Le Salon nautique n’est plus au vent de la bouée

vieux salon 1DSCN3590• Dimanche 15 décembre – A l’issue de ce Salon un constat s’impose : la formule actuelle s’essouffle. Exposants et Plaisanciers n’y trouvent plus leur compte. Beaucoup, (mais alors beaucoup) de visiteurs, sont venus voir « la grande fête du nautisme »… et sont rentrés chez eux.
Or, à ma connaissance, le Salon est un lieu sérieux où des exposants sérieux discutent avec des plaisanciers sérieux…
Ce n’est plus ça.
• Au lieu d’être exclusivement consacré à l’information du visiteur, le Salon est peu à peu devenu un attrape-tout où se bousculent la carpe et le lapin (Oh ! pardon…) : stations touristiques, syndicats d’initiatives, compagnies d’assurances,  sociétés de crédit, institutionnels, fournisseurs de jeux de plage,  etc. Le visiteur a bien du mal à s’y retrouver. Il se fout pas mal du tam-tam des podiums qui, finalement l’indispose. Eh bien, entre les documentations souvent mal ficelées, la disponibilité des vendeurs aléatoire, les rendez-vous obligatoires, et les stars qui-causent-dans-le micro, etc., il ne doit compter que sur lui-même. Ce n’est pas franchement le rôle d’un salon…
• Bref, quelque chose s’est perdu. La formule actuelle a le hoquet. Les organisateurs pourraient réfléchir aux commentaires envoyés à Escales comme aux réflexions entendues ici ou là. Je cite : Le Salon est trop clinquant,  je ne suis pas ici pour m’éblouir, je suis ici pour voir des bateaux, seulement des bateaux – Il faudrait deux Salons, l’un pour les bateaux, l’autre pour le tourisme, mélanger les genres est stupide – Un Salon par an c’est trop, un tous les deux ans, nous permettrait de voir de vraies nouveautés –  Deux Salons seraient mieux, l’un dédié aux grosses unités (l’export), l’autre à la petite plaisance – Payer 15 Euros pour ça, c’est trop cher !
Il y a du désamour dans l’air
• La Plaisance se rétrécie ; sans l’effort considérable des chantiers bretons, la petite et moyenne Plaisance aurait été quasi inexistantes. Que sont devenus les autres ? Ce constat est attristant.
J’ignore quels seront les effets de ce Salon très spécial sur l’avenir des chantiers et la survie de la voile. A part pour les organisateurs (Reed et Rivacom), je doute qu’ils soient très profitables…
Il est plus que temps de mettre à plat une formule qui a perdu son âme et que la crise aggrave un peu plus chaque année. C’est l’intérêt de l’Industrie nautique, c’est aussi celui des Plaisanciers.
Aramis
• Images – A gauche : 1973, la plaisance populaire tient salon (l’entrée est gratuite) – A droite : 2013, le hall 1 dominé par les voiliers de luxe…

1 Response to “Le Salon nautique n’est plus au vent de la bouée”


  1. 1 Henri Bourdereau 15 décembre 2013 à 12:21

    Ce bilan du Salon est certes attristant , mais il n’est pas uniquement du à une offre trop haut de gamme et à des vides remplis par des stands touristiques ou autres.

    Quand voudrons nous comprendre que la crise de la plaisance est en grande partie une rupture générationnelle.

    Nous sommes nombreux – d’un certain âge, hélas – à avoir embarqué, initié et formé nos enfants qui furent d’ailleurs en grandissant d’excellents équipiers, entraînant à leur tour leurs copains et naviguant beaucoup sur les voiliers de croisière de leurs parents. Quand la vie est passée par là – compagne ou compagnon et puis enfants – il n’en n’est pas resté grand chose. Parfois par le peu d’appétence de la “pièce rapportée” à cette activité mais aussi surtout par l’explosion des loisirs aussi divers que variés incompatibles avec la plaisance, relativement absorbante il faut le reconnaître. Mentionnons notamment l’équitation qui a envahi les loisirs féminins, mais on pourrait y ajouter bien d’autres activités plus ou moins futiles générées par notre société de consommation à outrance. On pourrait aussi y ajouter le phénomène de société des familles décomposées et recomposées qui est parfois incompatible avec les pratiques nautiques.

    Dans ces conditions puisqu’il n’ y a plus de demande on peut comprendre que l’industrie nautique ne fasse plus d’offre à un secteur de clientèle en déshérence. On peut le déplorer mais ce n’est pas complètement la faute de l’industrie nautique ou de l’organisateur du salon. Les deux photos, l’une du CNIT en 1973 avec tous ces voiliers de croisière moyens et celle du salon actuel avec ses très grandes unités est bien significatif de cette évolution malheureuse.

    Le marché de l’occasion est la première victime de cette situation. Hélas, combien de voiliers de croisière en bon état, que nous pourrions qualifier de familiaux, sont en train de pourrir au fond d’un bassin ….


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