La France se penche sur sa « Croissance Bleue »

Les parlementaires s’intéressent à la Mer. Tout le monde s’en félicitera. C’est du moins ce que proposent les prochaines rencontres qui se dérouleront à Paris, le 15 avril prochain, à la Maison de la Chimie. Parlementaires, conseillers ministériels et professionnels du secteur maritime échangeront sur les différents sujets, liés à la mer, autour du thème « Croissance Bleue ».
Du fait de son immense territoire marin (le deuxième du monde), la France y joue un rôle majeur et dispose de ressources considérables notamment dans le domaine des énergies marines et de l’exploitation des grands fonds. Cette rencontre s’avère judicieuse, au moment où ces grands sujets préoccupent tous les Etats de la planète.

Les escales du banc des menteux

image001• Où Kerdubon découvre les délices culinaires asiatiques - A la veille du départ à Singapour dans ces années 50, il était temps de dépenser nos derniers dollars locaux en achetant quelques bricoles et surtout des piastres pour notre prochain passage à Saïgon. Avec le départ officiel des Français d’Indochine, la dislocation des Etats Associés, le partage du Tonkin et de la Cochinchine en Nord et Sud Vietnam… personne ne savait ce qu’allait devenir la piastre… Alors pour une poignée de cacahuètes, dans n’importe quelle monnaie, les changeurs qui avaient vécu de son trafic… comme tant de notre beau monde français, s’en débarrassaient. Avec peu de fonds, nous sommes devenus presque millionnaires… puisque cette piastre fonctionnait encore parfaitement à Saïgon, où elle était maintenue artificiellement au taux officiel. A part « change alley » réservée aux trafics d’argent, toutes les alleys du coin étaient transformées en un immense bazar… made in Japan. On y trouvait du matériel photo, et du matériel radio électrique… Les Japonais en étaient encore au stade de l’imitation : vrais faux Rolleiflex, Leica, Grundig ou PhilipsCanon commençait à pointer son… objectif, Sony ses magnétophones. C’était encore un peu… pacotille, mais le progrès était en bonne voie, et la revente au double de la valeur d’achat, était garantie en Europe. Il y avait de tout pour tous et toutes, même les jouets pour enfants, fabriqués dans de vieux bidons étaient nombreux et incroyables. Il nous restait encore des tunes, pour que la visite de Singapour soit complète, nous sommes allés dîner de façon originale et… étrange. Lire la suite ‘Les escales du banc des menteux’

Pseudo-Quiz n° 164 – Testez vos connaissances

Du temps joyeux des galères, le rythme des coups de rames était mesuré en palades par minutes ; il différait selon les situations (en croisière (!), au combat, mauvais temps, etc.). Combien de palades exigeait la pousse-vogue, allure la plus courante en navigation ?
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz 163 : l’objet porte le nom de Faux (une faux) ; il représente un poisson en plomb, muni de deux redoutables crocs d’acier. Les terre-neuvas l’utilisent pour la pêche à la morue lorsque les bancs sont denses et peu profonds. Il est agité par le pêcheur d’un mouvement de va-et-vient vertical, dans l’espoir de crocher un poisson au passage. Il est en usage depuis le XVIIᵉ siècle.
• Un seul et unique gagnant, Marc Minni, que nous complimentons au passage.

Un tunnel « pieds dans l’eau » pour grands navires

Tiens, la presse se réveille… Plusieurs grands journaux annoncent ces jours-ci le projet norvégien de percer un énorme tunnel pour gros navires évitant de contourner une pointe de sa côte ouest. L’info est de taille, mais Escales se rappelle avoir publié le 15 avril 2013 un billet annonçant la nouvelle.
• Le projet envisage le percement, à partir de 2018, d’un souterrain géant, les pieds dans l’eau, haut de 45 m offrant un tirant d’eau de 12 m et un tirant d’air de 33 m pour une largeur de 23 m… Longueur 1 700 m, c’est-à-dire plus que la distance entre deux stations de métro parisien ! Ce serait, bien entendu, le premier tunnel à bateaux du monde…
• Avantages évidents : traversées moins longues, temps de navigation plus courts, sécurité accrue ; et autres facilités appréciées des armateurs. Ceci dans la mesure où les droits de passage (encore inconnus) ne seraient pas trop élevés.
• D’autres points de vues se font jour, estimant le coût de l’entreprise pharaonique (134 millions d’Euros) et l’exploitation aléatoire (percement proprement dit, équipement de sécurité et de maintenance, logistique, administration, etc). Ils craignent aussi que le tunnel ne devienne une attraction touristique dont profiteraient surtout les portes- cabines (1).
(1) Plus connus sous le nom de paquebot de croisière…

La Calypso erre toujours dans la brume…

On commence par en avoir marre… Pour ceux qui s’intéressent encore au roman-fleuve du pauvre bateau, voici.
• Aux dernières nouvelles, les restes du vieux dragueur n’iraient pas à Brest comme on l’a cru un moment. Donc exit le Chantier du Guip… (tant mieux pour lui) ; changement de cap, ils iraient à Monaco où la Principauté pourrait être intéressée. Selon le dernier le communiqué de la Fondation Cousteau (Francine), des discussions seraient en cours depuis janvier 2015 (pourquoi si tard ?) affirmant que rien de mauvais n’arrivera à ce bateau. Acceptons en l’augure mais aucune précision n’est donnée sur les délais ou les coûts.
• Le quotidien Nice Matin écrit que le souverain cherche à acquérir l’héritage scientifique et pédagogique de l’œuvre de Cousteau, films, livres, photos… et le navire. Francine Cousteau (seconde épouse) reste donc optimiste, celle-là même qui déclarait en 2010 « Faire naviguer la Calypso en 2011, c’est jouable ». Hum… Porthos

Pour chérir la mer… encore faut-il la voir !

• Coup de gueule - Ceux qui ont connu la côte du Bas-Languedoc dans les années 60 se souviennent sans doute de l’immense plage de sable vierge qui s’étendait de l’Espiguette à Frontignan. 30 km de littoral, désert, libre accessible à tous où les campeurs prenaient soin de dresser leur tente à 300 m de la vôtre. Un paradis pour l’homme libre. C’était le temps où Sydney Béchet, Boris Vian, Claude Luther faisaient sautiller les jeunes gens dans les caveaux parisiens.
• Et puis un jour, ont surgi les pyramides de la Grande Motte, comme ça, brusquement, aussi moches qu’incongrues. Dès lors le rivage s’est mité de villas Sam Suffi et autres Abris côtiers (riez, c’est si drôle !) jusqu’à former un ruban continu sur la dune. Maintenant, c’est foutu, le Mur de la Méditerranée est achevé.
Or, un coup d’œil à la carte des zones submersibles, montre combien cette frange côtière est fragile. Tout est bâti sur du sable (il n’y a que ça), au raz de l’eau, ou récupéré sur des espaces lagunaires. Je ne donne pas cher de sa résistance si une fille de Xynthia passait par là, ce qui est toujours possible. Et comme je suis curieux, j’aimerais savoir qui a décidé de construire ici ; qui a promu les lotissements pieds dans l’eau, ici : qui a signé le permis de construire, ici ; qui l’a approuvé ici en préfecture, et finalement qui n’a pas respecté les lois de la République : ici ?
• Allez, je me calme, je suis sûr de recevoir la semaine prochaine une liasse de réponses à mes légitimes et citoyennes interrogations.
Quoi, je rêve ? Ah ! j’oubliais, c’est vrai qu’on est en France…
Aramis

Quelques expressions cap-hornières

En haut le monde - Envoi J. F. Van PuyveldeUn des grands mérites d’Escales Maritimes, parmi d’autres, est de nous permettre d’exhumer des expressions en usage au temps des grands voiliers et d’enrichir notre Wikipédia maritime. En voici encore quelques-unes, affalées en vrac.
 À border l’artimon : était le seul ordre qui faisait briller les yeux des matelots. Il signifiait se voir accorder, par le capitaine ou le second, la double ration de vin en récompense d’un effort exceptionnellement fourni.
À dormir qui n’est de quart : envoyer au repos la bordée non de quart qui avait été appelée en renfort à la manœuvre sur le pont.
• Amarrer sa langue au taquet : se taire, la fermer.
• Avaler sa gaffe : mourir. Se dit aussi filer son câble par le bout ou larguer sa dernière écoute.
•  Baiser l’aviron tordu : quand tout farguait mal (1) et que l’on héritait de déconvenues.
• Chanter comme une poulie qui tourne à cul : chanter comme une poulie au réa désaxé et qui grince. • •Chapeau du capitaine : pourcentage sur le fret accordé au capitaine. Origine obscure. Choquer la boulinette : commandement pour mollir doucement la bouline (2) du petit hunier et effectuer un virement de bord vent devant.
Compter ses chemises : souffrir du mal de mer.
•  En haut le monde : appel à la manœuvre sur le pont de la bordée de repos en bas, signifiant qu’elle va devoir grimper dans la mâture pour établir la voilure ou au contraire la réduire en prenant des ris ou encore effectuer un virement de bord.
• Estroper la paperasse : tenir les comptes du voyage, rédiger le rapport de mer, le journal de navigation, les comptes-rendus à l’armateur, les états des existants en vivres et matériel, etc.
• Se paumoyer : se déplacer à plat ventre sur une vergue en crochant dans une filière avec les paumes des mains.
• Gabier d’empointure : réalisait des prodiges d’acrobatie au bout d’une vergue par gros temps.
• Grand mât albatros : capitaine ayant passé le Cap-Horn, les autres officiers l’ayant franchi sans être commandant du navire étaient des malamoks.
• Hâle-bouline : propre à rien, inutilité encombrante, mouche du coche.
Hisse le grand foc tout est payé : appareiller toutes dettes réglées y compris les poulies coupées (3).
• Les pompes sont franches : elles ont puisé toute l’eau du fond de cale.
• Manger ses Invalides : toucher sa pension de l’Etablissement National des Invalides de la Marine (ENIM) car quand il avait atteint la limite d’âge Colbert décida que le marin était invalide pour naviguer, même s’il était encore en bonne santé.
• Mangeurs d’écoutes : se disait des capitaines battant des records de traversées. Appelés aussi torcheurs de toile.
• Matelot de premier brin : comme un cordage formé de torons blancs non goudronnés. Vif à l’aulofée, toujours au vent de sa bouée.
•  Mettre le cap sur les fayols : expression utilisée par les matelots groumeurs quand, à bout de pommes de terre, il fallait se contenter des haricots secs le restant de la traversée.
• Peser le cargue-point du vent de la grand’voile : agir pour retrousser les points inférieurs d’une voile carrée vers la vergue et diminuer la prise au vent.
• Un boujaron dans l’archipompe (4) : petite ration de tafia dans le gosier.
Claude Briot
(1) Allait mal (2) Manœuvre servant à porter plus au vent la ralingue d’une voile. (3) Serveuses très hospitalières chez l’hôtesse ou dans les caboulots du port. (4) Puits permettant d’accéder au fond du navire quand les cales sont pleines de marchandises. Sources : Lectures diverses et nombreuses sur les Cap-Horniers tant imprimées que manuscrites.

• Illustration : En haut le monde ! Gabiers grimpant dans la mâture d’un grand voilier. Envoi de J.F. Van Puyvelde. (image émouvante. M D)

Grandes marées, entre niaiseries et découvertes

DSCF5349Revenons un instant sur la « marée du siècle ». Finalement, elle s’est révélée plutôt modeste. Bon. Mais des milliers de personnes ont fait un long voyage pour assister à un spectacle… qui n’a pas eu lieu. Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands médias leur avaient vendu depuis longtemps un moment d’exception inoubliable. Tu parles ! Il l’eut été si une brise bien fraîche s’était mêlée de la partie. Las ! Rien, ou presque.
Pourtant l’affaire a bien fonctionné, tous les hôtels de Saint-Malo (et d’ailleurs sans doute) étaient pleins à ras le bord, des familles sont venues de fort loin uniquement pour cela, parfois de l’étranger… Tous, parce que les faiseurs d’opinion ont créé un courant d’intérêt bidon pour faire tourner le tourisme local. Qu’ils prennent garde, à force de vendre des phénomènes non maîtrisables, il se peut qu’un jour le touriste désabusé ne regarde ailleurs…
• Quelques belles surprises cependant. Voici une superbe épave réapparue à l’entrée d’Audierne (29) ; nous devons le cliché à notre vieil ami Jiheldet qui a su saisir au bon instant cette sculpture pathétique. Elle gît entre la jetée du Raoulic et la plage de Trescadec et réapparaît tel un fantôme les jours de grande marées. Mais qui s’y est intéressée ? « Nous c’est les vagues qu’on vient voir… »
Chacun ses goûts, mais dans ces conditions, il n’y plus qu’à tirer l’échelle… De coupée bien entendu !
Aramis

L’Hermione bonne pour le service

Bonne nouvelle : l’Hermione vient de recevoir son « Certificat National de Franc Bord » délivré par le Bureau Veritas d’une part, et le « Certificat d’Aptitude à la Navigation » par la Direction des Affaires Maritimes. Ces décisions confirment les autorisations provisoires délivrées pour les premiers essais en mer de l’Hermione en septembre et octobre 2014.
La frégate-très-magifique est donc parfaitement en règle pour accomplir la traversée de l’Atlantique ainsi que le prévoit son programme.

La marée du siècle fait un flop total…

•Petite virée de contrôle en Bretagne sur la grande marée tant attendue. Eh bien,  je peux vous dire qu’il ne s’est rien passé, mer calme, vent modéré, hauteur d’eau conforme aux prévisions, une goutte d’eau dans un vase qui ne déborde pas. En revanche, la ruée des touristes était bien là, voiture à touche-touche, parkings bien remplis, floraison d’appareils photos, guettant je ne sais quoi. Pour un flop total… Tous ces braves gens se sont trompés de phénomène, ils attendaient les vagues impressionnantes des tempêtes d’hiver, ils n’ont vu qu’une mer d’huile se gonfler paisiblement et reprendre benoîtement sa place. Frustrant, non ?
• Il y eu malheureusement deux pêcheurs à pied qui se sont laissé surprendre et ont payé de leur vie soit la malchance soit leur imprudence.
Jussac


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