Chronique du Québec : Notre Mer à nous…

J’ai cherché. Rien. Pas un mot sur le Québec, bien encore moins sur le Saint-Laurent. Quelques lignes sur le triste Canada, cette impossible nation, pour évoquer surtout des bateaux fantômes abandonnés par lui dans ses eaux limitrophes (je n’ai pas écrit nationales, c’est interdit de s’abandonner dans la nation), ou venus d’ailleurs et bientôt peut-être échoués en les susdites eaux. Ou encore pour raconter comment le Pôle Nord fond et ne sera plus canadien tantôt mais bien russe, à coup de brise-glaces nucléaires soviétiques. Complément d’information : le gouvernement terrien de ce Canada a annoncé la construction d’une vingtaine de navires pour remplacer une partie de la vétuste flotte de la garde côtière, dont la moyenne d’âge est de 33 ans. Les nouvelles unités devraient être livrées… dans dix ans. Tout de même, c’est du solide, ces vieilles bailles ! Mais pas assez pour vaincre le Pôle. Qui finira russe, je t’assure. Et pendant ce temps-là, rien sur le Québec dans ces Escales Maritimes. Peut-être n’y a t-il rien à dire, à ce rythme de la garde côtière canadienne ? à l’image des volontés maritimes du Canada ? ou des lentes dérives de navires fantômes ?
• Mais bien sûr que non. C’est qu’il ne manquait qu’un raconteur-contributeur-suggestionneur. Puisqu’il y a tant à dire, même délaissant cet improbable et sec Canada pour concentrer notre regard tous azimuts sur notre Mer à nous, toute seule, au Québec seulement. C’est ce qu’Escales Maritimes m’a offert, et on ne refuse pas une si jolie invitation. Nous aussi avons des bateaux de mémoire (à défaut de mémoire de bateaux, mais nous y viendrons), des images pour le plaisir et des menteux sur les bancs (on dit ici, en certains endroits, des chouenneux, on en reparlera) ; nous aussi aimons les livres, la science, les arts et les chansons ; les belles filles et les copains et les coups de cidre. La vie quoi… À raconter.
• Notre Mer à nous. Oui je sais, c’est bien un fleuve et un estuaire ; c’est aussi un golfe. Le fleuve est le neuvième en longueur au palmarès mondial : pas de quoi pavoiser. En revanche, l’estuaire est le plus vaste de la Terre et le golfe, à lui seul, une mer intérieure. À cette échelle, le Saint-Laurent est bien notre Mer à nous. Surenchère lexicale, nous appelons montagnes ces collines d’environ 1 000 mètres qui surplombent la vallée du Saint-Laurent des deux bords, Laurentides au Nord et Appalaches au Sud. À défaut d’avoir les plus hautes, nous avons les plus vieilles, et nos montagnes peuvent bien faire vigie sur notre mer, non ? On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.
Trêve de placotages ; je veux avant tout dresser le décor, en images parce que raconter le Saint-Laurent par écrit, même simplement, occuperait les Escales tout entières pour des mois à venir. Et voici qu’il se présente une généreuse aubaine : plutôt que de me lire jusqu’à l’ouverture de la saison de la crevette de Matane, je vous invite à regarder l’exceptionnel reportage réalisé par Radio-Canada, diffusé durant l’émission La Semaine verte en deux épisodes, (1) les samedis 8 et 15 février 2014. Le regard posé y est d’abord environnemental mais serait-il marin, administratif ou mystique, il y resterait toujours cette extravagante géographie de notre Mer à nous. Racontée en deux heures, oui une aubaine ! Cette Semaine verte collectionne également d’innombrables images et mémoires d’hommes et de bateaux, dans la série Le Saint-Laurent – mon fleuve mon histoire. Je vous y laisse, vous avez toute notre Mer à vous !
Alain Boucher Le Rédacteur
(1) Sur http://www.tou.tv/la-semaine-verte/S2013E21
• NDLR : il y a un peu de pub, virez-la !

2 Responses to “Chronique du Québec : Notre Mer à nous…”


  1. 1 Jacques Larrouy 21 février 2014 à 19:54

    Bravo Alain et bienvenue chez tes cousins !

  2. 2 Patrice Petit de Voize 22 février 2014 à 12:20

    Bienvenue en effet à nos cousins de la Belle Province…pour avoir pratiqué quelques années le Seaway et ses grands lacs, je suis témoin que le Quebec…voire le Canada est plus qu’aquatique, sinon marin ! et même si, comme plongeur j’y ai trouvé l’eau des Escoumins plus que fraîche, j’y ai vu de bien belles choses et suis prêt à y retremper mes palmes !


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