Archive pour la catégorie 'Voile / Voiliers'

Comment reconnaître un voilier (de plaisance) ?

Tous les amis d’Escales ne sont pas forcément de fins régatiers. Mais beaucoup d’entre eux aimeraient pouvoir identifier les jolis voiliers entrevus durant les vacances. Pour eux, voici quelques silhouettes de gréements qui devraient les aider à les reconnaître.
On voit ici, de gauche à droite :
Un Cat boat ; un seul mât, une seule voile situés sur l’avant.
Un Sloop ; un seul mât, une grand voile et un foc à l’avant (le plus courant en plaisance).
Un Cotre ; un seul mât, une grand voile et plusieurs focs à l’avant (éventuellement un flèche au-dessus de la grand voile).
Un Ketch ; un grand mât et un mât d’artimon, une grand voile, un ou plusieurs focs  (le mât d’artimon est placé devant la barre).
Un Yawl ; comme le Ketch sauf que le mât d’artimon est derrière la barre.
Une Goélette ; deux mâts et deux voiles, le plus petit mât étant devant le grand mât, un ou plusieurs focs  (les deux mâts peuvent être de hauteur égale).
Nota – Pour faire simple : quand la voile va jusqu’en haut du mât elle est dite bermudienne ou marconi (synonymes). Quand la voile est détachée du haut du mât elle est dite « à corne ». Ici, le cotre est à corne et le ketch bermudien. (Voir Dico si nécessaire)
Sur les bateaux de travail traditionnels, les distinctions sont bien plus subtiles. Ce n’est pas notre propos.

Un bateau fou… contre le chômage

Avertissement. Cette vidéo est de la pub (1), elle vante la marchandise. Ce n’est pas notre genre. Mais l’engin, pardon, le bateau, est tellement extravagant (et peut-être très innovant) qu’on ne peut pas l’ignorer.
• Attachez vos ceintures, et découvrez Eoseas le voilier fou que STX Europe (ancien Chantiers de l’Atlantique) a dans ses cartons. Un « produit » français (cocorico !) bien dans l’air du temps. Il vous donnera peut-être envie de faire de la voile… ou d’éclater de rire. En tout cas le projet semble sérieux.
• Alors, même si les grandes bétaillères flottantes, ne sont pas notre tasse de thé, on se dit que si cela procure du travail aux ouvriers de Saint-Nazaire, pourquoi pas ? C’est tout ce qui nous intéresse dans cette affaire.
Pour le reste, nous verrons bien.
• Bientôt d’autres précisions si vous le souhaitez.
Aramis
(1) Qui ne rapporte pas un centime à Escales, bien entendu.

A vendre… pour moins que rien

Quand je vous dis que la (belle) plaisance agonise…
Voici un cotre des Glénan qui est à céder à …0 € ! Il est à donner !
On le trouve sur le site ami de Hisse-et-oh. Son propriétaire en a marre des tracasseries, assurance, place de port, frais d’entretien… alors il le donne.
Et si personne n’en veut, il le détruit.
Le bateau n’est pas dans un état parfait, mais c’est une pièce historique née du crayon de Jean-Jacques Herbulot ;  il en reste peu d’exemplaires.
Il a tout de même une autre gueule que les baignoires en plastique que pondent  en série les grands chantiers d’aujourd’hui. Franchement, ça donne à réfléchir.
Aramis

Les experts traquent le bateau fantôme

Notre précédent Bateau de la mémoire n° 66 a fait surgir une interrogation imprévue : quel type de bateau figure sur la carte postale ? Nous, nous avions parlé avec précaution d’une vaquelotte ; ce n’est pas ça. On pencherait maintenant (sous toutes réserves) pour un Camin du Havre. L’ami Jean-Louis a suggéré un bautier, puis un flobart de Berck ou d’Etaples ; ce n’est pas sûr. Surtout, les érudits consultés, comme François Renault (1) et Jacques Flambard avancent à pas comptés sur une identification qui paraît délicate.  On ne s’attendait pas à ça… Que disent ces experts ?
François Renault – A première vue le bateau n’est pas loin d’être au sec, il a son safran embarqué, on le devine sur le couronnement et on voit un fémelot sur le tableau entre le nom (que je crois être) Cygne et le nom de Caen. A ma première réflexion,  j’ai pensé à  Labrèque (2) : le père mais…?  le dessin sur la voile est très bizarre.
 Il y a  le système de support de la bôme du tapecul qui est de toute évidence  métallique et pas “de chez nous” (3). On n’a jamais entendu parler de ça chez Labrèque !!!  J’ai cherché dans quelques listes ce nom de bateau dans les photocopies de la matricule du quartier de Caen : mais pas trouvé.
(…) Il y avait des petites chaloupes à clins, dans le même style au Havre au XIXᵉ . On peut en voir avec grâce aux  peintres comme Boudin. Lire la suite ‘Les experts traquent le bateau fantôme’

Un nouveau délit, l’excès de vitesse à la voile !

Alors là, ça dépasse les bornes. Pour une fois, le coup de génie ne vient pas de France mais de Grande-Bretagne. Les ronds de cuir de sa Gracieuse Majesté ont inventé le délit d’excès de vitesse pour les voiliers, aux abords des côtes. En d’autres mots, une  version maritime des redoutables radars pour bagnoles. L’info vient de Voiles et Voiliers où F. de Fommervault fait part de sa mésaventure : flashé à 17,1 nœuds par le Phare de Sainte-Catherine au sud de l’Ile de Wight. Photographié et sanctionné… Car, dans les eaux britanniques, il est interdit sous peine d’une amende de 1 000 £, de dépasser la vitesse de 10 nœuds à moins d’un mille de la terre ! Faut le savoir. Cerise sur le bateau, le voilier (un First 40) était en course, et participait à la Kerners’s Cup, en novembre dernier. Il aurait dû ralentir ?
Finalement, le skipper a pu éviter l’amende (petit cafouillage du radar AIS), mais n’a pas échappé aux remontrances des fonctionnaires…
Sur son petit nuage, Chichester doit sourire de consternation.
Cyrano
PS.- J’ignore si cette réglementation s’applique à toutes les côtes ou seulement à certaines d’entre elles.
• Image – Eh, doucement, huit nœuds, ça va.. à dix, faut ralentir !

En marge du Salon. Coup de blues dans la voile

• Les communicants de Reed (organisateur du Salon) usent de  formules rassurantes du genre « la légère baisse de la voile est largement compensée par la croissance du moteur ». En chiffre d’affaires peut-être, mais vu du côté du plaisancier moyen, le constat n’a rien d’anodin ; il est même inquiétant. Il signifie que le grand public lâche la voile pour des engins pétaradants, insolents, bouffeurs d’énergie et souvent bien laids. C’est tout une culture qui bascule au profit de la frime et des loisirs violents.
• Edifiant. En Métropole, entre le 1er septembre 2010 et le 31 août 2011, on a immatriculé 2 762 voiliers et… 12 699 bateaux à moteurs ! Ces chiffres(*) confirment une tendance qui ne date pas d’hier.
Au fil des années, on voit la voile régresser et avec elle les valeurs qui lui sont associées, la simplicité, le sens marin, le goût de l’effort, le beau langage et le respect de la nature. Je préfèrerais écrire le contraire mais les chiffres sont là, bien tristes, mais réels.
D’ici qu’on voit un jour, un Salon nautique sans voiliers…
M. D.
 (*) Source Industries nautiques

Spécial Salon. Petits bateaux de petits chantiers

Fort heureusement, il y a aussi au Salon quelques petits chantiers auxquels les mammouths de la voile ont laissé un peu d’espace. Ce ne sont pas les moins intéressants et d’avance, nous regrettons de ne pouvoir les citer tous.
Ceux-ci proposent des formules plutôt classiques, intelligentes, plus ou moins rustiques mais innovantes, toujours de dimensions raisonnables. Ils sont destinés au public de l’Hexagone, celui qui va sur l’eau pour le plaisir ; ils ne se différencient entre eux que par le programme du propriétaire. En voici quelques-uns qui nous semblent représentatifs. (Prix TTC).
Gazelle. (Marine Composite) Formule renouvelée du dériveur du même nom ; micro-croiseur, à gréement à corne ; 5,50 m, sur 2,06, 16 m² de voilure, 400 kg. Il est annoncé pour 6 personnes ce qui paraît excessif mais parfait pour deux ; Simple et rustique. (25 000 €)
Skellig 2.2.  (Plasmor). Micro-croiseur de 5,34 m sur 2,35 (donc assez large) 20 m² de voilure (houari), tirant d’eau 0,15/1,15. Descente excentrée, très habitable, transportable. En un mot, rassurant (20 000 €).
Django 7.70 . (Marée Haute) .Croiseur moyen de 7,70 m, sur 3,00 (bonne largeur) voilure (GV + génois) 47 m². Offert en trois versions : quillard (lest 600 kg) , biquille (780 kg), quille pivotante (600 kg). Ce n’est pas un proto (il était présenté l’an dernier) mais une formule intelligente. (53/65 000 €)
Béniguet.(Grand Large) – Micro-croiseur en bois (dériveur) de 5,85 m sur 2,10 tirant d’eau 0,43/1,20 m, voilure houari de 20 m². Un véritable héritier de la tradition, classique, sympa. (42 700 €)
Seascape  18. (Seascape Distribution). Dériveur lesté intermédiaire entre day-boat et  micro-croiseur. 5,50 m de long sur 2,40 donc assez large. Gréement de sloup, voilure  23 m². Fabriqué en Slovénie. Visiblement robuste et d’un prix acceptable. (22 604 €)
IKone J. (Espace Vag). Dériveur lesté qui est une  amélioration de son prédécesseur bien connu (ouverture de descente plus large). 5,50 m de long sur 2,30, gréé en cat-boat, (surface 15 m²) quille de  130 kg  relevable, poids 420 kg. Deux couchettes et vaste cockpit. En fait un day-boat à silhouette sportive. (19 500 €)
…Et quelques autres que nous ne pouvons citer. En tout cas, ils démontrent qu’il  reste des petits chantiers qui font toujours  de bons bateaux. C’est ça la plaisance !
Bien entendu, (est-il besoin de le dire ?),  ces citations ne sont en rien publicitaires, c’est notre choix, point final.
Athos
• De gauche à droite : le Django 7.70, la Gazelle. le Skellig 2.2, (Photos Escales Maritimes.)

Salon nautique 2011. C’est ça la plaisance ?

Ceci est un papier d’introduction, écrit à chaud après une première visite au Salon. Ce sont des impressions, des constats, des ambiances ; nous y reviendrons. Mais, comme disait l’oncle Georges : méfie-toi du premier mouvement, c’est le bon !
Ce qu’il y a de bien avec le Salon nautique, c’est l’enthousiasme de son service de communication : le dernier n’était pas mal, mais celui-ci… vous allez voir ce que vous allez voir ! Les communicants annoncent même le nombre de visiteurs à l’avance (250 000). Fortiche, non ?
• Première impression, les nouveautés. Sitôt entré, on est accablé de nouveautés « de l’année », ou “2011-2012″ à croire que sans nouveautés, il n’y aurait pas de Salon possible. Bénéteau pousse même le luxe jusqu’à masquer d’un drap rouge le Sens 55 qui ne sera dévoilé que plus tard. Les autres se contentent de l’écrire sur les étraves.
Ça change quoi ? Ça trompe qui ?
• Les grands voiliers du  hall 1 (Bénéteau, Jeanneau, Bavaria, Dufour et compagnie) sont étonnamment ressemblants : même silhouette, même équipements, mêmes hublots rectangulaires, etc. On a l’impression qu’un bateau-type est dupliqué par tous les exposants ; un peu plus grand ici, un peu plus petit là, mais tous fondés sur le triple concept confort, luxe, tape-à-l’œil. La classe, quoi. La mode, surtout… Au-dessus de 35 pieds (et parfois en deçà), ils ont tous leurs douches , eau chaude-eau froide, boiseries rares, électronique façon Airbus, winches électriques, réfrigérateur grand comme ça… C’est le concept de « maison familiale sur l’eau » (en toutes lettres dans le communiqué de presse !) ; surtout, ne pas changer d’habitudes.
C’est ça la Plaisance ?
• Petit à petit, au fil des années, le Salon nautique s’est rapproché du Salon des antiquaires ou de la Lingerie féminine. (là, j’exagère un peu !). Il est devenu feutré, doucereux, haut de gamme, en un mot : triste. Celui de 2011 n’échappe pas à la tendance. Le cadre sup’ (et madame) y font leur marché chéquier en main, car le bateau (aussi) est un moyen d’exposer sa réussite. Le plaisancier fortuné se doit de le montrer ; mondain, il reçoit à bord, on est entre soi. Vous êtes riche, montrez-le que diable ! Un 45 pieds à 340 000 € ça vous dirait ?
Entre nous, c’est ça la plaisance ?
• Comme les organisateurs s’essoufflent pour attirer le chaland, ils ont inventé des animations plus ou moins burlesques où se produisent des célébrités, stars du grand large, VIP du show-biz, et même des politiques, engloutis dans le gros barnum Lire la suite ‘Salon nautique 2011. C’est ça la plaisance ?’

Voile classique : grand largue et tout dessus…

Nos amis du Yacht Club de Trébeurden vous convient à la présentation de leur programme 2012, le samedi 3 décembre au Salon Nautique de Paris. Il y sera question – entre autres – de la 5e édition de la dynamique Trégor Classique (*)  qui s’installe désormais parmi les grandes manifestations nautiques de Bretagne nord.
• Un programme particulièrement riche – impossible à détailler ici – vous attend. Le mieux est de leur faire visite ce samedi, à partir  de 10 h, où vous sera offert un solide brunch costarmoricain (Hall 1, Allée M, Stand 92).
Rappelons que les initiatives du Yacht Club de Trébeurden entendent valoriser la belle plaisance, les  balades bon enfant et les régates de tradition. Rien que du classique, quoi .
• Je me ferai un plaisir de saluer le président Haillouy, faites comme moi !
M. D.
(*) 22, 23 et 24 juin 2012.

Voile : partir, c’est couler un peu ?

On vient de retarder le départ d’une grande course à la voile au motif que la météo était déplorable. Un chroniqueur de « France Inter », emporté par un coup de gîte, a même précisé que la mer risquait de broyer les bateaux. Diantre !
La course vient de partir, aujourd’hui, et cela appelle  au moins deux questions.
• La première : les organisateurs prennent le risque d’assurer le temps. S’il fait mauvais, on ne part pas, donc si on donne le départ (plus tard), c’est qu’il n’y a plus de danger. Lourde responsabilité. Est-ce bien raisonnable ?
• La seconde : si les bateaux ne peuvent affronter le mauvais temps au moment du départ, comment peut-on laisser d’aussi fragiles engins, se cogner au vigoureux Atlantique ? Au large et sans recours. (Notez bien que je parle des bateaux et non des skippers).
A mon avis, il y a là une double contradiction, que je voudrais bien qu’on m’explique.  Sérieusement si possible.
En d’autres temps, le départ était toujours donné ; libre aux skippers, seuls maîtres à bord, de prendre leurs responsabilités : partir ou attendre.
Aramis

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