Les sentinelles du Saint-Laurent se reposent…

Boucher_FleuveRange• Carte postale du Québec – Le Saint-Laurent : rangé pour l’hiver ? Bien sûr que non ! Sur la Voie maritime du Saint-Laurent (en anglais commun le « Seaway », à proscrire) ouverte à l’année jusqu’à sa première écluse, la navigation est permanente entre l’Atlantique et le port de Montréal. Mais, la glace non plus ne prend pas congé et les bouées d’été doivent être rangées pour empêcher leur perte dans l’écoulement du pack. Tout y passe, vous imaginez le barda (1) de baliseurs : bouées latérales et cardinales, bouées de danger et spéciales (mouillage, avertissement, contrôle, obstacle, amarrage, renseignements, acquisition de données océanographiques, etc.). Et retour au printemps ! Les bouées indispensables, essentiellement des latérales dans le secteur fluvial, sont remplacées par des espars d’hiver, longs cylindres colorés qui flottent debout et se couchent sous le passage des glaces.
Pendant cette incessante tourmente semi-diurne et aux trente-deux vents du Saint-Laurent, de novembre à mai, les bouées d’été sont bichonnées puis rangées là. Exposées à la vue des promeneurs attentifs et sensibles, elles participent de tous ces petits détails de notre mer à nous.
Alain Boucher, le Rédacteur
• Image : Flottille de bouées d’été embatturées (2) à la base de Québec de la Garde côtière canadienne (Photo A. Boucher).
(1) Usage québécois : ménage, nettoyage.
(2) Néologisme de bon aloi, usage ici par extension jolie : posé sur la batture, l’estran

3 Responses to “Les sentinelles du Saint-Laurent se reposent…”


  1. 1 jean-loup 5 mars 2014 à 21:20

    Superbe ! On n’aurait pas imaginé, ici, la coupe au rasoir des glaces sur le balisage !

  2. 2 COKELUNDE 7 mars 2014 à 15:52

    Question pour Alain :
    Félicitations pour ces chroniques !
    Lors d’un voyage en juin en Gaspésie il y a 2 ans je n’ai vu que très peu de bateaux sur l’eau : quelques rares bateaux de commerce au loin, des bateaux de pêche à quai, 2 ou 3 plaisanciers…et des baleines.
    A qui sont destinées toutes ces bouée dans ces conditions ?

    Votre pays est magnifique;
    J’ai aussi vu l’Ontario (Thunder-Bay) au moment de l’été indien : splendide ! mais tous les bateaux (sauf la petite vedette de la police) étaient déjà rentrés à l’abri.

    Bien cordialement

    JP L

  3. 3 BOUCHER le rédacteur 15 juin 2014 à 16:11

    Bonjour Cokelunde, désolé du retard à répondre.

    La réponse triste à votre question est : en effet, il n’y a que peu de bateaux de plaisance en cette rive sud du grand golfe ; pas de base navale sur le Saint-Laurent ; peu de pêche parce que plus de poisson ; moins de bateaux parce qu’ils sont de plus en plus gros…

    Je préfère la réponse positive.
    La saison de plaisance est fort courte et les conditions difficiles : les plaisanciers sont peu nombreux à descendre si bas que la Gaspésie, elle-même peu peuplée. La baie de Gaspé, chef-lieu de la Gapésie, ne se déprend des glaces qui l’enferment totalement que vers le 7 mai ! Généralement en juin, peu de bateaux de plaisance sont au ponton, partout au Québec. Il en est de même pour les saisons des pêcheurs, dont l’industrie est en constante et courageuse restructuration depuis les chutes de stocks.

    La navigation de commerce enregistre plus de cinq-mille mouvements de navires au Québec (moitié en montant, moitié en descendant. On se rappelle que la navigation cesse complètement en amont de Montréal, de mi-décembre à fin de mars). Ceci ne comprend pas les nombreuses traverses, les bateaux de travail et de service, les dessertes, la recherche scientifique, la patrouille, etc. Le cabotage (on dit ici TMCD, transport maritime courte distance) est en reconstruction. Dans le golfe, les grands ports océaniques sont surtout en bas (en aval), sur la rive nord (Sept-Iles, Port-Cartier, Baie-Comeau), puis ailleurs loin en amont sur le fleuve (Québec, Trois-Rivières, Montréal).

    Le Saint-Laurent est réputé être un des plans d’eau les plus périlleux du monde, en raison des courants, marées, hauts-fonds, passes, vents, affluents, obstacles naturels, caprices météo, chenaux navigables, parcours, dimensions, etc. Et pourtant, les accidents maritimes y sont fort rares.
    Voilà à quoi (plutôt qu’à qui) servent toutes ces bouées. Et on n’a pas encore écrit ici sur nos phares, feux, amers, alignements, services de trafic maritime, pilotes, centres de sauvetage, garde côtière…

    Merci JPL d’ouvrir cette porte !


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