Portrait de bateau : le Doris

DorisC’est l’un des plus modestes bateau de travail, (pêche à la morue) mais aussi l’un des plus fonctionnels de l’histoire de la pêche. Il apparaît en France autour de 1877, inspiré par les formes des bateaux américains et utilisé par les voiliers morutiers. Selon ses versions, il mesure 6 m, parfois plus, parfois moins… Sa formule repose sur une extrême simplicité de construction, fond plat, bordé à clins, coque bien tonturée pincée aux deux bouts, étrave élancée et fermée à l’arrière par un petit tableau en écusson. Armé à l’aviron par deux hommes (un patron et son matelot), il peut à l’occasion gréer un petit mât avec voile au tiers et un foc. Parfois aussi les marins y ajoutent  même un tape-cul. Il est, en principe, construit en sapin du nord rivé au cuivre. Sa silhouette donne une impression de finesse, de rusticité et de robustesse. Il n’est pourtant guère solide, sa durée de vie moyenne étant de deux à trois ans.
L’une de ses qualités des doris est d’être empilables, c’est-à-dire qu’on peut les emboîter les uns dans les autres pour gagner de l’espace à bord du morutier.
• Les doris sont essentiellement utilisés sur les terre-neuviers d’où ils vont mouiller, puis relever, les lignes de fond au large de Terre Neuve (1). Rapidement adoptés par les marins de Saint-Pierre et Miquelon puis par ceux de Bretagne et Normandie ils furent construits par centaines.
Un mot sur notre image qui représente un authentique doris du début du XXᵉ siècle sur la plage de Carolles (50). Les personnages prennent la pose dans des tenues très terriennes dont cet original, bien installé dans l’embarcation, pour y lire son journal. Ce pourrait être aussi une excellente Image pour le plaisir
(1) Longues de 4 000 m (!), mouillées le soir et relevées le matin.
Image, collection Escales Maritimes.

9 Responses to “Portrait de bateau : le Doris”


  1. 1 Pierre Strand Hugg 6 décembre 2013 à 17:04

    Leur durée de vie dépendait de l’usage, si elle était brève « aux bancs », utilisé comme annexe à Granville-Chausey, ils pouvaient durer une bonne dizaine d’années, avec parfois une réfection de la sole .

    Ajoutons que c’étaient d’excellents bateaux car aux bancs, en recoupant les récits des anciens, ils travaillaient par jolie brise. Avons-nous d’autres précisions sur cette question ?

  2. 2 Patrice Petit de Voize 6 décembre 2013 à 17:20

    Un peu de nostalgie, souvenir de mon enfance au début des années 50 à Cancale et StMalo ou le doris était partout, et ou quelques « canots » faisaient figure d’intrus ! Aujourd’hui ils sont rarissimes…

  3. 3 escales maritimes 6 décembre 2013 à 18:25

    La mieux placée pour répondre est l’Association « Fécamp Terre-Neuve » ; voir son adresse dans le site des amis d’Escales.
    Amicalement.
    M D

  4. 4 MINNI Marc 6 décembre 2013 à 19:26

    Dans le CHASSE MAREE N°33 est paru un article très complet sur le doris et son utilisation à Terre Neuve. C’est une embarcation très solide qui peut porter pour le 6 mètres pratiquement 2 tonnes. A tosser, chargé de morues jusqu’à la lisse, le long des goélettes durant 7 mois de campagne, le doris ne faisait que deux campagnes (règlement de l’Inscription Maritime). Le matelot à bord du doris était nommé « l’avant de doris ». Enfin, la couleur extérieure rouge-brun était également règlementaire avec un N° à l’avant pour remplir le carnet de pêche obtenu par les marins, lors des grèves de 1910-12.
    Chaque doris tendait 3 km de lignes tous les jours, soit 2000 hameçons boëtés avec du bulot.
    Dans la région malouine et de Rance, les chantiers au début du XX ème, construisaient jusqu’à 250 doris/an.
    CDT MARCO
    Saint-Malo
    A consulter également le site de « MEMOIRE ET PATRIMOINE DES TERRE NEUVAS » :
    http://www.mpterreneuvas.fr

  5. 5 MIGNOT Jean Claude 7 décembre 2013 à 07:55

    bonjour,
    j’ai une petite connaissance des doris, avec des variantes allant de 6 à 9 mètres, le doris fut le premier bateau sur lequel j’ai fait mes premières armes de petits navigateurs de loisir que je suis, j’aidais vers les années 70, les pêcheurs locaux de la côte du Calvados, plus précisément ceux de Lion Sur mer, à pêcher des moules dites sauvages aux râteaux sur les bancs de Lion et Luc connus en ces moments là pour des gisements abondants à quelques encablures de l’estran, nous pouvions en rapporter jusqu’à deux tonnes, qui après avoir été « étraillées » remplissaient des sacs qui partaient en criée sur Caen ou vers des poissonneries locales.
    ces doris servaient également à la pêche au filet essentiellement pour le poisson plat qui étaient vendus sur place au retour des bateaux sur la cale des pêcheurs de Lion, animation assurée, aujourd’hui cette cale est déserte, quel dommage.
    un petit bonjour à Bébert, l’incontournable pêcheur professionnel côtier de Lion sur mer, qui est toujours de ce monde, et avec lequel j’ai appris à maîtriser le bord de mer et la pratique de la pêche raisonnée.

  6. 6 Victor Reux 7 décembre 2013 à 12:17

    Il faut aussi mentionner le doris des « petits pêcheurs » de Saint-Pierre et Miquelon.Plus grand que le « doris du banc », outil de travail solide capable de battre la mer, il faisait 20 -22 pieds de long, parfois davantage,en général propulsé par un moteur à essence monocylindre robuste, de 4H.P. en général.De construction locale,quelques uns avaient un 6 ou même 8 chevaux à double cylindres. Certains furent pourvus d’un diesel « Couach »dans les années 60-70.Tous ont disparu lentement, au fur et à mesure du développement de la pêche industrielle.Il en reste quelques unités seulement, pour le décor et lefolklore. Niveau plaisance ou petite pêche artisanale,le polyester et l’aluminium ont remplacé le bois ce qui assure la durée et un moindre entretien.

  7. 7 l'Abeille des Caps 7 décembre 2013 à 13:04

    précisons que le doris de pêche côtière utilisé et construit à St Pierre et Miquelon se définit par une ….morphologie strictement similaire à celle du traditionnel doris des bancs. (page 77 du livre intitulé: doris/doris).
    Equipé d’un gouvernail et d’un moteur fixe, la ligne d’arbre (l’arbre de couche, comme on dit là bas) est munie d’un joint universel, ce qui permet d’escamoter le tout, l’hélice se logeant dans la caisse à hélice, juste devant le barreur.

  8. 8 joel Lemaine 9 décembre 2013 à 14:24

    Le doris de pêche demeure l’emblème des iles St Pierre et Miquelon pour avoir fierement accompli sa mission durant de nombreuses années.

    Sa mutation de la petite barque empilable sur les légendaires goelettes des  » terres Neuvas » à la pêche côtière, sous un format plus adapté de 8 métres de l étrave à l écusson, en a fait une embarcation apte à affronter les mers houleuses de l’archipel

    Le fils de charpentier que je suis est fier d’avoir réalisé les plans selon les gabarits du savoir faire paternel en 1973, et de les avoir déposé à l’INPI de Lorient ( 56) le 25/9/89 sous le n° 18187

    Sa conception toute particulière à bouchins vifs, bordés à clins, lui permet de naviguer à la rame a un trés faible tirant d ‘eau en relevant son helice dans le canal prévu a cet effet grace à son cardan.

    A noter également que la sole est installée apres la pose des bordés pour etre interchangeable contrairement au doris Bretons et Normands

    Second interet de ce concept, sa mise au sec quotidien sur rouleaux à l’aide d’un cabestan à palan double poulies.

    La mise en scene de cette belle époque est visible en aquarelles jusqu’au 31 Mars 2014à la Corderie Royale de Rochefort au restaurant » Les Longitudes »

    Joel lemaine

  9. 9 Elza 18 décembre 2013 à 04:31

    Merci pour ce voyage dans le temps. C’est une antiquité mais elle a ses formes et utilités. Pour les vrais connaisseurs, les doris ont certainement la qualité d’un bon vin, plus c’est vieux, mieux c’est en termes de valeur.


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