Les bateaux de la mémoire (75)

IMG_ 4 mats Quevilly 0003Voici, à mon avis, l’un des plus beaux voiliers de la grande époque de la voile : le Quevilly. C’est un quatre-mâts barque de la Compagnie Bordes construit (en acier) par les Chantiers de Normandie. Il est superbe comme l’est aussi son sister-ship le Dunkerque, mais celui-ci (pourquoi ?) a ma préférence.
• En 1898, lorsqu’il est lancé, c’est un bâtiment des plus modernes avec des proportions admirables : 105 m de long, 13 de large, tirant d’eau de 6,50 m  et une voilure de… 4 500 m². Comme les autres voiliers de la Compagnie, sa coque est peinte avec de faux sabords noirs et blancs, bien caractéristiques. Il inclut plusieurs originalités audacieuses pour l’époque, comme par exemple, un système de pompage autonome d’un débit de 100 t/heure. Pompage ? Oui, car le navire est un des premiers… pétroliers !  Il assure la liaison Philadelphie-Rouen où il livre sa cargaison à la société Deutz.
• En 1909, il reçoit deux moteurs Diesel de 300 ch chacun ; but : propulser le navire par calme plat. Les résultats sont médiocres car, si le moteur aide dans le petit temps, la traînée d’hélices ralentit le navire quand il marche à la voile…
Durant la Première guerre mondiale, il échappe à deux tentatives de torpillage, ce qui lui vaut une réputation de chanceux.
• Mais, en 1923, tout change, le Quevilly est acheté par la Norvège qui le rebaptise Deodata, le démâte, le motorise, dépose sa belle figure de proue (1) et le transforme en transport d’huile de baleines, puis d’huile minérale, de charbon. C’est un autre bateau, ex-voilier, faux citerne…
• Il finira piteusement au tout début de la Seconde guerre, en octobre 1939, coulé par une mine larguée par le sous-marin allemand, U 19…
(1) Figure de proue en tulipier d’Amérique, sculptée par J. B. Foucher.

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2 Responses to “Les bateaux de la mémoire (75)”


  1. 1 DELISLE Denis 9 mars 2013 à 11:01

    Bonjour,
    Si je puis me permettre, le Quevilly ne faisait pas partie de l’armement Bordes, mais il a été construit sur la commande de la compagnie Rouennaise PRENTOUT-LEBLOND.
    Mon arrière grand oncle a été maître-d’hôtel à bord de 1899 à 1901. Il faisait les rotations Marcus Hook (Philadelphie) – Rouen.
    Un ouvrage à consulter : « Le Quevilly, dernier pétrolier à voile », de Frédéric David aux éditions Alan Sutton …

  2. 2 Claude BRIOT 16 mars 2014 à 17:26

    Bonsoir,
    Je confirme le commentaire de Denis Delisle : QUEVILLY n’était pas un Bordes mais un voilier pétrolier armé par Prentout Leblond à Rouen. Les cap-horniers du nitrate de l’Armement Bordes étaient reconnaissables à leur coque à batterie (faux sabords) mais tous les grands voiliers présentant cette particularité n’étaient pas obligatoirement des Bordes.
    Claude Briot

    http://www.claude-jacqueline-briot.com


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