Un charpentier de marine un peu spécial

Dès la fin du XVIIᵉ siècle, on donne le nom de remolat aux artisans chargés de confectionner les rames ou avirons. Le mot est surtout employé dans la marine du Levant à cause des galères, grosses consommatrices de rames, comme on s’en doute. Mais l’homme exerce aussi son métier pour le compte des vaisseaux du Ponant sous le nom d’avironnier. Il peut aussi bien travailler à terre, dans son échoppe qu’à bord des bâtiments eux-mêmes. La fabrication des avirons pour galères ou grands vaisseaux est tout un art demandant des connaissances particulières ainsi qu’une grande habileté dans le travail du bois. (Dimensions des bras et des pelles, choix et protection des bois, définition du centre de gravité pour équilibrer les rames, etc. Toutes choses que le remolat doit connaître pour fabriquer un objet fonctionnel. Les bois utilisés dépendent des ressources locales, pin noir, sapin, chêne mais semble-t-il surtout le hêtre ; L’ordonnance royale des eaux et forêts de 1669 recommande de garder les plus beaux brins de hêtre pour la fabrication des rames de galères.
A la mer, le service du remolat est étendu à d’autres activités ; il doit embarquer des rames de rechange (douze à trente sur une galère), manilles, clous, galavernes (1) et dix huit plombs pour équilibrer les rames imparfaites. Ceci en supplément de ses propres outils. Il intervient pour entretenir ou réparer d’autres espars, boute hors, perteguettes, hastes et bandières (2). Le remolat est donc une variante du métier de charpentier, bien spécialisée, dont la production joue un rôle essentiel dans l’armement  des bâtiments de la marine en bois.
Porthos
(1) Renfort ou garniture appliqué sur le portage de la rame pour éviter qu’il s’use sur le plat bord.
(2) Je n’ai aucune traduction à produire pour ces trois mots…

1 Response to “Un charpentier de marine un peu spécial”


  1. 1 LIVORY Pierre 30 juillet 2014 à 23:31

    En 1965, à Arcachon, j’étais copain avec un rémolat. Il s’appelait le Père Darnis et fabriquait des avirons à longueur de journée et d’année, pour toutes les embarcations du Bassin. Il avait même décroché le marché de Plastimo … c’est dire !


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