La capture des albatros  sur les cap-horniers

Capture de l'albatros - Dessin de GTS - 3,4 MoAu bouchon ou au triangle de liège et de métal garni de lard ?  À la ligne dans les deux cas, le navire marchant à petite vitesse. Louis Lacroix, dans son ouvrage Les Derniers Grands Voiliers, explique qu’il suffisait de filer un bout de fil à voile lesté d’un bouchon pour les attraper. La technique du bouchon est aussi citée par Joseph Adrien, pilotin sur le 4-mâts Bordes Nord en 1890. Mais le fil à voile en guise de ligne de pêche semble bien mince compte tenu de la puissance de ces grands oiseaux des Caps dont les ailes peuvent atteindre  quatre mètres d’envergure.
La version d’Armand Hayet  (1), à savoir l’utilisation d’un triangle appâté est confirmée par Francis Roger, lieutenant de cage à poules chez Bordes qui précise que le triangle était garni d’un morceau de beau lard blanc. Quant à la ligne de pêche en cordage, il fallait la laisser filer quand l’albatros était ferré puis la ramener à bord lentement comme on le faisait pour un thon.
En tuant l’albatros, les marins cap-horniers vengeaient nombre de leurs camarades tombés à la mer dans ces parages redoutables, dévorés par ces grands oiseaux de mer affamés. Tout ce gibier était utilisable : la chair coriace au goût de poisson était transformée en pâté plus ou moins comestible. Utilisés comme poignées des cannes en vertèbres de requins, les becs servaient aussi à fabriquer des porte-manteaux ; les squelettes fournissaient des matériaux pour les maquettes et les bateaux en bouteille ; les pattes étaient transformées en blagues à tabac ; le duvet prélevé sous les ailes permettait de confectionner des édredons mais il fallait le passer au four dans la mayence pour tuer la multitude de poux dont les albatros étaient infestés en dépit de leur blancheur immaculée.
Claude Briot
(1) Us et coutumes à bord des Long-Courriers. Editions Maritimes et d’Outre-Mer. Rennes 1993.
• Illustration : Marin cap-hornier s’apprêtant à lancer son triangle appâté à la vue d’un albatros. Dessin de Gunther T. Schulz paru dans Sailing Round Cape Horn. Londres 1954.

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