

L’équipage du cargo frigorifique « Antigone Z » (ex-Ice Lady) en escale à Douarnenez, chargé de 1 261 tonnes de poisson surgelé pour le compte de l’affrèteur hollandais Marine Seafood battant pavillon panaméen, et appartenant à un « pseudo-armateur » grec vient de se mettre en grève. Cet équipage, composé de 8 marins russes et de 2 lituaniens, n’est payé qu’au bon vouloir de l’armateur grec Georges Stamatis.
Pour preuve, le capitaine russe, Sergey Shishkin, n’a pas reçu de salaire depuis six mois. L’ingénieur électricien, jeune père de famille, depuis onze mois !
Le chargement devrait être livré à Alexandrie en Egypte. Ce bateau construit en 1969 (78 mètres de long) est dans un état douteux. A bord les vivres manquent, l’équipage n’a pas consommé de légumes verts depuis plus de deux mois, l’eau n’est pas potable, etc…
Une fois de plus c’est une honte !
Les organisations internationales et européennes étant impuissantes face à ces mauvais armateurs, l’Association Mor Glaz et le syndicat CGT estiment que les professionnels portuaires devraient signaler les situations non-conformes aux règles sociales. C’est, à leur avis, le meilleur moyen de mettre fin à ces dérives intolérables.
• Photos – A gauche, l’Antigone Z à Douarnenez (photo Jiheldet) ; au centre Jean-Paul Hellequin (président de Mor Glaz) parmi les grévistes (photo Mor Glaz) ; à droite l’ex-Ice Lady devenu Antigone Z (photo Jiheldet).
Archive pour la catégorie 'Témoignage'
Les armateurs voyous sont (toujours) parmi nous…
Publié 12 avril 2012 Législation / Règlements , Marine marchande , Témoignage 2 Commentaires• Coup de gueule – Ce papier a été visiblement inspiré par le comportement d’un capitaine dont on a beaucoup parlé ces temps-ci. Il reflète le point de vue d’officiers plus conscients de leurs responsabilités.
Même s’ils font mouiller les midinettes poudrées et ouvertes… plus rapidement qu’un navire en baie abritée, les graaannnnds et brillants capitaines aux manches ornées des galons obtenus par leurs quartiers de noblesse ou leurs ronds de jambe dans les salons républicains, n’ont que mon mépris de modeste écraseur de crabes, commandant pendant 18 ans, marin pendant 38 ans !
Certains devenus amiraux par grâce Royale, qui n’ont même pas été capables de distinguer le nord du sud, ont fait massacrer pour leur plus grande gloire, leurs équipages obligatoirement soumis. L’ennemi Anglois de préférence, aussi taré qu’eux, avait eu plus de chance en chopant par hasard… le bon vent portant !
Depuis « La blanche nef » (XIIᵉ siècle) jusqu’au « Costa Concordia » en passant par « La Sémillante » et autres, dont la liste remplirait des pages, ils ont entraîné dans les abîmes maintenant faciles à sonder, des centaines de mathurins enrôlés plus ou moins de force ou par misère.
Leurs vaisseaux de 74 canons ou de commerce, n’étaient pas des embarcations du dimanche. De véritables professionnels, artisans et artistes, avaient mis hors cale en pleine eau, des bâtiments capables d’affronter les pires fureurs océanes… mais jamais hélas… la connerie prétentieuse des Capitaines de pacotille brillante comme des colifichets pour nègres esclaves, qu’on embarqua vers… NOS… colonies ! Je ne parlerai pas des boîtes à sardines pour touristes, depuis le « Titanic » jusqu’au « Costa », un glaçon ou un simple rocher les ouvre de l’avant à l’arrière, pour une césarienne mortelle, non pas par fièvre puerpérale, mais celle nommée « panica generale » !
Certains, bicorne ou casquette à poste, toujours pavillon haut, ont coulé bas à la passerelle de leur navire… d’autres se sont enfuis comme des rats… on ne refait pas l’humanité avec son lot de héros de roman à quatre sous, et de lâches valant le même prix !… Tant qu’il y aura des hommes, il y aura la mer à affronter pour se sentir héros… la peur à étrangler, pour se sentir vivant, et les femmes à caresser pour se sentir… bander !
Kerdubon
C’est la Plaisance qu’on assassine !
Publié 18 janvier 2012 Législation / Règlements , Marine de plaisance , Témoignage 9 Commentaires
Louis, (appelons-le Louis) possède un beau voilier de 11 m en aluminium. Cet été-là, il se balade le long des côtes du Morbihan. Le temps étant superbe, il décide d’une escale à Houat, sur la grande plage (Treac’h ar Gouret), face à Hoédic. Juste une nuit. Il repart le lendemain, direction Groix.
• Un an plus tard, il reçoit un avis très officiel lui signifiant qu’étant en infraction ce jour-là, il doit régler une amende de 380 € ! Louis tombe à la renverse et demande des explications. Il en reçoit : Il est interdit de mouiller sur la grande plage, avec, sans doute, de bonnes raisons. Louis ne discute pas, mais fait remarquer que l’interdiction ne figure nulle part. Réponse : Si, à Vannes !
• Vannes ! Pourquoi pas Brest ou Nantes ?
Il doit bien exister d’autres moyens de protéger les herbiers que de tendre des traquenards aux plaisanciers. Mais ceux-ci sont sans doute plus sûr pour rabattre les bateaux vers les ports (payants) de la Sagemor… (Société anonyme d’économie mixte de gestion portuaire du Morbihan)
Si on voulait tuer la Plaisance, on ne s’y prendrait pas autrement.
• Image - La plage de Treac’h ar Gouret ; c’est beau, mais c’est interdit…
Jussac
L’épopée des pêcheurs basques en neuf images
Publié 28 décembre 2011 Culture maritime / Patrimoine , Marine de pêche , Témoignage Laissez un commentaire







Cette série de photos est un hommage aux pêcheurs basques. A notre grand regret, elle nous pose un petit problème. Nous n’avons pas été en mesure de savoir quelle en était la provenance. Nous nous en excusons auprès de leur(s) auteur(s) mais nous remercions Guy Quiesse qui nous l’a adressée.
Ces images émouvantes méritent-elles un commentaire ? Sans aucun doute, mais nous ne disposons pas d’une documentation suffisante pour en parler valablement. Nous nous abstiendrons.
Le mieux est de les feuilleter en rêvant un peu à l’épopée des marins basques, grands pêcheurs et grands découvreurs s’il en est. Tout ce qu’on peut dire c’est que ces clichés remontent probablement à la période allant des années 30 à 1960 environ. La photo de la Christiane (1954), échouée devant le fort de Socoa, montre la récupération du moteur à marée basse ; on a carrément ouvert le flanc du chalutier pour y parvenir (Source Altxa mutillak). La dernière photo représente 80 tonnes de thons étalés sur le quai de Saint-Jean-de-Luz en 1952.
Une belle, une très belle, tranche de vie des marins de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. De grands bonshommes… Regardez.
(Voir aussi la belle histoire de la reconstruction du “Patchiku”).
Athos
La tempête frappe toujours deux fois…
Publié 26 septembre 2011 Météo / Phénomènes naturels , Sécurité , Témoignage 1 Commentaire
Au siècle dernier, une tempête historique avait déjà précédée Xynthia. Le 9 janvier 1924, elle ravage les côtes de La Rochelle à Royan. Dans son édition du dimanche 13 janvier, Le Journal de Royan(*) en fait un compte-rendu précis. Extraits.
« À ce moment (quatre heures du matin) [...] le niveau de la mer s’éleva brusquement de cinq mètres environ : tous les bateaux dans le port rompirent leurs amarres et vinrent se jeter sur les quais, où ils brisèrent une dizaine de bornes en pierre ou en fer ; l’un d’eux défonça le hangar en planches servant de magasin au pilotage. Tous eurent des avaries plus ou moins sérieuses ; par suite d’une voie d’eau, trois d’entre eux coulèrent : le Saint-François, de Pauillac ; le Myosotis, de Royan ; et la gabarre à vapeur Saintonge, qui assure le service du transport des marchandises entre Bordeaux et Royan. »
• Au premier appel des sirènes et de la cloche d’alarme du port, les équipages accourent ; après des efforts surhumains, la plupart des bateaux ramenés par le flot sont de nouveau solidement amarrés ; mais cinq de ceux-ci partent à la dérive, ainsi que tous les canots, et vont s’échouer sur la grande plage. Il s’agit de : La Magicienne, échoué devant les “Autans” ; Le Coquelicot, désarmé ; le Rosé de France, tous deux des pêcheries maritimes ; Le René, et le Dupérier de Larsan, bateau pilote, devant la passerelle du casino municipal.
Vers six heures, les vagues en heurtant le parapet du boulevard Botton, recouvrent, Lire la suite ‘La tempête frappe toujours deux fois…’
Les vicissitudes du capitaine-chirurgien
Publié 25 juillet 2011 Marine marchande , Témoignage 2 CommentairesNotre ami Henri Bourdereau, qui fut à l’occasion “capitaine-chirurgien”, apporte ce précieux complément à notre billet du 12 juillet.
Je pense tout d’abord que les navires, tels que ceux de la Compagnie des Indes Orientales, qui étaient équipés de cette superbe trousse chirurgicale, avaient aussi à bord un… chirurgien si toutefois on pouvait assimiler cet homme d’un art limité et aux interventions plutôt brutales, à un praticien tel que nous l’entendons actuellement. Tel n’était évidement pas le cas de la majorité des navires de commerce de ces siècles passés dont les capitaines étaient complètement démunis devant toutes blessures ou maladies.
Quant au terme “médecin de papier” si ce nom était utilisé lors de notre période contemporaine, je serais curieux de savoir de quand il date, mais je ne pense pas qu’il remonte au 17ᵉ siècle.
A titre anecdotique je voudrais aussi faire part aux lecteurs d’Escales Maritimes de mes expériences personnelles sur des navires de commerce des années 50-70 où nous étions 30 à 40 à bord, sans médecin bien évidemment, avec des traversées parfois d’un mois, voire plus, souvent sans possibilité d’escale en cas d’urgence.
A bord, une infirmerie avec une armoire à médicaments bien fournie, un peu de matériel – mais pas de quoi trépaner quelqu’un ! – et surtout l’indispensable “Médecin de papier”… Responsable du service : le deuxième lieutenant, bien évidemment sous la responsabilité du capitaine. Notre formation : lors du cours de Capitaine, quelques heures passées au service d’urgence d’un hôpital. Lire la suite ‘Les vicissitudes du capitaine-chirurgien’
Saint-Pierre et Miquelon, l’archipel résistant
Publié 20 juillet 2011 Culture maritime / Patrimoine , Histoire / Ethnologie , Témoignage 1 Commentaire

Longue émission hier soir sur France Inter ; sujet : Saint-Pierre et Miquelon. Résultat mitijé : bon, mais aurait pu mieux faire. Cette appréciation ne concerne pas Alexis Gloaguen, philosophe et écrivain, qui parle de l’archipel avec chaleur et justesse ; il donne envie d’y aller.
Ma réserve tient plutôt dans la construction de l’émission ; il ne suffit pas de bonnes intentions pour faire vibrer l’antenne.
J’aurais aimé que d’emblée, on situe l’archipel géographiquement (combien de Métropolitains ne savent pas où il est ?), on fixe sa population, ses activités, son histoire, son climat, etc. Bref, cadrer l’émision. Ça s’est fait peu à peu, mais en désordre.
Ce que j’ai happé au passage.
• Ce sont des îles rudes et fortes où règne un esprit de résistance qui est, semble-t-il, nécessaire. Le climat (froid et venté) pèse sur les hommes qui guettent l’embellie du printemps : en février, si vous craquez une allumette, vous risquez de mettre le feu à la maison…
• La vie économique, centrée depuis toujours sur la pêche, s’est effondrée quand, Lire la suite ‘Saint-Pierre et Miquelon, l’archipel résistant’
Au bon vieux temps du bois d’ébène…
Publié 20 avril 2011 Histoire / Ethnologie , Témoignage 1 Commentaire
Le hasard des lectures est parfois surprenant. Témoin ce récit extrait du journal de voyage d’un trafiquant d’esclaves de la fin du XIXᵉ siècle.
(…) “et nous fîmes voiles vers Bourbon qui, vu ses travaux forcés et ses soixante lieues de tour, offre toujours un débouché pour cette marchandise. Les produits d’Europe en baisse donnent parfois des pertes ; mais les Noirs, jamais ; et sauf une épidémie à bord, il y a toujours des piastres à gagner dans le commerce. Quoique la mortalité soit grande parmi les hommes parqués comme des moutons, nous eûmes, grâce à l’air et au mouvement, ces deux principes de vie, peu de Noirs à jeter à la mer. A certaines heures, du jour, nos mains philanthropiques allégeaient les entraves, et la consigne était alors de respirer et de folâtrer à l’aise sur le pont. Avec ces précautions d’hygiène, notre chargement essuya peu d’avaries, et sur 300 Noirs, nous eûmes le bonheur d’en débarquer 271 sur la côte du Vent, sans autre mal que quelques chevilles enflées et quelques cous meurtris par les barres de justice et les carcans. Nous comptâmes onze suicides, chiffre satisfaisant qui grossirait jusqu’à des proportions ruineuses sans les boissons fortes qui hébètent les sens, et la bruyante musique qui émousse le souvenir et assoupit le désespoir. Le vinaigre et le temps cicatrisent les plaies. Et puis, quand même ! l’emprunte sanguinolente du licou n’empêche pas la bête de somme de faire force et de tirer, se disent sans doute les colons, car ils chuchotaient entre eux au débarquement, et nos Noirs, malgré leurs écorchures, nous furent enlevés à 1 500 fr par tête”.
C’est signé S. Berteaut.
• Texte extrait de « La France Maritime » de 1852 (tome 2), page 119.
• Images extraites de « Souvenirs de marine » du vice amiral Pâris (4e partie). En 6 et 7 : collier de fer et son cadenas. En 8 : entraves de bras et de jambes. ).
Pourquoi casse-t-on les bateaux de plaisance ?
Publié 3 mars 2011 Environnement / Pollution , Marine de plaisance , Témoignage Laissez un commentaire
Le débat sur la casse et le recyclage (?) des bateaux de plaisance fait rage. Il ne fait que commencer. Voici l’opinion d’un correspondant d’Escales, que nous versons au dossier. C’est un peu long, mais elle vaut d’être lue jusqu’au bout…
C’est un thème très à la mode lié à la saturation des ports de plaisance, et la gêne occasionnée de ce fait pour trouver des places aux nouveaux bateaux.
Il existe plusieurs sociétés de déconstructions subventionnées par la FIN (Fédération des Industries Nautiques), elle-même en pleine collusion avec les acteurs majeurs de la grande plaisance française : autrement dit, si le coefficient d’obsolescence (terme inventé par la construction automobile) des vieux bateaux n’est pas assez élevé, il faut provoquer leur recyclage. On a affaire avant tout à un problème commercial : s’il n’y a pas assez de place dans les ports – et cet argument fait hésiter de nouveaux acquéreurs -, il faut alors « faire de la place », et virer tous les bateaux de pêch’prom’ des papis qui ne représentent pas un potentiel suffisant pour notre économie de marché. Car les cadences de production des grands chantiers augmentent beaucoup, et qu’on ne vend pas assez de bateaux neufs en France au goût des partisans de la croissance coûte que coûte !
Il est assez vrai que le matériau est difficilement recyclable, quoiqu’on puisse en faire des charges (poudres fibreuses) pour de nouveaux compounds composites, ce qui permet de réduire les volumes de résine utilisés, et surtout de leur donner une structure leur conférant une grande résistance.
L’idée, sur le papier est « écologique » car elle réduirait la consommation de résine, à valeur mécanique égale.
Le problème est que ce « marché » du recyclage des bateaux de plaisance n’en est pas vraiment un, en tout cas, il n’est pas « durable », pour une industrie de taille moyenne, les investissements (machines, élévateurs, broyeuses, tronçonneuses au diamant…) ne seraient pas amortis assez vite au regard de la « matière première » arrivant vite en pénurie (étude de la ville de Caen et du Conseil général du Calvados pour l’établissement de la filière avec un de mes potes il y a 6 ou 7 ans), donc il n’y a pas assez de bateaux à recycler pour que ce soit viable dans le temps.
Un exemple d’une des premières campagnes de recyclage Lire la suite ‘Pourquoi casse-t-on les bateaux de plaisance ?’
Les Fugéens ne sont plus menacés, ils ont disparu !
Publié 2 mars 2011 Culture maritime / Patrimoine , Histoire / Ethnologie , Témoignage 2 Commentaires
Comme chacun sait, les Fugéens sont les habitants des innombrables îles de la Terre de Feu, aux confins sud du Chili et de l’Argentine.
Ceux des ethnies Alacalufs et Yamanas vivaient nus malgré le froid intense, enduits de graisse de phoque ou de baleine. Occasionnellement, une peau de phoque les protégeait (?) du vent des « cinquantièmes hurlants ». Les hommes chassaient les animaux marins et les oiseaux ; les femmes (les femmes seules) plongeaient à plusieurs mètres de profondeur pour ramasser des moules, crustacés et concombres de mer. C’était là leur unique nourriture.
Vagabonds des mers, ils vivaient dans leur canoë au centre duquel un petit feu était maintenu allumé en permanence (sur un tapis de terre et de galets). Chaque soir, ils construisaient des huttes de branchages et de peaux de phoque pour la nuit.
Un monde primitif.
• Le mépris dans lequel les Européens ont tenu ces populations a quelque chose d’effarant. Dans le Journal des Voyages du 20 octobre 1878 (voir l’image) un certain capitaine Mayne-Reyd écrit textuellement :
Nul être sur la terre n’est plus malpropre qu’un Fugéen; ni les uns ni les autres ne se lavent jamais. L’eau leur est inconnue pour ce besoin de santé. (…)
Les habitants de la Terre de Feu puent comme des renards et l’on peut dire à juste raison que ces peuples sont les plus ignobles brutes de la race humaine.
Rassurons-vite ce brave homme, ces populations n’ont pas survécu, emportées par la misère, la maladie, les carences, l’abandon. Ouf !
Portos





