Le monstre dont il faut taire le nom (suite)

lapinÇa n’a pas manqué, vous avez enrichi nos connaissances… (Voir notre billet du 29 janvier).
Reprenons. Le L… est donc un animal maudit, tabou, innommable. Seulement, dans la conversation de tous les jours, à bord, en famille ou au Café du Port, il arrive qu’on soit obligé de parler du terrible rongeur. Comment faire ? Malin, le marin a inventé des pseudonymes transparents, déchiffrables par le premier moussaillon venu. Les plus courants sont  le Cousin du lièvre ou l’Animal aux longues oreilles, la Bête à poil ou simplement la Bête ; ou encore (plus prudent et d’un air entendu) Qui tu sais… Tout le monde comprend.
Mais il y en a d’autres que même Porthos ne connaissait pas… Grâce à vous il va les apprendre.
• Jean-Louis dit : Le rongeur en question est également connu (et redouté) sous le pseudo de Langoustine des prés… probablement en raison de ses longues antennes et de sa manie de creuser des terriers.
• Francis confirme : Langoustine des prés.
• Senoville reprend ce même vocable qu’il attribue – autre variante – au Chat à longues oreilles qu’il appelle aussi Langoustine des champs.
• Guy rapporte Beleu beleu, un peu mystérieux et moins champêtre.
André a entendu des Cancalais dire le Sujet aux grandes oreilles ou plus simplement le Sujet. Dès qu’il y avait un ennui, on disait : le Sujet a encore frappé !
• Jean-Marc, qui a navigué à la pêche, raconte que le mot courant était Checheuil ; certains patrons refusaient d’en embarquer ou alors exigeaient du cuistot qu’il le cuisine avant de mettre en pêche.
• Deheusch cite le dicton «  Longues oreilles, robes noires, capes de moire font du marin le désespoir »  allusion aux ecclésiastiques, aux femmes et aux rongeurs mal vus à bord.
• Et si vous le permettez, j’ajouterai un autre contournement consistant à taire le nom et le remplacer par un petit sifflement sur deux notes ; ou alors : pointer ses deux index au-dessus de son front, mimant l’appareil auditif de l’innommable.
Il y en a sûrement d’autres… Mais pourquoi tant de haine ?
Cyrano
• Image – Sous cette forme, il est peut-être moins redoutable… (Aquarelle C. Verdier)
PS – Dernière minute : Lou Frisa dit avoir entendu  » cul blanc « .

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9 Responses to “Le monstre dont il faut taire le nom (suite)”


  1. 1 LOU FRISA 4 février 2014 à 14:20

    J’ai entendu aussi « Cul Blanc »

    Lorsque j’étais dans la Marine Nationale ou je me suis un peu occupé de patrimoine j’ai entendu dire par un ancien directeur du musée de la Marine qu’il y avait eu dans les années 1990, une étudiante en histoire qui avait fait sa thèse sur la bête et qui en fouillant toutes les archives de la MN n’avait jamais trouvé un cas de bateau qui ait coulé suite aux dégâts occasionnées par cette dernière..

  2. 2 Jean Paul Hellequin 4 février 2014 à 14:38

    Lorsque j’étais cuisinier à la Grande Pêche ou aux ABEILLES j’en cuisinais parfois, les Équipages trouvaient super, mais la Baptisaient avec parfois de drôles de Prénoms…..
    JPH…..

  3. 3 escales maritimes 4 février 2014 à 15:09

    Lesquels Jean-Paul ?
    Amitiés
    M D

  4. 4 nicoledl 4 février 2014 à 19:10

    Moi je trouve bien injuste ces mauvais sentiments au sujet d’une si gentille bestiole…je sais par expérience qu’il ronge tout, fils électriques compris, mais je voudrais bien voir un récit qui prouve qu’il ait fait couler un navire !!

  5. 5 CLAUDE KERMOAL 4 février 2014 à 19:26

    Petite anecdote !!!
    J’ai navigué avec le Père Jaouen sur le Bel Espoir de 1972 à 1974
    Nous avions avec nous comme commandant, le Commandant Labens, un heros des corvettes de la France Libre, qui veillait a ce que l’animal aux grandes oreilles ne vienne pas perturber la vie du bord.
    Un matin horreur!!! le Père Jaouen qui était également chef cuisinier, annonçait très fièrement en narguant le commandant , qu’il avait acheter des lapins chinois congelés et que nous allions nous régaler pour le repas du midi
    effectivement tout l’équipage c’est régalé, sauf le commandant qui n’est pas sortie de sa cabine pendant 2 jours

  6. 6 JL Dauga 4 février 2014 à 23:16

    Si il n’y a pas de récit, c’est parce qu’il n’y a pas de survivant !

  7. 7 Quiesse Guy 5 février 2014 à 09:15

    Il devait bien avoir un couple de ces monstres sur l’arche de Noé ? C’est un rare cas d’embarquement garanti !

  8. 8 BernardB-ATM 5 février 2014 à 10:28

    couler un navire , non pas, mais mettre à mal cordages et voiles en réserve ça oui ! et allez déloger un rongeur (même avec des petites oreilles – et une longue queue) qui s’invite à bord……

  9. 9 seik 6 février 2014 à 14:54

    j’ai connu un voilier nommé » polop polop « qui marchais vraiment très bien .
    et un autre ; » y’a des traces de pneu dans dans la purée du petit  » qui reflétais une situation conjugale tendue par l’amour de la régate !!!


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