Vivre là, heureux…

o-k-tevennec20kkLe phare de Tévennec dressé sur un éperon minuscule, limite avec le phare de La Vieille le redoutable passage du Raz de Sein (1). Depuis 1875, le rocher porte tout en haut une petite tour carrée à laquelle est accotée une maisonnette minimale : tourelle carrée centrée en pignon. La légende dit que l’endroit est maudit ; c’est par là que passait la Barque des morts gouvernée par l’Ankou (2) en route pour l’île Sein, dite aussi Ile des morts. Il traîne beaucoup d’histoires sur ces parages terrifiants où les oiseaux de mer criaient aux insensés qui passaient par là,  « va t’en, va t’en… » Il y eut des morts, un suicide… Il se dit aussi que des gardiens y seraient devenus fous. Pour contenir la malédiction, on dressa une croix en fer qui n’y changea rien. Toutes choses qui font délicieusement frémir les touristes d’aujourd’hui, massés sur le pont de l’Enez Sun.
• Mais qu’en fut-il vraiment ?  Comment pouvait-on vivre dans des lieux aussi désolés ? J’ai lu quelque part (où ?) qu’au début du XXᵉ siècle, un couple de gardiens (mari et femme) les Quéméré, s’installent avec leur nourrisson dans la petite maison du feu (deux pièces habitables). Ils y restèrent cinq ans dans des conditions à peine imaginables (par tempête la mer passe par-dessus le feu à 14 m), eh bien ils y eurent trois autres enfants. Les Quéméré jouissent pourtant d’un confort très relatif : quelques poules, une vache, importée avec son fourrage, car aucune herbe ne pousse sur Tévennec. Le ravitaillement « officiel » n’a lieu que tous les 15 jours… si le temps le permet. A la fin de sa vie, madame Quéméré aurait déclaré qu’elle avait passé là, les meilleures années de sa vie. Décidément, le bonheur n’est pas que dans le pré…
Mousqueton
(1) Anciennement Raz de Fontenoy.
(2) La Mort dans la mythologie bretonne

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3 Responses to “Vivre là, heureux…”


  1. 1 Patrice Petit de Voize 29 décembre 2013 à 20:07

    J’ai eu plusieurs fois l’occasion de plonger autour de Tévennec…le rocher qui porte le phare est percé de part en part par une sorte de tunnel qui peut se retrouver vidé d’eau par trés forte houle. Lorsqu’il se remplit au retour de la vague, l’air est comprimé à l’intérieur et sort avec une sorte de beuglement qui devait certainement contribuer à accréditer la thése des démons et autres personnages infernaux ! C’est assez impressionnant, même quand on sait ce qu’il en est !

  2. 2 Minet 29 décembre 2013 à 21:31

    Ben ce que tu a lu c’est probablement dans « feux de mer » de Louis Le Cunff paru il a déjà du temps.
    Cordialement
    J. Minet

  3. 3 Criss 30 décembre 2013 à 11:55

    Le séjour le plus long (7 ans) est sans doute celui du gardien Coquet qui pour quitter le Tévennec demande à aller sur Gorlebella! Il faut vraiment aimer le raz de Sein. Le couple Quéméré s’ est ensuite installé sur les Moutons en presque autonomie et ils eurent en tout onze enfants. N’oublions pas que les gardiens devaient passer d’enfer au purgatoire avant d’aller au paradis…


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