dit Paul un ancien ayant fait la ligne COA dans sa jeunesse pilotine.
Le radio avait un ami, également sans fil… sur le Camembert, un Liberty de la même compagnie que le Pont l’Evêque. Ils se parlèrent longuement en morse le langage télégraphique… et non pas celui des mammifères d’origine boréale… comme on pourrait le penser !… Ce radio était beau-frère de l’Agent Général de la Compagnie. L’organisation de la petite cérémonie… fut un jeu d’enfant. La fanfare réquisitionnée… fut rétribuée… en liquide… seulement quelques décalitres de bière suffirent. Les pigouilles d’or… furent fabriquées en laiton, le plus dur fut de trouver le tapis rouge. Le pasteur du temple situé en haut des escaliers du Paradis et qui surplombe le port, accepta d’en prêter un.
– Tel est beaux Messieurs, mon rapport relatif aux blagues courantes pratiquées par Kerdubon et ses amis.
Signé : Planchet

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