La perle de l’Iroise : Ar Spinec

ar spinecCe que nous vous proposons ici est une pièce unique en son genre ; à ce titre, elle est exposée au Port-Musée de Douarnenez (29). C’est l’ultime survivant d’une génération de petits langoustiers de l’Ile de Sein, qu’on appelle  aussi « pigouiller » en raison de ses apparaux de pêche : nasse cylindrique pour l’araignée, nasse hémisphérique (pigouille) pour le homard.
Ar Spinec est un sloop de 5,40 m, non ponté, typique des robustes constructions de la région. Son terrain de pêche s’étend du Raz de Sein jusqu’au phare d’Ar-Men où pullule la ressource. Encore faut-il aller la chercher. Pour rejoindre ses lieux de pêche, le bateau marche plein ouest, face aux vents dominants ; il doit tirer des bords au milieu des cailloux, à travers des courants dangereux. Pour cette raison, les pigouillers ont adopté, très tôt, une motorisation d’appoint permettant à l’aller de gagner contre le vent sans louvoyer, au retour, de faire voile, au portant…  Ar Spinec est de ceux-là, doté d’un moteur Abeille de 8 cv en 1936, puis d’un 5 – 7 Beaudoin, après la dernière guerre.
• La coque, robuste et puissante, (les talonnages sont fréquents) montre des façons rondes qui  lui donnent de la  souplesse ; un gréement à corne, classique, permet des réglages précis qu’un homme seul peut contrôler. Bref, l’outil est adapté à sa fonction.
• Ce qui frappe, c’est son extrême rusticité. Le bateau est construit en 1931 par Félix Tanguy, à Sein même, sans règle et sans gabarit mais avec des matériaux choisis avec soin : orme rouge pour la quille, chêne pour la membrure, étrave et étambot, sapin blanc pour le reste du bordage. Le vit de mulet (voir Dico si nécessaire) est une grande dame de nage un peu élargie, la pompe de cale est en bois, le lest des galets, du ciment et des barres de fer. Un ensemble parfaitement marin, issu d’une science empirique qui fait de Ar Spinec LE bateau représentatif des pigouillers de naguère.
Une chance, c’est le dernier, il n’en reste plus…
• Sources : une plaquette éditée par le Port-Musée ; descriptif et dessins de Jean-Louis Dauga que nous remercions pour son aimable autorisation.

7 Responses to “La perle de l’Iroise : Ar Spinec”


  1. 1 de Cayeux 21 mai 2013 à 10:23

    En revenant sur le plan un message serait-il parti ?
    Je continue :

    Filoir de foc c’est un rappel pour aller tourner sur le taquet à l’arrière, où il doit y avoir aussi un taquet pour la Gd Voile non indiqué.
    Taquet bien placé à la disposition du patron à la barre.

    Donc à la fois excellent mais demanderait quelques précisions, qui sont sans doute dans la plaquette.

  2. 2 escales maritimes 21 mai 2013 à 11:59

    Réponse à René de Cayeux.
    Les commentaires de Jean-Louis Dauga sont évidemment bien plus détaillés. Ceci n’est hélas, qu’un court résumé. La formule d’ Escales n’est pas de « tout dire » mais de « dire l’essentiel ».
    Amicalement.
    M D

  3. 3 JL Dauga 21 mai 2013 à 19:44

    Il y a eu un taquet de GV sur la face interne du couronnement mais il n’était pas d’origine. Il semble que toutes les maneuvres de voile revenaient au patron, à l’arrière, et qu’il utilisait pour les tourner, les bittons de part et d’autre de la barre.
    En effet le contrôle des voiles est primordial dans les cailloux pour faire évoluer le canot à faible vitesse ou dans le courant, et lorsqu’il ramassait ses casiers à l’approche des grands coefficients, le patron et le mousse (s’il en avait un) pouvaient être séparés par un mur de casiers empilés au milieu du bateau.

  4. 4 Pierre Strand Hugg 22 mai 2013 à 16:42

    Amusantes « bretonnisations » de mots – cependant, malgré l’emphase de M. Dauga, le terme pigouiller est bien péjoratif pour un honnête canot de pêche .

  5. 5 escales maritimes 23 mai 2013 à 10:20

    Pierre,
    Merci pour votre commentaire. Mais, s’il vous plaît, veuillez ne pas utiliser « Escales » pour faire la pub de Strang Hugg. Ce n’est pas notre boulot…

    Escales

  6. 6 de WOLBOCK Bruno 24 mai 2013 à 14:15

    les matelots de la royale utilisaient « la pigoulière » pour traverser les rades de Toulon et de Brest. Ce terme viendrait-il de pigoulliers affectés à ce service? Serait-ce par analogie?

  7. 7 Pierre Strand Hugg 28 septembre 2013 à 12:21

    « Faire la pub » est bien désobligeant vis à vis des efforts et des sacrifices désintéressés de notre Assoc. Puis-je au moins choisir mon pseudo ?


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