Archive pour la catégorie 'Voile'

Le bateau à la découpe…

Regardez attentivement les deux premières photos, et après votre surprise, lisez notre billet. Vous allez comprendre.
Voici, un charmant voile/aviron découvert au dernier Salon. C’est un  dinghy minimal de 3,53 m, conçu avec intelligence, et réalisé dans des matériaux de qualité. Il est fait pour la balade tranquille ou pour servir d’annexe à de plus grandes unités. Ce n’est d’ailleurs pas le seul du chantier Arwen Marine.
La coque est constituée de panneaux de contreplaqué découpés industriellement, et assemblés par des liens de fil de cuivre, l’étanchéité étant assurée par des bandes stratifiées verre/époxy. Une solution éprouvée alliant souplesse et solidité. Premier détail intéressant, ce procédé permet l’intégration de volumes de flottabilité, à l’avant, et à l’arrière. Ça rassure…
Le bateau est offert en version « finie » ou à construire soi-même, ce que sa simplicité autorise sans problème. Une jolie voile au tiers achève de lui donner une aimable frimousse.
Le second détail est beaucoup plus original : il est démontable ! Si on le souhaite, le bateau se sépare en deux morceaux, l’avant de 1,16 m, l’arrière de 2,37 m. Pour cette transformation il subit une intervention un brin particulière, et sans doute un peu angoissante. Lorsqu’il est achevé on le découpe à la scie (!) comme le montrent les photos, en deux tronçons rendus étanches par deux cloisons transversales. On les solidarise ou les disjoint de façon très simple, grâce à 4 écrous-papillon prévus à cet effet. Un enfant peut le faire…
Etonnant non ? Et pourtant ça marche !
Nous, ce petit bijou, baptisé PassageMaker, nous a vraiment tapé dans l’œil, par sa qualité et son audace. Qu’en dites-vous ?

Athos
www.arwenmarine.com

Coupe America : au bout du feuilleton, ce sera Valence

D’après ce que nous savons, la 33e édition de la Coupe America aura  bien lieu, à partir du 12 février 2010 et non pas du 8 comme prévu. Le duel se déroulera en Méditerranée, à Valence (Espagne).  Ainsi en a décidé la Cour suprême de l’Etat de New York après la pantalonnade juridico-sportive que l’on sait.
Il opposera le defender suisse Alinghi 5 (catamaran géant de 37,50 m) à l’américain Oracle (trimaran à voile rigide de 27 m) ; deux engins dopés à mort. Pour l’heure, les deux équipes s’opposent dans un duel d’informations/désinformations, de faux secrets et de révélations au compte-gouttes. C’est un peu risible. Au-delà des gros sous qui sont en jeu (une grande marque de bagnole est dans le coup) et d’une rivalité exacerbée, il sera amusant de suivre l’affrontement, surtout si la brise se donne la peine de souffler un peu.  Les multicoques sont connus pour leur vélocité, certes, mais aussi pour leur comportement volage aux vitesses extrêmes. Ça pourrait devenir drôle. Pour le reste, bof…
• Photos : à gauche Alinghi 5 le cata géant (Reuter) ; à droite Oracle et sa grand voile rigide (crédit ?)
Aramis

Le dernier jour du Salon, comme si vous y étiez…

Qui ne se souvient du film de Jean Yanne « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ? Eh bien ! le Salon nautique c’est un peu ça. Tout le monde il est content, et tout le monde, il se frotte les mains. A commencer par Reed Exposition qui s’est donné bien du mal pour faire monter la mayonnaise… et les gros sous. Les exposants eux, restent sur leur réserve, ils ont « vu du monde », personne ne s’en plaindra ; l’industrie nautique respire (?),  le Président  Sillinger a de bonnes raisons de se réjouir, quelque 230 000 visiteurs, ce n’est pas si mal. Nous nous réjouissons avec lui ; quant à parler de reprise… Prudence, les gars.
Mais là n’est pas notre problème. Que pense vraiment le visiteur, le plaisancier moyen, celui qui, en définitive, est au cœur de ce grand bazar ? Qu’en retient-il au juste, quand le dernier lampion est éteint ?
• Il a vu de grands et beaux bateaux  montrant la vigueur et la pugnacité des majors. Bon, malheureusement ils lui sont généralement inaccessibles, la France n’étant pas uniquement peuplée de traders…
• Il a vu que désormais, il est du plus grand chic de se la jouer durable, anti-co², éco-responsable, etc. Tout le monde fait un geste pour la planète, même les plus grands pollueurs (Total Petrochemicals) s’y mettent, c’est dire…
• Que la Fée électricité  nous promet des bateaux silencieux, sans rejet, économes, propres sur eux, mais sans trop insister sur le problème gravissime et non résolu, des déchets nucléaires. (L’électricité vient bien de quelque part, non ?).  Sauf exception, les panneaux solaires et les éoliennes ne suffisent pas.
• Que les annonces de moteurs hybrides ne sont, pour le moment, Continuer la lecture ‘Le dernier jour du Salon, comme si vous y étiez…’

Spécial Salon Nautique : le premier jour, comme si vous y étiez

Avertissement : Escales Maritimes est heureux d’offrir à ses amis, et avant tout le monde, le compte-rendu de la première journée du Salon. Pas question d’emboucher ici les trompettes des faire-valoir habituels. Ici, on dit ce qu’on voit, on écrit ce qu’on pense… Petit florilège.
Le salon est plein, comme un œuf, on a même refusé du monde, les organisateurs jubilent. C’est vrai, il est plein. Petit bémol tout de même, le remplissage s’est fait avec 20% de surface en moins ! Les allées sont plus larges.
C’est la grande fête du nautisme ; oui, oui mais c’est aussi un grand bazar clinquant, une kermesse bruyante, avec animations et attrape-gogos. Drôle d’ambiance… Un raz de marée de nouvelles courses, défis, challenges à la voile, comme si le bateau ne se concevait que sous l’angle de la compétition. Recette : des stars, des bateleurs et des admirateurs… Attention, la course ne forme pas des marins, seulement des spectateurs ! Une exception pourtant, la sympathique Trégor Classique (3 jours de voile en baie de Lannion) ; on y reviendra.
Les « Majors » (Amel, Bavaria, Bénéteau, Dufour, Jeanneau, etc.) qui annexent régulièrement un vaste espace à l’entrée du Hall 1 étalent leur luxe et leur puissance. Le petit peuple des curieux admire un peu comme Gilbert Bécaud allait voir les avions à Orly, pour rêver, rien de plus. Pour visiter il faut prendre rendez-vous.  Ambiance feutrée, élitiste, on fait du business. Certains apprécient…
Les temps étant durs les « grands » rivalisent de nouveautés : nouveaux bateaux, nouvelles formules, nouveaux gadgets. Dufour propose ainsi huit versions d’un même voilier ! (le 525). Ça fait vendre (paraît-il), même si les prix ne sont pas affichés…
Le vrai salon est ailleurs, dans les allées périphériques où de petits chantiers proposent des solutions bourrées d’intelligence. Là il y a des idées neuves. Le « classique/moderne » suscite des formules astucieuses inspirées par les concepts traditionnels  et les matériaux modernes. Par exemple l’I Kone, le Pen Hir, le Clin d’œil ou le Pabook love qui est notre coup de cœur du Salon 2009 (nous en reparlerons bientôt). Autre remarque : une  large participation de la plaisance douce (voile/avirons et kayaks) ; bateaux rigides, semi-rigides, pliants, gonflables… et plein d’idées novatrices à la clef. Une tendance sympathique peut-être liée à la crise.
Constat indiscutable : pour ce premier jour, pas mal de monde . « Ils » sont venus… Alors pourquoi le plaisancier moyen vient-il au Salon ?
Il vient pour se faire plaisir, voir de beaux bateaux (pas forcément les gros bateaux) chercher des nouveautés (attention aux pseudo-nouveautés),  traquer les astuces, bénéficier de promos, etc. Rencontrer ses copains, aussi. Bref pour profiter de ce qui est vraiment nautique dans la fête. Malheureusement il n’y a pas que ça…
Le plaisancier moyen se fout pas mal des animations, du tape-à-l’oeil et des flonflons, ce qu’il appelle « le cinéma » ; il a Patrick Sébastien pour ça. À la limite tout ça l’exaspère, la cuisine inclinée à 20° (la gîte, ah, ah !) le fait sourire, les vendeurs en costard-cravate l’énervent ; il regrette le temps des vrais Salons, où il pouvait parler  avec les patrons de chantier, les voiliers, les architectes, toujours disponibles pour un débat bon enfant. Le temps où le bureau du Secrétaire général de la F.I.N. était toujours ouvert…
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On a bien aimé « Quarante ans aux Glénans »

Ce livre devait être fait ; il devait être fait comme ça, par lui, et pas autrement. Lui, il a tout connu, tout vécu, c’est une mémoire vivante. Sous sa plume, l’histoire de la prestigieuse école de voile s’anime, se dévoile ou se reconstruit. Pas l’histoire dite officielle, non, l’autre, celle du côté cour, là où les idées fusent où l’expérience se cherche où l’esprit souffle…
Sans flagornerie, Jean-Louis Goldschmid, directeur technique du Centre Nautique des Glénans fut l’interprète virtuose (et inspiré) de la « partition Viannay ».  Avec son irréductible volonté de comprendre, et de transmettre, il a ouvert à des milliers de jeunes gens  le sens de la responsabilité et de l’effort ; cela va bien au-delà de l’apprentissage basique de la voile, bien au-delà… Simplement la voile fut, pour lui, l’instrument élégant de son message. Allez Jean-Louis, t’avais vu ça depuis le début, on le sait, tu y as consacré ta vie, jusqu’à ta retraite, avec un réel bonheur. Chapeau Goldo !
Le bouquin est pointilliste, truffé de clins d’œil multicolores qui peu à peu s’assemblent et se constituent  en fresque ébouriffante ; ça sonne juste, et c’est parfumé d’humanisme. Du solide, quoi.
Alors, je ne vais pas vous raconter l’histoire, trop riche, vous verrez bien. Si vous avez le goût de l’anecdote – et de l’humour – , vous allez vous régaler, soyez-en prévenus ! Pisse-froid s’abstenir…
Finalement, on débouche sur un constat inoxydable : malgré le temps qui passe, tu restes, Jean-Louis, conforme à ta légende, que tu n’as sûrement pas cherchée. Pour nous, c’est ce qui pouvait  nous arriver de mieux.
M. D.
• Quarante ans aux Glénans – Octobre 2009 - Ouest-France Editeur

Portrait de bateau : le « Corsaire »

Corsaire 1Corsaire 2bapteme Corsaire DSCN0505Le Corsaire. Voilà le voilier le plus important de l’après-guerre. Conçu en 1954 par Jean-Jacques Herbulot ; il marque le basculement de la Plaisance élitiste vers la Plaisance accessible dont il fut l’indiscutable pionnier. C’est une réussite technique incomparable, fondée sur un concept simple et utilisant un matériau sûr et peu coûteux, le contreplaqué, facile à mettre en œuvre (construction à bouchains vifs). Au surplus, ses volumes de flottabilité (258 litres) en font un bateau pratiquement insubmersible.
Sa formule  permet  à deux personnes de vivre convenablement à bord (deux couchettes + une micro cuisine) et de naviguer dans de bonnes conditions de sécurité. Ce phénomène devait se révéler d’une excellente tenue à la mer, capable d’encaisser des grains vigoureux, et ne pas poser de problème de mouillage grâce à son faible tirant d’eau (dériveur lesté). Cerise sur le gâteau, ses lignes épurées lui donnent une silhouette racée, jamais ringardisée. Bref, vous l’avez compris, c’est un bateau qui me plaît beaucoup…
• Caractéristiques : 5, 50 m de long, 1,92 de large, lest 150 kg, tirant d’eau 0,55/1,00m, voilure standard 16 m².
Depuis sa création, le Corsaire a été dupliqué à quelque 3000 exemplaires sans compter la construction amateur difficile à estimer. Sa notoriété et sa réputation  ne furent jamais démenties. Aujourd’hui encore on en rencontre de superbes (comme neufs !) soutenus par une Association de passionnés, dynamiques et  volontaires. Signe qui ne trompe pas, d’anciens Corsaires, sont restaurés avec soin, et s’ouvrent à une seconde vie.
Non content d’être un précurseur, le Corsaire affiche une carrière d’une incroyable longévité et qui n’est pas près de s’éteindre. Pour preuve, l’AS Corsaire organise le 5 décembre prochain, à 17 h, au Salon Nautique, une manifestation pour le centenaire de la naissance de son concepteur, Jean-Jacques Herbulot (né en 1909 à Charleville-Mézières). On y attend beaucoup de monde et pas seulement des « corsairistes »; en tout cas, moi, j’y serai…
Maurice Duron
• Photos : à gauche, le Corsaire n° 5, à Hyères en 1954 ; à bord, Hélène, Jean-Jacques et Florence Herbulot (collection Florence Herbulot) ; au centre, en 2003 deux “Corsairistes” qui n’ont pas l’air franchement malheureux… (photo M. Gerber) ;  à droite : baptême d’un Corsaire entièrement rénové à Audierne en 2008.

Ces requins qui aiment tellement les bateaux…

Bon, je vais encore me faire des amis…
Je lis dans Ouest France du 28 octobre dernier, un papier gentiment acidulé, qui m’a fait hausser un sourcil. On sait l’estime que je porte au sponsoring et à la pub, tous deux grands manipulateurs du croc à phynance de l’inimitable Jarry. Je trouve qu’entre les lignes cet article en dit beaucoup. Quelques extraits.
Aller plus loin dans le domaine de la com’ et des relations publiques c’était un peu aussi l’objectif de « Groupama 3», explique Franck Cammas, skipper de ce trimaran taillé pour les records. Mon métier est aussi de passer la journée à faire naviguer des gens de Groupama. Ah bon ?
Un peu plus loin, Dominique Granado, en charge du sponsoring sportif déclare, le doigt en l’air  : Pour un collaborateur ou un client, naviguer sur un bateau unique est extrêmement apprécié.
Tant mieux pour eux, mais est-ce vraiment en jouant les promène-nigauds Continuer la lecture ‘Ces requins qui aiment tellement les bateaux…’

Naufrage sur Arte : un voilier sombre dans le ridicule

hatchepsoute2881696,property=imageData,maxWidth=634,scale=unproportional,templateId=scaled,v=1,CmPart=com.arte-tv.wwwSi j’avais vu ça sur TF 1 j’aurais haussé les épaules, mais là, sur Arte…
Samedi 17 octobre, 20h45, un docu sur une expérience archéologique. Le but : reconstruire à l’identique et faire naviguer un voilier en usage sous la reine Hatchepsout, il y a 3500 ans. Pourquoi pas ? Sous le regard d’égyptologues distingués on assiste alors à la reconstruction, phase par phase. Intéressant. Mais peu à peu on s’aperçoit que les savants n’ont aucune idée du vocabulaire maritime ce qui donne au commentaire des allures surréalistes. Les bordés deviennent des planches de côté, les coutures des joints entre les planches, l’emplanture le trou du mât, le lest du ballast et les haubans des cordes accrochées de part et d’autre du mât, etc. En souriant un peu on arrive à comprendre, mais on se dit que la rigueur scientifique n’aurait rien perdu à appeler les choses par leur nom ; quitte à en donner une courte définition.
Pilote de l’émission, et spécialiste de « nautique ancienne » (?) Cheryl Ward aurait peut-être intéret à consulter, (la prochaine fois)  Les mots de la mer de l’ami Christophe Hardy (Bellin Editeur) ou Les mots de voile et de vent (Autrement Editeur) que j’ai personnellement commis, il y a quelques années.
M. D.

Buvons un coup, buvons-en deux …

Voilier de charge CTMV-1C’est un beau projet, éthique, intelligent et respectueux de l’environnement, mais qui a du mal à démarrer. Il s’agit de créer tout une flotte de voiliers qui devraient transporter… devinez quoi ? des vins du sud ouest, Médoc, Graves, Sauternes, etc. Nous qui n’avons rien contre le jus de la treille (mais alors rien du tout), vous pensez bien que ça nous a fait réagir. Voici donc ce que nous avons appris.
L’idée en revient à Frédéric Albert qui a décidé un beau jour qu’il devait faire quelque chose pour la planète aussi bien que pour le vin de Bordeaux. Bonne idée…
Passons sur les détails ; il a donc créé la Compagnie de Transport Maritime à la Voile (CTMV) et a confié au bureau Ship Studio le soin d’en étudier un prototype. C’est lui que vous pouvez voir ci-contre.
La CTMV devrait fonctionner avec une cinquantaine de producteurs ; son capital de 50 millions € est détenu à 70% par des « investisseurs privés » (importateurs irlandais et britanniques). L’un de ses premiers objectifs est d’être agréée par Ecocert-Ecopass comme Première flotte européenne de Marine Marchande à voile ! Ça paraît sérieux. Et de surcroît écolo… Pourquoi pas ?
Mais revenons au voilier ; c’est un ketch de 45 m sur 10, construit en acier coque à bouchains vifs, biquille, portant une voilure classique (bermudienne) de 1 000 m² (!) ; sa capacité d’emport est de 208 tonnes de bons crus. À votre santé ! Continuer la lecture ‘Buvons un coup, buvons-en deux …’

Goldo se lâche…

GoldookC’est un événement que tous nos vieux copains des Glénans de la grande époque,  apprécieront à sa juste valeur : Jean-Louis Goldschmid, qui fut Directeur technique du célèbre Centre, prend la plume ! Le grand Goldo sort ces jours-ci un bouquin qui relate quarante ans de sa vie consacrée aux Glénans. Eh ! oui, quarante ans…Vous pensez s’il en a des choses à dire… Son témoignage est unique, il a tout vécu, tout connu, tout inspiré. Qui ne se souvient de cette voix inimitable,  de cette intelligence aiguë, de son savoir ? De son humanité aussi. Nous lui devons tous quelque chose. Je n’ai pas encore lu l’ouvrage, (il sort de presse incessamment), mais j’y reviendrai. Escales Maritimes voulait être des premiers à l’annoncer. Voilà qui est fait.
Maurice Duron
• Quarante ans aux Glénans – Jean-Louis Goldschmid  – 320 pages – Ouest France Editeur. (en couverture une belle photo de Fort Cigogne)

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