Quand le pilote demande à « pousser un cri »…

GIENDans les années 1960  avec le Liberty-ship Gien, chargé de plus de 1 000 bagnoles Renault (Dauphines et 4 CV),  nous remontions le Saint-Laurent pour Montréal, puis pour aller ensuite charger du blé au fond du Lac Supérieur à Fort Williams. Nous étions l’un des premiers navires de mer à emprunter ce tout nouveau Saint Lawrence Seaway avec sa succession d’écluses, impressionnantes, particulièrement pour “monter” du lac Ontario au Lac Erié  de la hauteur des chutes du Niagara, toutes proches du canal. C’était à l’occasion de ces entrées dans ces écluses que l’équipage se livrait à certaines acrobaties pour descendre sur le quai à l’aide d’un tangon improvisé et prendre les  amarres.
Nous avions donc embarqué le pilote  du Saint-Laurent, aux environs de la Baie Comeau.  Celui-ci une fois à bord s’étant enquis de notre chargement et voyant les étages de caisses de voitures en pontée, s’exclama avec son fort accent canadien   En vla-t-y des chaaars…!
Il faisait beau ; la remontée du Saint-Laurent  se déroulait  tranquillement dans un paysage magnifique,  lorsque je fus surpris que nous nous rapprochions très près de la rive, alors que d’après la carte, le chenal était immuablement au milieu du fleuve. A un moment, alors que nous passions devant  une bourgade qui devait être Tadoussac, le pilote me demanda : J’peux-t-y pousser un cri ? Interloqué, je compris quand il me montra la commande du sifflet… Il m’expliqua qu’il passait devant chez lui et que, quand le temps s’y prêtait, il annonçait sa présence à sa famille et ses amis du patelin… Ce qui fut fait par un long coup de sirène. Il prit les jumelles et peut-être vit-il des signes de reconnaissance sur la rive.
Nous regagnâmes le chenal et tout se passa bien jusqu’à Québec où le citoyen de Tadoussac nous quitta pour laisser la place à l’un des ses collègues jusqu’à  Montréal.
Henri Bourdereau
• Image – Le Gien visiblement sans Dauphine et sans 4 CV…

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7 Responses to “Quand le pilote demande à « pousser un cri »…”


  1. 1 Nicoledl 27 août 2014 à 19:22

    Ca m’a rappelé l’histoire d’un capitaine italien qui lui aussi voulait saluer ses copains en se rapprochant de la côte…

  2. 2 Patrice Petit de Voize 27 août 2014 à 19:39

    J’ai fréquenté le « Seaway » quelques années plus tard, à bord du « Rocroi », et du « Fontenoy » spécialement conçus pour cette navigation un peu particuliére, cette fois avec des Peugeot 404 et des Coccinelles Wolkswagen…là nous avons eu un pilote du même style, mais qui sifflait pour appeler une bande de castors qui s’alignaient sur la rive, debout sur leurs pattes de derriére ! Le passage des écluses, sans assistance, était un bon test de l’habileté des commandants !

  3. 3 Pierre Morin 27 août 2014 à 23:22

    En « joual » québécois (notre chti à nous), on dirait plutôt « lâââcher un cri ». À part ça, Baie Comeau est une ville et le lac Ontario s’écrit sans « n » à la fin. Quant aux voitures Renault, ces « chaaars-là » étaient fort populaires au Québec grâce à l’efficacité de la traction avant dans la neige. Mais au fait, le capitaine Schettino aurait-il eu un prédécesseur avec ce pilote imprudent ?

  4. 4 Quiesse Guy 28 août 2014 à 09:02

    Je n’ai pas transporté de bagnoles vers l’Amérique, cependant ayant fréquenté les grands lacs pour y charger du grain, je ne peux qu’apprécier ce récit et Kerdubon, qui s’est penché sur son écran lui aussi, me prie de remercier l’auteur, ainsi que ses supporters d’Escales Maritimes !

  5. 5 escales maritimes 30 août 2014 à 11:15

    Excusez-moi, mais 1/ Henri Bourdereau tout comme moi savons que Ontario s’écrit sans N ; 2/ la critique est un art facile à pratiquer, 3/ Les Renault Dauphines et 4 CV n’ont JAMAIS été des tractions avant ; leur moteur est à l’arrière. Comme quoi tout le monde peut se tromper.
    Sans rancune.
    Aramis

  6. 6 Pierre Morin 4 septembre 2014 à 02:42

    Excusez-moi si je vous ai vexé, je n’avais nulle intention de critiquer. Je ne faisait que signaler une erreur qui était sans doute une faute de frappe. Quand aux voitures, voici la mienne d’erreur : J’aurais dû préciser que je pensais surtout à la Renault 4 L à hayon relevable produite à partir de 1961, première traction avant chez ce fabricant après la fourgonnette Estafette. Sans rancune, bien sûr et au plaisir.

  7. 7 escales maritimes 4 septembre 2014 à 21:44

    Ce sont là des détails Pierre, l’important est que nous soyons d’accord sur l’essentiel ; ce qui est le cas, bien sûr. Personne ne se formalise…
    Cordialement.

    Escales


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