Le comite ? Un brave type, juste un peu violent…

Sur les galères du Roy, la chiourme est là pour expier ; les galiots (galériens) sont enchaînés aux bancs de nage ; c’est là qu’ils rament, vivent, font leurs besoins et dorment. Ce cloaque est surplombé par la coursie (passerelle) reliant l’avant et l’arrière au-dessus des rameurs. C’est le lieu de prédilection du personnage le plus redouté du bord, le comite. Son rôle consiste à faire voguer (ramer) et manœuvrer ceux qui sont condamnés à bastonner la mer ; il a pour cela le meilleur des arguments, un nerf de bœuf impressionnant, dont il se sert sans modération. Lorsqu’il ne frappe pas, il use d’un sifflet d’argent (le fisquet) pour donner ses ordres (il fisque). Mi-terrifiés, mi-haineux, les galériens l’appellent « Notre homme« .
La chiourme se compose principalement de forçats de droit commun ou politiques (huguenots au XVII/XVIIIᵉ) et d’esclaves ottomans, levantins, maghrébins, et autres infidèles, tous désignés sous le nom simplificateur de « Turcs ». S’y ajoutent quelques bonnevoglies, si misérables qu’ils sont volontaires pour faire l’horrible métier. La chiourme n’a qu’un droit, celui d’obéir, et encore, immédiatement… Autant dire que les coups pleuvent. En cas de révolte, le comite est aidé de sous-comites et d’argousins féroces, eux-mêmes assistés de pertuisaniers. Le comite est si violent que, s’il abîme un peu trop un malheureux, il peut être condamné « à un Turc » : il doit, sur ses deniers personnels, acheter un esclave pour remplacer sa victime. Ambiance, ambiance…
Milady

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2 Responses to “Le comite ? Un brave type, juste un peu violent…”


  1. 1 Francis Bergerac 11 mars 2014 à 19:25

    Bonjour,
    J’ai appris il n’y a pas si longtemps qu’une condamnation aux galères n’était jamais à perpétuité afin de laisser l’espoir d’en sortir. De quoi augmenter encore la soumission. A la cruauté physique s’ajoutait une cruauté morale franchement perverse.

  2. 2 cornou Georges 12 mars 2014 à 08:19

    pour plus de détails vrais sur la vie des galériens sous le royal soleil Louis le grand lire les formidables mémoires du protestant Jean Martheil
    le livre existe en « poche » collection « le temps retrouvé « au Mercure de France , (reprise d’une collection nettement de meilleure qualité , format et impression des années 50/70, hélas ! )


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