Le piteux destin du « Great Britain »

great_britainSon histoire débute au moment où la propulsion à vapeur commence à intéresser les commanditaires entreprenants. Mais, comme on le sait, cette période fut marquée par des avatars de toutes sortes ; la technique tâtonne… En 1836, il est mis en chantier à Bristol, c’est un grand navire (coque en fer) de 98 m de long x 15,2m de large x 6,5 m de tirant d’eau, équipé d’une hélice de type vis sans fin d’Archimède. Par prudence, il est muni de 6 mâts à voiles carrées et auriques qui se révèleront bien utiles. En somme, un bâtard, moitié voilier, moitié vapeur. En 1845, il effectue son premier voyage de Londres à New York mais, au retour, il casse son hélice (?) et termine cahin-caha sous voiles seules. Réparé, il reprend la mer, sans grande réussite : il s’échoue dans la baie de Dundrum entre Belfast et Dundalk. Remorqué à Liverpool, il est revendu en 1850 à la Gibbs, Bright & Co. Celle-ci le fait profondément modifier : nouvelle hélice, nouvelles machines moins puissantes et gréement réduit à 4 mâts. Dérision ou non, on parle alors de clipper à vapeur. Bien observé ! Car en 1882, il est une nouvelle fois – et radicalement – modifié. On lui enlève sa machine et son charbon, ne lui laissant que trois de ses mâts ; il devient un voilier pur… Las ! le sort s’acharne encore : une tempête l’accable au Cap Horn et il doit se réfugier aux Malouines ; fort mal en point, il est alors utilisé comme dépôt de charbon, puis de balles de coton. Finalement, il est laissé à l’abandon dans un coin du port. Mais en 1933, un coup de torchon arrache l’une de ses amarres et le drosse à la côte à Sparrow Cove ; du coup, il devient une simple carcasse, une ruine plus ou moins oubliée. Ce n’est qu’en 1970 qu’il est finalement « découvert », par hasard, remis à flot et traîné jusqu’à Bristol où il subit une ultime transformation. Il devient un musée, aujourd’hui visitable, dans le bassin même où il fut construit. Happy end donc, pour une histoire mouvementée et finalement assez piteuse.
Milady

1 Response to “Le piteux destin du « Great Britain »”


  1. 1 Pierre Morin 15 mai 2014 à 22:08

    Surpris d’apprendre qu’un bateau à l’abandon sur la côte des Malouines, avec le climat qu’ils ont là-bas, est resté complet pendant près de 40 ans avant d’être ramené en Angleterre. Les sauveteurs on sûrement fait des travaux majeurs pour qu’il supporte le voyage en 1970.


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