Les escales du banc des menteux

image001 17-51-36• Où Kerdubon, bien malgré lui, effraye les Américains – En ces  années 60, au canal de Panama, l’efficacité et la rapidité étaient les vertus premières. En moins de deux, les formalités de douane, immigration, santé, et jaugeage de notre voilier furent expédiées. Une bombe de désinfectant nous fut remise avec prière de bien se parfumer avec ce spray, il n’aurait pas fallu contaminer la ville de Cristobal… pouilleuse et miséreuse, qui cerne la canal zone… avec nos microbes européens ! Ils m’amusaient beaucoup… ces Américains à l’hygiène si poussée, que je me demandais si leurs imprimés à remplir n’étaient pas fait de papier… hygiénique ! Evidemment, le passage du canal n’était pas gratuit, on paya 72 cents par tonneau de jauge Panama. (Pour un cargo de fort tonnage, l’ardoise était salée !). Notre jaugeur ayant mesuré 10 tonneaux… cela nous coûta 7,20 US dollars, plus 5 pour le salaire du jaugeur. Ce qui fit que notre passage n’était guère rentable pour les autorités, qui nous le montrèrent en étant des plus… antipathiques. Le pilote était fourni, mais il fallait quatre hommes aux aussières en plus du barreur. Deux amis d’un autre voilier furent de la traversée. Il régnait une bonne brise sur ces eaux plates. Nous avons passé le canal de Panama entièrement à la voile. Le paysage équatorial était joli, et nous aurions aimé voir de plus près certaines îles du lac, mais le pilote américain ne connaissait que le chenal balisé. En passant la Culebra, cette coupure dans la cordillère des Andes sur laquelle buta, puis échoua, le regretté Ferdinand de Lesseps, une violente rafale de vent nous surprit, apportant ainsi un peu de sel à cette navigation d’eau douce. Notre voilier démarra full speed sur la gauche, tandis qu’un pétrolier de 60 000 tonnes nous arrivait dessus en sifflant désespérément. Le vent cessa aussi rapidement qu’il avait fraîchi. On démarra la bécane, mais… elle cala. Dans la chaleur, le pilote eut froid dans le dos, et il allait perdre son sang froid lorsqu’une risée revenue miraculeusement, nous permit de nous rabattre rapidement sur la droite du chenal.
Ce passage en aura impressionné plus d’un !… dit Gilbert, tandis qu’un goéland mal appris hurlait dans la petite brise qui enveloppait le banc des menteux.
– A Balboa, le yacht club nous offrait un mouillage agréable pour préparer notre traversée du Pacifique. Un autre pilote sympathique et amateur de voile celui-ci, nous invita dans sa résidence climatisée. Avec sa famille, on y éclusa pas mal de whisky venu de son PX hors taxe. Nous l’avons donc invité à venir à bord de notre modeste voilier. Tandis que notre « curé », la gargoulette de terre enveloppée du velours noir d’une jambe de jean, suspendue dans le vent sous la baume,  apportait de l’eau fraîche au whisky, les gosses effrontés et mal élevés fouillèrent notre bateau avec un sans gêne incroyable. Ils apparurent soudain affolés dans le cockpit où nous devisions en plaisantant : « Mummy Daddy !… they have red wine ! – Ahoohhh shoking ! »… Et la petite famille lèvres pincées, partit immédiatement comme un pet sur une toile cirée.
– Tel est beaux Messieurs, mon rapport des paroles rouges avinées de Kerdubon.
Signé : Planchet

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