Une carte pour les pêcheurs plaisanciers ?

chalutier Guil DSCN1630Il ne s’agit pas de jeter de l’huile sur le feu, mais d’ajouter une pièce au dossier, déjà bien chaud, du droit de pêche des pêcheurs plaisanciers.
Dans une livraison récente le journal Le Télégramme, donne carte blanche sur le sujet à Yannick Hémeurry, vice-président du Comité des pêches de Bretagne.
On y lit notamment :
La gestion de la ressource pour une pêche durable est devenue réalité. Aux plaisanciers d’en faire de même, plutôt que de se réjouir des sanctions qui frappent les professionnels (…). Il existe une carte de pêche en rivière, il existe un permis de chasser et personne ne les conteste car ils s’inscrivent dans un mode de gestion des espèces. Il va falloir y arriver pour la pêche plaisance. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour le thon en Méditerranée, et chacun y trouve son compte. Dans ce cadre, et avec la création de comités de liaisons entre pros et plaisanciers comme celui du quartier maritime de Lannion-Paimpol, on pourra mettre fin aux incompréhensions entre les uns et les autres et apprendre à se connaître mieux.
Et le vice-président conclut par ces mots : Car c’est bien un point d’accord entre les deux catégories : si on écoute ces gens-là, on ne pourra bientôt plus pêcher. Ni les professionnels, ni les plaisanciers.
Le message est clair, mais laisse entrevoir un débat serré, qui aura bien du mal à rester serein. A suivre.
• Photo Escales Maritimes.

Les escales du banc des menteux

image001• Où Kerdubon, étonné, découvre des Liberty fantômes - C’était un Américain qui occupait sa retraite en sillonnant la Méditerranée dans tous ses recoins magnifiques à bord d’un « Grand-Banks » un puissant yacht à moteur renommé et bien connu. Un jour, dans l’une des somptueuses cuites qu’il prenait en bonne compagnie, il m’avoua avoir été Amiral, je le regardais d’un autre œil, mais continuais à le traiter comme un bon copain que je retrouvais lors de certaines escales en Turquie. Une nation qui possédait trois ou quatre porte-avions après Pearl Harbour, capable en trois ou quatre ans d’en aligner au moins une vingtaine, ainsi qu’autant de destroyers et même des croiseurs lourds du type Missouri, sans parler du reste dont plus de 2 700 Liberty-ships, impose le respect surtout quand on sait que notre propre nation au cours de ses trente glorieuses ne sortit de ses arsenaux que le Clémenceau et le Foch !… Il est vrai que nos fromages et notre vignoble n’ont pas encore été égalés. Le conflit mondial terminé, les navires américains non utilisés pour être sabordés étant remplis de munitions dont on voulait se débarrasser, y compris des armes chimiques et obus ou bombes portant des gaz asphyxiants, furent encoconnés, groupés par paquets de 24, amarrés cul contre cul, bord contre bord et mouillés de leurs deux ancres, dans les grandes baies lagunaires des côtes de différents états, j’ai pu le constater en Chesapeake. – Pour que notre Patrie soit à nouveau reliée à ses colonies, 76 Liberty furent… remis à la France ! Après avoir écrasé sous les bombes nos industries, nos villes, et leurs habitants soi-disant Alliés, la généreuse Amérique nous devait bien çà, pour refaire fonctionner la pompe aspirant les matières premières et richesses coloniales, refoulant les produits finis, sans parler du ciment, fers à béton et autres douceurs dont la bibine… ajouta Henri un habitué du banc des menteux qui comme beaucoup avaient fait leurs premières armes sur ces bâtiments. – Mon copain amiral dans les états-majors de la marine US, avait été affecté à l’organisation et à la gestion de ces parkings pour navires encoconnés. Il me confia avoir été récompensé pour avoir étouffé pratiquement dans l’œuf un scandale typique d’outre-atlantique. Les USA avant la fin de la guerre, avaient lancé la série des Victory, nettement plus modernes que les désuets Liberty-ships. Au bout d’une quinzaine d’années, cette flotte fut donc envoyée à la casse. Un responsable direct des parkings vint le trouver affolé en lui prouvant qu’une dizaine de navires sur ses inventaires… avait purement et simplement disparu ! Nous étions une bande de gentleyachtmen en bordée chez Memmet une taverne turque que nous aimions. Mon amiral était là. Bien qu’en retraite, ses batteries étaient en bon état de tir, et il visait d’un œil énamouré, une baba cool qui visitait le coin, sac à dos. Hélas, il ne savait parler français, même pour séduire la donzelle. Il me supplia de le faire. L’histoire était drôle ! Ce fut d’autant plus facile que Madame Kerdubon me donna un coup de main, et que l’amiral était le seul navigateur… solitaire, sur le port. Emballée facilement, la drôlesse, ne déchanta guère lorsque je lui ai avoué avoir agi pour… un amiral ! L’amiral paya la tournée générale, et Memmet parmi son groupe local de musicos, entama une sorte de danse du ventre, en agitant de frémissements incroyable, sa bidoche ou la graisse le disputait aux muscles. « Entre nous demandais-je à l’amiral… le Grand-Banks n’est-il pas un des Liberty fantômes ?… No no !… affirma-t-il… seulement… un fils naturel, off course ! » – Tel est beaux Messieurs mon rapport d’un dragueur pour amiraux. Signé : Planchet

Une image pour le plaisir

N6904938_JPEG_1_1DMBien belle image, à mon avis. Trois jeunes cyclistes profitent de la marée basse pour se balader en toute liberté. Leur chapeau de soleil (bien inutile en l’occurrence) fait penser à la cornette des religieuses de l’époque (sans doute avant la guerre). La scène se déroule sur une plage du Nord (Boulonnais ?) où les voiliers de pêche échouaient sur le sable faute de port à flot.
La composition du cliché est réussie ; le ciel lourd, les trois personnages de face, l’estacade au second plan ainsi que le voilier sur la droite concentrent bien l’atmosphère toujours un peu mélancolique des plages du nord de la Manche. Avec, en prime, une certaine séduction bien difficile à exposer…
Athos
• Source BnF, Gallica

Pseudo-Quiz n° 161 – Testez vos connaissances

Les mots et expressions maritimes sont parfois déroutants… Ainsi ce vocable surprenant de « noie chien » qui se rapporte à un objet navigant dont la définition et l’utilisation sont un brin hermétiques. De quoi s’agit-il ?
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n°160 ; c’est une moque à sabot pour palanquin (voir le Manuel du Gabier p. 139). Premier bon répondant, M. Bouygues ; nos compliments, ce n’était pas si fastoche…
Cyrano

La fille ? Je te la joue à croix pile…

On le sait, les sociétés de forbans constituées aux XVIᵉ/ XVIIᵉ siècles aux Caraïbes obéissaient à leurs propres lois que tout le monde respectait. (Répartition du butin, obéissance aux chefs, punitions, comportement vis-à-vis des camarades, etc.). Tout manquement était lourdement puni. Pourtant les sujets de tension ne manquaient pas. Et parmi eux le « partage » des femmes. On lit dans Oexmelin (1) : « Quand deux d’entre eux rencontrent une belle femme, pour éviter la contestation qu’elle ferait naître, ils jettent à croix pile à qui l’épousera. Celui que le sort favorise l’épouse… mais son camarade moins chanceux, sera « reçu à la maison ! ». (Délicat euphémisme que chacun interprétera comme il veut).
• Qu’est-ce donc que jouer à croix-pile, à croix ou pile ou encore croix et pile ? C’est un jeu consistant à jeter une pièce de monnaie en l’air et d’énoncer pendant sa course « pile » ou « croix ». Le gagnant est celui dont le nom choisi correspond à l’aspect visible de la pièce (2). On pense immédiatement à notre « pile ou face » qui semble en être une simple variante ; mais le dictionnaire académique de la langue française dit aussi que le vocable « jouer à croix pile » s’emploie pour parler de deux choses à peu près égales dont le choix est indifférent. Allez comprendre.
(1) Qui a partagé l’existence des forbans mais dont les écrits sont parfois contestés.
(2) Dans de nombreuses monnaies l’une des deux faces portait le dessin d’une croix.

Trois belles soirées maritimes à retenir

Dans le cadre du cycle « De l’amphore au conteneur » le Musée de la Marine organise trois conférences complétant l’exposition du même nom.
• Jeudi 5 mars à 18 h 15 : La géographie des espaces maritimes en question (intervenants Antoine Frémont géographe, directeur de recherche ; Anne Frémont-Vanacore, professeur de géographie au Lycée Chaptal de Paris).
• Jeudi 18 mars à 19 h 00 : Commerce maritime, ce que révèlent les épaves antiques (intervenants : Franca Cibecchini archéologue, responsable du littoral Corse au DRASSM (1), David Djaoui archéologue, Musée départemental Arles antique).
• Jeudi 26 mars à 19 h 00 : Un monde en boîtes et en vrac (intervenant Antoine Frémont géographe, directeur de recherche ; Laure Bouscasse responsable des archives des Portes Logiques).
• Un beau plateau, un bon sujet, trois bonnes soirées à retenir…
• Auditorium du Musée national de la Marine, Palais de Chaillot – 17 place du Trocadéro 75116 Paris. Accès gratuit, dans la limite des places disponibles ; réservations conseillées au 01 53 65 69 53 ou sur http://www.musee-marine.fr
(1)  DRASSM : Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines;

La Calypso poursuit son chemin de croix

Etrave Calypso 2011 DSCN1529Si l’histoire n’était pas si lamentable, elle inciterait à sourire… Le long feuilleton sur la Calypso n’est pas terminé. Après avoir condamné la Fondation Cousteau (Francine Cousteau) à quitter les hangars de la Société Piriou de Concarneau, avant le 9 février, la Cour d’appel de Rennes vient de lui donner un délai supplémentaire (jusqu’au 12 mars) pour vider les lieux. Il faut reconnaître que les candidats à la reprise ne se bousculent guère et que le passé de l’ex-dragueur de mines n’incite pas à l’audace. Sans parler du contentieux financier entre les deux parties. Le manque à gagner pour Piriou serait de l’ordre de 400 000 € dont 185 000 pour l’un de ses sous-traitants. Une paille…
• D’ailleurs, Piriou n’y va pas par quatre chemins : « Nous ferons fermement valoir tous nos droits dans cette triste affaire, notamment pour nous faire payer des sommes dues et faire retirer le bateau de nos locaux. En l’absence de proposition officielle claire, précise et crédible de la Fondation Cousteau sur l’enlèvement du navire et le règlement de sa dette, nous entamerons, dès le 13 mars, une procédure de saisie-vente du bateau » déclare fermement Pascal Piriou (il doit en avoir jusque-là des tergiversations continues de la Fondation Cousteau).
• Petit rappel – Le navire est arrivé à Concarneau en 2007 et les travaux entrepris ont été stoppés en 2009 ; depuis, il ne s’est rien passé. En dépit des propos de Francine Cousteau qui déclarait en 2010 : faire naviguer la Calypso en 2011, c’est jouable. Comprenne qui pourra…
• En avril 2011, Escales (1) écrivait : que la Calypso déménage, OK, mais pour aller où ?
–  Sur le terre-plein du quai ? Il est plus que douteux que l’administration du port de Concarneau accepte la présence de ce qu’il faut bien appeler une épave, sur ses terres.
– Transporter le navire vers un autre site ? Opération très lourde, complexe, coûteuse (il faudrait le transporter sur une barge !) et peu glorieuse en soi.
Si bien que les mauvaises langues commencent à dire que le mieux serait de déconstruire le bateau et de rechercher l’un de ses sister-ships pour refaire une Calypso bis à l’identique… Ce serait peut-être moins cher.
Toutes les options sont ouvertes. L’histoire du fameux bateau est tellement minable qu’il est inutile de faire des suppositions. Rendez-vous le 13 mars.
Aramis
(1) Qui contestait les propos de Francine.
• Photo Escales Maritimes

La mer vraiment dans tous ses états…

Quand on vit près de la mer, difficile de formuler une seule pensée – qui ne soit pas teintée de la présence de l’océan – Hermann Broch, écrivain autrichien (1886-1951).
• Carte postale apéritive du Québec - Curiosité publiée par le périodique Cellier, de la Société des alcools du Québec (SAQ), livraison de février 2015 : Le vignoble et la mer (1). Quelques invitants et marins extraits, desquels palabrer à l’heure de l’apéro :
Le cépage qui s’épanouit en bord de mer en garde des traces jusque dans le verre. Le climat maritime influence grandement la culture du vin, et cela de bien des manières. On dit que pour bien mûrir, le mourvèdre doit avoir les pieds dans l’eau, la tête au soleil et voir la mer. (…) Ce qui ressemble pas mal à la définition même d’un lieu de vacances idéal…
Plusieurs zones viticoles de la planète sont définies par la présence d’une vaste étendue d’eau. Elles bénéficient de ce qu’on appelle un climat maritime, où la mer agit comme un modérateur. Le plus célèbre de tous les climats maritimes se trouve à Bordeaux. La région démontre de façon exemplaire comment la présence de l’océan Atlantique peut affecter les cépages qu’on y plante. (…) On trouve un exemple encore plus marqué de cet effet rafraîchissant dans l’une des régions viticoles les plus au sud de l’hémisphère Nord : les Canaries. Pour donner une idée de leur position géographique, il faut garder en tête que l’île située à l’extrémité Est de l’archipel, Lanzarote, est à moins de 100 kilomètres du désert du Sahara. (…)
Le climat méditerranéen n’est pas exclusivement limité aux régions qui entourent immédiatement la Méditerranée. Il s’étend au sein d’une même bande de latitudes, un peu partout autour de la planète. On peut penser par exemple à l’Émilie-Romagne, située sur la côte Est de l’Italie, au bord de la mer Adriatique. (…)
Escales Maritimes est vraiment le site de la mer dans tous ses états… même éthyliques !
Alain Boucher, le rédacteur
• NDLR – Amicalement (et verre en main) on peut rappeler que la Bourgogne et la Champagne, pourtant éloignées de la mer, produisent un nectar plutôt gouleyant…
(1) La SAQ est le monopole d’État québécois du commerce de vins et spiritueux. La revue Cellier est disponible en ligne, cherchez magazine Cellier sur SAQ.com

Taxe-mouillages : l’incendie n’est pas éteint !

DSCN3813On s’est peut-être réjoui un peu trop tôt… La taxe sur le mouillage des bateaux de plaisance renaît de ses cendres…
Dans un communiqué, la FIN (1) et plusieurs associations de plaisanciers (2) annoncent que le gouvernement a déposé, le 17 février, un nouvel amendement qui est en tout point identique au précédent, bien qu’il dissimule le montant de la taxe en renvoyant son établissement au décret d’application.
Ce nouvel amendement emploie le terme de redevance, mais il s’agit bel et bien un impôt puisqu’aucune contrepartie en termes de services aux plaisanciers n’est envisagée (comme une zone de mouillage organisé ou la collecte des déchets…).
Par cet impôt, dit la FIN, le gouvernement veut faire supporter aux plaisanciers le coût d’une mission d’intérêt général (la protection du littoral), alors même que ces derniers financent déjà, chaque année le Conservatoire du littoral à hauteur de 37 millions d’Euros.
• Il semble, qu’une fois de plus, on revient à la case départ… Il est bien compréhensible que les Aires marines protégées restent… protégées et que le Conservatoire du littoral dispose de moyens à la hauteur de sa tâche. Personne ne le discutera. Par contre, le financement ne peut provenir de dispositions arbitraires, incompatibles avec la réalité (organisationnelle et pratique) du terrain (3).
C’est une tâche délicate pour les Pouvoirs publics qui risquent de s’y empêtrer, mais au final cela fait partie de leur boulot…
Aramis
(1) Fédération des Industries Nautiques.
(2) Fédération Française des Ports de Plaisance, Union Nationale des Associations de Navigateurs, Fédération Nationale des Pêcheurs Plaisanciers et Sportifs…
(3) N’oublions pas que l’amendement 1208 a été rejeté à cause notamment de son extrême complexité d’application.

La face cachée du Concordia ?

Le syndicat Nautilus International qui regroupe 22 000 navigants néerlandais, britanniques et suisses s’insurge contre la sanction infligée à l’ex-commandant du Concordia qu’il juge très inappropriée. Selon une info, relayée par Le Marin, le procès a eu pour résultat de détourner l’attention des vrais problèmes sur la conception, la construction et la manœuvre des grands navires à passagers. Aucune mesure significative n’a été prise pour accroître la sécurité en réponse à l’accident du Costa Concordia ; ce procès aurait simplement servi à faire diversion en occultant de graves responsabilités.
• Au premier rang desquels figure l’absurde « révérence » que l’armateur ne pouvait ignorer.


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