Variations (sommaires) sur sa majesté l’aviron

AvironsLe pêcheur breton ne rame jamais, pour la bonne raison qu’il n’utilise pas de rames... seulement des avirons ; ce faisant, il nage. Tous les marins du Ponant nagent… Dans les eaux du Levant, ça change, le pescadou utilise bien des rames, mais il ne nage pas, il ne rame pas non plus, il vogue… Seuls, les canotiers de Renoir, à Chatou, rament.
Vous avez deviné, ramer, nager, voguer sont à peu près synonymes. Godiller, c’est une autre histoire…
C’est peut-être pour mettre tout le monde d’accord que la sagesse populaire a imaginé l’expression « tirer (ou souquer) sur le bois mort » qui, elle, se comprend partout.
• Voici une occasion rêvée pour rendre hommage à cet antique propulseur, bien méconnu de nos jours.
D’abord, il faut le savoir, il s’agit d’un instrument plutôt complexe, constitué d’une pelle (partie agissante) appelée aussi plat, d’un collet qui raccorde la pelle au bras, lui-même prolongé par un manche portant la poignée. Entre le bras et le manche se situe le portage (point d’appui) revêtu ou non d’une garniture. La pelle est fine, le bras souple, le manche plus épais que le bras pour des raisons d’équilibre. L’aviron est en bois, surtout en  frêne et en spruce.
Evidemment, ces standards ne se retrouvent pas nécessairement sur tous les avirons. Ceux des curraghs irlandais sont franchement rustiques, formés à coups de varlope pour désépaissir la pelle ; ceux des galères, immenses et grossiers, maniés par une chiourme nauséabonde au moyen de poignées multiples, les  menilles, sont  appelés « rames » ; sur les grands bâtiments de l’Etat, vaisseaux et frégates, on arme parfois de longs avirons (8 m) qui passent par les sabords, pour les manœuvres de port. Et sur les doris des terre-neuvas, chaque binôme (un « patron » et un « avant ») souque sur une paire d’avirons sommaires pour aller relever leurs lignes. Bref, l’aviron (ou la rame) se décline en multiples versions.
• Il y a des avirons parfaits, rectilignes, coopératifs voire caressants ; il y en a d’autres, torves, malsains, sournois, rapidement identifiés par les canotiers qui les délaissent. On en trouve la preuve dans cette formulette

C’est toujours le même qui baise l’aviron tordu

… que l’on pourrait traduire par « C’est toujours le retardataire qui hérite du plus mauvais outil » ou, en variante, « C’est le moins entreprenant qui se contente de la fille la plus moche » !
Aramis
Image – Débandade d’avirons sur la chaloupe des permissionnaires. (Dessin G. Bourgain)
PS – Si j’avais eu le temps,  j’aurais demandé à Gérard d’Aboville des détails sur ses avirons. Partie remise…

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