Le patrimoine perdu : de la Pouillouse au Coq-souris

Dans quelques jours (les 17 et 18 septembre) on va nous gaver des richesses de notre patrimoine culturel. Pourtant, je crains fort qu’il n’y ait quelques oubliés… Les mots, entre autres.
Les anciens de la voile – dont certains ne savaient ni lire, ni écrire – avaient élaboré un vocabulaire aussi précis que poétique. Chaque chose était nommée une fois pour toute et chacun comprenait. Aujourd’hui, ces mots sont sortis d’usage, ils nous paraissent bien mystérieux. Ils gardent pourtant toute leur saveur….
• Les voiles des grands trois-mâts, par exemple, portaient toutes un nom ou un surnom que chacun connaissait. Pierre Sizaire, dans « Le parler matelot », en cite quelques-uns, tous plus insolites les uns que les autres : la Pouillouse, la Marquise, le Martyr, le Ah-ah, le Diablou, le Langar, la Bonnaventure… Dans « Des mots de voile et de vent », j’en donne quelques autres, la Belle étoile, le Papillon, le Lèche frittes, la Couille-en-l’air et l’énigmatique Coq-souris. Ils fleurent le goudron, le boujaron et le vent salé, mais ne me demandez pas leur place dans le gréement, je n’en sais fichtre rien…
• Tous ces jolis noms, et tant d’autres avec eux, ont naufragé avec la voile de travail, partis vent arrière au paradis des mots oubliés. C’est un pan entier de notre patrimoine linguistique qui a sombré dans l’indifférence générale. Je suis sûr que les animateurs officiels des Journées du Patrimo-âne les ignorent, ils s’en foutent et c’est bien triste. Résistons !
Image : voilure d’un trois-mâts  avec les noms officiels ; les surnoms, eux, n’existent déjà plus.
M. D.
• Sources : Le parler matelot, Pierre Sizaire, Editions Maritimes 1958 – Des mots de voile et de vent, Maurice Duron, Autrement, 2003.

Publicités

1 Response to “Le patrimoine perdu : de la Pouillouse au Coq-souris”


  1. 1 Anselme 15 juin 2015 à 14:38

    Bonjour,
    La Pouillouse, ou Pouilleuse : Nom très à-propos pour cette voile d’étai située juste au dessus du tuyau de fourneau de la cuisine, entre misaine et artimon, ou bien encore entre grand mât et misaine…
    Ouvrages d’époque :
    « Quatre annés au Congo », livre de Charles Jeannest, 1883
    « Manuel du gréement et autres bâtiments de mer, de tout ce sui est nécessaire à leur mouvement », par François-Auguste Costé, parution 1829.

    Un grand merci pour votre regard sur la vie maritime !
    Bonnes salutations.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




Contact
« Escales Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr

Archives

Faites connaître
Escales Maritimes !

Ajoutez ce lien dans votre site :
https://escales.wordpress.com/

Affichez cette bannière dans votre site en copiant le code suivant dans votre page html :
<a href="https://escales.wordpress.com/"><img src="https://escales.files.wordpress.com/2010/01/escales3.gif" alt="" width="180" height="60" /></a>

Les opinions émises ne sont pas nécessairement celles d'Escales Maritimes ; elles sont de la responsabilité de leurs signataires.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :