Les escales du banc des menteux

• Où Kerdubon devient le témoin d’un miracle inattendu – Après le déchargement d’une partie de ma cargaison à Tripoli, port et capitale de la Libye du Saint Prophète Kadhafi, nous sommes allés à Benghazi où il a fallu mouiller parmi 150 navires en attente sur rade. La capacité du congélateur, en cambuse, ne nous avait pas permis d’embarquer plus de vivres au Sultanat du Baroque, non plus qu’à Tripoli où nous avions déjà passé 3 semaines. J’ai envoyé par radio une commande d’urgence à notre agent. Au bout de deux semaines d’attente, nous sommes entrés dans le vieux port de Benghazi. Une charrette à bras nous attendait. La dizaine de poulets livrés était au prix du… filet de bœuf, et l’eau douce à celui du Saint-Emilion !… Résultat, comme on pêchait beaucoup : petit dèj’ le matin : poisson, repas du midi et celui du soir : poisson. En guise de pain : des galettes de semoule à couscous, la farine étant épuisée, celle de terre impossible à obtenir, même au prix de l’or ! Un cargo de « Marseille fret » était saisi, les Libyens demandaient plus que sa valeur pour le libérer !… Tout cela parce qu’une bouteille de whisky non déclarée aurait été découverte à bord nous dit-on. Il faudra attendre un an pour qu’un navire Libyen soit à son tour saisi en représailles à Marseille et échangé… Notez que la bouteille de whisky ne fut pas rendue.
On connaît l’histoire Kerdubon !… protesta Henri du banc des menteux !
– Ce que vous ne savez pas, c’est que derrière nous, un cargo déchargeait des conteneurs pour le palais et la suite du Saint Kadhafi.– Evidemment, une nuée de flics, motards et autres poulets  brandissant kalachnikov, hurlant ordres et contre ordres, protégeaient la précieuse cargaison. Soudain, dans cette pagaille régnante, un cartahu péta. Le conteneur en cours de déchargement chuta et s’ouvrit comme un melon trop mûr. Un flot de cartons de « Johny Walker » en jaillit ! Tous les dockers se précipitèrent, et sous les djellabas propices, l’évaporation du liquide sacrilège fut considérable ! Le port de Benghazi était encore plus encombré que celui de Tripoli. Des montagnes de marchandises pourrissaient au soleil, il fut facile aux misérables et impies… pécheurs, de disparaître derrière en un clin d’œil, tandis que, les bras au ciel, devant sans aucun doute le miracle de l’eau minérale déclarée, transformée en bon whisky écossais, les contremaîtres et chefs de la police, rassemblaient ce qui n’avait pas disparu. L’évaporation réelle des bouteilles cassées dans leur chute, créa des vapeurs qui changèrent l’odeur normale de merde et pourriture des quais et certainement enivra plus d’un… innocent aux mains pleines !
– Tel est beaux Messieurs, mon rapport des paroles sacrilèges de Kerdubon.
Signé : Planchet

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