Comment faisait-on de l’huile de baleine ?

baleine 3Martin, un jeune lecteur d’Escales nous demande comment on obtenait l’huile de baleine, du temps des baleiniers à voile. Voici, très sommairement, ce que nous pouvons répondre.
• Entre l’instant où le malheureux animal (enfin mort) est  amarré le long du navire et celui où son huile est prête à être stockée, il se déroule une soixantaine d’heures de travail ininterrompu ; c’est épuisant. Le cétacé  sera tranché, décollé, pelé, coupé et émincé (1), en barrettes de graisse (50/60 cm) qui seront mis à fondre dans une chaudière à bois. La fonte est une opération très délicate dont dépend la couleur et la qualité de l’huile. Il faut remuer en permanence l’ignoble bouillon pour lui éviter de noircir. Le capitaine y veille personnellement. Au fur et à mesure, on enlève les résidus appelés cretons qui sont mis à sécher puis ajoutés au combustible.
Lorsque l’huile est faite (elle crépite quand on y jette quelques gouttes d’eau), elle est déversée dans un réservoir appelé couloir pour se refroidir ; puis  mise en barriques (saisies sur le pont) pendant 48 heures avant d’être transvasée dans les barils de cale. Elle est enfin prête…
Le métier de baleinier fut probablement le plus dur de la marine à voile.
• Sur ce sujet, l’excellent bouquin Les derniers baleiniers français du  grand historien maritime Louis Lacroix (capitaine au long-cours) précise qu’un navire de 400 tonneaux peut rapporter quelque 500 barils soit l’huile fournie par une trentaine de cétacés.  Une campagne à la baleine dure entre 24 et 30 mois.  Et en ce temps-là, la ressource n’était pas épuisée…
Athos
• Image – La chasse à la baleine selon Louis Garneray ; rien n’y manque le harponneur et sa lance, l’animal à l’agonie, le navire où l’on dépèce un autre cétacé et la chaudière à huile qui fume comme un vapeur…
(1)  Termes employés par les marins-baleiniers.

5 Responses to “Comment faisait-on de l’huile de baleine ?”


  1. 1 Cdt MINNI 6 mai 2014 à 12:51

    Très bonne idée que de rappeler ce métier de chasseur de baleines; ces marins qui , dès le début du XVI è, fréquentaient le golfe du Saint-Laurent, où ils cotoyaient les Terre-neuvas qui déjà pratiquaient la pêche à la morue « sèche » et la morue « verte ». On lira avec intérêt « Fanche, le Baleinier », de Pierre-Jean Yvon, écrivain malouin , issu d’une famille de Maîtres Voiliers de Saint-Pierre et Miquelon. Ouvrage paru récemment aux Editions Pascal Galodé
    Amicalement
    cdt Marco
    Saint-Malo

  2. 2 BOUCHER le rédacteur 6 mai 2014 à 14:02

    Bonjour,

    Martin lira et voyagera dans les gravures avec profit dans le tome IV de la seconde partie du Traité général des pêches de Henri-Louis Duhamel du Monceau (disponible gratuitement par GoogleBooks sur la Toile).

    En 72 pages, le savant vulgarisateur y décrit et illustre tout, joliment, depuis la bête vivante jusqu’à l’huile embarriquée, les opérations à bord des navires et à terre, les outils et méthodes, depuis la Biscaye jusqu’au Canada et ailleurs. Avec table et index, comme il se doit dans une encyclopédie de 1782.

    Délicieux !

  3. 3 cornou Georges 6 mai 2014 à 19:59

    l’odeur qui règne partout, « du gras » partout : pont, voiles ,sur les hommes, dans les banettes,la nourriture( le plus souvent infecte surtout en fin de campagne ) etc…une porte de l’enfer!
    des marins de l’époque ,les baleiniers sont les plus « bas » ensuite il y a ….les galériens et forçats .

  4. 4 Jean-françois Mury 6 mai 2014 à 20:42

    En lisant « Mobydick » on en apprend beaucoup aussi et c’est passionnant !

  5. 5 Claude BRIOT 7 mai 2014 à 12:28

    On lira aussi avec intérêt l’excellent ouvrage de Thierry Du Pasquier « Les Baleiniers français au XIXe siècle (1814-1868) aux Editions Terre et Mer 4 Seigneurs. 1982. Au Havre, grand port baleinier au milieu de XIXe, l’éclairage public fonctionnait à l’huile de baleine et au spermaceti de cachalot. Les écrits de l’époque parlent de pêche « de » la baleine et non pas pêche « à » la baleine.;. mais je ne veux pas ouvrir une nouvelle polémique !


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