Cabotages québécois

Wiki_TerminalPetrolierLevis• Carte postale du Québec – Le pays ne s’était jamais véritablement approprié sa navigation fluviale. Il y a bien eu de nombreux cabotages, certes héroïques mais à la fois un peu anecdotiques, de denrées diverses entre les régions riveraines, et beaucoup de transport de ressources forestières, des confins campagnards aux compagnies papetières des villes. Puis, dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, les petits caboteurs ont été lésés de ces liaisons régulières de bois et pâte à papier par les gros armateurs canadians (1) et « étrangers » ; le reste du cabotage sur le Saint-Laurent a été écharpé par le camionnage, l’autoroute, la négligence des décideurs puis le désintérêt total. Point final ? Timidement depuis deux décennies, des affairés, bas-la-veste, planchent sur le TMCD (2), le front en accent circonflexe, dans des tours à bureaux dos au fleuve. Il semble que pendant ces réunions de règlementeurs théoriciens, les marins, eux, s’activaient pour la réappropriation de notre Saint-Laurent navigable. Avec succès : fin mars, une nouvelle compagnie de navigation a vu le jour au Québec, et ça prend bonne mémoire d’homme pour trouver semblable développement ! La coentreprise Transport maritime Saint-Laurent inc. a été créée conjointement par la pétrolière américaine Valero Energy et l’armateur québécois Groupe Desgagnés. L’armement a acquis deux pétroliers Panamax – les britanniques Stena Poseidon et Palva – afin de transporter du pétrole brut léger nord-américain entre le terminal de pipeline de Montréal et la raffinerie de Lévis (environ 140 milles). Les détails techniques et financiers de l’entreprise nous échappent au profit du projet maritime lui-même. Les vraquiers liquides sont d’un port combiné brut de 85 000 tonneaux. Ils seront adaptés aux rudes conditions de navigation de notre Mer à nous, aux exigences strictes de sécurité de ce transport d’hydrocarbures, aux réalités marines du fleuve (largeur du chenal et circulation maritime, profondeur et niveaux d’eau variables, etc.) et aux technicalités d’accostage au terminal pétrolier de Lévis. Les deux unités seront livrées en avril ou mai, pour entreprendre (reprendre !) le cabotage avant la fin de 2014. Comme toujours en ces matières maritimes, la nouvelle est passée à peu près inaperçue dans la presse grand public. Peu importe : on sait les marins occupés à autre chose qu’à se pavaner et ergoter. Et c’est fort bien ainsi, la preuve en est encore une fois.
Alain Boucher, le Rédacteur
(1) En anglais dans le texte.
(2) Transport Maritime Courte Distance : locution technocratique et justificatrice d’enveloppes budgétaires pour désigner la réalité maritime connue depuis toujours par le mot cabotage.
 • Image – Le terminal pétrolier de Lévis. Au mouillage, Cap Laurent, 80 000 tonneaux de jauge brute.

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1 Response to “Cabotages québécois”


  1. 1 Pierre Strand Hugg 30 juin 2015 à 17:05

    Electroencéphalogramme quasi plat en France sur ce sujet …


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