Les escales du banc des menteux

image001Où Kerdubon refuse de porter le chapeau melon, pourtant 
so british Nous remontions l’Escravos, un des bras du Niger, pour aller à Burutu, au rendez-vous des barges amenant le coton de Tombouctou. Nous étions probablement le 1er navire à faire cette remontée d’une douzaine d’heures. La rivière était devenue plus étroite, et dans un virage on se planta sous les palétuviers dont les frondaisons caressaient les hommes du gaillard. Heureusement que le second capitaine dont c’était le « poste de manœuvre » n’avait pas obtempéré à l’ordre de mouiller donné dans sa panique, par « le plus bel homme du sud ouest » à la casquette galonnée, car extraire ancre et chaîne des broussailles  marécageuses et des racines d’arbres, eut été un drôle de problème. Un petit coup de marche arrière suffit à dégager le Liberty ship de la berge molle. Dans un autre virage, c’est un paquet de caïmans qui se dispersa sous la vague d’étrave. On l’avait dérangé dans son casse-croûte fait d’une sorte de buffle déjà bien grignoté. L’odeur de pourriture et vase du carnage, nous accompagna un certain temps.
– Tu ne vas pas nous décrire la brousse équatoriale Kerdubonon connaît !… coupa « Le pipeux » du banc des menteux.
– Non bien sûr !… Mais écoutez et imaginez : soudain, droit devant dans une autre courbe du fleuve, une pirogue apparut. «  Sifflez bon sang ! » hurla le grrraaannd commandant… Le sifflet crachota de la vapeur avant de beugler. La pirogue resta imperturbable au milieu des eaux. La chose la plus grosse qu’avaient vu les occupants de la brousse, était un hippopotame, un buffle ou un cochon sauvage… Bien sûr, il n’y a pas d’éléphants par ici, chaque morceau de terre est comme une île de verdure au milieu des multiples bras du delta.  Et notre piroguier se trouvait soudain devant le s/s Mézidon… un monstre de ferraille fumant et sifflant ! « Stoppez ! » Hurla le commandant qui suait de peur… Grâce au courant, le vapeur stoppa… Et la pirogue passa à ras. Son occupant ne nous jeta pas un regard, il devait se demander s’il rêvait un étrange cauchemar, ou s’il avait trop fumé l’herbe magique du sorcier de son village… Il se tenait immobile, debout au centre de son embarcation, sa longue pagaie ramait majestueusement, l’homme était… entièrement nu, mais portait… un chapeau melon typically british  !
– Tel est beaux Messieurs mon rapport du jour au sujet des dires de Kerdubon de Dol de Bretagne.
Signé : Planchet

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