Quand la mer se fâche… pour de bon !

GIECQuelques réflexions – Les spécialistes du GIEC (1) le disaient depuis longtemps : les phénomènes atmosphériques dus au dérèglement climatique seront de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Une affirmation qui sonne comme une alerte. Pourtant, la plupart de nos concitoyens n’en ont qu’une conscience fort limitée. Il a fallu l’hiver ravageur que nous venons de connaître et les images-choc qui ont inondé nos écrans pour qu’ils se rendent compte que les bords de mer ne sont pas que bronzette et châteaux de sable.
Aujourd’hui, alors que tout est fini, (pardon, suspendu pour une durée indéterminée), on peut essayer d’y revenir calmement.
• Est qualifiée de tempête, une perturbation atmosphérique dont les vents dépassent 89 km/h soit 48 nœuds. Ces vents lèvent des vagues de grande hauteur qui, conjuguées à un fort coefficient de marée, peuvent élever sensiblement la hauteur de l’eau. Durant la tempête Ulla du 14 février, la mer est montée de 7,48 m à Brest par rapport au zéro hydrographique (dit aussi zéro des cartes ). Le vent a dépassé les 130 km/h en de nombreux points du littoral normand et breton, basque ; or, 130 à l’heure correspond à la force de l’ouragan  dans la célèbre Echelle de Beaufort… C’est considérable.
• Alors, les bons franchouillards que nous sommes, se posent la question du risque causé par de tels déferlements. Pour les professionnels de la mer, marins de toutes catégories, le risque est évident ; ils en tiennent compte. Eux, savent. Pour les riverains c’est autre chose. La soif de résidences secondaires pieds dans l’eau est telle, qu’ils ont construit au plus près de la mer jolie ; aujourd’hui, ils commencent à s’inquiéter, avec quelques raisons ; on a vu les images. Le littoral est menacé, les plages dunes, digues, ports, peuvent se faire balayer par un coup de mer un peu plus violent que les autres. Et beaucoup restent à venir (2). Du coup, le tourisme et les agents immobiliers ne dorment plus tranquilles. La mer est là pour longtemps et les bonnes affaires seront plus rares. Fallait y penser plus tôt…
• Curieusement, il n’existe pas à ma connaissance de cartes globales des zones menacées sur notre littoral ; il n’y a que des études de submersion départementales (donc d’intérêt local) réalisées par des cabinets différents, établissant une carte des risques pour chaque portion de côte. De cartes d’ensemble, précises, compréhensibles, point.
J’ai donc rassemblé les données que j’ai pu trouver et elles ont de quoi faire frémir. C’est la plus grande partie de nos côtes qui pourrait être affectée. Qu’on en juge. Une montée des eaux (maritimes) de 2 mètres  atteindrait plus ou moins :
– Dunkerque, Calais (59),
– Carentan (50),
– Vannes, Carnac (56),
– La Baule, Saint-Nazaire, Nantes (44),
– Noirmoutier, La Tranche, L’Aiguillon-sur-Mer, Beauvoir-sur-Mer (85),
– Ile de Ré, La Rochelle, Rochefort, Oléron, Marennes, Royan (17),
– Bordeaux, Blayes, Ambarès, La Grave, Le Verdon-sur-Mer, Lacanau (33),
Et en Méditerranée :
– Le Canet Plage, Bacarès, Le Tech (66),
– Port-la-Nouvelle (11),
– Agde, Valras Plage, Sète (34),
– Toutes les terres basses de Agde à Port-Saint-Louis-du-Rhône.
– Marseille, Berre l’Etang (13),
– Hyères, Fréjus (84).
Ces données sont pour l’essentiel en provenance de la NASA, mais pas seulement. On s’étonne de n’y point trouver les plages du Nord ou du Calvados, celles du Pays Bigouden ou du Golfe du Morbihan, Bayonne ou Biarritz… Quant à la surface submergée, je n’ai trouvé aucun document clair et lisible la délimitant avec quelque précision.
Rien de réjouissant au total, mais qui pourrait faire réfléchir les inconditionnels de « vue sur la mer »… et les maires complaisants au moment de la signature des permis de construire.
• Il faut que ceci soit su (et éventuellement corrigé) pour que le citoyen puisse au moins se faire une idée de la réalité des choses.
• A noter que les Pays-Bas, dont  26 % des terres sont au-dessous du niveau de la mer, au lieu de construire ou reconstruire leurs digues, en ouvrent certaines à la mer pour que les tempêtes s’y épuisent dans d’anciens polders. Les fermes qui y avaient été construites, seront détruites…
Porthos
(1) GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.
(2) A l’heure où j’écris la tempête Christine est en cours…
• Graphique : élévation du niveau de la mer + fortes marées + vents violents = risques accrus de submersion (Image GIEC).

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5 Responses to “Quand la mer se fâche… pour de bon !”


  1. 1 BELLENFANT Joël 4 mars 2014 à 19:01

    C’est vrai mais on en revient toujours à la loi littoral et au bons sens. Il n’y a qu’à regarder où sont implantés les « vieux bourgs » pas sur la côte. C’est une question de bon sens, mise à mal par le profit, la bêtise et l’incompétence des élus, des agences immobilières, promoteurs, mais aussi des particuliers qui même avertis veulent être au plus près, et bien dans ce cas pas d’indemnité surtout payée par le contribuable. C’est quand même incroyable cette manie de certains égoïstes disant je fais ce que je veux, je construis où je veux ?
    Attendons les procès de Xynthia pour voir si l’on condamne les vrais responsables.

  2. 3 Nicoledl 5 mars 2014 à 11:15

    Les phénomènes de plus en plus fréquents et violents c’est une évidence, il ne reste qu’à prendre conscience aux niveaux responsables…et à agir.

  3. 4 serge 6 mars 2014 à 19:30

    « les specialistes du GIEC  » ç,est une blague ! vous etes mal informé ou vous participez a propagande des rechauffistes ?

  4. 5 escales maritimes 7 mars 2014 à 09:47

    Vous avez raison. Nous sommes mal informés, il n’y a pas eu de tempête cet hiver, le niveau de la mer est stable et les glaces du Pôle se portent bien.
    Ou est la blague ?
    Porthos


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