Des passeurs aux canotiers, une longue histoire…

Lavoie_CanotGlace• Carte postale du Québec – Concluons. Les passagers qui, aujourd’hui, font le trajet entre Québec et Lévis, en hiver, dans l’entrepont confortable des puissants bateaux à hélice qui se croisent d’une rive à l’autre en quelques minutes, coupant, brisant, refoulant, bousculant des monceaux de glaçons charriés par la marée, et filant droit à travers le chasse neige et les brouillards secoués par la rafale, ne se doutent guère de ce que c’était que la traversée du Saint-Laurent autrefois, surtout par les « gros temps » de décembre et janvier. Le voyage se faisait en canots.
C’est en ces mots, déjà un brin nostalgiques, que notre immortel chroniqueur et poète Louis Fréchette rappelait en 1900 dans La Noël au Canada, cette activité ancrée profond dans l’imaginaire collectif de notre nordicité québécoise.
• Un bon siècle plus tard, l’ethnologue (1) Richard Lavoie, en collaboration avec son homologue Bernard Genest et une fière équipe, a rassemblé les traces et témoins anciens et contemporains de ces traverses hivernales dans ce beau livre, publié en 2012 aux Éditions GID sous la gouverne de la Société Québécoise d’Ethnologie (SQE). Abondamment illustré d’œuvres et photographies d’époque et modernes, l’ouvrage raconte l’ethnohistoire des embarcations et du canotage sur glace aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, l’âge d’or de ces transports et de ces hommes forts aux XIXᵉ et XXᵉ, puis l’évolution du métier de passeur à l’athlète canotier, dès ces mêmes années.
« Déjà pratiquée par les Amérindiens à l’époque de Champlain, la traversée du fleuve en canot à travers les glaces s’inscrit de plain-pied dans l’histoire culturelle du Québec. L’usage prend racine dans la géographie du lieu et dans la genèse même de son histoire. […] Aujourd’hui comme hier, chaque traversée, souvent pratiquée dans des conditions extrêmes, est une victoire sur les éléments. […] la traversée du fleuve est devenue, grâce au Carnaval de Québec, un sport emblématique… »
• Les démarches opiniâtres de la SQE, soutenues par l’étude de Lavoie et Genest, ont assurément contribué à la reconnaissance officielle de cette part de notre identité en tant qu’élément du patrimoine immatériel du Québec. Et maritime avec ça. L’annonce en a été faite au début de février 2014 par notre ministre de la Culture. Il y a de quoi pavoiser haut et clair : bien qu’il fasse indéniablement partie de notre paysage culturel et historique, le fait patrimonial maritime compte peu de manifestations officiellement reconnues (2).
Alain Boucher, le Rédacteur
(1) Au Québec, les ethnologues étudient avant tout le fait culturel francophone en Amérique.
(2) Voir http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca

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